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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 23:36








Ce qui semble le plus faible et le plus égaré en vous

Est le plus fort et le plus déterminé.

N'est-ce as votre souffle qui a érigé et endurci la structure de vos os?

Et n'est-ce pas un rêve qu'aucun d'autre que vous ne se souvient d'avoir rêvé,

Qui a bâti votre cité et façonné tout ce qui s'y trouve?

Si seulement vous pouviez voir les marées de ce souffle

Vous cesseriez de voir rien d'autre,

Et si vous pouviez entendre les murmures du rêve

Vous n'entendriez aucun autre son.

 

Khalil Gibran

 

 

 

son-de-la-mer.jpg

 

 










 

 

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 23:27

 

 

Rare sont ceux qui désirent atteindre leur vérité,

que murmure sans cesse la voix de l'âme,

car pour l'entendre,

il faut se rendre sourd à l'ambition

de régner sur les autres,

à toute envie de plaire, à tout effroi,

aux bruits du monde.

 

Henri Gougaud

 

 

posture-yoga.jpg

 

 

 

 

 

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 15:37

 

Chemin vers soi, chemin sacré

 

 

« Lorsque l’amour vous fait signe, suivez-le,

bien que ses chemins soient escarpés et sinueux.

Et quand ses ailes vous étreignent, épanchez-vous en lui,

en dépit de l’épée cachée dans son plumage qui pourrait vous blesser.

Et dès lors qu’il vous adresse la parole, croyez en lui,

même si sa voix fracasse vos rêves,

comme le vent du nord saccage les jardins. »

 

Khalil Gibran, Le Prophète

 

 

LA SEXUALITE QUESTIONNE NOTRE VIE

 

Quoi de plus banal aujourd’hui que parler de sexualité ? Pas un magazine n’a, au moins une fois dans l’année, son dossier, son article, ses astuces, pour « bien vivre sa sexualité ». La sexualité est de tous les débats, de toutes les émissions télé ou radio, et tout le monde s’accorde à dire qu’aujourd’hui, enfin, « elle est libérée » !

Et pourtant, derrière tout ce luxe de parole, est-il certain que la sexualité soit vécue si librement, est-il certain que hommes et femmes vivent à travers elle leur corps dans leur nature profonde ? Est-il certain que la sexualité s’exprime dans sa dimension la plus pleine, la plus sereine, la plus humaine et en même temps la plus sacrée ? Rien de moins sûr.

 

Pour accéder à cette plénitude, cela supposerait avoir, non pas résolu, mais au moins questionné un certain nombre de choses dans sa vie. Or la sexualité est dépositaire de tant de projections, de tant de tabous, de non-dits, que ce n’est pas forcément la parole « publique » qui peut libérer les représentations qui y sont associées. Certes, parler de sexualité peut modifier une certaine représentation qu’on en a. Mais la sexualité a rapport avec l’intime, avec le caché, le secret, le comblement de tant d’attentes que cela est rarement révélé en public. C’est avant tout une histoire entre soi et soi. Car si la sexualité est le fondement de notre rapport amoureux à l’autre, elle est d’abord, dans son alchimie première, un rapport à nous-même. C’est dans le rapport intime que nous avons à notre corps, à notre sexe, à notre désir, que va se construire notre capacité à éprouver du plaisir et à le partager avec autrui.

 

La sexualité nous parle de notre désir et le désir est ce qu’il y a de plus intime, de plus inconscient en nous-mêmes. Ce désir est parfois difficile à contacter parce qu’il a été dénaturé, masqué par des écrans que constituent l’éducation, la morale, les préjugés, les inhibitions, les peurs, les faux-semblants, les injonctions parentales, nos représentations de la féminité ou de la virilité. Il devient alors difficile d’être en contact avec nos véritables besoins et de n’être à l’écoute que de nous-mêmes.

 

La sexualité nous parle aussi de lâcher-prise. Il faut quitter le mental, abandonner le contrôle sur soi et sur l’autre, sur notre image, pour pouvoir s’abandonner au plaisir et à la jouissance. Ce sera d’autant plus difficile s’il existe un conflit entre notre désir profond et la représentation de nous-mêmes. Notre corps et notre mental font alors le grand écart, dans deux directions opposées et il n’est pas rare que ce soit le mental qui l’emporte, fort de sa maîtrise et de son emprise sur notre corps et nos émotions. 

 

La sexualité nous interpelle aussi sur notre maturité affective. Lorsque nous sommes en dépendance affective, l’autre est investi pour combler tous nos manques. Or, si nous n’avons pas assez d’amour pour nous-même, l’amour de l’autre ne sera pas comblant. Nous sommes seuls à pouvoir prendre en charge notre sensorialité, à cultiver l’érotisme qui est nécessaire à l’épanouissement de notre désir. Attendre tout de l’autre, c’est rester dans une fusion affective qui demande une perpétuelle réparation de la part de l’autre. Pour Jean-Michel Fitremann, psychologue spécialisé en sexologie, « la fusion épuise le plaisir génital », car « moins on est dépendant, plus on est curieux sexuellement. » (1)

 

Cela suppose de ne pas avoir peur des autres, d’être capable d’aller vers l’autre, différent de nous-même, et d’accepter cette différence. Gérer sa sexualité est perpétuellement un jeu de contradictions entre ses désirs, les désirs de l'autre, les impératifs sociaux et les autres choix d'existence.

 

Et bien sûr, la sexualité nous oblige à nous interroger sur l’éducation que nous avons reçue. La sexualité a-t-elle été valorisée, ou sommes-nous pétris de tabous, préjugés, incapables d’accepter le plaisir et de le vivre comme quelque chose de légitime ?

C’est au devant de ces questions que nous devons aller, lorsque nous nous interrogeons sur la sexualité. Sans réponse, difficile de trouver notre place d’être sexué, difficile d’accéder à la dimension la plus noble de la sexualité : nous connecter à la vie et retrouver sa dimension sacrée.

 

 

QUITTER SES CROYANCES POUR AIMER SON CORPS

 

Le corps est le vecteur incontournable de notre sexualité. Si nous avons nié notre corps, la sexualité nous rappelle à lui. Elle nous oblige à le regarder, à le vivre autrement, à nous en occuper, à être à son écoute. Nous pouvons alors être douloureusement confrontés à des limites qui viennent de notre vécu et de notre difficulté à nous accepter.

 

Le corps est en effet le support de l’estime de soi. Cette estime se construit dès la petite enfance et elle est liée à l’image que nous avons de notre corps. Françoise DOLTO parle de « l’image du corps », qu’elle qualifie d’entièrement inconsciente, contrairement au schéma corporel. Pour elle, l’image du corps est « la synthèse vivante de nos expériences émotionnelles. C’est grâce à notre image du corps portée et croisée à notre schéma corporel que nous pouvons entrer en communication avec autrui,(…) » (2)

 

Cette image de soi se sera constituée essentiellement autour des émotions et des sensations corporelles véhiculées par les cinq sens. Parmi ces sensations, celles de plaisir et déplaisir liées aux différentes zones érogènes constituent bien sûr des découvertes importantes. Cette différence entre « image du corps » et « schéma corporel » a aussi été validée par Paul SCHILDER, psychanalyste et neurologue. Ses travaux ont montré que les sensations corporelles sont liées à l'investissement narcissique de soi et "on voit qu'à travers l'image du corps, le soi est une représentation fortement marquée par le narcissisme". (3)

 

Ainsi le corps est le support du narcissisme (l’amour de soi) et son image est la représentation inconsciente où va naître le désir. Sans image positive du corps, le désir sera absent ou amputé, la relation à autrui sera difficile, car difficile avec soi-même.

De cet investissement narcissique vont dépendre l'amour et l'estime de soi, qui se traduiront dans notre vécu par : se sentir "bien ou mal dans sa peau", se trouver beau ou laid, s'aimer ou parfois même se détester. L'absence d'une image corporelle gratifiante est source de somatisation et de mal-être. Le corps est vécu alors comme un lieu de conflit, où des éléments inconscients sont enfouis et source de tensions. Et comme nous imaginons le monde sur le modèle de notre corps, nous projetons nos conflits sur l'extérieur.

 

Notre corps, nous l'avons aussi construit sur le modèle de notre mère. Car à la question "que voit le bébé quand il regarde le visage de sa mère ?", Donald WINNICOT, pédiatre et psychanalyste, fait cette réponse : "Généralement, ce qu'il voit, c'est lui-même. En d'autres termes, la mère regarde le bébé et ce que le visage exprime est en relation directe avec ce qu'elle voit". En effet, "Selon que ce visage exprime l'amour, la tendresse, l'admiration ou la tristesse, l'angoisse, le rejet (…) l'enfant va investir différemment son corps et l'image de soi". (4)

 

L’intégration de notre identité corporelle se fait aussi par notre identité sexuelle, lorsque nous sommes amenés à nous reconnaître garçon ou fille. Cette identité sexuelle ne résulte pas seulement du sexe anatomique, elle découle des identifications de la petite enfance et notamment de celles qui se nouent autour du complexe d’Œdipe. Ces identifications se font de manière prépondérante au parent du même sexe et par la suite, l’identité sexuelle prend appui sur les modèles de la féminité et de la virilité proposés par la culture.

 

 

Un héritage transgénérationnel

 

Ces modèles nous sont transmis par notre éducation. Mais notre sexualité ne commence pas avec notre histoire, avec notre naissance. Elle est l’héritière de notre arbre généalogique, des lignées qui nous ont précédés. Notre passé familial est en effet peuplé d’hommes et de femmes qui chacun ont laissé une part de leur destin dans notre vie. Que nous ont-il transmis de la féminité et de la masculinité ? Quelles traces ont-il laissé que nous continuons à faire vivre en reproduisant des modèles, des schémas, des comportements qui ne sont pas forcément en adéquation avec ce que nous sommes ?

 

Il faut alors prendre conscience de ces fidélités inconscientes qui entravent notre développement. Selon les histoires de chacun, nous pouvons être amenés à faire vivre davantage une polarité plutôt qu’une autre, à porter la culpabilité d’un acte vécu autrefois comme honteux, à refouler la sexualité parce qu’elle fait écho à des violences subies par nos ancêtres : viols, incestes, acte sexuel subi dans la résignation.

 

Combien de femmes mariées sans amour, obligées de subir la sexualité comme un acte répugnant, dont la conséquence était la mise au monde de nombreux enfants, source de souffrances, de charges et d’aliénation ? Combien d’amours déçus, impossibles, se soldant par des mariages arrangés, creuset de frustrations, de renoncements mal vécus ? Combien d’injonctions apprises par les femmes pour rester fidèles, passives, dans l’ombre, vivant dans l’excellence la soumission, le déni de soi ? Combien de femmes rendues impuissantes dans la double contrainte de leur condition : être mère –sans être femme- et être femme –au risque d’être « putain »- ? Combien d’hommes, répondant au même schéma, incapables d’avoir une sexualité libre avec « la mère de leurs enfants », et allant chercher leur plaisir ailleurs, quitte à payer pour cela une autre femme ? Nos lignées familiales sont pleines d’histoires où femmes et hommes ont perdu la confiance en leur féminité ou leur masculinité, perdant ainsi le sens profond de la sexualité.

 

 

Une transmission du renoncement

 

Qu’ont pu transmettre ces hommes et ces femmes, sinon le dégoût ou le déni de soi, la frustration, la honte et le renoncement au désir ? Dans certaines lignées, il faut faire avec ces histoires là, il faut désapprendre le déplaisir et partir à la conquête du plaisir. Ce n’est pas une mince affaire, car cela implique de rompre avec une loyauté invisible qui nous maintient dans notre « clan », réflexe ancestral qui nous pousse à l’intégration pour raison de survie. Cela suppose de poser sur soi un autre regard, de s’aimer davantage et de se réapproprier son corps, ses besoins, ses désirs, avec la certitude qu’ils sont uniques, légitimes et respectables.

 

Car si nous vivons dans l’illusion d’une parole libérée, il n’est pourtant pas rare d’entendre encore les stéréotypes de toujours s’exprimer : un homme qui a beaucoup de conquêtes est « viril », « séducteur », « don Juan », une femme, elle, « couche » et n’est pas respectable. Ces affirmations ne sortent pas forcément de la bouche des vieilles générations, certains jeunes adhèrent pleinement à cette vision. C’est une vision qui perdure par le biais de notre culture judéo-chrétienne (5), dont l’ordre moral fut lui-même induit par toute une lignée de penseurs dès l’Antiquité, comme nous le rappelle cette « belle » pensée laissée par Pythagore : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme ».

 

En 1760, le traité sexuel du Dr Tissot présentait la masturbation et la sexualité infantile comme l’origine de la plupart des maladies… Nos jugements viennent donc de loin !

Et lorsque nous jugeons le comportement sexuel d’autrui, cela évite de se poser les vraies questions. Nous évitons d’admettre qu’il a des besoins qui lui sont propres, nous évitons de voir que nous en avons qui sont inassouvis et nous fuyons le contact avec nous-mêmes. Mais nous donnons de cette façon un faux cadre à nos comportements sexuels, des ornières qui sont rassurantes. Nous vivons alors dans la plus terrible des pesanteurs : celle qui consiste à demeurer conforme à ce que l’entourage, l’opinion, notre « image » attendent de nous. Et pour la femme, le poids de la société reste plus pesant encore.

 

Traditionnellement, la femme peut prétendre à la sexualité uniquement dans le mariage. « Pour elle, l’acte de chair, s’il n’est pas sanctifié par le code, par le sacrement, est une faute, une chute, une défaite, une faiblesse ; elle se doit de défendre sa vertu, son honneur ; si elle « cède », si elle « tombe », elle suscite le mépris ; tandis que dans le blâme même qu’on inflige à son vainqueur, il entre de l’admiration. », nous disait Simone de Beauvoir (6)

 

Une femme libre paie un lourd tribu pour son émancipation : jugements, dénigrement, mise à l’écart, car la société punit « l’insubordination » des femmes par la solitude et l’exclusion.

Certes, dans nos sociétés « évoluées », les moyens sont raffinés, mais ils restent dans l’esprit de la loi que les hommes ont imposée : c’est la femme qui porte le poids de la culpabilité sexuelle. Ici on lapide la femme adultère, là on la voile pour qu’elle perde son pouvoir, dans d’autres temps on la rasait pour avoir aimé en temps de guerre. A chaque fois, elle est seule à porter le poids du désir, du plaisir, de l’union des corps et de ce qui reste, malgré tout, la chose la plus « naturelle » qui soit, puisque inhérente à notre nature, à notre physiologie.

 

N’oublions pas que tout est affaire de culture. Les Inuits pratiquent une sexualité que nous qualifierions d’échangiste. Et pourtant chez eux, changer de femme avec celle d’un autre homme est une très grande marque d’estime et de confiance. Ce sont même des pratiques qui vont renforcer le lien social, car les familles impliquées seront désormais considérées comme parentes et les enfants comme frères et sœurs. On s’en doute, ce type de pratiques ne sera pas, chez nous, du genre à renforcer le lien social, mais plutôt source de zizanie  ! 

 

En somme, au-delà des conventions et des dictats de la morale, combien de couples aujourd’hui sont capables d’être ce lieu où peuvent s’exprimer tous les fantasmes, tous les besoins profonds, toutes les dimensions de la sexualité, sans se sentir brimé, en danger, renié, jugé ? Combien d’hommes et de femmes sont réellement capables d’aimer leur corps dans le plaisir, sans renier ce plaisir partagé, et d’aimer leur sexe, cet organe sujet de tant de convoitises quand il s’agit du sexe de l’autre, mais pourtant si mal aimé quand il s’agit du sien ?

 

La sexualité est donc cet espace où s’exprime une foule de représentations, d’apprentissages, de vécus, de mémoires, qui sont la somme plus ou moins consciente de nos expériences passées. Notre corps est le lieu où s'expriment plusieurs langages : celui de la biologie, des émotions, de la pensée ou de la symbolique. Il devient ainsi à notre insu porteur de multiples significations liées à une culture et à un contexte. Et il est langage parce que c’est en lui que se dépose la parole de nos parents, de nos ancêtres, et c’est par lui aussi que nous exprimons un langage inconscient, fruit de nos interdits et de nos désirs refoulés.

 

 

ALLER VERS SOI POUR CONNAÎTRE SON DESIR

 

Si la sexualité nous oblige à comprendre dans quel contexte nous avons été élevés, elle nous oblige aussi à nous rapprocher de nous-mêmes, pour être à l’écoute de notre ressenti, de nos émotions. Car la première condition à une sexualité épanouie, c’est de pouvoir être en accord avec son ressenti. Encore faut-il être en contact avec son intime, avec ce qui vibre en soi, ce qui nous rend vivant. Là aussi, habitués que nous sommes à répondre à des injonctions inconscientes, il nous est parfois difficile de connaître notre désir profond.

 

La société fait d’ailleurs tout pour nous induire en erreur, afin de nous rendre consommateurs et dépendants. Pour cela, elle édifie des modèles qu’elle sacralise, valorise, pour en faire une norme recherchée, bien loin de la réalité humaine. C’est ainsi que nous sommes amenés à consommer ce que la société valorise : les marchandises, mais aussi les êtres humains qui correspondent aux modèles valorisés. : femmes aux corps de rêve, au profil de « wonderwoman », hommes puissants ou protecteurs, eux aussi aux corps parfaits. Ces injonctions peuvent nous paraître complètement étrangères, rendues inconscientes par des messages quasi subliminaux véhiculés par certaines publicités, ou des messages on ne peut plus clairs imposés par les affiches géantes recouvrant les murs de la cité, ou les photos inondant les magazines.

 

La meilleure façon aujourd’hui d’assujettir les êtres humains, c’est d’agir sur leur image. En valorisant des idéaux quasiment impossible à atteindre, on maintient les gens dans la souffrance, dans une infériorité qui touche le plus profond de leur être, puisqu’il s’agit du désir, du sexe et de l’amour.

 

Or le corps de rêve, ce n’est pas le corps du désir. En cherchant à posséder un idéal, on risque de ne pas répondre à ses besoins. Ce ne sont pas des proportions parfaites qui rendent une personne désirable, mais son être, sa façon d’être, sa sensualité qui affleure, sa sensibilité qu’elle veut bien offrir. Ce qui rend l’autre désirable, ce sera aussi toujours cette part de mystère, sur laquelle on ne pourra pas mettre de mots, car cela échappe à toute logique, à toute justification, à toute rationalité. Car le désir qui entre en nous, c’est la vie qui entre, qui circule, qui nous met en mouvement et qui nous échappe totalement. A ce niveau, nous pouvons imaginer à quel point la vie s’accommode assez mal de la morale, et comme la morale peut parfois mal s’accommoder de la vie !

 

Nous sommes là au cœur de notre problématique. Est-ce que nous répondons aux schémas imposés, appris, ou bien sommes-nous en contact avec notre être intérieur, qui seul peut nous guider ? Est-ce que nous sommes dans la satisfaction des besoins qu’exigent notre ego, notre image, notre statut social, ou bien essayons-nous de trouver ce qui nous nourrit, ce qui nous comble, ce qui nous agrandit ?

 

Pour trouver sa réponse, il faut être à l’écoute de soi, prendre la peine de savoir qui l’on est, s’arrêter sur ses sensations, ses émotions, ses ressentis, prendre le temps de s’explorer de l’intérieur. Cette descente en soi, qui va permettre de retrouver l’être que l’on est, qui va permettre d’adhérer à ce que nous sommes, est aussi ce qui va nous donner la capacité d’aller vers les autres. Point de retrouvailles avec l’autre si nous ne sommes pas capables d’avoir des retrouvailles avec nous-mêmes. C’est dans la réconciliation avec soi, dans l’acceptation de ce que nous sommes, que nous pourrons nous offrir à l’autre. Car la sexualité suppose que le plaisir éprouvé soit partagé, montré, « offert ». Et comment pouvons-nous le faire, si nous ne sommes pas déjà capables de nous l’offrir à nous-mêmes ?

 

 

L’Amoureux : l’incarnation du désir et du choix

 

La sixième lame du tarot représente un homme au milieu de deux personnages : une jeune femme dont l’une des mains pointe son cœur, et un autre personnage, plus sévère, qui lui pose la main sur l’épaule. Au dessus d’eux, Cupidon, prêt à décocher sa flèche.

Cette carte évoque le couple, c’est à dire la première dualité et parle du désir, du choix et de la quête intérieure. Pour l’aspirant, pour l’Amoureux, il s’agit de choisir entre la raison et l’amour, entre la voie profane ou la voie sacrée.

 

Cette carte nous montre un Amoureux serein, car il a la main à la ceinture. La ceinture est signe de force et de pouvoir, symbole de protection, de purification. Elle est portée sur les reins qui, selon la Bible, symbolisent la puissance, la force et la justice. Le voyageur qui la portait montrait ainsi qu’il était prêt à affronter le danger. C’est aussi ce qui attend symboliquement l’Amoureux qui doit se positionner, choisir sa voie, car devant lui s’ouvrent deux chemins et il a un pied sur chaque. Dans certaines cartes du Tarot, l’Amoureux est représenté avec une jambe rouge et une jambe bleue, pour bien montrer cette dualité.

 

C’est une carte qui relie le charnel et le spirituel, car L’Amoureux qui s’engage sur la voie de l’amour et du sacré a écouté ses désirs. Les désirs sont une voie de l’éveil, un moteur pour accéder à notre voie. Ils sont reliés au cœur par le biais des émotions, car pour s’engager, il faut faire descendre l’énergie du 3ème chakra (plexus solaire), dans l’énergie du 2ème chakra, qui est le lieu de la sensualité, de la dualité homme/femme, là où s’incarne le verbe « je désire » et qui nous questionne sur « comment je suis désiré ». La terre labourée que l’on aperçoit derrière les personnages signifie que pour en arriver là, il faut avoir fait un travail psychologique et spirituel.

Cupidon, qui est placé dans le soleil (3ème chakra), attend que l’homme fasse un choix. Ce n’est qu’après qu’il interviendra en sa faveur, répondant ainsi à l’adage « pose la première pierre et le ciel t’aidera ».

 

L’énergie des reins

 

L'énergie sexuelle, située au niveau des reins, est bien souvent méconnue et le creuset de formidables ressources à explorer pour atteindre des états de bien-être et les sublimer.

Par des méditations, des respirations (pranayama), des exercices de Qi Gong Taoïste, l'énergie peut se libérer, être canalisée et s'amplifier à travers le corps et les différents organes. Reliée à l'ouverture du Cœur et de l'Esprit, selon l'Alchimie Taoïste, elle apporte une réelle transformation de l'Etre dans sa globalité.

 

 

VIVRE SA SEXUALITE POUR TOUCHER AU SACRE

 

Rappelons que le sacré n’est pas le religieux, mais qu’étymologiquement, le sacré est ce qui est « mis à part », écarté du vulgaire, car n’est devenu vulgaire, profane que ce qui s’est séparé du sacré. Annick de Souzenelle, psychothérapeute spécialisée dans le symbolisme du corps humain et la Kabbale, nous rappelle que le mot « secret », qui vient du latin « secernere », veut dire mettre à part. La symbolique de l’arbre des Séphiroth, l’arbre de vie qui représente dix énergies divines, dix archétypes, se superpose au schéma corporel.

 

« Yesod », que l’on pourrait situer au niveau du second chakra, signifie « le fondement » et correspond à la sexualité. « Yesod » contient lui aussi la racine « sod », qui signifie « secret », qui participe du « sacré ». C’est Yesod qui donne naissance aux premières vertèbres de la colonne vertébrale qui sont justement appelées « sacrées ». Toute fonction liée à ce niveau est sacrée. S’il y a eu une désacralisation de la sexualité, la responsabilité en revient à la religion qui a décrété que la procréation était sa seule finalité. Pourtant, A. de Souzenelle nous dit de ne pas oublier que « Yesod » est « l’entrée de la chambre nuptiale, sanctuaire où s’accomplissent les noces secrètes de l’homme et de la femme. » (7)

 

Il est en effet intéressant, de voir que cette partie anatomique de l’être humain, la zone génitale, le bas des reins, si souvent dépréciée, si loin de notre tête qui maîtrise tout, soit associée à ce caractère sacré et qu’on ait justement nommé les vertèbres qui s’y trouvent « sacrées ». Il est encore plus remarquable de savoir que la Tradition rapporte que le mot « Luz », dont tous les dérivés dans notre langue signifient « lumière », est attribué à un os à la base de la colonne vertébrale, très dur, indestructible, où l’âme demeurerait même après la mort. Ainsi le sacrum représente l’Arbre en germe, et c’est par le déploiement de la Kundalini que cette zone s’éveille pour atteindre les divers chakras jusqu’au troisième œil.

 

Cela signifie que cette zone ne doit nullement rester endormie, mais qu’elle demande à être vécue avec justesse. Car, nous dit A. de Souzenelle, « toute ascèse qui serait écrasement est fausse ; tout refus d’ascèse est également faux. »

 

Ce « sanctuaire où s’accomplit les noces secrètes », est une idée reprise dans tous les écrits et les travaux parlant d’alchimie. L’Oeuvre dont parlent les alchimistes, est un processus qui reprend perpétuellement les épousailles comme moyen d’atteindre « la pierre philosophale », « opération par laquelle la femme se transforme en homme et l’homme en femme et où il ne font plus qu’un. » (8) C’est la réunion des éléments originels, Sulphur et Mercurius, qui forment alors un être androgyne, pour accéder à une unité plus haute. L’homme et la femme forment un couple d’opposés, ils vont ensemble reformer l’unité primitive de l’amour.

 

Car Eve fut créée de l’essence d’Adam, c’est à dire de l’aspect féminin de son être. Le but de l’existence terrestre serait la réunion des deux aspects opposés. La voie qui y mène passe alors par les sens et l’assouvissement de la sexualité, « ce à quoi font obstacle les fausses doctrines morales et le dogmatisme religieux qui est un instrument de répression sexuelle. » (9)

 

N’oublions pas que Eros est une pulsion de vie. Si Freud a tenté de libérer les énergies sexuelles qui y étaient associées, il n’a pas perçu, selon A. de Souzenelle, les énergies les plus hautes qui y étaient aussi refoulées, à savoir les énergies spirituelles, en tant que conscience qui permet de participer à un nouveau champ du réel. Dans sa quête, l’Homme est « aujourd’hui à la recherche d’une qualité de l’éros qui ne peut s’investir que dans le spirituel et qui resacralisera la sexualité ». (10)

 

Nous sommes tous très fragiles quand il s'agit d'évoquer notre sexualité, aussi est-il essentiel de communiquer avec respect, compréhension et égards. Pour commencer, il faut doucement revenir à la notion de « corps sensoriel », centre d’échanges intimes, et non de possessions, avec cette vision selon laquelle une expérience sensuelle raffinée a plus de prix que le brusque soulagement d’un besoin. C’est redonner sa place à l’érotisme, plutôt qu’à une simple sexualité. Mais pour cela, il faut être en contact avec quelque chose d’essentiel : l’intimité. L’intimité avec soi, et l’intimité avec l’autre, ce qui est un luxe affectif que tout le monde ne connaît pas. L’intimité, vécue, non reniée, est ce qui va nourrir affectivement le couple et sa sexualité. Dans l’intimité, nous pouvons rester vivants. Et c’est bien cette sensation d’être vivants, qui nous garde au cœur de la vie et nous invite à une autre conscience. La conscience de faire partie d’un tout, sans être séparé.

 

Dans cette symbolique qui fait de l’homme le soleil ou le ciel, de la femme la lune ou la terre, la sexualité est ce qui va permettre de relier l’un à l’autre notre ciel et notre terre, en traversant notre chair pour illuminer notre cœur jusqu’à notre âme et nous faire grandir à l’infini.

 

Michèle THÉRON

Praticienne de santé naturopathe

 

Article paru dans "Objectif Notre Santé"

 

 

(1) Jean-Michel Fitremann, in Psychologies n° 227, auteur de « ABC de la sexualité », Grancher

(2) F. Dolto, in L’image inconsciente du corps, 1984

(3), (4), cités par E.M. LIPIANSKY, in L'identité, Ed. Sciences Humaines

(5) Voir l’ouvrage de Yves Semen, "La sexualité selon Jean Paul II", qui transmet l’enseignement que le Pape a appelé une "théologie du corps" au cours de 130 conférences sur ce sujet. L’auteur y fait paraît-il découvrir combien la pensée de Jean Paul II est libératrice, chassant définitivement de la morale catholique toute condamnation de la sexualité et toute méfiance à son égard. A découvrir donc… pour en juger par soi-même.

(6) S. de Beauvoir, in Le deuxième sexe, II, Gallimard

(7) A. de Souzenelle, in Le Symbolisme du corps humain, Albin Michel

(8) Michel Maier, 1618, cité dans Alchimie et mystique

(9) Alexander Roob, in Alchimie et mystique, Taschen

(10), A. de Souzenelle, in Le sens du sacré, Question de , Albin Michel

 

 

Bibliographie

- L'Un n'empêche pas l'autre, La voie de l'amoureux, Arouna Lipschitz, Editions Le Souffle d'Or

- Le sens du sacré, Collectif, Ed. A. Michel

- Eloge de l’intimité, Willy Pasini, Payot

- Une passion entre Ciel et Chair, Christiane Singer

- Le choc amoureux, Franscesco Alberoni

 

 

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Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 13:34

 

 

 






J’ai établi une entente de co-existence pacifique avec le temps :

Il ne me poursuit pas, je ne le fuis pas.

Un jour, nous nous rencontrerons.  

 

 


Mario Lago










 

 

 

 

 

 

 

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 11:30









Voilà, nous t’avons donné naissance, maintenant mets-toi à errer.

Va de par le monde, vois beaucoup de choses,

reviens et raconte-nous tout.

  

Naissance de Wichikapache, Indiens Crees  





cree-man-1895

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 23:24

 

 







Sais-tu comment le diable est né ? Dieu se sent seul.

Donc il essaie de créer, de pétrir le monde.

Mais comment faire ? Il ne sait pas.

Il s’y prend mal, échoue, recommence, s’énerve,

et puis « à quoi bon ? » se dit-il.

De dépit, il jette sa canne. Elle tombe, heurte le sol

et le diable apparaît.

C’est une anecdote tzigane, et sa morale dit ceci :

le démon fait son nid dans tes creux de fatigue.

Ne te décourage jamais.

 

Henri Gougaud







 

 

 

 

 

 

 

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 23:21

 

 




Ce qu’il est important de découvrir,

ce n’est pas de savoir qui est le Maître,

le Saint, le Leader,

mais pourquoi vous le suivez.

 

Krishnamurti







 

 

 

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 15:48

 

 

Vint un temps où le risque

de rester à l’étroit dans un bourgeon

était plus douloureux que le risque d’éclore.

 

Anaïs Nin

 

   
anne-geddes2.jpg

 

 

 

 

 

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 13:54

 

Un processus bio-physique au service de l’étude du vivant

 

 

Méthode d’analyse globale, ses champs d’application sont immenses. En évaluant la qualité interne de toute substance vivante, elle intéresse directement notre santé et notre alimentation et nous interroge sur notre rapport au réel.

 

 

A partir d’indications données par Rudolf STEINER, E. PFEIFFER, un chimiste allemand, met au point au début du siècle, cette méthode d’analyse globale qui sera ensuite utilisée dans les domaines médicaux et agro-alimentaires. Au départ empirique, la méthode va devenir une technique de laboratoire statistiquement vérifiée, grâce aux travaux des Docteurs Alla et Oleg SELAWRY. Entre 1950 et 1975, ces médecins recueillirent plus de 600 000 plaques, où furent testées différentes substances.

 

Les cristallisations sensibles ou « thésigraphies » sont obtenues en mélangeant des solutions de sel à des substances organiques. Le chlorure de cuivre est le sel qui s’est révélé le plus efficace pour l’observation de ce processus. Mise en présence de la substance à tester (substance végétale, minérale ou sanguine) et déposée sur une plaque de verre, la solution s’évapore et dessine ensuite ce qu’on appelle des images de cristallisation.

 

Cette méthode s’applique à tout produit animal ou végétal pour connaître sa valeur nutritive, son pouvoir thérapeutique, son degré de contamination, etc.

Elle s’applique aussi à l’homme, à l’animal, par prélèvement de leur sang pour obtenir un bilan de santé (par exemple connaître l’état de tout un cheptel animal à partir d’un seul individu). Elle permet alors d’évaluer le terrain, ses faiblesses, de dépister précocement des cancers, de faire des suivis thérapeutiques réguliers.

 

 

Comment ça marche ?

 

Le test de cristallisation sensible est une opération délicate, faite dans des conditions d’expérimentation précises.

Il se pratique dans une cabine isolée des champs magnétiques ou vibratoires et des courants telluriques, dans laquelle on maintient une température et une hygrométrie constantes. Les plaques de verre sur lesquelles sont déposées les solutions sont laissées toute la nuit (environ 18 à 24 heures). (voir …)

Entre le substrat, l’eau et le sel de cuivre, tout se passe comme si l’information du substrat était extraite par le réseau de molécules d’eau et s’imprimait dans les aiguilles du sel de cuivre qui sert de révélateur.

 

Un premier examen est fait à l’œil nu, sorte de bilan morphologique : rétraction, vitalité des striations, trame, amplitude du rayonnement, localisation du « centre » (excentré) de la cristallisation, signes ou figures visibles, étude des zones. L’examen se poursuit à la loupe éclairante et enfin au microscope. Il se passe une quinzaine de jours entre l’examen et le diagnostic final, ce qui en fait un test biologique peu industriel, car l’interprétation est longue.

 

Le test permet de rendre compte de l’équilibre ou du déséquilibre des systèmes énergétiques d’un organisme vivant c’est à dire de sa vitalité. Toute modification dynamique de l’organisme va transformer l’image. Pour le test appliqué à l’être humain, la pathologie qui va déterminer cette modification énergétique sera soit au niveau :

de l’organe (pathologie organique)

de la fonction de l’organe (pathologie fonctionnelle)

du métal lié à cet organe ou sa fonction (excès ou carence)

 

 

Un test qualitatif

 

A structures chimiques équivalentes des substances testées, les sels de chlorure de cuivre s’organisent ou non à partir d’un centre, selon que la substance est naturelle ou artificielle. Les substances de synthèse n’induisent pas une organisation spécifique des sels (par exemple la vitamine C de synthèse donne un ensemble de petites étoiles non reliées, tandis que l’acerola produit une image arborescente). Par contre, les substances végétales, animales ou humaines organisent les sels de chlorure en une image de cristallisation tripartite. C’est ainsi qu’on a pu déduire que la composition chimique de la substance n’était pas responsable de l’organisation de l’image cristalline. Le chlorure de cuivre se comporte plutôt comme s’il matérialisait le champ énergétique commun aux êtres vivants.

 

Ce processus sert de test qualitatif, permettant d’analyser des substances diverses (sang, sève, teinture mère, poudre séchée,…), non pas basé sur l’analyse quantitative des composants chimiques, mais sur la qualité de l’énergie de vie qui anime toute substance. Entre deux extraits de pomme (de même variété) on ne testera pas la quantité de vitamines, mais on pourra connaître la valeur en quelque sorte « énergétique » des deux échantillons. (Voir figures 1 et 2)

 

 

Une cartographie codée

 

Le volume des informations contenues dans chaque image cristalline est considérable. Il est décodable à partir de référentiels expérimentés et confrontés à la clinique (pour les bilans de santé par exemple) ou à la biochimie (pour les denrées agro-alimentaires par exemple). Notamment des expériences in vitro ont permis d’accélérer l’altération de divers extraits biologiques -en jouant sur divers paramètres : chaleur, congélation, échauffement, acidification, oxydation- et ainsi anticiper et vérifier les processus d’altérations naturelles. Ceux-ci vont tous dans le même sens : le catabolisme.

 

Les modifications de l’image cristalline accompagnent ce processus de catabolisme et suivent alors une involution en correspondance avec la dégradation cellulaire ou métabolique. Cela se traduit par une série de figures en formes de vacuoles, puis ailerons, rosettes et enfin croix (voir figure n°3). Ces figures sont observables par exemple sur le végétal ou le lait. Au fur et à mesure de leur stockage et de leur dégradation, à chaque échantillonnage successif, on voit alors s’installer ces figures, toujours de la vacuole vers la croix.

 

Pour les bilans sanguins, la cristallisation s’organise autour de formes qui renvoient aux grands systèmes de notre organisme : systèmes pulmonaire, cardiaque, gastrique, hépatique, intestinal, génital et rénal (voir figure n°4). Un sujet équilibré se verra pourvu d’une texture cristalline qui rayonne harmonieusement, autour d’un centre unique, toujours excentré. La croissance des cristaux est régulière, sans vacuoles, sans éléments cristallin surajouté ; les stries sont régulières et homogènes. Une lecture qui évoque de façon surprenante l’interprétation iridologique, où l’on observe la trame de l’iris, ses vacuoles, les éléments surajoutés, où il existe une cartographie des organes et où chaque détail est interprété en rapport avec les grands systèmes de l’organisme.

 

 

Echec à la philosophie matérialiste

 

Cette lecture fait appel à des paramètres totalement différents de ceux employés par l’analyse scientifique qui les qualifierait de « subjectifs ». Le monde scientifique d’aujourd’hui a opté pour une philosophie matérialiste, basée sur l’étude de la matière observée dans des conditions où elle n’est plus « vivante ». Il étudie la structure des organismes dans son aspect quantitatif (microbiologie, chimie, biochimie : y a-t-il des vitamines ? oui/non ; y a-t-il des bactéries ? oui/non …) et délaisse l’aspect qualitatif qui est en fait la clef de la connaissance du vivant. Jean-Pierre Garel, biologiste au CNRS, qualifie la biologie moléculaire de « monstre mécaniciste et réductionniste », parce que trop axée sur une recherche linéaire. Il précise : « Trois de ces rameaux vigoureux (génétique moléculaire, virologie moléculaire et immunologie moléculaire) sont aujourd’hui directement défiés par le SIDA. Pour en triompher faut-il changer le SIDA, les patients ou les concepts ? ». Mais les concepts ont la vie dure…

 

Néanmoins, aujourd’hui, les normes officielles sont insuffisantes pour rendre compte de la qualité d’une chose aussi complexe qu’un organisme vivant, que ce soit un aliment consommé ou l’organisme humain. Elles ne sont pas adaptées à un domaine aussi fluctuant que celui des êtres vivants et des processus de vie, toujours en mouvement.

La conséquence de cette vision froide et matérialiste a abouti à des techniques (agricoles entre autres) destructrices pour nous-mêmes et notre environnement. L’agriculture et l’élevage ont pour rôle de nourrir, de maintenir le vivant en bonne santé, de préparer la nature de demain à partir du patrimoine existant en l’amenant vers un niveau d’évolution supérieur en complexité. Au lieu de cela, nous sommes arrivés à une production quantitative démesurée dont nous devons payer le prix par l’abandon de la qualité même du vivant. L’argument,  souvent taxé de passéiste ou obsolète par les détracteurs du « bio », trouve néanmoins ici sa raison d’être à travers l’expérimentation.

 

 

Une hiérarchisation des agricultures

 

Toutes les images de cristallisation des produits de l’agriculture intensive traduisent par leur texture, leur structure et leur évolution dans le temps : un affaiblissement des processus végétatifs, une stagnation ou un abaissement du niveau d’évolution et des capacités de régénération réduites. Elles mettent ainsi en évidence que l’agriculture dominante est une pratique non pas d’ « élevage », mais bien une « exploitation », un esclavage de la terre et de ses richesses. Au même titre que l’Homme s’est permis d’exploiter l’Homme en le réduisant à l’esclavage, sans se soucier de sa valeur, l’agriculture exploite la terre, sans éthique et sans aucune notion des lois qui régissent la nature. Nous entendons par « lois », le système complexe de réactions en chaîne que l’Homme ne peut connaître ni maîtriser dans son ensemble.

 

L’observation des produits issus des trois agricultures (intensive, biologique, biodynamique) permet en effet de hiérarchiser la structure des cristallisations, selon des critères qui nous informent de la qualité de ces modes de production.

Les produits issus de l’agriculture dominante donnent des images de type « racine » dans laquelle prédomine un aspect physique et éphémère.

Les produits de l’agriculture biologique donnent des images de type « feuille », dans laquelle prédomine l’intensité des processus végétatifs.

Avec les produits de l’agriculture biodynamique, les images de type « fleur » montrent les structures les plus évoluées, tout en gardant des textures révélatrices de processus végétatifs intenses.

 

Nous pouvons voir à travers ces trois types d’image, la même dynamique qu’un processus de maturation, de la racine (la partie la plus « grossière ») à la fleur (la partie la plus subtile).

Ces images viennent traduire à leur manière des phénomènes énergétiques subtils et nous interrogent sans cesse. Comment nous nourrissons-nous ? Quelle est la valeur de ce que nous laissons pénétrer dans notre corps ? Quel est le taux vibratoire de nos aliments, de notre organisme ? Comment appréhendons-nous le réel ? Sommes-nous entiers et debout sur nos deux jambes ? Car si nous sommes condamnés à ne manger que ce que nous donne l’agriculture intensive, ne sommes-nous pas amputés de quelque chose de vital pour notre survie ?

 

 

Le féminin oublié

 

La progression des images de cristallisations sensibles, d’une forme de type racine (pour l’agriculture intensive) jusqu’à une forme de type fleur (pour l’agriculture biodynamique), est à mettre en parallèle avec un processus qui s’inscrit dans une polarité. Dans notre monde manifesté, la vie ne peut circuler qu’entre deux pôles opposés : mâle et femelle, (+) et (-), yang et yin, deux polarités qui créent la matière, l’énergie, la vie.

Pour assurer la survie du groupe, le principe masculin, guerrier, agressif, compétitif, s’est mis en place dès l’origine de la civilisation. Puis, de nécessaire, ce principe est devenu un outil de pouvoir. Le patriarcat dominant a imposé ses outils de survie : l’intellect, l’analyse, la science, la technologie. L’intellect sépare, pour pouvoir désigner et connaître. Dans sa forme déviante, il sépare pour asservir, l’espace et les consciences. Il a « oublié », dans sa volonté de domination, de maîtrise, qu’il existait des valeurs féminines. S’il ne les a pas oubliées, il les a subordonnées.

 

Pourtant, nous l’avons dit, la vie ne circule qu’entre deux pôles. Deux pôles réunis dans la symbolique d’un arbre. Ses racines, dures, profondes se nourrissent des minéraux de la terre pour construire le tronc puissant, noir, dressé, manifesté, yang. Puis les ramures s’arrondissent, se fragilisent, jusqu’aux feuilles qui préparent au féminin. Enfin, légères, douces, fragiles, subtiles, embaumantes, offertes au soleil, les fleurs, quintessence du principe féminin. Les fleurs qui nourrissent les abeilles et les papillons, permettent la reproduction et participent à la respiration profonde de la nature. Les fleurs qui, par leur parfum, nous font toucher au plus subtil de la matière.

Comment ne pas voir dans ce processus un tout indissociable ? Or notre société ne vit qu’avec sa polarité masculine. Comment ne pas s’alarmer du fait qu’elle néglige tout ce qui découle de ces phénomènes subtils ?

 

 

Changer notre rapport au réel

 

Les scandales de toutes sortes sont là pour nous montrer vers quels déséquilibres notre société « amputée » nous entraîne. Et un test, comme celui des cristallisations sensibles, par les questions qu’il soulève, est là pour nous le rappeler aussi. Notre vision, notre appréhension du réel doivent changer et nous devons faire confiance à notre intuition. Oui, notre alimentation et notre environnement doivent être préservés, protégés, car c’est de la survie de notre espèce dont il s’agit aussi. Ce que nous faisons à la nature, nous le faisons à nous-mêmes. Ces cristallisations sensibles nous montrent que notre rationalité n’a pas raison de tout, que notre mode de connaissance et notre appréhension du réel sont à revisiter.

 

Un symbole nous enseigne à propos de notre mode de connaissance dans les sciences actuelles. Dans l’évolution de l’humanité, le serpent représente l’accès à la connaissance. Il séduit l’Homme et l’entraîne à manger le fruit de l’ « Arbre de la connaissance ». A partir de ce moment, l’Homme est chassé du « paradis » (état de non connaissance). Il voit ses yeux s’ouvrir, aspect positif de la symbolique du serpent, car par la connaissance, il accède à l’autonomie. Mais l’orientation de nos facultés de connaissance sur des faits exclusivement matérialistes sont les conséquences négatives de l’influence du serpent. Car alors cette connaissance ne tient plus aucun compte des éléments subjectifs de l’expérience. Tout est alors analysé, pensé, selon des critères « objectifs » de mesure et l’Homme lui-même est intégré dans ce système en tant qu’outil.

 

Comme le dit Hans-Werner Schroeder (1) : « Même la médecine, la plus humaine de toutes les sciences, menace de dégénérer en une simple médecine d’appareillage dans laquelle les composantes humaines, intuition, compassion, expérience recueillie grâce à la rencontre avec le patient, n’auront quasiment plus aucun rôle à jouer. Telle est la toute dernière conséquence du mode de connaissance introduit par le serpent dans l’humanité ».

 

Pour faire de ce symbole un symbole positif, il nous faut admettre que nos facultés cognitives ne sont pas à mettre exclusivement au service du réel-objectif. Il faut que cette connaissance retrouve un lien avec des nouvelles forces spirituelles qui permettront à l’Homme de s’élever sans perdre pour autant son autonomie.

 

Ainsi toutes les approches du réel seront complémentaires au lieu de s’exclure, la science cessera d’être divisée entre « science exacte » et « science inexacte », et elle cessera peut-être de morceler l’être humain, qui a hâte de retrouver un peu de son unité.

 

Michèle Théron

Praticienne de Santé Naturopathe

Article paru dans "Objectif Notre Santé"

 

 

 

(1) « Le serpent dans l’évolution de l’humanité » in Revue Weleda n°83

 

Désolée pour l'absence d'illustration normalement en lien avec cet article. Si je retrouve de quoi l'illustrer, je le ferais au fur et à mesure de mes trouvailles.

 

 

    cartographiecristallisations

 

 


Légende : formes typiques de cristallisations sensibles

 

1) forme pulmonaire

2) rosettes intestinales

3) rosettes gastriques

4) polygone cardiaque

5) figure hépatique

6) trigone rénal

7) formes génitales

 

 

 

Pour aller plus loin :

 

La théorie des signatures

Les cristallisations viennent parfois renforcer la théorie des signatures, chère à Paracelse. En effet, ce médecin du 16ème siècle s’intéressait déjà à la loi des semblables. Pour découvrir le lien de similitude entre un médicament donné et un certain état morbide, il observa toute ressemblance possible entre une plante avec une particularité de la maladie. Ainsi la chélidoine, au latex jaune semblable à de la bile fraîche, porte la signature du foie. Or des travaux menés avec les cristallisations sensibles ont permis d’établir une grande analogie entre l’image d’un extrait de chélidoine et l’image obtenue à partir d’un extrait de bile.

 

 

Un processus alchimique

Le processus dynamique de la cristallisation s’articule sur 2 phases. Une phase d’évaporation avec un intense échange énergétique de type YANG, qui est assimilable à la phase « SOLVE » ou « CHAOS » des alchimistes. Une phase de structuration où la plaque se couvre d’un filigrane cristallin organisé, qui est l’équivalent du processus alchimique de « COAGULE », à dominante YIN.

 

 

Bibliographie :

« Nouvelles lumières par la cristallographie », Jean-Pierre Garel in Le Lien - 1990

« Les cristallisation sensibles : une révélation ? » in 3ème Millénaire n°8 et 9 - 1988

« Les cristallisation sensibles, pour choisir avec conscience », Marie-Françoise TESSON in Bulletin AMKI n°2

« Le pouvoir formateur de la femme », Pierre C. Renard

« Valeurs féminines, le pouvoir demain », Mike Burke, Ed Village mondial

 

 

  

les cristallisations sensibles
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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 01:27
En 1996, Maj. Britt Theorin, membre suedois du Comité Parlementaire européen des Affaires étrangères, a publié un rapport appelant à un accord international pour interdire l'utilisation du Programme HAARP, basé dans l'Alaska et dirigé par les EU, à cause de son danger potentiel.
Dans ce rapport (lien vers document pdf de 35 pages) vous pourrez entre autres références au programme Haarp, trouver cette phrase significative :
 
"considérant que la recherche militaire porte actuellement sur la manipulation de l'environnement à des fins militaires, et ce en dépit des conventions existantes; c'est le cas, par exemple, du système HAARP basé en Alaska," ...
 
 
Rapport de 35 pages sur l'environnement, la sécurité et la politique étrangère, par la Commision des Affaires Etrangères :
 
 
 
 
 
 
 

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 01:09

Ce film représente plus d'un an de démarches entreprises par Initiative Citoyenne, d'actions en justice, de confrontations rigoureuses du discours officiel avec la réalité des faits... 

 
Dans cette vidéo de synthèse, vous pourrez découvrir ou redécouvrir la position de différents médecins sur le sujet, voir ou revoir des extraits de JT, des extraits des conférences de presse mais aussi la réaction de plusieurs citoyens interrogés au cours de différents microtrottoirs.

Fa ras-le bol généralisé, aux mensonges et à la manipulation, cela montre l'impérative nécessité de structures citoyennes de vigilance, viables et fonctionnelles.

 

 

 



 

 

  
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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 01:09
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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 01:08
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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 01:07
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Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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