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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 12:42

Voici les mots touchants de Christiane Singer, qu'elle écrivait peu avant son grand départ, après avoir  traversé la maladie, la souffrance, mais sans jamais se départir de sa présence à la vie et de son enthousiasme à partager.

 

A travers cette ultime épreuve, elle faisait l'expérience du "mystère de la souffrance" et dans ce voyage entre les ombres et la lumière, elle revint avec ce qu'elle appelait cette bonne nouvelle : "quand il n'y a plus rien, il n'y a que l'Amour", "de l'autre côté du pire, t'attend l'Amour".

 

Au coeur de la transformation, nous attend parfois le pire de nous-mêmes, le pire de nos blessures remontées des profondeurs comme autant de cailloux remontant à la surface de la terre.

 

Dans ce puits, nous sommes tendus entre l'obscurité et la lumière qui tombe inexorablement sur nos têtes, comme la seule pression, la seule guidance pouvant nous servir à bâtir notre échelle pour remonter.

 

Si la terre sous nos pieds est le socle où nous pouvons nous appuyer, l'écrasante lumière qui nous traverse est une force indomptable qui nous aspire et nous tire vers le haut. Et tout autour, il y a l'Amour, cette substance inexplorée que nous arrivons rarement à trouver en nous-mêmes.

 

Au coeur de la transformation, nous sommes invités à transmuter, à changer de niveau de conscience, de niveau vibratoire, ceci entrainant souvent un grand chaos physique et spirituel.

 

Sans nécessairement quitter notre corps, en apprenant à retrouver le chemin de l'amour de soi pour  guérir profondément qui nous sommes, saurons-nous plonger dans la nouvelle aventure proposée à l'Humanité ?

 

Cette aventure invite à retrouver notre divinité pour la mettre en chair, ce qui est l'action la plus haute - et probablement la plus périlleuse- que nous puissions poser sur cette Terre.

 

MT

PS : Et bien sûr, ne manquez pas de lire son dernier témoignage, dans "Derniers fragments d'un long voyage" aux Editions Albin Michel, c'est un ouvrage dont on ne sort pas indemne.

  

  

  

  

C'est du fond de mon lit que je vous parle - et si je ne suis pas en mesure de m'adresser à une grande assistance, c'est à chacun de vous - à chacun de vous, que je parle au creux de l'oreille. Quelle émotion ! Quelle idée extraordinaire a eue Alain (*) d'utiliser un moyen aussi simple, un téléphone, pour me permettre d'être parmi vous. Merci à lui. Merci à vous, Alain et Évelyne, pour cette longue et profonde amitié - et pour toutes ces années de persévérance. Des grandes initiatives, comme c'est facile d'en avoir ! Mais être capable de les faire durer - durer - ah, ça c'est une autre aventure !

 

Maintenant ces quelques mots que je vous adresse.

J'ai toujours partagé tout ce que je vivais ; toute mon œuvre, toute mon écriture était un partage de mon expérience de vie. Faire de la vie un haut lieu d'expérimentation. Si le secret existe, le privé lui n'a jamais existé ; c'est une invention contemporaine pour échapper à la responsabilité, à la conscience que chaque geste nous engage. Alors ce dont je veux vous parler c'est tout simplement de ce que je viens de vivre. Ma dernière aventure.

Deux mois d'une vertigineuse et assez déchirante descente et traversée. Avec surtout le mystère de la souffrance. J'ai encore beaucoup de peine à en parler de sang froid. Je veux seulement l'évoquer. Parce que c'est cette souffrance qui m'a abrasée, qui m'a rabotée jusqu'à la transparence. Calcinée jusqu'à la dernière cellule. Et c'est peut-être grâce à cela que j'ai été jetée pour finir dans l'inconcevable.

 

Il y a eu une nuit surtout où j'ai dérivé dans un espace inconnu. Ce qui est bouleversant c'est que quand tout est détruit, quand il n'y a plus rien, mais vraiment plus rien, il n'y a pas la mort et le vide comme on le croirait, pas du tout. Je vous le jure.

 

Quand il n'y a plus rien, il n'y a que l'Amour. Il n'y a plus que l'Amour. Tous les barrages craquent. C'est la noyade, c'est l'immersion. L'amour n'est pas un sentiment. C'est la substance même de la création. Et c'est pour en témoigner finalement que j'en sors parce qu'il faut sortir pour en parler. Comme le nageur qui émerge de l'océan et ruisselle encore de cette eau ! C'est un peu dans cet état d'amphibie que je m'adresse à vous. On ne peut pas à la fois demeurer dans cet état, dans cette unité où toute séparation est abolie et retourner pour en témoigner parmi ses frères humains. Il faut choisir. Et je crois que, tout de même, ma vocation profonde, tant que je le peux encore - et l'invitation que m'a faite Alain l'a réveillée au plus profond de moi-même -, ma vocation profonde est de retourner parmi mes frères humains.

 

Je croyais jusqu'alors que l'amour était reliance, qu'il nous reliait les uns aux autres. Mais cela va beaucoup plus loin ! Nous n'avons pas même à être reliés : nous sommes à l'intérieur les uns des autres. C'est cela le mystère. C'est cela le plus grand vertige. Au fond je viens seulement vous apporter cette bonne nouvelle : de l'autre côté du pire t'attend l'Amour. Il n'y a en vérité rien à craindre. Oui, c'est la bonne nouvelle que je vous apporte.

 

Et puis, il y a autre chose encore. Avec cette capacité d'aimer - qui s'est agrandie vertigineusement - a grandi la capacité d'accueillir l'amour, cet amour que j'ai accueilli, que j'ai recueilli de tous mes proches, de mes amis, de tous les êtres que, depuis une vingtaine d'années, j'accompagne et qui m'accompagnent - parce qu'ils m'ont certainement plus fait grandir que je ne les ai fait grandir. Et subitement toute cette foule amoureuse, toute cette foule d'êtres qui vous portent ! Il faut partir en agonie, il faut être abattu comme un arbre pour libérer autour de soi une puissance d'amour pareille. Une vague. Une vague immense. Tous ont osé aimer, sont entrés dans cette audace d'amour. En somme, il a fallu que la foudre me frappe pour que tous autour de moi enfin se mettent debout et osent aimer. Debout dans le courage et dans leur beauté. Oser aimer du seul amour qui mérite ce nom et du seul amour dont la mesure soit acceptable : l'amour exagéré. L'amour démesuré. L'amour immodéré. Alors, amis, entendez ces mots que je vous dis là comme un grand appel à être vivants, à être dans la joie et à aimer immodérément.

 

Tout est mystère. Ma voix va maintenant lentement se taire à votre oreille ; vous me rencontrerez peut-être ces jours errant dans les couloirs car j'ai de la peine à me séparer de vous.

 

La main sur le cœur, je m'incline devant chacun de vous.

 

 

Christiane SINGER (04.04.2007)



(*) Note M.T. : Alain et Evelyne Chevillat, fondateurs de Terre du Ciel






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Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
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Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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