Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 décembre 2021 2 07 /12 /décembre /2021 21:14
Film "Le parrain"

Film "Le parrain"

 
 
 
DESIGN MENTAL - TRAITEMENT DE FOND
De la famille à la mafia clanique : exemple d’évolution d’un délire paranoïaque.
 
 
Nous avons déjà vu dans les précédents traitements de fond en quoi un secret familial allait générer des dépressions expulsées sur l’extérieur, expulsions dont un enfant prédestiné (schizophrène, ou ange diabolique par exemple) allait porter le poids afin de sauver la fratrie. A quel prix !
 
 
Imaginons maintenant que ce secret déborde de l’alcôve familiale et contamine par effet de catalyse énergétique psychotique les familles avoisinantes, puis un village entier, puis un groupement de villages. Nous pourrions être alors en présence d’une mafia s’étant enkystée autour d’un secret devenu archaïque, c'est-à-dire défiguré au nom d’un idéal délirant : une paranoïa. Ce secret peut parler d’un crime inavouable, d’un inceste, d’un vol, d’une usurpation, ou d’un deuil dont la famille se sent atrocement coupable. De cette culpabilité naîtra la paranoïa, ou crainte que ce secret soit mis à jour.
 
 
Les clans mafieux réunissent tous les symptômes attestant qu’ils sont atteints d’un profond délire paranoïaque générationnel. Ce délire protège un secret familial perdu dans le temps. Nul n’en connaît plus l’origine ni ne peut en retrouver la trace, pourtant les dégâts sont terribles. Rappelons que le clan mafieux, étant en marge de la société pour ses activités criminelles, est constamment combattu, pourchassé et traqué par les autorités.
 
 
Cette marginalité forge au fil des générations appartenant à ces clans une vision de la réalité complètement parallèle jusqu’à en inverser les rôles : ils seront les bons sujets, persécutés par les méchants.
C’est ainsi que des familles entières vont plonger dans une psychose aboutissant à leur faire avoir une vision erronée des faits, une profonde sensation d’isolement, la conviction absolu qu’ils sont dans leur droit de tuer de sang froid, avec la création d’un idéal symbolique souvent d’ordre religieux, la perte totale d’empathie et de culpabilité, le culte du secret, de la fidélité radicale au clan et d’autres comportements immédiatement identifiables : méfiance, orgueil, agressivité, susceptibilité, absence de remise en question, crainte de la trahison ou encore rigidité psychique.
 
 
Le culte de la persécution va entraîner ces lignées familiales dans la création d’une mythologie sacrificielle, où les mères vont jouer un rôle cruciale.
« Ces femmes de mafieux sont vraiment étranges. Si on réfléchie un instant, dans la mafia, les hommes sont rarement à la maison, passent peu de temps avec les enfants. Soit ils sont en cavale, soit ils sont en prison, bref, ils passent peu de temps avec leurs enfants. Alors, qui est-ce qui transmet cette culture mafieuse ? Le père qui n’est jamais là ? Les dépositaires du crime originel, ceux sont les femmes ». Alessandra Cassana, magistrate.
 
 
Afin donc de perpétuer la mythologie clanique et l’idéalisation de leur délire, ces mères de familles, bien souvent devenues avec le temps des narcissiques phalloïdes, vont abuser psychiquement de la loyauté de leur enfant pour assurer l’éternité du processus psychotique. Des enfants devenus des paranoïaques de combat et fanatiques de la cause, que ces mères vont utiliser comme bras armés et vengeurs pour réparer les humiliations du clan. Les enfants seront ainsi fétichisés et leurs personnalités sacrifiées pour protéger et sécuriser le délire paranoïaque, jusqu’à en mourir s’il le faut.
« Mieux vaut un fils mort, qu’un fils qui se sauve » nous dit un proverbe sicilien.
C’est le secret qui va le mieux caractériser ces clans, avec son lot de non-dit. Ce secret traverse les générations mafieuses, chaque membre en connaissant une parcelle isolée, mais tous étant dans l’incapacité d’en relier les morceaux ceci afin de ne jamais pouvoir le voir de face. Il s’agit d’un clivage géant, dont le prix se compte parfois en centaines de morts. Le prix d’une psychose familiale porté à son maximum.
Salvatore Riina dit « Le fauve », a par exemple au cours de sa trajectoire paranoïaque personnellement tué environ quarante personnes et est soupçonné d'avoir commandité les meurtres de 110 autres. (source wiki)
 
 
Pablo Escobar a par exemple au cours de sa trajectoire paranoïaque fait personnellement assassiner 300 personnes. Au cours de la seule année 1992, à Medellín 6 662 personnes ont été tuées dans des affrontements armés, auxquelles il faut ajouter 1 292 cadavres non identifiés et 967 habitants portés disparus, soit un total de 8 921 morts. (source wiki).
Ces psychoses mafieuses peuvent hélas aussi s’étendre au-delà du cercle clanique et atteindre les sommets du pouvoir en prenant par exemple la tête d’un pays. Elles pourront alors contaminer toutes les structures étatiques en place (politique, économique, social, financière, industrielle, pharmaceutiques etc) et faire plonger l’ensemble des habitants dans un délire paranoïaque à échelle 1.
 
« La paranoïa trouve une scène d’expression idéale dans le champ politique. Tout ce qui relève de la tyrannie et du totalitarisme est d’essence paranoïaque ». Ariane Bilheran, docteure en psychopathologie
 
 
 
Stéphane Pêtre
 
 
A suivre dans ‘De la mafia clanique à l’état totalitaire’
 
 
 
 
 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • Le blog de lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • : Un lieu où pourraient se cotoyer le jour et la nuit, les univers différents de la pensée logique, rationnelle, structurée à partir des informations émanant de toute part, et de la pensée vagabonde, celle qui erre la nuit, mais aussi le jour, dans l'envers des choses, à la recherche de l'impalpable, de la beauté et de la magie. Michèle Théron
  • Contact

  • lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. 
Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...
  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...

Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

Recherche