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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 23:08
Déminer nos zones de violence internes - Isabelle Padovani

 

 

Comment aller à la rencontre de la souffrance, au-delà de nos zones de confort, comment aller à la rencontre et accueillir ce qui nous traverse, chaque jour, à chaque moment, afin que nos blessures ne basculent pas en violences à l'extérieur?

 

Dans quel monde voulons-nous vivre?

 

Une reflexion pour "déminer notre terrain intérieur"...

 

Et j'apprécie beaucoup son observation sur la "pseudo-spiritualité" que certains entretiennent, imbibés de leurs concepts mais complètement déconnectés de la souffrance et incapables d'accueillir le choc que la violence produit dans la vie des êtres humains.

 

Que ce soit des bombes, des deuils, des séparations, la maladie, la réponse d'une partie de ce monde spirituel -qui va du "tout est parfait", "plein d'amour" à "il n'y a pas de victimes"-, est purement et simplement le déni du choc que cela fait aux personnes touchées. Une façon de ne pas contacter la souffrance de l'autre ni la sienne et de rester à la surface, sans jamais aller au coeur de l'humain.

 

La spiritualité sans cet accueil empathique est une coquille vide, et malheureusement j'ai eu plus d'une fois l'occasion de le vérifier, de façon douloureuse. 

 

Isabelle Padovani montre ici, par son chagrin, que l'on a le coeur brisé à chaque fois que l'on se relie réellement à la souffrance de l'autre et au tragique des situations. Or la plupart du temps, lorsque quelqu'un partage sa souffrance, son auditoire reste froid, voire l'enfonce encore un peu plus sur les raisons qui ont provoqué sa souffrance. Un retournement qui, lui, est violent, et que peu de personnes sont capables de sentir dans leur coeur et leur chair.

 

Je rappelle la définition de l'empathie telle qu'Isabelle Padovani la développe, c'est à dire que l'empathie c'est  mesurer ce que l'autre traverse, et non pas minimiser, donner un conseil inapproprié ou une explication à partir de notre point de vue, dire "ça passera", ou sortir un concept psycho-spirituel de son chapeau pour emmener l'autre à un endroit où il n'est pas.... C'est la capacité à se relier à l'autre, au plus profond de son être.
 

Et dans ce processus nous sommes invités à comprendre que lorsque nous ne pouvons pas avoir d'empathie pour autrui, c'est que nous en manquons pour nous-mêmes. 

 

Autre idée importante : il ne s'agit pas de réprimer la violence en soi, toute répression est déjà de la violence, mais d'être en paix avec elle et de savoir l'accueillir. C'est cela qui permet de choisir ensuite d'être non-violent disait Marshall Rosenberg.

 

Et enfin, se rappeler que ce n'est pas la totalité de notre être qui est violent, mais une partie de nous, qui réagit intensément à quelque chose qui nous touche dans notre intégrité. Cela permet de mettre une distance, de se désidentifier, de ne pas amalgamer notre identité toute entière à l'idée de violence.

 

C'est ainsi que nous sommes invités à revenir à nous, à être à l'écoute de nos besoins fondamentaux que nous pouvons traduire à partir de nos sentiments et auxquels nous pouvons répondre à partir de stratégies adaptées.

 

MT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
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sista ninie 23/03/2016 22:06

Oui, revenons à nous . . . Et comme le dit le philosophe Vincent Cespedes : "créons du nous". Cela fait écho à ce que dit Isabelle Padovani lorsqu'elle rappelle qu'il y a un endroit où nous pouvons nous rejoindre *

(Question d'Arnulfo, guérisseur mexicain, à Thierry Janssen ):
"Entre toi et moi, quel est le plus important ?"
- Immédiatement, je pensai moi mais j'éprouvai un peu de honte à l'avouer. Mon hésitation l'amusa car la réponse qu'il attendait n'était ni "toi" ni "moi". Elle était "et" : le lien.
"C'est cela qui est important, commentant Arnulfo. Le lien entre le corps et l'esprit qui fait l'unité de l'être humain. Le lien entre les individus qui fait l'unité de l'humanité. Le lien entre les êtres et la Terre qui fait l'unité du monde." Thierry Janssen, "la solution intérieure"

"Les femmes Achuar traitent les plantes comme si c'étaient des enfants. Et les chasseurs traitent les animaux comme si c'étaient leurs beaux-frères. Dans cette société, ce ne sont pas les classes sociales ou les catégories de métiers qui distinguent les êtres entre eux, mais leurs liens de parenté, et plus précisément la distinction entre parents consanguins et parents par alliance. Les plantes sont traitées comme des consanguins (des enfants), alors que les animaux chassés par les hommes sont des beaux-frères. Voir les Achuar traiter les plantes et les animaux comme des personnes m'a bouleversé . . ." Philippe Descola (http://www.telerama.fr/idees/philippe-descola-les-achuar-traitent-les-plantes-et-les-animaux-comme-des-personnes,121626.php)

lejour-et-lanuit.over-blog.com 28/03/2016 23:34

oui, merci des ces deux références, la seule chose qui manque, c'est le lien ! sinon, animaux, humains, végétaux, rien n'aurait de sens et rien ne serait habité de la vraie vie... la magie vient du lien me semble-t-il...
merci pour cet article, je ne connaissais pas Philippe Descola, belle prestance , je suis allée voir quelques unes de ses vidéos... bon pas trop mon sujet d'écoute en ce moment, mais passionnant quand même !
Belle soirée

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  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. 
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Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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