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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 12:35
Courage, fuyons

 

 

La scène de théâtre :

D’un côté, les gouvernants, qui gèrent les pays, décident des lois, des directions à prendre, font des promesses d’agenda, d’organisation, de progrès, de sécurité et de bonheurs à venir ; de l’autre, des citoyens qui en échange de ces promesses, de ces effets de manches et de paroles de spécialistes, ont, par procuration (par le vote et par les impôts qu’ils versent pour la gestion des intérêts communs), donné leur pouvoir et leur confiance, pour gérer des problèmes plus vastes que leurs capacités individuelles et qui parfois les dépassent.

 

 

Le synopsis : un virus qui éclot en Chine et qui petit à petit prend ses aises jusqu’à l’Europe. Les dirigeants ne sont pas supposés être surpris, puisqu’ils suivent de près l’étude des virus hautement dangereux en partenariat avec la ville de Wuhan en Chine. ( https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/epidemies-nouvelle-etape-pour-le-premier-laboratoire-p4-chinois_1882217.html )

L’ex-ministre de la santé lance d’ailleurs une alerte suivie de peu de réaction, mais dont le premier ministre se défend en assurant que suite à cela, ils ont fait des « réunions ». Bien, les réunions…

 

 

La scène du confinement :

Mais depuis novembre où les nouvelles ont commencé à arriver sur cette épidémie, les autorités sont plutôt restées silencieuses, ou bien ont communiqué avec parcimonie, soit en laissant entrevoir un danger imminant, soit en minimisant les risques pour la France.
Quatre mois plus tard, le virus est à notre porte. Enfin, pas le virus qui lui ne tient pas compte de nos atermoiements, mais le problème de "quoi faire" face au virus.

 

Et là, nous sommes dans le caca, parce que entre mollesse et injonctions autoritaires, entre sons de cloches discordants, les Français ne savent pas vraiment à quoi s’en tenir, mais attendent pourtant une gestion efficace de leurs autorités politiques, scientifiques, administratives, gestion concrète avec une communication claire, transparente, et des protocoles qu’on penserait éprouvés ou du moins mis aux points dans l’arrière des officines gouvernementales pour gérer les crises.

 

Or décréter un état de confinement en deux jours (en ayant laissé la population aller voter tranquillement la veille), sans autres mesures d'organisation de la vie courante, en mettant les gens devant le fait accompli sans vraiment avoir le temps de s'organiser, n'est pas une façon de "gérer".

 

A l'heure actuelle, n'importe quel gouvernement, dans n'importe quel pays, devrait être en mesure de prévoir et gérer des crises graves, comme pandémie, nucléaire, tempête, etc... Gérer c'est prévoir. C'est prévoir des stocks, du matériel, des équipes, de la logistique, des budgets.

 

Quand on demande aux gens de porter des masques, alors qu'il y a pénurie, qu'on leur demande de mettre du gel, et qu'il y a pénurie, qu'on leur demande de rester chez eux pendant 15 jours, en leur disant que c’est « une guerre » et qu'on les culpabilise parce qu'ils font des réserves de bouffe et de PQ, qu'on leur demande de mettre la clé sous le paillasson pour leur commerce, que l’on ne met aucune stratégie en place pour tester les personnes contaminées ou pas, et qu’en fait on découvre qu’il n’y pas vraiment de stratégie, ça fait beaucoup de chose "non gérées".

 

En fait les gars, c’est « la guerre » et on va y aller sans munition.

Super. Genre kamikaze suicidaire.

 

 

Si nous étions dans une république responsable et prévoyante, on ne se retrouverait pas avec tous ces problèmes de manque, un système hospitalier incapable de faire face et qui hélas montre l'état exsangue dans lequel il est, et des citoyens livrés à eux-mêmes, jugés en plus pour tenter de s'organiser par eux-mêmes et réagir comme ils peuvent face au peu d’information qu’ils ont.

On est sans cesse entrain d'infantiliser les citoyens, de les culpabiliser, de dire qu'ils sont "irresponsables", mais il me semble qu'avant le "confinement", nous avons vu largement la classe politique se serrer la paluche, faire des rassemblements, ne pas porter de masques, etc. Pour le dépouillement des bulletins de vote, tout le monde était bien collé comme des sardines, et personne ne s'en est offusqué...

 

Les émissions à la télé continuent avec leurs participants sans masque, les politiciens apparaissent sans masque à leurs réunions, Macron a généreusement secoué la main d’un responsable à la Salpêtrière pendant 10 minutes sans masque et sans gant…, donc c’est quoi ce virus, c’est dangereux ou ce n’est pas dangereux ?

 

Ah oui, au fait vous savez que nous avons un système immunitaire, et que de toutes façons, tous les hivers, il y a une grippe, souvent à base de corona virus qui sont une grande famille ? Et que depuis des décennies nous n'avons pas déclenché des plans d'urgence, alors que par ailleurs il n'est mis en place aucun moyen de contrôle pour savoir réellement ce qu'il se passe....

Mais peut-être que d'un point de vue politique, il est plus judicieux d'inventer un danger extrême pour masquer les failles d'un système de santé qui réclame, depuis des lustres, des moyens pour faire face à leur devoir ? ...

 

Si on veut faire passer un message, commençons à montrer l'exemple par soi-même. Si vraiment les autorités pensent que c'est grave, alors qu'ils le montrent.

Mais quoi ? ça fait "tarte" de porter un masque pour ces messieurs-dames? Ou alors ce n'est tellement pas sérieux qu'on peut se permettre comme Mme Bruni, de tousser violemment en public pour se gausser d'une situation dans laquelle on s'estime au-dessus de la populace ou des lois du vivant ?

 

Comment ne pas s’interroger vraiment sur cette voie à deux vitesses, qui là encore n'en est que plus visible.

D'un côté une classe dirigeante qui est au-dessus des lois, qui fait rétention de moyens, d’informations, de solidarité, et de l'autre, la masse qui doit se plier, se conformer et qu'on regarde méchamment à la loupe.

 

Ce genre de crise ne met en lumière que les limites de nos sociétés qui ont tout misé sur le financier, le capitalisme, leurs profits et n'ont rien prévu de tangible pour l'humain. On prévoit des budgets pour aller sur la lune ou que sais-je, mais c'est ici et maintenant que la vie se passe et que les citoyens ont besoin de soutien. Ici et maintenant !

Et pas d’un soutien à deux vitesses en fonction d'intérêts qui nous échappent. Comme lors de la tempête Katrina en 2005 où certains ont attendu 48 h avant les premiers secours, voire presque une semaine pour être évacués, alors que pour le tremblement d'Haïti, par exemple, en 48 h à peine la flotte américaine a été envoyée vers l'ile pour y déployer son "invasion humanitaire"…

 

 

Quand on en arrive, en 2020, à prendre conscience que nous n'avons que quelques jours de réserve de nourriture, d'eau, de médicaments ou de produits adaptés à une crise potentielle qui surviendrait (nucléaire, catastrophe naturelle, pandémie, etc), et que les politiques rament à contre-courant des besoins du peuple, on ne peut pas tirer la conclusion que nos gouvernements, quels qu'ils soient, aient eu l'impulsion et l'énergie de mettre en oeuvre ce qu'il fallait pour ce futur-là. Il ne s'agit plus de "failles" ou de "petits défauts" des uns et des autres. Nous sommes rendus à un stade où la façon de gérer le monde set, au mieux, dépassée, au pire, inacceptable pour les humains.

 

 

A commencer par un système sanitaire performant, c'est à dire avec des moyens matériels et humains, en arrêtant de tirer sur la corde pour pressuriser les soignants qui n'en peuvent plus de "faire des efforts", comme tant d'autres, et d’être vampirisés en jouant sur leur corde sensible, car comment refuser des soins à des gens qui en ont besoin ?

 

On a nommé un conseil scientifique… dont on ne connaît pas vraiment les avis. Oui, pour le confinement, non pour le confinement, pas tous d’accord… Et pendant ce temps là, ont fait quoi ? « On reste chez soi ! »  Mais c’est faux. On continue à vendre, à acheter, à soigner, à conduire, à poster, à prendre de l’essence, et tout ça sans masque, sans protection, puisqu’il n’y en a pas. Ah mais pardon, il y a des tutos sur youtube pour faire ses masques en tissus avec des élastiques. La débrouille quoi, c’est vraiment la guerre. Bientôt ça se vendra peut-être au marché noir ….

 

 

Une nation est comme une grande famille. C'est une image en miniature.

Dans une famille "normale", on se concerte, on gère les stocks, on fait quelques économies en cas de coup dur, on répartit les richesses entre ses membres, on partage la nourriture, etc.... Et quand ça ne se fait pas, on dit que c'est une famille pathologique. Surtout si les parents lancent « courage, fuyons ! » dans un grand élan de fausses mesures fumigènes…

 

L'heure du paternalisme illusoire qui apporte les solutions toutes faites a sonné. L'heure des attentes extérieures a sonné, c'est à nous de chercher à l'intérieur et ensemble les réponses. Et ce qui est très inconfortable, c'est que nous n'avons pas encore les clés ou les actions pour demain, car nous avons un travail de conscience et de transformation à faire avant. Il convient de regarder sans concession ce système et où nous en sommes arrivés. Aller voir toutes nos peurs, tous nos abandons, tous nos renoncements, toute la puissance en nous que nous avons abandonnée à l'extérieur. Pour qui? pour quoi? pour quelles gloires ? pour quels profits? pour quelles illusions? quels avantages? C'est ça notre job aujourd'hui.

 

 

Voilà où nous en sommes. Nous croulons sous la production à outrance de tout, et en même temps, nous ne sommes plus capables d'assurer notre futur au-delà de quelques semaines, de faire vivre une nation décemment et de planifier des actions et des mesures pour répondre à l’urgence, voire même au quotidien. Et cela sera d’autant plus visible dans les villes. Les villes seront le symbole de notre prison, du piège dans lequel cette "modernité" nous a mis.

 

 

Nous ne ferons pas pousser des carottes sur le bitume pour nous en sortir.

Et nous ne nous en sortirons pas en étant isolés et coupés les uns des autres....
Il nous faudra forcément inventer autre chose.

 

 

MT

20.3.20

 

 

 

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Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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