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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 23:28
Maladie de Lyme - Interview du Pr Perronne

 

 

"Comment avez-vous pu ne pas vous suicider après avoir eu des douleurs atroces"...

 

Voilà, c'est mieux quand c'est quelqu'un d'autre qui le dit ou qui en parle...

 

Les malades sont pris par une sorte de pudeur et de toutes façons cette ambiance de déni et de non accueil de la souffrance, fait que cette envie de mourir est tenue secrète à l'intérieur de soi, à la fois comme une épée de Damoclès, et comme un désespoir dont on ne sait pas si on va pouvoir sortir.

 

Le terme "descente aux enfers" souvent employé n'est pas qu'une image, et la violence est autant dans la douleur subie que dans l'incompréhension et le manque d'empathie que l'on expérimente en traversant cette maladie.

 

J'ai vu ou entendu des personnes autour de moi qui vivaient des "petits bobos" avec une théâtralité qui donnait à leur souffrance une certaine envergure, genre je viens de me brûler la main avec de la vapeur  d'eau chaude, et je souffle dessus pendant toute la soirée, le bras bien en évidence, en l'air, comme un enfant de cinq ans, avec une mine déconfite.

 

La plupart des gens qui ne supporte même pas quelques heures de douleurs, sont incapables pourtant de comprendre des personnes qui vivent la douleur quotidiennement, pendant des années, au point parfois de vouloir en finir.

 

La souffrance de Lyme vous tient dans une sorte de sidération, vous confisque même cette possibilité de "jouer" de cela, tellement cela vient nous chercher profondément dans la chair, dans un anéantissement total, et vous met dans l'authenticité  d'un vécu indescriptible, même si cette maladie se vit avec des intensités différentes en fonction des atteintes, neurologiques entre autres.

 

Et quand les médecins veulent envoyer les malades en psychiatrie, oui, on frôle la folie, mais c'est la folie de souffrir autant, d'être pris pour un affabulateur ou un hypochondriaque, d'être renvoyés dans une zone où votre réalité n'existerait pas et d'avoir zéro empathie en face.

 

La folie n'est pas toujours du côté que l'on croit.

 

Comment ai-je fait pour tenir? Je n'en sais rien. L'Etre que nous sommes a des ressources insoupçonnées et inimaginables lorsque l'on voit que l'on peut survivre avec aucun soutient, aucune vraie compréhension, et la plupart des malades ne doivent pas leur survie aux blouses blanches, ceux-là même qui leur prescrivent du prozac, mais à leur force de vie qui heureusement pour la plupart, les empêche de se suicider.

 

 

 

Merci au Pr Perronne d'avoir cette parole posée et de valider la traversée ubuesque des malades qui comme il le dit sont "abandonnés", et cela malgré des articles ou émissions de plus en plus fréquents dans les médias, mais qui ne changent pas forcément grand chose sur le terrain.

Je ferais d'ailleurs très probablement un article pour montrer ce que les gens partagent dans les groupes d'entraide de leurs visites médicales avec leurs médecins, neurologues, spécialistes, et qui n'a rien à voir avec : "ah ça y est, on en parle, le problème est résolu", et "ça se soigne très bien"...  

 

MT

 

 

 

 

 

 

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Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
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Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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