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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 22:29

 

 

Le chocolat est de toutes les rédactions, et il n’est pas un magazine qui, pendant cette période de fêtes, ne nous aura vanté les vertus du chocolat… et pour cause, il représente un marché lucratif. En 2009, c’est 389 000 tonnes de chocolat qui auront été consommées par les Français, soit environ 7 kg par personne, plus de 12 kilos par seconde. En 2008, 33 700 tonnes avaient été écoulées pour la période de Noël et 12 700 à Pâques, les deux pics de l'année devant la Saint-Valentin.

 

Depuis sa découverte, le cacao n’a rien perdu de sa réputation. Il était déjà considéré comme la « nourriture de dieux » par les Mayas et les Aztèques qui le consommaient en boisson avec des épices pour apporter de l’énergie. Il a été ramené en Europe par les conquistadores Espagnols qui y ajoutèrent du sucre pour en diminuer l’amertume. Ce n’est qu’au 19eme siècle qu’on a commencé à utiliser le beurre de cacao pour des applications pharmaceutiques, notamment pour la composition des suppositoires.

 

 

Une fève pour laquelle on craque et on croque

 

Depuis, ses formes alimentaires n’ont cessé de se développer, comme l’enthousiasme pour cet aliment que l’on dit presque « alicament ». Et, comme c’est bon, ça déculpabilise, surtout si l’on vous dresse ce portrait bien flatteur : ne constipe pas, ne donne pas de boutons ni de crise de foie (même à 70 g par jour il n’aggraverait pas l’état des hépatiques), riche en magnésium, en vitamines, relaxant, antidépresseur, stimulant, aphrodisiaque, n’entraîne ni accoutumance ni effets secondaires… On suggère même avec humour, qu’il devrait être prescrit sur ordonnance et remboursé, histoire de préserver notre bonne humeur tout au long de l’année, et que bien sûr, il ne provoque pas de caries, car comment pourrait-on avoir une dent contre le chocolat ?!

 

En matière de chocolat, il n’existe que deux familles de consommateurs. D’un côté ceux qui picorent un carré ou deux, et encore, par politesse. De l’autre, ceux qui … tombent dans la boîte, croque la tablette entière, craquent sur tout ce qui, de près ou de loin, est cacaoté, rêvent de s’enganacher et de se procurer leur drogue douce au quotidien. Inutile de vous dire que je fais partie de la seconde famille…

 

Bien sûr, le portrait flatteur du chocolat convient parfaitement aux premiers consommateurs et on n’osera même pas les détourner de cette vision idyllique. Pour les autres, « les accros », mieux vaut hélas aller voir un peu plus loin –prévention oblige-, au risque de gâcher un peu leur bonne humeur ! Voici donc, pour les « choco-addict », quelques précisions, en espérant que je ne ferais pas baisser leur taux de sérotonine...

 

 

Un portrait à redessiner

 

Tout d’abord l’apport calorique risque déjà de vous faire déchanter : à partir de 500 calories les 100 grammes, (520 pour le « noir », 540 pour le « lait »), les carrés pèsent lourds sur les hanches… Mais pire, la plupart des petites choses intéressantes et sournoises qui sont à incriminer, ne figurent pas parmi les ingrédients notés sur l’emballage. N’oublions pas que le chocolat, c’est aussi :

 

 

- 30 à 60 % de sucre blanc : acidifiant majeur, sollicite le pancréas, le foie, les intestins, capable d’induire des chocs glycémiques à l’origine d’une véritable dépendance ; favorise les caries dentaires ; perturbe la flore intestinale en induisant des fermentations et en diminuant l’immunité par épuisement leucocytaire ; favorise les infections urinaires et colitiques, car les colibacilles sont friands de sucre ; n’oublions pas que l’excès de sucre est pourvoyeur de triglycérides par transformation des glucides non utilisés en lipides ; d’où la réelle nécessité de consommer du chocolat à au moins 70 % de cacao, pour limiter l’apport en sucre ; si par hasard le chocolat est allégé en sucre, hélas, ce sont les lipides qui prennent le relais ;

 

 

- des purines : environ 1880 mg pour 100 g de poudre de cacao ; les purines surchargent les reins et accentuent l’arthritisation du terrain. L’alimentation d’une personne arthritique ne devrait pas dépasser 200 à 300 mg de purines par jour, c’est à dire que pour bien faire, il faudrait supprimer les aliments supérieurs à 1000 mg de purines pour 100 g.

 

 

- de la phényléthylamine : proche de l’amphétamine, (substance toxique excitante du système nerveux central, qui entraîne accoutumance, incriminée dans le « dopage » des athlètes) ; mais ce qu’on dit généralement, c’est qu’elle est « psychostimulante » et a une action positive sur le stress, tout comme la sérotonine présente elle aussi dans le cacao ;

 

 

- de la théobromine, (250 à 500 mg. en moyenne pour 100 g.): si la théobromine est aujourd’hui bien connue pour son effet stimulant proche de la caféine, elle en a aussi les inconvénients : alcaloïde purique, elle induit l’arthritisme, excite le système nerveux sympathique en le maintenant sous tension, pouvant ainsi provoquer constipation ou certaines migraines par son rôle vasoconstricteur (réduction du diamètre des vaisseaux) ; bien entendu, la « littérature » autour du chocolat dit qu’il n’induit ni migraine, ni constipation ;

 

 

- de la caféine (70 mg pour 100 g.) qui lui confèrerait des propriétés toniques et stimulantes ; mais les mêmes inconvénients que le café, à savoir : hépatotoxique par l’acide chlorogénique qui libère des phénols ; inhibiteur digestif en bloquant les sécrétions stomacales ; arthritisant  en tant qu’alcaloïde, et stress du système neurovégétatif ;

 

 

- 20 à 35 % de beurre de cacao : si vous le manger en excès, cela représente un apport en graisse bien trop important dans la ration alimentaire de la journée ; certes, le beurre de cacao contient des acides gras dont on dit qu’ils ont une action favorable sur le " bon cholestérol " (HDL) : l’acide oléique (acide gras monoinsaturé) a la propriété de faire baisser le taux de cholestérol LDL (le seul athérogène) sans faire baisser celui du cholestérol HDL, protecteur.

Le beurre de cacao contient aussi de l’acide stéarique, un acide gras saturé, qui a la propriété de se transformer en acide gras monoinsaturé une fois dans l’organisme.

 

 

Des vertus controversées

 

Pourtant, l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rejeté les allégations de santé génériques déposées par certains chocolatiers. Ainsi, si l'ingestion des flavonols de cacao déclenche immédiatement des changements significatifs dans le taux des F2-isoprostanes (des marqueurs du stress oxydatif), l'effet n'est pas confirmé pour une consommation quotidienne pendant trois à six semaines. De plus, aucun changement n'a été observé sur les concentrations de cholestérol LDL oxydé, qui joue un rôle dans les maladies cardio-vasculaires.

 

Mais certaines études contredisent les conclusions de l’EFSA.

 

Une équipe allemande a suivi 19.357 personnes pendant dix ans. Elle est arrivée à la conclusion qu'en mangeant un carré de chocolat noir par jour on réduit de 39 % le risque de faire une crise cardiaque ou un AVC (European Heart Journal).

 

Une autre étude menée pendant neuf ans sur 31.823 femmes d'âge moyen ou mûr a montré que celles qui mangent un à deux carrés de chocolat noir de bonne qualité par semaine ont 32 % moins de risques de développer une insuffisance cardiaque (source : Heart Failure).

 

 

Des applications en cosmétique

 

Les effets du beurre de cacao en dermatologie sont très intéressants.

Ils sont liés à la présence de :

 

- Polyphénols (3600 mg/kg principalement flavonols dont catéchine, épicatéchine, dérivés de la quercétine) : puissants antioxydants permettant de lutter contre le vieillissement cutané causé par les agressions extérieures, capteurs de radicaux libres, aident à restructurer la peau en stimulant la synthèse de collagène.

 

- Théobromine et caféine : effet lipolytique (augmentent la capacité des cellules adipeuses à destocker la graisse qu'elles contiennent).

 

- Vitamine E : antioxydant naturel

 

Insaponifiables dont :

 

- Phytostérols : action cicatrisante et réparatrice. Ils réduisent également les inflammations.

 

- Squalène : aide à régénérer le ciment lipidique de la couche cornée (le squalène est naturellement présent dans la peau et le sébum).

 

 

 

Réglementation européenne

 

Au niveau alimentaire, le problème majeur, c’est que ce qui faisait la force du chocolat, le beurre de cacao, a été remplacé par de nouvelles matières grasses végétales dont il est difficile de connaître la traçabilité et sur lesquelles existent probablement moins d’études que sur le beurre de cacao. La réglementation européenne, favorisant ainsi les lobbyings de l’agro-alimentaire, a autorisé diverses matières grasses végétales d’origine tropicale (l’illipé d’Asie, le karité, l’huile de palme, le sal Indien, le kokum gurgi et les noyaux de manque) beaucoup moins chères que le beurre de cacao. Le prix de revient de certaines graisses végétales est divisé par 10 (le beurre de cacao coûte 3 350 dollars la tonne, tandis que la tonne d’huile de palme coûte 330 dollars).

 

Elles sont autorisées à hauteur de 5 % du poids total du produit. Résultat, la majorité des tablettes de chocolat industrielles contiennent de la lécithine de soja, ce qui en soit ne serait pas un drame, si elle n’était pas issue de plants transgéniques, et toute l’économie de l’Afrique de l’ouest basée sur le commerce du cacao, est mise à mal face aux géants du secteur qui se partagent plus de 70 % du marché européen.

 

Et le consommateur, lui, paye toujours aussi cher son chocolat, voire deux fois plus cher s’il veut désormais avoir du chocolat « 100 % beurre de cacao », qui est devenu un vrai produit de luxe. Si vous sortez des marques connues de la grande distribution, comptez à partir de 3 ou 5 euros les 100 grammes et généralement jusqu’à 6-8 euros !

D’ailleurs, cherchez l’erreur, les tablettes grande distribution sont souvent passées à 150 gr ou 200 gr, alors que les tablettes de « bon chocolat », ne font plus que 70 gr. Plus cher… et moins à déguster….

 

Donc le véritable regard que l’on doit porter sur les vertus du chocolat ne tient pas tant à ce qu’on nous en dit, mais à ce qu’on ne nous dit pas.

 

 

 

Des ingrédients à la loupe 

 

C’est ici, à mon avis, que l’on doit considérer les aspects nutritifs du chocolat sous un angle qui n’est jamais évoqué dans sa promotion. La qualité même des ingrédients et surtout les modes de fabrication sont déterminants. La fève de cacao contient bien certains composants bénéfiques. Maintenant, comment ces fèves sont-elles récoltées, traitées, comment la pâte de cacao est-elle chauffée, à quelle température, quelles graisses et quels adjuvants sont ajoutés ? La dénaturation des aliments, quels qu’ils soient, est souvent l’origine de leur toxicité ou de leur incompatibilité pour l’organisme.

 

C’est le cas des aliments surchauffés, irradiés, passés aux micro-ondes, ou encore des saumons par exemple, dont on vante la richesse en omega 3. C’est vrai, mais à condition qu’ils soient sauvages. Car les poissons d’élevage contiennent moins d’acides gras polyinsaturés omega 3 et davantage d’omega 6, et ils sont plus gras que les sauvages.

 

Donc lorsque l’on parle alimentation, impossible d’en parler sans remettre le sujet dans son contexte, c'est-à-dire son mode de production, son environnement, et l’on sait qu’aujourd’hui notre environnement est malmené, agressé, pollué.

 

Il nous reste néanmoins notre liberté de consommateur. S’informer, lire les étiquettes, faire l’effort de préférer la qualité à la quantité quand cela est possible et toujours avoir à l’idée que le meilleur devrait être notre quotidien.

 

 

Choisir son chocolat

 

Ainsi, en dernier ressort, c’est vous qui choisissez. Voici les quelques critères « pense-bête » avant d’acheter :

 

- privilégier le « bio »

 

- quand cela est aussi possible, choisir un chocolat avec label « commerce équitable » ; trop de cacaos proviennent de pays où les enfants (ou adultes) sont encore terriblement exploités ;

 

- éviter le chocolat au lait, les formes de chocolat qui sont plus des friandises que du chocolat proprement dit, trier les marques sur le volet ;

 

- choisir un chocolat au beurre de cacao, graisse plus noble que les graisses ajoutées par les industries alimentaires, souvent à base d’OGM ; heureusement, certaines marques de magasins distribuent des chocolats bio, sans OGM, en précisant de quelle matière grasse il s’agit.

 

- ne pas hésiter à dégoter des petits producteurs, des artisans, qui font des chocolats avec des ingrédients de qualité et en respectant un vrai savoir-faire.

 

 

Cette mise au point n’a pas pour vocation d’incriminer un aliment, par ailleurs plein de … savoureuses qualités, mais à modérer la tendance qui consiste à toujours nous « vendre » certains aliments comme inoffensifs et à zapper notre sens critique.

 

Après avoir lu quelques vérités sur le chocolat, ne soyez pas dépressif… ça entraîne des envies de chocolat ! Le chocolat satisfait notre gourmandise, notre désir de douceur, notre sensualité. Le plaisir n’est pas à bannir de notre alimentation, l’important est de choisir ses aliments en conscience, de se respecter et de respecter la nature, de ne pas cumuler les erreurs ou les écarts, au pire, de gérer « l’après » et surtout d’assumer...

 

 

Michèle THÉRON

 

Praticienne de Santé Naturopathe

 

 

 

 

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Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
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commentaires

Jean-Claude 20/12/2010 19:28


Merci pour cet article trés complet et qui nous invite à ne pas faire d'excés.
JC


lejour-et-lanuit.over-blog.com 27/12/2010 22:07



merci Jean-Claude... l'invitation est en effet un sacré pari en ce moment !! :-)



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Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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