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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 21:25

 

 

 

Femme au parcours spirituel peu commun, Arouna Lipschitz transmet son expérience par ses écrits et un enseignement basé un concept majeur : la Voie de l’amoureux. Sur le chemin spirituel, rien ne sert de s’évader, il faut au contraire s’incarner dans le quotidien et s’ouvrir à l’altérité.

 

Tout d’abord, la première chose qui frappe le regard lorsque l’on rencontre Arouna Lipschitz, c’est la beauté. Une beauté qui n’a rien de superficiel, portée par la force intérieure et par ce sentiment d’alignement qui émane d’elle. Une chevelure noire encadre le visage et souligne le regard, noir aussi. La voix est rauque, grave, joyeuse, droite comme un sillon qui fend l’air et vient s’ancrer dans notre écoute. Il faut s’arrêter un instant sur ce parcours de femme évoqué bien des fois en conférence, retraçant avec humour un cheminement original dont les voies l’amenèrent à concevoir un enseignement très personnel qui investit la sphère spirituelle autant que le développement personnel et la philosophie.

 

Tout commence en Lorraine qui voit la naissance d’Arouna dans une famille juive décimée par l’holocauste. Mariée très tôt à 18 ans selon la tradition, elle trouve néanmoins la force de divorcer peu de temps après, en plein chagrin de la mort de son père. Après des études de littérature et de psychologie, de nombreuses déceptions amoureuses, une psychanalyse et l’apprentissage du yoga, son chemin spirituel commence. Elle rencontre un maître indien, voyage au cœur d’elle-même grâce à la méditation et part en Inde où elle deviendra swami, femme-prêtre en robe orange, en 1982. De retour en France, elle dirige un ashram mais en même temps qu’elle vit cette spiritualité, se fait jour cette évidence : la robe orange n’a pas simplifiée ses relations familiales, ses amitiés trouvent difficilement leur place dans sa vie de moniale, et elle est « seule sur son piédestal de guru ». Sa « sainteté » est ébréchée dès qu’elle rencontre « l’autre » : la spiritualité ne garantit pas la compétence relationnelle. C’est alors qu’émerge ce nouveau besoin de revenir à « l’autre », sans perdre cette unité intérieure, ce « Un » qui est différent du « Tout » rencontré dans la transcendance, dans la fusion, dans les extases mystiques et dont il faudra pourtant faire le deuil. On ne peut pas avoir la quête du « Tout » et « l’autre » en même temps. « Tout » empêche l’autre, mais « l’Un » n’empêche pas « l’autre ». L’unité entre son intellect, son cœur et sa volonté est à développer pour rencontrer l’autre et arriver à une cohérence de l’être. Il faut « marcher sa parole », c’est à dire être en congruence, en harmonie avec soi et les lois naturelles de l’univers.

 

Ces lois naturelles, si elles sont souvent invisibles, peuvent être appréhendées dans un enseignement car elles sont observables à travers le cycle des saisons. L’idée forte d’Arouna Lipschitz, c’est de les rendre tangibles par un travail qui nous met en résonance naturelle avec ces lois via le cycle des saisons.

Il suffit d’observer, de prendre le temps de comprendre ce que la nature nous montre pour voir que, nous aussi, pris dans cet univers, nous fonctionnons selon les mêmes lois. La Tradition, dans la Table d’Emeraude, nous disait : « Ce qui est en bas égale ce qui est en haut et ce qui est en haut égale ce qui est en bas, pour accomplir le miracle d’une seule chose ». Aujourd’hui, la physique quantique nous propose une vision globale et systémique du monde, sans rationalité fragmentée, avec une perception de la réalité qui s’étend à tous les systèmes de vie, qu’ils soient organiques, sociaux, écologiques, matériels ou immatériels, visibles ou invisibles, avec une interdépendance fondamentale de tous les phénomènes. L’information circule partout, plus vite que la lumière, et toute chose entre perpétuellement en résonance avec l’univers dans lequel elle baigne.

Il serait donc vain de croire que lorsque nous plantons des orties, nous allons récolter des roses. Vain de croire que pendant la saison de l’hiver, où la nature est en sommeil, sous terre, en attente, notre énergie d’humain sera à son apogée. Vain encore de croire, que si à l’automne nous n’avons pas élagué quelques branches dans l’arbre de notre vie ou dans notre histoire personnelle, la sève pourra monter au printemps et la floraison éclore à l’été. Pour faire les moissons, encore faut-il avoir mis en germe une intention. Si cette intention a été posée, si des graines ont été semées, la loi de la nature nous dit qu’il y aura récolte. «  On récolte ce qu’on sème ». A chacun d’être honnête sur la nature de ce qu’il a semé, d’être patient lorsque les semences commencent à germer même si elles sont encore invisibles, et surtout, de ne pas laisser les doutes saboter les plantations. Les doutes sont comme ces pluies qui vont détremper la terre et faire moisir les semences, faisant avorter la récolte avant même la montée en sève.

Avancer avec les saisons, c’est accepter le changement, c’est accepter de perdre l’ancien qui sera transmuté en une énergie porteuse de renouvellement. Mais la peur de reconnaître les forces à l’œuvre peut générer des résistances, des freins pour masquer ou stopper la croissance qui a été initiée. Accepter le changement, c’est travailler avec la mort dont le rôle est de couper le bois sec, de soustraire l’inutile, de trancher les liens qui ne nourrissent plus. Et si nous n’avons pas conscience de ce qui doit partir, de ce que nous devons trier dans notre vie, alors nous donnons à Thanatos plus de pouvoir pour attaquer notre pulsion de vie, détruire ce qui est à l’état de germe en nous. D’où la nécessité de ne jamais céder sur notre intention initiale, car cette intention chevauche Eros, porteur de vie.

Avoir conscience des rythmes naturels et inéluctables de la vie est riche d’enseignement. Chaque saison est porteuse d’une énergie, d’une dynamique, où notre devenir s’inscrit. Porter attention et conscience à ce qui se joue en résonance entre notre histoire et la saison, c’est prendre soin de notre arbre intérieur et accepter de se soumettre aux lois de la nature. C’est un travail initiatique où nous allons pouvoir co-créer avec la nature et participer à un renouvellement de nos « feuilles », de nos cellules, de notre existence, de la vie.

Mais comment profiter du fruit de ces changements dans nos relations avec les autres ? C’est l’autre axe de l’enseignement d’Arouna Lipschitz, dans ses ateliers « art et éthique de la relation » où elle travaille sur le sens des rencontres. « Les rencontres sont des portails extraordinaires de connaissance et de transformation de soi. Elles ont toujours un enjeu d’évolution pour nous et j’aimerai montrer à quel point elles sont porteuses d’informations sur nous-mêmes et notre projet de vie ».

Notre besoin d’aimer est universel, mais l’amour, hélas, ne garantit pas la compétence d’aimer. Pour bien aimer, il faut tout d’abord comprendre d’où vient notre besoin d’aimer : de cette mémoire ancienne et subtile qui fait que nous avons tous la connaissance originelle de l’amour, cette connaissance du « Tout », de la complétude, de la plénitude, que les Traditions appellent l’Amour pur. A partir de là, il nous faut pouvoir guérir de cette nostalgie du Tout, de ce paradis perdu, afin d’être capable de s’engager sur le chemin de l’altérité. En acceptant l’altérité, nous acceptons l’incarnation, la dualité et l’imperfection humaine dans laquelle nous sommes. Et la première conquête de l’Amoureux, c’est d’aimer la vie, d’aimer son ascendance, de remercier d’être né et d’avoir plaisir à être vivant. Cette conquête est bien souvent le fruit d’un patient travail de conscientisation, de guérison, de réconciliation avec soi, les autres et la vie.

Et c’est ce lent travail de compréhension et d’acceptation qu’Arouna Lipschitz propose dans un enseignement inspiré des spiritualités occidentales, hébraïques et christiques, enseignement vivant qu’elle partage dans les trois ouvrages qu’elle a écrits et dans les ateliers ou conférences qu’elle donne. Car tout ce qui est nommé peut être reconnu et guéri, et la parole a le pouvoir de semer dans les sillons que nous aurons creusés.

 

 

Michèle THÉRON

 

Pour en savoir plus :

  • Dis-moi si je m’approche, Ed. Le Souffle d’Or ou Ed. J’ai Lu.
  • L’Un n’empêche pas l’autre, Ed. Le Souffle d’Or.
  • La voie de l’Amoureux, Ed. Robert Laffont.
  • 52 clés pour vivre l'amour, Ed. Dervy 

 

 

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Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
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commentaires

terre-des-sens.over-blog.com 24/01/2011 09:56


Oui une femme exceptionnelle qui réconcilie incarnation et spiritualité et nous permets de retrouver la sagesse de l'enseignement de la nature au travers de ses rythmes ..
Et tu sais parfaitement lui rendre honneur
Bonne journée michèle


lejour-et-lanuit.over-blog.com 24/01/2011 13:25



merci... et je rends grâce à ces êtres qui nous ouvrent la voie...


bonne journée à toi aussi



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Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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