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5 janvier 2020 7 05 /01 /janvier /2020 22:21
Remettre la pensée à l'endroit


Bon, alors résumons....

Voir et comprendre qu'il y a une longue tradition qui cautionne la pédophilie, l'exploitation des enfants au service du plaisir sexuel et machiste, au service des prédateurs et des pervers, à travers la littérature, les médias, les milieux artistiques, intellectuels, psychanalytiques, qui en sourient et emploient toujours des termes édulcorés pour évoquer ces abus de pouvoir.

 

Tant que cela ne sera pas vu, tant que nous ne pèserons pas chaque mot prononcé, il y aura toujours des parts dans notre cerveau, qui ne réagiront pas à l'impensable.

 

Il semble si facile de s'indigner pour l'enfant de 10 ans ou moins qui est mariée de force dans un pays lointain, mais n'est-ce pas le moyen que les Occidentaux emploient, pour ne pas voir leur propre inconscient ?
Suite à "l'affaire Matzneff", il serait bon de s'interroger sur les rouages de notre société, et d’aller regarder chaque recoin des institutions, église, politique, médecine, justice, psychanalyse, etc... qui portent dans leurs pensées, la responsabilité d'un état de fait inadmissible, l'abus, sous toutes ses formes. ( https://www.francetvinfo.fr/…/video-une-romanciere-quebecoi…? )

 

La complaisance de Bernard Pivot interrogeant Matzneff en est une des manifestations, comme d’autres avec cette autre émission d’Apostrophes où tout le monde rigole des paroles de Cohen Bendit ( https://dai.ly/x9jasr ) ou encore celle d’Elkabach interrogeant Polanski il y a quelques années. ( https://www.ina.fr/…/1979-polanski-et-son-gout-pour-les-jeu… )
L'absence d'excuse ou de remise en cause de Pivot aujourd'hui, alors que le scandale éclate, ( https://mobile.twitter.com/bernardpiv…/…/1210467542583726080 ) est encore plus grave que son inconscience de l'époque et signe le machisme dans lequel il est lui-même enfermé, comme tous les journalistes -hommes pour la plupart- qui ont porté un regard si clément sur les abus faits aux femmes et enfants depuis des décennies. Il évoque la morale, alors même qu'il n'en conçoit pas les fondements.

 

Les interdits, comme l'inceste, ont été justement les garants de la morale. A partir du moment où la pensée ne se révolte plus de l'abus, de l'inceste, du viol, de la pédophilie, c'est l'abolition totale des frontières et il ne peut y avoir de morale dans cet éclatement des limites qui permet toutes les transgressions...
Beaucoup de ceux qui voient le dévoilement, enfin, de cette triste réalité, parlent de "chasse aux sorcières" et de "retour à l'inquisition". Ces arguments appartiennent eux-mêmes à la pensée perverse, quand ils visent à disqualifier celles et ceux qui tentent de remettre la pensée à l'endroit.
Et si une femme s’avise à dénoncer ces abus, elle sera ridiculisée et méprisée. "Quand une femme a la même crédibilité qu'un homme, et qu’elle est en colère, on dit; c'est parce qu'elle est mal baisée", Denise Bombardier ( interview : https://youtu.be/xwr-x6mf9mE )

 

La société a toujours fait en sorte de s'accaparer la sexualité au détriment des femmes... Ou bien la femme sert le désir de l'homme, ou bien elle a le sien (pour son corps, sa profession, ses pensées,…), et alors c'est une mal baisée, une pute, une hystérique et il faut l’avilir, la faire taire, l’enfermer, quand ce n’est pas la tuer.
 

Donc il existe un entre-soi confortable, entre certains humains qui soutiennent la prédation sous couvert de littérature, d’art, de psychologie et continuent ainsi de nier l’altérité et leur propre responsabilité.
La "morale" dont se prévaut Pivot et d'autres, est une morale pervertie. Car si nous avions tous intégré les principes de la morale, il ne pourrait y avoir de langage complaisant vis à vis des prédateurs. Ne pas le voir, ne pas vouloir affronter notre responsabilité devant l'impensable ou l'impardonnable, c'est se ranger du côté des oppresseurs.

 

Et que dire de la justice actuelle qui œuvre afin de modifier les lois pour que les enfants soient « informés », quand on sait ce que disait Françoise Dolto il y a déjà plusieurs années (Dolto que l’on croit dévouée à la cause des enfants)
Françoise Dolto : "Si les enfants savaient que la loi interdit les privautés sensuelles et sexuelles entre adultes et enfants, eh bien, à partir du moment où un adulte le lui demande, s'il accepte, c'est qu'il est complice, il n'a pas à se plaindre. Mais il peut avoir, sans se plaindre, à dire: “Mais ça m'a fait très mal. —Oui. Pourquoi t'es-tu laissé faire puisque tu savais que ce n'était pas permis...”À partir du moment où l'enfant est au courant, très jeune, de la loi, il est complice et on peut l'aider beaucoup mieux."
F. Dolto : Les enfants fabulent beaucoup, oui, c'est vrai. Vous voulez dire: est-ce qu'ils fabulent sur les agressions dont ils sont l'objet ?
La Juge : Oui, par exemple, un enfant dit : « Papa a fait ceci ou cela avec moi. »
F. Dolto : Oui, justement, et les enfants ne pourraient plus le faire s'ils avaient été informés avant. « Et là pourquoi as-tu laissé faire puisque tu savais que tu ne devais pas, pourquoi l'as-tu laissé faire ? Ton rôle d'enfant, c'était de l'empêcher. »
(https://www.philap.fr/…/dolto_choisir_la_cause_des_femmes.h… )

La perversion, c’est retourner la situation, faire que l’agresseur devienne victime et que la victime soit responsable. Une grande part de notre société fonctionne encore de cette façon, dans énormément de domaines. Reconnaitre la situation de victime, c’est justement le moyen de ne pas le rester et de commencer à prendre soin de ses traumatismes.
 

Chacun est invité à regarder ce qu’il cautionne, dans les événements, les paroles, les actes, les pensées, les mots qui s’étalent dans notre actualité et dans ce monde qui réclame de plus en plus de nettoyage, de transparence, de clairvoyance, de discernement, de droiture et de respect.
 

Mais le monde existe dans notre cerveau et c’est d’abord ici qu’il faut traquer nos propres complaisances, nos propres silences face aux abus de langage et abus de pensée. C’est ainsi que la perversion commencera à être caduque et que les prédateurs seront mis en pleine lumière, sans plus aucune excuse pour continuer leur trafic d’influence…


 

 

Michèle Théron

 

 

 

Vanessa Springora, l'auteure du Consentement, à paraître chez Grasset le 2 janvier, explique pourquoi elle a enfin décidé de raconter sa version de l'histoire qui la lia à Gabriel Matzneff, alors qu'elle n'avait que 14 ans.


https://www.livreshebdo.fr/…/vanessa-springora-jai-mis-beau…

 

 

 

 

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  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. 
Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...
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Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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