Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 20:44

Des ennemis qui œuvrent en sourdine

 

 

Notre nourriture, de plus en plus industrielle, se trouve dénaturée par des additifs pas toujours inoffensifs. Au fil des années, elle devient de moins en moins une source de richesse et a du mal à garder notre confiance. Voici deux hôtes à scruter à la loupe !

 

L’alimentation a toujours été préparée pour avoir un goût agréable, et les accompagnements furent longtemps naturels, comme le sel, le poivre, la moutarde, l’huile, les épices. L’industrie alimentaire s’est malheureusement enrichie ces dernières décennies d’une considérable panoplie d’additifs et d’adjuvants, dont le seul mérite, à part celui de tromper le goût, l’odorat ou la vue, est d’être peu onéreux, et de favoriser ainsi une production bon marché.

 

Colorants, stabilisants, conservateurs, arômes, acidifiants, émulsifiants, agent de sapidité, sucre inverti,… la liste est longue de ces nouveaux ingrédients que notre organisme doit ingérer et … digérer s’il le peut ! Répertoriés sous la lettre E suivie d’un nombre à trois chiffres, leur liste va du E100 au E900. Impressionnant… Mais peut-être en avez-vous déjà testé la presque totalité sans le savoir ! Sinon, courage, en remplissant votre caddie sans prêter attention aux étiquettes, vous y arrivez sûrement !

 

De E100 à E200, nous trouvons les colorants, de E 200 à E 400, les antioxydants et conservateurs, de E400 à E500 les agents de texture et de E500 à E900, les additifs divers. Parmi eux, le glutamate et l’aspartame ont depuis longtemps défrayé la chronique. L’un est présent pour relever le goût de la plupart des aliments salés, le second pour remplacer le goût sucré, sans les calories. Tous deux font intervenir des acides aminés et le Dr Russell L. Blaylock (1) a rassemblé près de 500 références scientifiques pour mettre en évidence comment un excès d’acides aminés libres (2) excitateurs est responsable de désordres neurologiques chroniques.

 

Le glutamate

A la fois acide aminé essentiel, transmetteur cérébral excitateur, additif alimentaire usuel, le glutamate est lourdement suspecté de neurotoxicité. Il a fait parlé de lui il y a quelques années déjà, avec le fameux « syndrome du restaurant chinois », touchant sélectivement les individus venus se délecter de quelques plats exotiques. Chez certaines personnes sensibles, le repas peut provoquer une soudaine migraine, de violentes nausées ou encore une éruption cutanée, des éblouissements, voire une faiblesse confinant à la pseudo-paralysie.

 

Le glutamate ou acide glutamique est un acide aminé neurotransmetteur omniprésent dans le cerveau et qui y joue un rôle majeur de transmission et amplification des messages entre neurones. C’est à ce titre qu’il serait impliqué dans de nombreuses maladies dégénératives du cerveau ainsi que dans la mort cellulaire.

Premières découvertes

Se basant sur les concentrations importantes de glutamate dans le cerveau, on donna dans les années 1940 de fortes doses de glutamates à des enfants atteints de retard mental pour améliorer leurs performances.

A la fin de la guerre, on constata les premiers effets secondaires du glutamate sur l’organisme. Ainsi des patients traités par des solutions orales ou intraveineuses étaient sujets à de violentes nausées et vomissements. Deux articles, parus en 1947 et 1949 (3), mirent à l’index le glutamate utilisé dans les mélanges d’acides aminés pour traiter brûlés et dénutris chroniques.

 

En 1972, une première description du fameux syndrome commença à s’esquisser (4) et il fut défini cliniquement en 1968 sous le nom de syndrome post-sino-cibal, par les Drs Ho Man Kwok et Henry Schaumburg.

 

En 1969, John W. Olney, neurophysiologiste de Washington, constata que le glutamate pouvait passer dans le sang et provoquer des dégâts foudroyants dans l’hypothalamus. Quand le glutamate venu du sang atteint les neurones, ceux-ci laissent soudain entrer massivement calcium, sodium et eau bien au-delà de leurs possibilités physiologiques, provoquant une brutale dépolarisation du neurone, qui en meurt. Les neurones, en mourant, relâchent massivement le glutamate qu’ils contiennent dans le milieu extra-cellulaire, excitant d’autres neurones, qui meurent à leur tour. Ce phénomène en cascade observé est appelé excitotoxicité, à chaque fois que certains acides aminés, dont le glutamate, déclenchent cette réponse électrique nerveuse, conduisant au « suicide » des neurones.

 

La similitude entre les cellules bêta du pancréas et les neurones du cerveau (mêmes enzymes, du GABA et des microvésicules identiques) a permis de démontrer la présence du glutamate dans le pancréas et son action sur le diabète. Des chercheurs au CNRS-INSERM de Montpellier, s’appuyant sur cette ressemblance, ont mis en évidence cette action du glutamate sur le pancréas. Dans le diabète sucré, le système immunitaire produit des anti-corps contre le pancréas en détruisant une enzyme indispensable constituée à partir du glutamate. Ceci laisse à penser qu’il y a, dans le pancréas et le cerveau, le même récepteur du glutamate, et incite à la prudence quant aux médicaments qui ralentissent la maladie d’Alzheimer. Ceux-ci, efficaces sur le cerveau auraient des effets secondaires sur d’autres organes, par exemple en risquant de déclencher un diabète chez les malades.

 

Un caddie plein de glutamate…

Aux Etats-Unis, 20 000 tonnes de glutamate sont produites chaque année !

La liste des aliments qui en contiennent est longue et il vaut mieux lire les étiquettes… mais la législation n’oblige pas à préciser le type de sel utilisé. Vous pourrez le trouver aussi sous sa forme saline : « monosodium de glutamate », ou son diminutif E621.

Soupes en conserve ou en sachet

Plats cuisinés

Viandox

Cubes de bouillons ou d’assaisonnements

Nouilles chinoises

Condiments

Chips

Biscuits apéritif,…

 

 

L’aspartame

 

C’est un édulcorant de synthèse découvert en 1965, composé de deux acides aminés, la phénylalanine (50 %), l’acide aspartique (40 %), associés à 10 % de méthanol. Commercialisé aux Etats-Unis depuis 1974 et en France depuis 1988, sa découverte était une aubaine, car une solution de rechange par rapport aux cyclamates et à la saccharine interdits dans les aliments depuis qu’ils étaient suspectés d’entraîner des cancers.

Son pouvoir sucrant 180 fois supérieur au saccharose (à masse égale), en fait un produit précieux pour l’industrie agro-alimentaire, avec un coût bien inférieur au sucre. Sa qualité « hypocalorique » en a fait l’additif le plus répandu dans les produits diététiques, dans près de 9000 breuvages « light », ainsi que de nombreux aliments transformés.

Approuvé pour l’alimentation humaine depuis 1981, déclaré en 1993 apte à la cuisson malgré son instabilité chimique, il a pourtant fait l’objet de plus de 10 000 plaintes aux Etats-Unis – pays du « light »- pour des symptômes à caractère neurologique essentiellement. Des communiqués ont été émis dans les bulletins de U.S. Air Force pour mettre en garde les pilotes des risques encourus. En 1991, le National Institute of Health a publié un document énumérant pas moins de 167 raisons d’éviter l’aspartam. Comme le glutamate, la polémique est sans fin, car les études s’affrontent et se contredisent. En 1996, le Pr R. Walton de la Northeastern Ohio Universities, analyse l’ensemble des études produites sur l’aspartame.

 

Il met en évidence que sur 174 études, 74 étaient financées par l’industrie de l’aspartame et concluaient à son innocuité, alors que 83 des 90 études non financées relevaient plutôt des problèmes quant à son emploi. En Europe, le Comité Scientifique pour l’Alimentation Humaine (CSAH) a conclu que l’aspartame ne posait aucun problème de santé, faisant écho aux conclusions de l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments). Les doutes entourant le produit sont imputés à la « littérature » qui circule sur Internet, mais n’ayant « pas de fondement »…

 

Pourtant une quantité importante d’études ont été menées aux Etats-Unis, pays où les produits « light » ont vu le jour depuis longtemps et où leur utilisation est si excessive, que l’on comprend pourquoi les symptômes sont si fréquents. Les chercheurs à l’origine de ces études ont témoigné auprès de la FDA (Food and Drug Administration), du Sénat et se sont organisés pour collecter les informations. (5)

Mais étant donné que le propriétaire et fabricant d’aspartam se trouve être désormais Monsanto, et que cela lui rapporte des milliards de dollars chaque année, la pression sera probablement de plus en plus forte pour éviter d’y voir clair…

 

A ce jour, le seul problème reconnu est lié à la présence de phénylalanine dans l’aspartame. En effet, cet acide aminé peut ne pas être assimilé chez certaines personnes souffrant d’une carence enzymatique, empêchant de transformer la phénylalanine en tyrosine. La phénylalanine s’accumule alors dans le sang et devient dangereuse pour le système nerveux. C’est pourquoi elle est déconseillée aux enfants, aux femmes enceintes, et bien sûr aux personnes chez qui on a détecté cette maladie, la phénylcétonurie.

 

Des symptômes variés

  

Fatigue, changement d’humeur, perte de mémoire

Nausées, palpitations cardiaques

Prise de poids, désordres endocriniens

Dépression, crise de panique

Maux de tête, vertiges

Crampes musculaire, douleurs abdominales

Vision brouillée, perte d’audition

Urticaires

Asthme, difficultés respiratoires

Oedèmes,…

 

  

L’aggravation ou le déclenchement de maladies chroniques :

 

Tumeurs au cerveau,

Scléroses multiples

Epilepsie

Maladie de Parkinson

Maladie d’Alzheimer

Lymphome

Malformations prénatales

Fibromyalgie

Diabète

 

  

Des composés toxiques

 

L’aspartame (aspartyl-phenylalanine-methyl-ester) est composé de méthanol (alcool méthylique), de phénylalanine et d’acide aspartique. Le méthanol, lorsqu’il subit une oxydation catalytique, c’est à dire par exemple s’il est chauffé à 30°, se transforme en acide formique et en formaldéhyde. Ce dernier, longtemps suspecté, vient d’être reconnu pour son pouvoir cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Il est aussi sur la liste établie par la FDA comme produit chimique responsable de cancers. Le formaldéhyde cause des dommages à la rétine, s’oppose à la reproduction de l’ADN et provoque des malformations prénatales.

 

Le plus inquiétant, c’est que sa présence peut donc se développer dans n’importe quel aliment contenant de l’aspartame type « coca light », conservé à température ambiante et davantage encore dans les régions ou pays chauds. C’est pourquoi on suspecte l’aspartame dans la symptomatologie qui a accompagné le retour des soldats lors de la première guerre du Golfe. Ceux-ci avaient à disposition des boissons light, hautement chauffées par le soleil de l’Arabie Saoudite et présentaient des désordres similaires à ceux trouvés chez des individus intoxiqués aux formaldéhydes.

 

Toutes les études menées sur ces produits l’ont été sur des animaux de laboratoire et ne reflètent pas les dangers encourus par les humains. A l’heure actuelle, il n’existe aucune étude sur l’homme pour évaluer les effets mutagènes, tératogènes ou cancérigènes possibles d’une absorption chronique d’alcool de méthyl. (6)

Seule une récente étude effectuée sur le rat, a relancé la polémique. En effet, la Fondation européenne d'oncologie et de sciences environnementales "B. Ramazzini" à Bologne (Italie) a déclaré que "l'aspartame est un agent cancérigène", et qu’il entraînait une "augmentation statistiquement significative des lymphomes et des leucémies chez les rats femelles, lorsqu'il est administré à des doses très proches de celles auxquelles les êtres humains peuvent être exposés". (7) Ces résultats, conduits par le Dr Morando Soffritti, doivent paraître dans la revue médicale European Journal of Oncology.

 

La dose journalière acceptable (DJA) d'aspartame est actuellement fixée à 40 mg par jour et par kilogramme de poids corporel pour l'homme au sein de l'Union européenne et à 50 mg/kg aux Etats-Unis. Dans l’étude menée par l’équipe italienne, l'augmentation de la fréquence des lymphomes et leucémies chez les rates a été constatée dès l'équivalent de 4 mg/kg, alors que chez le rat mâle, la hausse n'est constatée qu'à partir d'une dose journalière correspondant à 5 000 mg/kg chez l'homme.

 

Quant à la phénylalanine, elle est naturellement présente dans le cerveau, mais on a observé que les personnes qui consommaient de l’aspartame, avaient un taux de phénylalanine excessif dans le sang. De plus, elle est suspectée de faire décroître le taux de sérotonine (hormone de bien-être), conduisant ainsi à des désordres émotionnels ou dépressifs.

Un autre dérivé du métabolisme de l’aspartame, la DKP (Diketopiperazine), a été étudiée par le Dr Olney. Il a constaté que lorsqu’elle été nitroazotée dans l’intestin, elle produisait un composant chimique causant des tumeurs au cerveau.

 

Quantités trouvées dans un échantillonnage de coca light suivant le mode de conservation, après 10 semaines

 

                                               Aspartam                     formaldehyde              DKP

Echantillon réfrigéré               0,058 %                   53,5parts/bilion             0.001 %

Température ambiante             0,051 %                    231 parts/bilion             0,002 %

Incubateur (40°)                    0,026 %                   76,2 parts/bilion            0,010 %

 

On observe qu’un stockage prolongé augmente considérablement le taux de formaldéhyde et qu’une température élevée augmente la DKP

 

 

Faux sucre mais vrais kilos

Autre point d’interrogation concernant l’aspartame, son effet sur la glycémie. Censé se substituer au sucre, en évite-t-il pour autant les conséquences physiologiques ? Car comment le cerveau et le pancréas réagissent-ils à l’apparition de cette saveur sucrée dans la bouche ? Il est possible qu’une dose massive d’insuline soit sécrétée en réponse au message sucré, et qu’elle se trouve ainsi produite sans pouvoir être utile. En tout état de cause, il est peu probable que le corps « comprenne » quelque chose : il est induit en erreur. Il est prévenu d’une arrivée de sucre, et finalement il n’y a pas de sucre à digérer. Il ne peut s’en suivre qu’une confusion dans les messages et les réponses. Là encore, certaines études tendraient à montrer que les personnes consommant de l’aspartame auraient davantage envie de manger, et que leur prise de poids serait plus significative par rapport à des personnes n’en consommant pas. C’est ce qu’a confirmé l’American Cancer Society après avoir suivi 80 000 femmes durant six ans.

Même mise en garde concernant les diabétiques, chez qui la consommation d’aspartame peut entraîner des crises plus fréquentes d’hypoglycémie et aggraver les symptômes diabétiques (cataractes, retinopathies, neuropathies, etc.)

Mais malheureusement, même sur ces accusations pour la glycémie ou le diabète, pas de « preuves » formelles aux dires des détracteurs, que des suppositions, pas assez « fiables ».

 

Les courses à la loupe

 

Comme tous les additifs, l’aspartam peut se trouver là où on l’attend, mais aussi là où on ne le soupçonne pas : plats plutôt « salé » par exemple. La seule garantie : scruter à la loupe des étiquettes, pour trouver son nom de code : E951 !

 

Boissons gazeuses ou dites « light »

Jus de fruits, sodas, boissons instantanées

Petits déjeuners instantanés

Chewing-gum, confiseries « sans sucre »

Rafraîchisseurs d’haleine

Desserts, confitures

Yaourts, glaces

Vinaigrettes, surgelés

Nombreuses préparations diététiques

Succédanés de repas

Compléments à base de plantes

Médicaments, sirops pour enfants, laxatifs

Vitamines (à croquer par exemple)

 

 

Par prudence, et davantage encore si l’on a un certain nombre de symptômes inexpliqués qui ne cèdent à aucun traitement ou aucune prise en charge, il est préférable d’arrêter toute prise de ces substances. Il est possible d’être extrêmement sensible à ces produits et d’être ainsi dans un mal-être inexpliqué. Après un arrêt d’une durée d’au moins un mois, on pourra observer quelles sont les améliorations. Les études tendent à montrer que les symptômes cèdent à l’arrêt des prises.

 

Quoi qu’il en soit, au milieu d’une polémique, le mieux est d’adopter une attitude de bon sens et de suivre le principe de précaution. Une alimentation saine est celle qui comporte, dans l’ensemble, des aliments produits par la nature et le moins transformés possible. Dès que nous sommes en présence d’ingrédients transformés, premièrement, nous n’avons plus aucun contrôle sur leur valeur ou leur qualité, deuxièmement, nous obligeons notre organisme à s’adapter et à digérer des molécules pour lesquelles il n’a pas été « programmé » et nous risquons de déstabiliser une homéostasie déjà bien fragile, et troisièmement, nous mettons en présence des molécules dont l’association est méconnue et peut être explosive. La chimie de notre organisme est complexe, c’est un équilibre subtil qu’il est préférable de ne pas déstabiliser inutilement.

 

Alors limitons les consommations superflues et essayons de reprendre le contrôle sur nos choix alimentaires. Ce n’est pas toujours facile face à la profusion de nourriture ou face à la tentation. Cela l’est encore moins quand il faut se transformer en détective de supermarché et prendre en filature des ingrédients qui agissent masqués ! Mais c’est à ce prix que nous pouvons préserver notre santé et en être responsable.

 

 

 

MT

Article paru en 2005 dans "Objectif Notre Santé"

 

  

 

(1)    Dr Blaylock, auteur de « Excitotoxines : the taste that kills » (Excitotoxines, le goût qui tue), Health Press

(2)   Acides aminés libres = non reliés aux protéines

(3)   Journal of Laboratory Clinical Medicine

(4)   Humar et Ghami

(5)   http://www.dorway.com/possible.html : site en anglais du mouvement Mission Possible International, sur les méfaits de l’aspartam, fondé par Betty Martini, Mission-Possible-USA@altavista.net

(6)   Il est recommandé de ne pas dépasser 7,8 mg/jour de méthanol, alors qu’une boisson édulcorée à l’aspartame en contient 56 mg.

(7)   AFP, 18 juillet 2005

 

Pour en savoir plus :

-          les travaux du Dr John W. Olney, neuroscientifique spécialisé dans les

           excitotoxines

-          http://sm.coppier.free.fr/histo/aspartame.htm : infos du site Dorway

           traduites en Français

-          http://www.biogassendi.com :

 

-          http://www.youtube.com/watch?v=12sdcbTL5yo 

 

dans cette vidéo sous titrée en français, vous apprendrez, entre bien d'autres choses, que le glutamate peut se cacher derrière des appellations comme :  "caséinate de sodium", "extrait de levure", "arômes naturels", et il y en a toujours dans les "protéines hydrolysées".

 

 

 

 

 

  

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 12:11

 

 

Notre peur la plus profonde n'est pas que nous ne soyons pas à la hauteur.

 

Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite.

 

C'est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus.

 

Nous nous posons la question :

 

" Qui suis-je, moi, pour être brillant, radieux, talentueux, merveilleux ? "

 

En fait, qui êtes-vous pour ne pas l'être ?

 

Vous êtes un enfant de Dieu.

 

Vous restreindre, vivre petit ne rend pas service au monde.

 

L'illumination n'est pas de vous rétrécir pour éviter d'insécuriser les autres.

 

Nous sommes nés pour manifester la gloire de Dieu qui est en nous ;

 

Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus : elle est en chacun de nous.

 

Et, au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière,

 

nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même.

 

En nous libérant de notre propre peur,

 

notre présence libère automatiquement les autres.

 

 

Marianne Williamson :

 

Discours prononcé par Nelson Mandela

 

      

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Paroles créatrices
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 21:49

 

 

Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles

De l’appel de la vie à elle-même.

Ils viennent à travers vous, mais non de vous.

Et, bien qu’ils soient avec vous,

Ils ne vous appartiennent pas.

 

Vous pouvez leur donner votre amour

Mais pas vos pensées

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leurs corps

Mais pas leurs âmes

Car leurs âmes habitent la maison de demain

Que vous ne pouvez visiter, pas même dans les rêves.

Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux

Mais ne tentez pas de les faire comme vous

Car la vie ne va pas en arrière,

Ni ne s’attarde avec hier.

 

Vous êtes les arcs par qui vos enfants

Comme des flèches vivantes sont projetés.

L’archer voit le but sur le chemin de l’infini

Et

Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches

Puissent voler vite et loin.

Que votre tension par la main de l’archer

Soit pour la joie

Car, de même qu’il aime la flèche qui vole,

Il aime l’arc qui est stable.

 

 

Khalil Gibran

 

.

.

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 21:46

 

 

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez vous de la paix qui peut exister dans le silence.

Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité; et écoutez les autres, même le simple d'esprit et l'ignorant; ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit.

 

Ne vous comparez avec personne: vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.

Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements.

Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit elle; c'est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires; car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe; plusieurs individus recherchent les grands idéaux; et partout la vie est remplie d'héroïsme.

 

Soyez vous même. Surtout n'affectez pas l'amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car, en face de toute stérilité et de tout désenchantement il est aussi éternel que l'herbe.

Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

 

Au delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous même. Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles; vous avez le droit d'être ici. Et qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devrait.

Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos peines et vos rêves , gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme.

Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés le monde est pourtant beau. Soyez positif et attentif aux autres.

 

Tâchez d'être heureux.

 

(Trouvé dans la Cathédrale Saint Paul de Baltimore en 1692. Auteur inconnu.)

 

.

.

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Paroles créatrices
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 21:41

 

 

Comme l'Ancien amérindien Oriah Mountain, je vous dis :

"Peu m'importe comment tu gagnes ta vie.
Ce que je veux savoir, c'est l'objet de ce désir qui brûle en toi à t'en faire mal.
Ce que je veux savoir, c'est si tu oses, ne serait-ce que rêver, de réaliser le désir profond de ton coeur.
Peu m'importe l'âge que tu as as.
Je veux savoir si tu es prêt à risquer de paraître ridicule pour l'amour, tes rêves, pour l'aventure d'être en vie, d'avoir choisi la vie.
Peu m'importe quelles planètes sont en conjonction avec ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta tristesse, si tu t'es ouvert aux trahisons de la vie ou bien si tu t'es ratatiné, renfermé, de peur de ressentir une douleur de plus. Je veux savoir si tu peux t'asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne, et rester là sans bouger, sans essayer de la cacher, d'éviter ou de la travestir.
Je veux savoir si tu peux être UN avec la joie, la mienne ou la tienne, si tu peux danser sauvagement, laisser l'extase te remplir du bout des doigts et des orteils sans nous rappeler, à chaque seconde, que l'être humain a des limites sacrés dont il est essentiel de prendre en compte.
Peu m'importe que l'histoire que tu racontes soit vraie ou fausse.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même, si tu peux supporter d'être accusé de trahison pour ne pas trahir ton âme, si tu peux être sans foi et cependant digne de confiance.
Je veux savoir si tu peux continuer de voir la beauté même quand ce n'est pas très joli autour et si tu as choisi de nourrir ta vie à cette source.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien comme le mien, et te tenir néanmoins au bord d'un lac et crier "ouiiiii" à la pleine lune argentée.
Peu m'importe où tu habites, combien d'argent tu as.
Je veux savoir si tu peux te lever après une nuit de douleur et de désespoir, épuisé et meurtri, et faire ce qui est bon pour les enfants.
Peu importe qui tu connais, par quel chemin tu es venu ici. Je veux savoir si tu te tiendras au centre du feu avec moi sans chercher à t'en aller ou à reculer.
Peu m'importe ce que tu as étudié, où et avec qui. Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur quand tout le reste s'est évanoui.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même et si, dans les moments vides, tu peux aimer vraiment ta propre compagnie ....

 

.

.

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Paroles créatrices
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 21:37

 

Ne crois rien parce qu’on t’aura montré

Le témoignage écrit de quelque sage ancien,

Ne crois rien sur l’autorité

Des maîtres ou des prêtres.

 

Mais ce qui s’accordera avec ton expérience,

Et après une étude approfondie

Satisfera ta raison et tendra vers ton bien

Cela, tu pourras l’accepter comme vrai

Et y conformer ta vie.

 

 

Siddharta Gautama (Bouddha)

 

.

.

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Mes citations inspirantes
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 21:24

 

Les quatre accords toltèques - Miguel Ruiz

 

 

« Que votre parole soit impeccable"

 

Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez.

N'utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire sur autrui. Utilisez la puissance de la parole dans le sens de la vérité et de l’amour.

 

  

 

"Ne réagissez à rien de façon personnelle"

 

Ce que les autres disent et font n'est qu'une projection de leur propre réalité, de leur rêve. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n'êtes plus victime de souffrances inutiles.

 

 

 

 

"Ne faites aucune supposition"

 

Ayez le courage de poser des questions et d'exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames. À lui seul cet accord peut transformer votre vie.

 

 

 

 

"Faites toujours de votre mieux"

 

Votre "mieux" change d'instant en instant, quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d'avoir des regrets.

 

 

.

.

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Paroles créatrices
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 21:06

 

 

Je fais le voeu de me rappeler

 

Qu'Aujourd'hui est un nouveau jour

 

Plein de nouveaux commencements

 

Et de moments tout frais.

 

Aujourd'hui, je ne m'accrocherai pas

 

Aux événements d'hier ni d'antan

 

Mais je resterai lié à ce qu'Aujourd'hui m'apporte.

 

Je ne poursuivrai pas follement mes désirs

 

Aux dépens d'autrui

 

Ni ne fuirai les tâches difficiles.

 

Je resterai vrai(e) face au déploiement d'Aujourd'hui

 

Sans me perdre dans les pensées

 

De ce qui fut ou de ce qui pourrait être.

 

Je traiterai Aujourd'hui avec conscience et sensibilité

 

Même dans les tâches les plus ordinaires.

 

Je m'appliquerai de tout coeur

 

A la plénitude d'Aujourd'hui

 

Car je sais qu'Aujourd'hui

 

Contient le germe de mon Authenticité.

 

 .

.

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Paroles créatrices
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 21:03

 

 

 

 

Je suis prospère en faisant ce que j'aime

 

J'offre mon Don au monde et l'Univers me soutient

 

Je peux être ce que je veux être et vivre de ma passion

 

Je suis créatif(ve) et prospère maintenant.

 

 

 

.

 

.

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Paroles créatrices
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 20:59

On n'enseigne pas ce que l'on sait

 Ou ce que l'on croit savoir :

On enseigne et on ne peut enseigner

Que ce que l'on est.

 

 

 

Jean Jaurès.

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Mes citations inspirantes
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 20:47

Du plus profond de moi-même, je rends grâce pour l'amour que je suis.
Pour l'amour qui est dans ma vie et pour l'amour qui m'entoure,
MERCI.

MERCI pour le miracle de vie que je suis.
Pour le merveilleux cadeau de la vie qui m'habite et qui m'entoure, MERCI.
MERCI pour ce corps parfait.
Pour ma santé et pour mon bien-être, MERCI.
MERCI pour l'abondance que je suis.
MERCI pour l'abondance que je vois tout autour de moi.
MERCI pour toutes ces richesses.
Pour la richesse de ma vie, MERCI.

MERCI pour le flot d'argent qui se dirige vers moi et qui s'écoule à
travers moi.

Pour l'aventure de ma vie et les myriades de merveilleuses
possibilités et probabilités qui s'offrent à moi, MERCI.

MERCI pour l'émerveillement, MERCI pour la joie, MERCI pour la beauté
et l'harmonie, MERCI pour la paix et la tranquillité, MERCI pour les
rires et MERCI pour les divertissements.

Et pour le privilège de servir et de partager le cadeau que je suis,
MERCI, MERCI, MERCI.

 

 

Et vous pouvez écouter ces paroles dites par Lilou Macé dans sa vidéo :

 


http://www.youtube.com/watch?v=6IA5236ftuA

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Paroles créatrices
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 20:31

 

ALLER AUX SOURCES DE LA SOUFFRANCE

 

Ce que nous avons de plus immatériel –pensées, sentiments, émotions-, se manifeste dans notre corps. L’inconscient est partout : dans nos rêves, nos lapsus, mais aussi nos organes, nos membres et notre peau. Le corps est l’endroit qui nous résume. Pour toucher notre être profond, il faut s’adresser à lui. C’est ce que proposent les techniques psycho-corporelles, qui ont pour ambition la libération des tensions et des émotions, permettant au corps de retrouver sa mémoire et son élan vital.

 

Tout événement déplaisant, réel ou fantasmé, induit une tension susceptible de s’enkyster et de créer des symptômes qui pourront surgir très longtemps après. C’est ainsi que d’anciennes blessures émotionnelles continuent à nous faire souffrir, alors que nous pensions les avoir enterrées au cimetière des éléphants. En psychothérapie, le corps a longtemps été marginalisé, déconsidéré et oublié. Honteux, impur, dérangeant –puisque c’est ici même que se trouve la source de toute histoire- il est temps de le réhabiliter et du même coup réunifier notre Etre.

 

Reconnecter la tête et le corps

L’importance des maladies psycho-somatiques est désormais acquise et par le monde médical et par le grand public. Il aura fallu attendre Freud, pour que les premiers éléments de psychosomatique voient le jour. Ses premières patientes souffrent toutes de maux étranges : paralysie, cécité, contractures, douleurs diffuses, sans cause organique décelable. Et lorsqu’il les invite à s’exprimer, à raconter leurs rêves, leur enfance, à libérer leurs émotions, ces symptômes disparaissent. C’est alors qu’on découvrit que les traumatismes du passé, ignorés de la conscience, pouvaient s’inscrire sur toute la surface corporelle.

Néanmoins, ce qui sous-tend ces maladies est rarement expliqué en profondeur et la plupart du temps, c’est encore en morcelant l’Etre humain que l’on choisit d’expliquer ses problèmes : c’est sa « tête » qui ne fonctionne pas bien. On oublie que la racine de toute chose prend sa source dans l’Etre tout entier, dans son histoire et que pour guérir, il faut retrouver cette histoire, retrouver son unité, ne plus séparer la tête et le corps.

 

Un symbolisme oublié

Pour comprendre les maladies psychosomatiques, il faut replacer l’Etre humain dans son contexte social et universel. Nous dépendons d’un système de pensées, nous sommes héritiers de toute une tradition, tant au niveau de la pensée, que des symboles, de la religion ou de la morale. Notre histoire s’inscrit à travers l’histoire de l’Humanité et nous en sommes, en quelque sorte, le réceptacle. Vouloir chercher une identification en dehors de cet héritage, c’est amputer l’Etre humain de sa valeur archétypale (voir encadré), c’est le couper du monde des symboles. Ces symboles, loin d’être un jeu intellectuel, sont chargés de sens, une signification éprouvée au fil des siècles, relatée depuis des milliers d’années dans les livres sacrés taoïstes, les Védas, la Bible, les Evangiles, le Coran… Tous les rites et les mythes de l’humanité rendent compte de cette vision symbolique. Seule la science moderne a imposé une rupture avec cette connaissance et du même coup, a accepté une normalisation du non-sens de la souffrance et de la maladie.

Aujourd’hui, des auteurs renouent avec cette tradition et offrent à travers des écrits de qualité la possibilité de se reconnecter au sens caché des choses. Annick de Souzenelle, dans « Le symbolisme du corps humain » et Michel Odoul, dans « Dis-moi où tu as mal, je te dirais pourquoi », rappellent tous deux que « les cris du corps sont les messages de l’âme ».

 

La maladie : un recentrage nécessaire

Comprendre les mécanismes psycho-énergétiques qui sous-tendent la maladie est le seul moyen de retrouver l’état de santé. Cela signifie accepter de ne plus voir la maladie comme le fruit du hasard ou de la fatalité, mais comme un message de notre conscience intérieure. Cette démarche a un coût, car souvent il nous en coûte de grandir et d’aller vers la liberté. Mais si l’on accepte notre responsabilité, nous pouvons alors découvrir derrière notre souffrance, notre maladie, une « énergie créatrice », dans le sens qu’elle est le moyen d’évoluer et de progresser dans notre vie. Encore faut-il pour cela renoncer à l’image toute puissante du médecin « sauveur-guérisseur », pour se redonner le juste pouvoir de sa propre guérison.

En recherche constante de maîtrise et de domination des événements, ce n’est que réduit à l’état d’impuissance ou partiellement atteint dans notre image toute puissante, que nous nous interrogeons. Que signifie ce corps qui fait mal ? Qui est donc celui ou celle qui souffre, là, méconnaissable ? Par la force des choses nous sommes ramenés à nous-mêmes, à un questionnement inévitable.

Ces maux sont autant de cris que notre corps nous envoie, des signaux d’alerte, les témoins de nos déséquilibres. Notre réalité profonde parle, et plus nous serons sourds à ses cris, plus les messages seront violents.

 

Le passager de la calèche

Pour s’en convaincre, reprenons l’image extrêmement parlante de Michel Odoul, empruntée à la tradition orientale. Nous avançons sur un chemin en utilisant un véhicule qui est notre corps physique et que nous pouvons comparer à une calèche. Cette calèche est tirée par deux chevaux, qui symbolisent nos émotions, un Noir (yin) et un Blanc (Yang) et dirigée par un cocher, qui représente notre mental. A l’intérieur de la calèche, il y a un passager que l’on ne voit pas, il s’agit du Guide intérieur. Si le cocher donne l’impression de diriger la calèche, seul le passager connaît la destination. Ainsi, de l’équilibre entre le cocher et les chevaux dépendra le confort du voyage. Si le cocher maltraite les chevaux (les émotions), ceux-ci risquent de s’emballer et de nous conduire à l’accident. Si le cocher n’est pas vigilant (mental pas assez en éveil), nous risquons de passer dans les ornières (reproductions des schémas parentaux par exemple) et d’aller dans le fossé. S’il ne tient plus du tout les rênes, ce sont alors les chevaux-émotions qui vont diriger la calèche. Si c’est le cheval noir qui domine, la calèche tirera à droite, guidée par les images émotives maternelles. Si c’est le cheval blanc qui domine, la calèche va tirer à gauche, vers les représentations émotives paternelles. Tout ce qui représente les aléas d’un voyage peut être comparé aux incidents que nous rencontrons sur notre route terrestre… Brouillard, virages, bosses, fossés, roue qui lâche, panne… Je vous laisse le soin de comparer avec les événements de votre vie, exercice d’une facilité enfantine !

 

Maîtriser ou dialoguer ?

La comparaison devient encore plus intéressante, si l’on imagine un cocher très sûr de lui, persuadé de tout connaître et de tout maîtriser. Il prendra alors une direction, persuadé d’avoir choisi le bon chemin, à l’image de la société rationnelle, persuadée que la raison et l’intellect peuvent tout résoudre. Alors qu’il suffirait que le cocher demande au passager le chemin à suivre, pour se rapprocher le plus possible de la bonne route à suivre.

Pour cela, encore faut-il pouvoir entendre le passager, car le voyage est parfois fort bruyant, tant par le bruit des roues sur les cailloux ou dans les trous, que par les cris du cocher qui essaie tant bien que mal de maîtriser ses chevaux ! C’est alors qu’il devient indispensable de s’arrêter, faire une pause, et d’être enfin à l’écoute de son Maître intérieur. Si le voyage a été très mouvementé, le passager est peut-être un peu K.O. et le cocher est quant à lui sûrement sonné, voire un peu sourd par tant de vacarme. Il faudra alors un peu de temps avant qu’un dialogue bénéfique puisse s’engager entre le cocher et le passager, et que la calèche reparte plus tranquillement !

 

Une mémoire enfouie par le système nerveux

Ce « Maître intérieur », censé nous guider, nous pourrions aussi le comparer à notre mémoire corporelle. En effet, toute notre histoire, toutes nos émotions sont stockées dans notre corps, sorte de « boîte noire » où rien ne se perd. Car pour comprendre à quel point nos émotions vont agir sur notre corps, occasionnant somatisations, souffrance, maladies, il faut savoir comment ce phénomène se met en place.

Nul besoin d’un mental performant, d’une conscience toute intellectuelle, pour stocker les émotions et les événements de la vie. L’individu est affecté par sa propre histoire, et celle-ci débute en fait dès les tous premiers mois de la vie intra-utérine, lorsque se constitue le système nerveux du fœtus qui perçoit la douleur sans pouvoir se défendre. La vie occasionne des traumatismes, mais la nature nous a donné des moyens, grâce aux sécrétions chimiques du cerveau de nous défendre et de stocker le souvenir afin de le traiter ultérieurement.

 

L’intelligence cellulaire

Pour comprendre ce phénomène simple, mais dont l’acceptation n’est pas encore partagée par tous, un organisme unicellulaire microscopique, l’amibe, nous apporte une réponse à travers l’expérimentation scientifique. Dans un laboratoire de biologie, un chercheur ajoute quelques gouttes d’encre de Chine dans un récipient où se trouve une amibe. Face à ce « poison », l’amibe absorbe le pigment et le conserve dans une vacuole. Lorsque l’eau polluée est remplacée par de l’eau fraîche, l’amibe évacue alors l’encre et retrouve ainsi son état normal. Comme l’amibe, nous avons un système qui nous permet de stocker un « poison », un traumatisme, un événement ingérable, afin de nous préserver de ses effets pervers. Il suffira ensuite à notre organisme d’être en confiance, d’être « en eau claire », pour « relarguer » le traumatisme et s’en libérer.

 

Des connections intra-utérines

On dit souvent que le fœtus ne ressent rien ou qu’il ne peut garder la mémoire d’une période préverbale. Or, entre la septième et vingtième semaine de gestation, les voies nerveuses de la moelle épinière aux centres inférieurs du cerveau sont presque entièrement constituées. Il existe dès lors une forme rudimentaire de perception et d’enregistrement de la souffrance. Toute modification hormonale de la femme enceinte aura un effet sur le système nerveux de son enfant altérant éventuellement les circuits cérébraux ou créant des « câblages » définitifs qui laisseront leur empreinte précoce, entraînant pour plus tard des dérèglements et des symptômes inexpliqués.

Des chercheurs ont mesuré les changements physiologiques de fœtus lors de prélèvements effectués dans leur abdomen. Outre une grande agitation, ils ont pu constater une hausse de 590% du taux de cortisol, l’hormone du stress, et une hausse de 183% des endorphines qui atténuent la perception de la douleur. Si ce genre d’expérience amène le fœtus à se débattre et modifie ainsi sa physiologie, il est clair qu’il peut éprouver des sensations douloureuses et qu’il est capable de refoulement. En fait, les bébés sont comme une fenêtre sensorielle grande ouverte et rien ne filtre ni n’atténue la force du traumatisme.

 

Le refoulement, fondement de la névrose

Quand la charge émotionnelle impliquée dans le traumatisme dépasse ses possibilités d’intégration, l’Etre humain met en place un système de refoulement pour protéger la conscience. Ce système a pour objectif de fermer les portes afin que la souffrance ne remonte pas à la conscience. Il est aidé en cela par des agents chimiques qui nous rendent inconscients : les neurotransmetteurs de l’inhibition, des opiacés que fabrique notre organisme. Plus la souffrance est forte, plus les substances déclenchant la fermeture des portes sont abondantes. Ainsi la sensibilité exacerbée de l’individu se trouve convertie en son contraire : l’insensibilité. Par contre, ces informations qui n’ont pu atteindre notre conscience sont souvent déviées vers notre corps où elles éveillent de fortes réactions viscérales. C’est ainsi que la somatisation prend sa source et que s’installe la névrose, adaptation mentale et comportementale face au traumatisme originel.

 

Cicatriser les blessures de l’âme

On comprend donc comme une évidence, que l’élaboration purement verbale d’une thérapie ne pourra pas libérer un patient de ses troubles. Les émotions éprouvées autrefois se sont inscrites dans les tissus et les muscles entraînant des tensions qui constituent une véritable carapace, une cuirasse qui bloque la libre circulation de l’énergie vitale. Notre système de défense a pour but de nier notre souffrance, de mettre en place un système mental très puissant qui garde le pouvoir sur tout et la conséquence est que nous en sommes aliénés. Le but de la thérapie est donc d’assouplir cette cuirasse, d’assouplir nos défenses et d’accéder à un éventail de réactions parmi lesquelles nous pourrons choisir la plus adaptée.

Si cette thérapie choisit comme porte d’entrée le corps, le mental perd sa primauté, son pouvoir et son contrôle sur les émotions. Notre personnage peut enfin être démasqué, car si la parole permet toujours un échappatoire, le corps ne le permet pas et nous place définitivement face à nous-même. Cette situation est douloureuse car notre corps a mis en place une équation : souffrir = mourir. Se rapprocher de ses émotions, est donc parfois d’une intensité aussi forte que la peur de mourir. Mais en prenant conscience que ce vécu appartient au passé, on réalise que l’on peut baisser sa garde et aller revivre ces émotions refoulées.

 

La devise « connais-toi toi-même » est une priorité si l’on veut faire un travail en profondeur, opérer un véritable déconditionnement à la douleur, au conflit et permettre un reconditionnement vers une acceptation de sa vie.

La psychologie est un outil de transformation puissant, qui, s’il est bien utilisé, doit permettre de reconnecter la tête et le corps, cette dualité qui est la source de tensions, somatisations et maladies en tous genres.

Ce travail est un travail de confiance, de patience, et la clé de voûte de sa réussite est dans la qualité de la relation d’aide qui lie le thérapeute et le patient. Ecoute, accueil, accompagnement permettent de créer ce climat de confiance sans lequel aucune libération n’est possible. Pour que le corps ose enfin, il faut ces ingrédients indispensables qui ont pu faire défaut par le passé : la présence et l’amour.

 

 MT

Article paru dans "Obectif Notre Santé" et "Recto-Verseau" n° 166

 

Bibliographie :

« Dis-moi où tu as mal », Michel Odoul, Editions Dervy

« Le symbolisme du corps humain », Annick de Souzenelle, Editions Albin Michel

« Le corps se souvient » Arthur Janov, Editions du Rocher

 

 

Archétypes : les valeurs fondatrices

L’archétype est, pour Platon, le modèle éternel de toute chose sensible, laquelle n’en est que le reflet. Pour Jung, l’archétype correspond à chacun des grands thèmes de l’inconscient collectif . Les grands principes qui régissent la vie (peurs, doutes, joies, espoirs,…) se trouvent le plus souvent symbolisés au travers de phénomènes physiques auxquels vont s’attacher des émotions et des valeurs. Par exemple, lorsque le soleil s’élève, la peur disparaît, la joie vient ; lorsque la nuit vient, la peur apparaît. C’est donc l’émotion qui s’attache à un phénomène qui va le caractériser et cette émotion est universelle. L’archétype est donc un facteur dynamisant qui relie le monde intérieur d’un individu au monde extérieur. C’est aussi un inconscient supérieur qui met l’Homme en communication avec un univers spirituel et avec les souvenirs émotifs de nos ancêtres les plus lointains.

 

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 19:41

ALIMENTAIRE, MON CHER WATSON !

Enquête sur le lent empoisonnement de l’espèce humaine.

 

Si nous n’y prenons garde, le prochain millénaire nous promet une alimentation dénaturée, sans saveur, dépouillée de ses substances vitales par le raffinage, l’agriculture intensive et autres procédés. Mais pire encore, il est annonciateur d’une nourriture qui n’aura bientôt plus rien de terrestre et qui sera dangereusement dopée de substances dont les apprentis sorciers que nous sommes ne pourrons pas maîtriser les conséquences.

 

L’Etre humain a une particularité sans égal : être un prédateur pour d’autres espèces et être aussi son propre prédateur, dans le sens où il est son pire ennemi. Les scandales alimentaires de plus en plus nombreux témoignent d’une rare inconscience et d’un défaut de maturité remplacés par une avidité sans limites. La concurrence acharnée à laquelle se livrent les industries à haut rendement, dont les maîtres mots sont vitesse et rentabilité, ne permet plus de prévenir d’éventuels dysfonctionnements et le système peut se gangrener d’un bout à l’autre sans que l’on puisse intervenir. Ainsi toute la chaîne, du producteur au consommateur, en passant par les agriculteurs et les animaux qu’ils élèvent, peut se trouver affectée, et les coupables ont peu de chance d’être confondus avant d’avoir commis l’irréparable.

 

Le fond de l’assiette est plutôt frais

La liste est longue aujourd’hui des risques rencontrés dans notre assiette et désormais, s’aventurer dans la gastronomie semble plus dangereux que d’affronter un ouragan. Les temps ont bien changé : de la crainte de ne rien avoir dans son assiette, nous passons à la peur d’y trouver plus que ce que notre ventre demande. La désinformation règne en maître sur ce chapitre, et les révélations qui nous parviennent ressemblent plus à des concessions faites in extremis pour amortir l’impact des scandales.

Nous vivons encore bercés par le mythe d’une alimentation issue d’une agriculture bucolique ou d’un mode d’approvisionnement ancestral. Les vaches broutant l’herbe odorante des prés, les poulets caquetant dans une basse cour, notre poisson arrivant fraîchement de la mer, le pain fait par un boulanger penché amoureusement sur son pétrin… Or les agriculteurs n’ont pas hésité à engraisser les vaches au mouton crevé, aux farines additionnées d’huile de vidange, ils élèvent des poulets aux antibiotiques condamnés à l’obscurité, les poissons descendent de gros chalutiers après plusieurs semaines en mer, quand ils ne sont pas d’élevage, et le pain sort de pétrins mécaniques. Tout ceci nous laisse un arrière goût dans la gorge, à moins de nous étrangler littéralement de colère. Tous les goûts sont dans la nature disaient nos grands-parents, tous les dégoûts aussi diront leurs petits-enfants…

 

Machine à remonter le temps

C’est bien connu, le temps c’est de l’argent. Donc, pour en gagner, il faut comprimer le temps, réduire au minimum les rythmes de la nature, et pourquoi pas les effacer complètement. Ainsi on pourra faire lever du pain en deux heures au lieu de six minimum ; fumer un saumon en une journée au lieu d’une semaine ; « fabriquer » un poulet en 30 jours au lieu de 5 mois ; faire « pondre » 65 lapereaux par an à une malheureuse lapine de batterie, en ne lui laissant que 10 jours entre chaque portée ; le petit lapin, lui, n’attendra que 13 semaines avant d’aller à l’abattoir ; on pourra engraisser une « pauv’ vache » pendant 18 mois pour qu’elle prenne 2 kg par jour ; la liste est tellement longue qu’on ne voudrait plus s’arrêter !

Comment pensez-vous que ces miracles aient lieu ? Car la nature, qui en fait parfois, se refuse à ceux-là. La nature reste programmée pour faire les choses selon un rythme et des rituels bien établis.

Mais « Monsieur Plus » est passé par là. Avec sa science, sa productivité, son avidité, il s’est transformé en apprenti sorcier, il a ajouté ici et là de la poudre de perlinpinpin pour modifier les fondements même des lois de la Nature. Ainsi un peu partout dans notre quotidien se profile l’ombre des désastres. Le sang contaminé a sonné l’alerte, la vache folle a suivi, puis la tremblante du mouton, les dioxines, Tchernobyl sera longtemps d’actualité et il reste tout ce qu’aucun scandale n’a encore révélé, mais que laissent entrevoir les manipulations génétiques, la venue des OGM, auréolés pour certains de tous les espoirs. La liste est longue entre ce qui est tu et ce que l’on ignore encore.

Rapide zoom sur quelques pratiques hélas non exhaustives qui ont pu exister … ou existent encore. Votre loupe, mon cher Watson !

 

DU LARD OU DU COCHON

 

« Dans le cochon, tout est bon »

Visiblement, ce n’était plus assez vrai, puisque aujourd’hui pour être élu « meilleur cochon » il faut des qualités jusque là inconnues des anciennes générations. (voir encadré)

 

FICHE D’IDENTITE

 

Porc traditionnel

Porc industriel

% de muscles

49 %

58 %

Nombre de naissances par an

16

27

Nombre de tétines par truies

10

14 (famille nombreuse oblige !)

Allaitement

56 jours

28 jours

Poids à l’abattage

95 kg

110 kg

Pattes

normales

Courtes (modifiées génétiquement pour permettre à l’animal un meilleur équilibre sur les caillebotis en béton qui ont remplacé la paille.)

 

 

Pour obtenir cette petite merveille, on a laissé pour compte les 18 autres races locales que comptaient l’Hexagone et on a hérité d’un animal fragile, sujet aux problèmes cardiaques et si sensible au stress qu’il faut le doper aux tranquillisants. Ce n’est pas là le seul dopage auquel il est soumis. Outre les antibiotiques employés comme « facteur de croissance », les métaux lourds font partie de la ration : zinc et cuivre sont utilisés pour favoriser le transit intestinal et améliorer le rendement énergétique des aliments. En léchant les barreaux de leurs box minuscules, les animaux s’intoxiquent au zinc et au plomb. Molécules que l’on retrouvera dans notre assiette, agrémentées des autres substances qui composent une simple tranche de jambon : polyphosphates, sucre, conservateurs, gélifiants, protéines en poudre, résines type latex pour retenir l’eau injectée afin de gonfler la viande. Ajouter une pincée de farine de caroube « excellent gélifiant à texture élastique cohésive », qui permettra une meilleure « tranchabilité »… Bon appétit !

 

UNE VRAIE VACHERIE

 

Ceci n’était qu’un hors d’œuvre. Passons au plat de résistance, l’histoire d’une vache tranquille qui devint folle. En 1986, des vétérinaires anglais signalent une maladie bovine inconnue qui se caractérise par la destruction du cerveau de l’animal, comme chez le mouton atteint de la tremblante. Fin 1987, une hypothèse suggère que l’encéphalopathie spongiforme bovine est transmise par la nourriture et l’aliment incriminé est la « farine de protéines carnées », mot pudique pour désigner les sous-produits desséchés issus d’abattoirs, de viandes avariées et de cadavres d’animaux d’équarrissage, parmi lesquels des moutons morts de la tremblante.

 

La corrida de la rentabilité

Pour faire tourner à plein régime son « capital sur pattes », l’éleveur doit utiliser des aliments à très haute valeur énergétique, des super-carburants qu’il ne peut fabriquer lui-même. Des programmes informatiques composent la ration alimentaire optimale au moindre coût. Dès lors, si le prix des pois oléagineux grimpe de quelques centimes dans la journée, l’équivalent nutritif le moins cher du moment remplacera la ration du jour. C’est cette recherche du rendement qui a conduit à incorporer des farines de viandes et os (FVO).

Les fabricants avaient dès 1981 augmenté leur rentabilité en diminuant les températures de cuisson de leurs préparations à base de FVO. Avant que les pouvoirs publics ne se penchent sur la question, les FVO intégraient chaque année 250 000 tonnes de cadavres d’animaux d’élevage et 3 millions d’animaux de laboratoires. Mais qu’est-ce qu’un animal de laboratoire, sinon un spécimen malade, mort des suites de multiples traitements ou génétiquement modifié ? Il faut attendre 1989 pour que la France interdise l’importation de farines carnées britanniques, 1990 pour qu’elle interdise la supplémentation en FVO et 1994 pour que l’Union Européenne en fasse autant. En 1996 on dénombrera 170 000 cas de vaches folles en Angleterre…

Il est peut-être osé d’ajouter ce que l’on peut trouver « par inadvertance » dans les farines animales. Un rapport de la Direction Nationale des enquêtes et de la répression des fraudes mentionnait l’utilisation de boues des stations d’épuration et d’eaux usées provenant en partie des traitements des fosses septiques ou encore de jus de cadavres et d’eaux de lavages sanitaires. Dégoûtant certes, mais économique !

 

Folle mais recyclée

La loi interdisant en France l’utilisation pour l’alimentation animale des abats à risque et a fortiori des cadavres de bêtes malades transformés en hachis dans les usines d’équarrissage, il a bien fallu trouver un moyen de se débarrasser de ces encombrantes « protéines animales ». Après quelques essais, ce sont les cimenteries et les incinérateurs d’ordures ménagères qui ont été réquisitionnés pour éliminer et recycler la vache. Ainsi, la vache folle ne se trouve plus seulement dans notre assiette, mais dans nos murs, nos sols, nos plafonds et même l’air que nous respirons. De plus, les incinérateurs dégageant des dioxines, la boucle est bouclée : dioxines dans la viande, puis dans notre estomac…

 

Prions pour le prion

Comme aujourd’hui rien ne se perd, il est indispensable de connaître la chaîne de recyclage. En effet on peut se croire végétarien sans l’être tout à fait ou déguster des bonbons, inconscient de prendre un risque. Le sang des bovins est fractionné pour en extraire les protéines. Ces protéines sont à leur tour utilisées comme émulsifiants ou liants dans l’industrie alimentaire, celles de la charcuterie ou de la boulangerie-pâtisserie. Les os, transformés en gélatine, fournissent les industries photographiques, l’imprimerie, mais aussi celles de la confiserie ; on trouve des dérivés dans les additifs alimentaires et les cosmétiques. D’où l’importance d’avoir une chaîne alimentaire sûre et exempte de contamination…

Le prion, responsable de la maladie est une protéine indestructible qui voyage, au-delà des barrières immunitaires et au-delà de la barrière des espèces. Bien que franchement nuisible, il bénéficie d’un laissez-passer en bonne et due forme face à un système immunitaire qui lui facilite l’accès à la commande centrale : le cerveau. En principe, nous possédons les moyens de préserver notre identité (le Soi) en déstructurant tout ce qui s’apparente au Non-Soi. Quelle est donc cette tolérance incroyable qui fait que notre système immunitaire ne fait plus la différence entre nous et une vache ? Le Dr Eric Ancelet apporte des éléments de réponse qui doivent nous faire réfléchir. Nous consommons depuis longtemps des laitages animaux en très grosses quantités, malgré les multiples allergies qu’ils provoquent. Particulièrement chez le nourrisson, où le lait maternel devrait être l’aliment de première intention, servant à construire son identité (et immunité) d’Homme et non de veau. Les enfants, encore immatures dans leur système immunitaire, reçoivent le BCG, qui consiste à injecter du bacille tuberculeux bovin vivant. Nous recevons des vaccins fabriqués sur cellules animales, dont le génie génétique consiste à utiliser des cellules cancéreuses nourries avec du sérum de veau (Hépatite-B). Nous produisons des animaux transgéniques, notamment des veaux auxquels on a greffé des gènes humains afin de produire des hormones « humaines » qui nous sont ensuite inoculées. Nous assistons à ce que le Dr Ancelet appelle « la bovinisation de l’espèce humaine ».

 

Les hormones…c’est géant !

L’utilisation d’hormones favorisant la croissance des animaux comporte aussi un risque pour notre santé. Cinq hormones stéroïdes sont concernées : l’estradiol, la testostérone, la progestérone, la trenbolone et le zéranol. Des tests de cancérogénicité ont montré qu’à fortes doses elles avaient une action indirecte sur le développement de cancers hormono-dépendants, tels que cancers du sein, de l’utérus ou de la prostate. D’autres substances voisines de l’adrénaline, les bêta-agonistes, entraînent des accidents cardio-vasculaires chez les personnes cardiaques. Elles furent interdites au niveau communautaire dès 1996. Mais ce danger prend une nouvelle acuité avec l’ouverture du marché européen à la viande de bœuf américaine. Les Etats-Unis n’ont jamais remis en cause l’emploi des anabolisants et un rapport établi par Bruxelles met en cause le contrôle sanitaire de leurs viandes. Autant d’éléments qui justifient la réticence des consommateurs et la violence des agriculteurs français face à l’importation de viandes américaines. Il est en effet indispensable de mener un combat, chacun à son niveau. Une obligation d’étiquetage sur la provenance serait un outil précieux pour choisir et enfin un boycottage pur et simple des produits (en particulier Mac-Donald) est la meilleure garantie pour limiter les risques d’intoxication !

 

DES POULETS MORTS POUR LA BATTERIE

 

Le cas des poulets est tout aussi réjouissant. Petite communauté de 35 000 habitants aux odeurs de fiente ammoniaquée, la batterie est un lieu rêvé, protégé, avec lumières tamisées. On y est au chaud : 32,4°C. Bien sûr à cette température, les virus peuvent se développer plus facilement, aussi une perfusion permanente d’antibiotiques alimente les poulets, sous forme de granulés, cousins très éloignés du grain de blé. Virginiamycine, tylosine, bacitracine, flavomycine : le cocktail idéal qui immunise le poulet et le fait grossir en même temps. Autant dire qu’on aurait tors de s’en priver. Pourtant cette pratique systématique a rendu les bactéries et les virus de plus en plus résistants aux antibiotiques. 70 experts de l’OMS ont apporté la preuve  de la transmission de l’animal à l’homme de souches résistantes comme les salmonelles, entérocoques, campylobacter et escherichia coli. Au point qu’on ait interdit l’usage de l’avoparcine trop proche de la vancomycine, considérée comme l’arme de dernier recours contre les staphylocoques. En plat de consistance, les poulets ont droit à une alimentation dont seul l’industriel connaît la composition et l’origine exacte. En vrac on trouve : céréales, graines oléagineuses, minéraux, huiles et graisses, produits de poissons et d’animaux terrestres… En clair, des farines de viandes qui proviennent pour la plupart des abattoirs de volailles. Rien ne se perd : le poulet mange du poulet.

 

Purification ethnique

Bien sûr ce poulet est sans saveur et bourré d’ingrédients indigestes pour l’Homme. Cette absence de saveur est largement renforcée par la sélection d’un poulet standard, véritable opération ethnique menée depuis 30 ans par l’Inra, et qui fait que l’on ne trouve plus que des souches américaines aux noms évocateurs : G 41, G21 etc… En France, les 65 millions de pondeuses sont majoritairement issues d’une souche baptisée ISA Brown, mise au point par l’une des 6 firmes mondiales qui contrôle la sélection génétique des poulets industriels. Même le poulet de Bresse, normalement appellation contrôlée, a une hérédité aujourd’hui bricolée avec des souches asiatiques et américaines… Où sont les poulets de nos mères-grands ?

 

LE SCANDALE DES DIOXINES

 

Si les rayons des supermarchés ont été vidés et des milliers de tonnes de nourritures détruites, c’est « grâce » aux poulets eux-mêmes. En effet, le type de dioxine qui a contaminé les farines, a rendu les poulets malades. Mais combien d’épisodes de ce genre ont-ils eu lieu sans que l’on n’en sache rien ?

 

75 dioxines différentes

Les dioxines proviennent de l’incinération de résines, rencontrées dans la plupart des plastiques. Elles peuvent aussi se former dans les usines à papier, pendant la fabrication des pesticides, peintures, produits chimiques, raffinage des métaux. L’industrie métallurgique et sidérurgique produit 50 à 60% des dioxines et les incinérateurs d’ordures 30 à 35%. Ils fonctionnent à des températures basses et produisent une combustion incomplète. Les substances dégradées ne sont pas totalement détruites et engendrent des composés variés dont la toxicité et l’impact sur l’environnement sont encore ignorés, mises à part les dioxines dont le caractère très nocif, en particulier cancérigène, ne fait plus de doute. Le reste des dioxines est produit par les feux de forêt, les cheminées, le chauffage urbain, les pots d’échappement.

Les poulets belges ont ingéré de la dioxine contenue dans des aliments fabriqués à partir de graisse animale contaminée par de l’huile de vidange, astuce que le fabricant avait trouvé pour augmenté sa marge bénéficiaire.

Les dioxines, comme le montre cette affaire, ont la capacité de passer de l’alimentation à la chair des animaux, jusqu’au consommateur. Les dioxines dispersées dans l’atmosphère en fines particules se déposent au gré des vents sur de vastes surfaces : prairies, herbages. Celles qui son liées aux cendres polluent le sol et les nappes phréatiques.

 

Une toxine immortelle

La dioxine a une particularité hélas peu enviable pour nous : elle fait partie des toxines « biocumulatives persistantes », tels le plomb ou le mercure. Traduisez : le produit s’accumule dans l’organisme, a une prédilection pour le tissu adipeux, et une fois ingéré il est impossible de l’éliminer. Tout au plus peut-on compter en éliminer la moitié, mais pas avant 7 ans. A moins d’être une femme enceinte, au quel cas on peut « espérer » en éliminer une partie : dans le placenta et dans le lait maternel… Bel héritage pour le bambin !

 

Tolérance : une limite dans le rouge

L’Organisation Mondiale de la Santé a établi le seuil de tolérance entre 1 et 4 picogrammes par kilogramme de poids d’un sujet. Les poulets belges testés affichaient de 700 à 1000 picogrammes de dioxine par gramme de graisse. Si on admet qu’une personne de 75 kg a un seuil de tolérance de 300 picogrammes, qu’un poulet a 5% de graisses, déguster 100 grammes de poulet revient à ingérer 16 fois la norme admise. Hélas personne ne sait exactement quel niveau d’accumulation se révélera nocif pour l’organisme…

 

Des risques connus

Si ces substances ne sont pas immédiatement mortelles, les recherches ne cessent de souligner leurs implications dans le cancer, les troubles du développement, de la reproduction, du système nerveux et hormonal. Ces travaux ont persuadé l’OMS de classer la dioxine comme un cancérigène de classe I. Des études françaises montrent que les Français sont systématiquement exposés à des doses de 1,2 picogramme par jour. La consommation de nourriture –viande, produits laitiers, poissons- représente plus de 90%  de l’ingestion de dioxine.

L’action majeure des dioxines est leurs effets oestrogéniques. (voir encadré) Elles viennent s’ajouter à la liste des molécules qui trompent l’organisme en se faisant passer pour des oestrogènes : pesticides, herbicides, fongicides, détergents, peintures, traitements du bois, plastiques alimentaires…

 

Action des dioxines et molécules œstrogène-like

Pour la femme

-         syndrome prémenstruel

-         hypo/hyperglycémie

-         perte du désir sexuel

-         rétention d’eau

-         prise de poids

-         endométriose

-         troubles de la pré-ménopause

-         cancer du sein, de l’utérus

Pour l’homme

-         baisse de la production de testostérone

-         féminisation, atrophie des organes sexuels

-         cryptorchidie

-         baisse du nombre des spermatozoïdes (-50% en un demi siècle dans les pays occidentaux)

 

Améliorer les contrôles

Il n’existe aucune législation européenne qui fixe des normes d’incinération des produits ménagers. Il existe en Europe un programme de contrôle, mais il repose sur un faible nombre d’échantillons pris au hasard, dont l’analyse prend du temps. Cela ne protège en rien d’un incident désastreux, à partir du moment où la marchandise est déjà sur les étalages, et qu’elle a été largement consommée. Il est donc indispensable d’améliorer les contrôles, et peut-être enfin s’attaquer à la source du problème : limiter la production de dioxine, obliger les industriels à revoir leurs systèmes de production et enclencher un nouveau processus limitant la pollution de l’environnement. Depuis 1997, il est demandé aux nouvelles installations d’incinération de limiter leurs émanations de dioxines à 0,1 nanogramme par mètre cube de fumée rejetée, soit cent fois moins que les anciennes usines.

 

SORTIR DE L’IRREPARABLE

 

L’Etre Humain a toujours été confronté au cours des siècles à de nombreux nouveaux poisons. Mais ces trente dernières années, la multiplication de ces poisons a pris des proportions auxquelles la physiologie humaine est incapable de s’adapter aussi rapidement. Et nous n’avons rien dit ici sur les OGM qui constituent à eux seuls un sujet de polémique. Dans quelques dizaines d’années, il se peut que les pourvoyeurs d’OGM, qui inondent la terre de leur semences stériles et manipulées, soient accusés de crime contre l’humanité.

Prenons garde donc, car seules notre conscience et notre action peuvent limiter les conséquences de cet engrenage.

Pour le consommateur, il s’agit de réfléchir à la chose suivante : nous profitons tous de l’hyper-efficacité de l’industrie alimentaire qui permet à l’Occident de s’alimenter à bon marché. Néanmoins, la qualité et la sécurité de l’alimentation ont un prix. Il faudra savoir faire des choix et le deuil d’une production sauvage et inacceptable pour la santé. Nous pouvons exiger de connaître la provenance de ce que nous mangeons, nous pouvons regarder les étiquettes et choisir les produits les plus naturels, exempts d’additifs reconnus dangereux ou douteux. C’est par notre choix que nous avons une action très concrète sur le système : ce qui se vend encourage l’industrie, ce qui ne se vend pas n’intéresse aucun industriel.

Enoncer les risques qui nous menacent peut être vain si nous ne prenons pas conscience que nous avons aussi un rôle à jouer. Il est important de bien connaître les enjeux économiques dont nous sommes (en partie seulement) les victimes : je consomme, tu consomme, elle consomme, …, ils profitent. Mais être informé et conscient des risques est le premier pas vers un choix responsabilisant.

 

 MT

Article paru dans "Objectif Notre Santé"

C'était il y a 10 ans... et je ne suis pas sûre que la situation aie beaucoup évolué... en bien s'entend....

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 21:32

  

Le jour où la mort frappera à ta porte

Que lui offriras-tu ?

Je déposerai devant mon invitée le vase plein de ma vie.

Je ne la laisserai jamais partir les mains vides

 

Rabindranath Tagore

 

 

La Toussaint marque l’hommage des vivants rendu aux défunts. C’est souvent l’occasion de consacrer un temps de réflexion à la mort, sujet tabou et déstabilisant. Pourtant, comprendre le sens de la mort, c’est s’intéresser au sens de la vie. Accepter que nous sommes limités par elle, c’est nous donner la possibilité de jouir vraiment de la vie.

 

Parler de la mort est difficile car nous pensons souvent qu’en parler nous met en sa présence, nous en rapproche. Aussi ne pas en parler c’est un peu comme conjurer le sort…

Notre société n’a jamais autant mis sur un piédestal la jeunesse et le progrès. Tous deux nous maintiennent à distance de l’idée de la mort. Celle-ci devient une sorte de maladie honteuse à vaincre et c’est certainement la plus grande tromperie induite par notre société aujourd’hui. Car la mort est inéluctable et fait partie intégrante de la vie. Aussi sûrement que nous sommes nés, la mort viendra clore notre passage sur terre.

C’est d’ailleurs la certitude de sa venue qui donne du relief à notre existence et qui nous pousse à créer. « Il n’y a en moi nulle pensée que la mort n’ait sculptée de son ciseau » (Michel-Ange).

 

Si ce point où culmine toute notre existence humaine reste un événement nié, relégué parmi les tabous, c’est qu’il reste mystérieux, chargé d’angoisse et d’appréhension. « Je n’ai pas peur de la mort, mais quand elle se présentera, j’aimerais autant être absent » disait Woody Allen. « Non, je ne crains pas la mort », nous dit Aurélien Scholl, « mais je trouve que la Providence a mal arrangé les choses. Ainsi je préférerais qu’on enterre mon âme et que ce soit mon corps qui soit immortel ». Or, la mort concerne chacun d’entre nous sans exception, comme l’évoquait déjà Voltaire : « J’approche tout doucement du moment où les philosophes et les imbéciles ont la même destinée ».

 

 

Un symbole de changement profond

 

La mort est ancienne… et « si ancienne qu’on lui parle en latin » (Jean Giraudoux). L’humanité a transmis un ensemble de connaissances concernant la mort qui circulent sous forme d’un enseignement ésotérique et de symboles. C’est en puisant dans les symboles de toutes les Traditions, où la mort est toujours évoquée par de puissantes allégories, que nous pouvons avoir une réflexion plus profonde. En effet les symboles sont souvent la seule passerelle possible entre le visible et l’invisible, entre le dicible et l’ineffable.

 

Dans son sens ésotérique le plus large, la mort est un passage, un voyage, elle symbolise le changement profond que subit l’homme par l’effet de l’initiation : il faut mourir à son imperfection pour avoir accès au progrès, à une vie nouvelle ou aux mondes inconnus des Enfers ou des Paradis. Quand la mort touche un être qui ne vit qu’au niveau matériel ou bestial, il sombrera dans les Enfers. Si au contraire il vit au niveau spirituel, elle lui ouvrira des champs de lumière.

 

La mort peut être comprise aussi comme une libération, une délivrance : elle délivre des forces négatives et régressives et libère les forces ascensionnelles de l’esprit.

N’oublions pas que la mort est symbolisée par Thanatos, fils de la nuit et frère du sommeil dont il a d’ailleurs le même pouvoir : celui de régénérer.

 

 

Une valeur initiatique

 

La mort est aussi symbole de révélation. Tous les rites d’initiation traversent une phase de mort, soit parce qu’il faut renoncer à quelque chose, soit parce que l’initié se trouve dans un état proche de la mort.

Dans diverses cultures, les expériences spirituelles ne sont-elles pas des petites morts ? L’ascèse, la transe, la méditation, le jeûne transcendent le corps physique pour mieux être en contact avec des forces subtiles.

 

Toujours dans son aspect symbolique la mort est représentée dans le Tarot par la 13ème arcane, carte représentée par un squelette et seule à n’avoir pas de nom. Elle exprime le deuil, la fatalité, le détachement, une évolution importante : car la mort fauche la réalité apparente, c’est-à-dire les illusions périssables. Le chiffre 13, quant à lui, renvoie à sa signification maléfique qui symbolise depuis l’Antiquité le cours cyclique de l’activité humaine, le passage à un autre état et par conséquent la mort. De plus on constate que les cartes qui suivent celle de la Mort, ont toutes un caractère plus céleste, plus élevé, aux noms évocateurs : la Maison-Dieu, l’Etoile, la Lune, le Soleil, le Jugement, le Monde…

 

Autre symbole associé à la mort : la couleur noire, qui évoque la nuit, le néant, le chaos, la confusion. Le noir exprime alors la passivité absolue et le deuil de façon accablante car c’est un deuil sans espoir, une perte définitive, comme un silence éternel. Mais il est aussi la couleur du ventre de la terre où s’opère la régénération du monde diurne. En symbolisant la substance universelle, la « materia prima », la grande gestatrice, le ventre du monde, le noir évoque aussi l’origine de toutes choses créées et devient symbole de réservoir et de fécondité.

Le noir nous renvoie aussi à notre propre univers instinctif primitif qu’il s’agit d’éclairer, de domestiquer et dont nous devons canaliser les forces vers des objectifs plus élevés.

 

Ainsi la mort dans ses multiples symboles, nous offre constamment un jeu de lumière en clair-obscur, un mouvement entre l’ombre et la lumière, de la lumière vers l’ombre pour ceux qui pensent que tout redevient néant, de l’ombre vers la lumière pour ceux qui croient à une nouvelle vie, un nouvel état.

 

 

Comment mourir ?

 

Aujourd’hui, même si on ne veut pas parler de la mort, celle-ci est de plus en plus d’actualité : le sida, les cancers, les cataclysmes naturels, les guerres, les génocides toujours présents nous la rappellent sans cesse. Comme si tous ces événements avaient pour mission de nous questionner, d’accélérer le changement des mentalités, de réveiller la conscience.

Cette conscience a vu son émergence dans le secteur médical avec l’accompagnement aux mourants, initié par le Dr Elisabeth Kübler-Ross dans les années 60. Si tout à l’heure la mort nous interpellait dans un « pourquoi mourir », ici elle nous interpelle dans le « comment mourir ».

 

Dans plusieurs traditions, le dernier instant de vie est fondamental. Dans l’hindouisme, les textes de la Bhagavad Gītā, tout comme le Livre des morts tibétain enseignent que l’on revient avec le même état émotionnel que celui dans lequel on a quitté sa vie. Lorsque l’on sait qu’aujourd’hui 80% des gens meurent à l’hôpital, que penser alors de la médicalisation de la mort, de la solitude morale et affective, de l’état d’inconscience provoqué par des camisoles chimiques souvent bien lourdes ?

 

 

Rester humain

 

L’accompagnement paraît être d’autant plus indispensable, face à l’isolement dans lequel se trouvent les mourants aujourd’hui, même s’il n’est souvent rien d’autre qu’une présence pour accueillir l’autre tel qu’il est et là où il en est. Au cours des témoignages figurant dans « La mort intime » de Marie de Hennezel, nous sommes parfois interpellés et frappés. Dans ce temps qu’il leur reste à vivre, beaucoup de mourants vivent quelque chose de fort, une transformation qui pourrait paraître inutile, parce que arrivant trop tard. Et pourtant : « En quelques jours parfois, à travers le secours d’une présence qui permet au désespoir et à la douleur de se dire, les malades saisissent leur vie, se l’approprient, en délivrent la vérité. Ils découvrent la liberté d’adhérer à soi » (extrait de la préface de François Mitterand). L’auteur dit elle-même : « L’important est justement de permettre à l’inaccompli de s’accomplir, de créer un espace favorable à cet achèvement ». Dans un lieu où l’on privilégie la qualité de la vie, des personnes s’ouvrent à la vie, découvrent ce qu’elles peuvent encore donner et ont le désir de régler ce qui ne l’a pas été. Cette étape nécessite toute la conscience du mourant.

 

Une amie me disait quelques jours après l’enterrement de son père : « Ce qui me fait le plus mal, c’est la souffrance morale qu’a vécue mon père pendant sa maladie ; il aurait presque mieux valu qu’il ne soit plus conscient. » Cet homme a certainement vécu une grande souffrance morale se sachant atteint d’une leucémie, même s’il a gardé l’espoir d’une guérison, tout comme son entourage. Néanmoins, il a géré les dernières semaines de sa vie en homme conscient d’affronter la mort : il a donné ses dernières volontés, s’est arrangé pour montrer l’amour qu’il porte à sa femme en lui faisant un dernier cadeau, a précisé ses choix pour l’enterrement… Pour moi il est mort en grand homme, avec courage et je ne crois pas qu’il aurait mieux valu qu’il ne soit pas conscient. Sinon ce serait renier tout ce que cet homme a encore pu apporter aux siens et cette ultime parcelle d’humain qui a subsistée en lui jusqu’au bout. Cette parcelle qui est certainement ce que nous avons de plus précieux en nous.

 

 

Du déni à l’acceptation

 

Mais faire face à la mort est un travail difficile, que ce soit pour le mourant ou pour l’entourage. Cette confrontation provoque un choc, qui va rebondir en plusieurs étapes, largement décrites dans les ouvrages du Dr Kübler-Ross. Ce n’est qu’après une attitude de déni (« Non, ce n’est pas possible »), puis de rage et de colère (« Pourquoi moi »), de marchandage avec « Dieu » (« Laissez-moi au moins tant de mois à vivre »), et de dépression, que le patient pourra éventuellement accéder à l’acceptation de la situation (« C’est ainsi et tout est bien »).

 

Arnaud Desjardins explique dans « Pour une mort sans peur » : « Si chaque fois qu’un état vous perturbe vous refusez, vous créer ‘un second’, vous établissez une dualité. Comment pouvez-vous espérer adhérer parfaitement aux phénomènes physiologiques inévitables au moment de la mort ?  (…) Ce qui est est. Chaque fois que nous nous révoltons, que nous nous mettons en porte-à-faux avec la réalité, nous manquons l’essentiel, nous revenons dans le monde limité de la souffrance, (…) Adhérer parfaitement à sa propre souffrance, sans lui résister, c’est aussi rendre possible qu’elle ne nous soit plus insupportable… »

 

 

S’ouvrir à la vie

 

Travailler sur la mort, c’est travailler sur la vie. C’est rester en contact avec notre vulnérabilité, malgré l’illusion des progrès technologiques qui nous entourent. C’est accepter de lâcher sans cesse notre contrôle sur la vie, car nous ne contrôlons rien, et même si cela nous offense dans notre illusion de pouvoir, nous restons assujettis aux forces de la mort.

 

En osant regarder ce que la mort génère comme émotion en nous, nous nous offrons la possibilité d’un questionnement. Que voulons-nous faire de notre vie ? Quel sens donner à notre existence ? Quelles sont les forces que nous aimerions libérer dès à présent pour ne rien regretter au dernier jour ? Il est nécessaire pour cela de franchir des étapes dans notre vie au quotidien. L’acte de mourir s’applique à tout changement significatif : il faut savoir mourir à notre enfance, à notre jeunesse, à notre beauté, à notre force première et faire face à toutes sortes de pertes qui sont autant de deuils à affronter (chômage, retraite, divorce…).

 

C’est dans cette confrontation que nous pouvons opérer des changements productifs dans notre vie. Il nous faut rester vivant pour ne pas passer à côté de notre vie, travailler à notre intériorisation, notre fluidité, travailler sur le deuil, la notion de passage… C’est dans l’acceptation des expériences et de tous les petits deuils de la vie que l’on peut se préparer au grand deuil final. L’important, c’est d’être prêt à tout moment à sacrifier ce que nous sommes pour ce que nous pourrions devenir.

 

La boucle est bouclée, la mort nous ramène à la vie ; tout s’inscrit dans un cercle, comme aimaient à le dire les Indiens : « Tout ce que le Pouvoir du Monde fait est réalisé dans un cercle ». Il y a en effet une dynamique qui n’est pas linéaire : la vie nous porte à la mort et si nous daignons regarder la mort, elle nous ramène à la vie, elle enseigne ceux qui restent et qui avancent dans le cycle perpétuel des existences.

 

Nous cherchons tous à croître, c’est à dire à devenir à la fois pleinement soi-même et pleinement humain. Pour cela il faut être prêt à prendre des risques et oser devenir sujet de notre vie. « En s’ouvrant et en se donnant au dialogue avec les autres, on commence à transcender son existence individuelle et on devient un avec soi-même et avec les autres. On peut voir venir dans la paix et la joie la fin d’une vie ainsi engagée, sachant qu’on a bien vécu sa vie » (1)

 

C’est une quête qu’il convient d’entreprendre dès maintenant, car il n’existe concrètement que « l’ici et le maintenant ».

Ce travail douloureux mais nécessaire est finalement un travail sur la lucidité, et comme le dit si joliment le poète René Char : « La lucidité est la blessure la plus proche du soleil ».

 

MT

Article paru dans "Objectif Notre Santé", "Recto-Verseau" n° 167 

 

 

(1) « La mort, dernière étape de la croissance », Elisabeth Kübler-Ross, Ed Pocket

 

 

 

 

 

alexgrys.jpg

 

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 21:20

 

 

La conscience est comme une princesse endormie dans un château lointain, entouré de ronces, et qu'il faut atteindre au fil des épreuves que nous rencontrons.

 

J’ai envie de réunir ici quelques citations que j’aime, en les reliant entre elles par quelques réflexions courtes, comme un fil d’Ariane cherchant à mettre en lumière la conscience, cet or nouveau dont le monde a besoin.

 

La connaissance est la source de la conscience, que ce soit une connaissance intégrée par l’expérience, par le savoir, par le partage, par la réflexion. Ce n’est pas un hasard si l’on prive les Hommes de connaissance, si l’on met tant de barrières pour leur permettre d’accéder au savoir et à l’autonomie. Car la connaissance engendre la liberté, voire la révolte, et ceux qui veulent le pouvoir ne peuvent l’admettre. C’est pourquoi il est si important de toujours chercher à savoir plus, pour soi-même, et faire en sorte que les autres accèdent à la connaissance pour les mener vers plus de liberté.

« Augmenter sa puissance à comprendre, c’est augmenter sa capacité à agir ». Aristote.

 

Il ne suffit pas pour autant, dans la connaissance, de ne voir le monde que sous l’angle de la lumière, de ne voir qu’une polarité. La vie est polarisée (sans + et sans – il n’y aurait pas de vie), et pour être dans l’équilibre des forces, il faut être au centre. Il ne sert à rien de ne voir que la face positive des choses, si l’on n’est incapable de regarder la face cachée, l’envers du miroir. Toute médaille a deux faces. La vie est polarisée, la lumière ne peut pas être sans l’ombre et vis et versa.

"La clarté ne naît pas de ce qu'on imagine le clair, mais de ce qu'on prend conscience de l'obscur". C. G. Jung

Cette pensée est d’ailleurs exprimée en d’autres termes, de façon très concise par Annick de Souzenelle : « La lumière ne peut venir que des ténèbres assumées. »

 

Mais la conscience est aussi de la lumière, comme le dit Osho :

« Utilisez votre conscience. C’est comme ceci : si amenez de la lumière dans l’obscurité, l’obscurité disparaît. (…) Grâce à la conscience, tout ce qui était négatif, comme l’obscurité, se dissoudra : haine, colère, tristesse, violence. Pour la première fois, amour, joie, extase vous seront révélés… Le tantra dit : ne créer pas de division en vous. Il est beau d’être sensible et plus vous êtes sensibles, plus vous serez vivants et plus vous êtes vivants, plus la vie pénétrera dans l’intimité de votre être. Vous serez plus ouverts ».

Et pour prendre conscience de l'obscur, comment ne pas commencer par soi-même, sonder nos profondeurs, observer où nous sommes vraiment ? Cette recherche est indissociable de la volonté d’aller vers un monde différent, meilleur, aimant. Car le monde n’est composé que de personnes, nous. Donc qui sommes-nous ? Quelles sont nos pensées, émotions, actions, mémoires, liens ? Quel est le rapport que nous entretenons envers toute chose ? Et comment nous sommes en lien avec nous-mêmes. Car :

"Nul ne peut avoir de lien avec son prochain, s'il n'en a d'abord avec lui-même". C.G. Jung.

 

Donc la première question à se poser serait celle-ci : dans ce monde plein de violences, de guerres, de fractures, quelles sont les violences, les guerres et les fractures qui n'ont pas été visitées et guéries à l'intérieur de nous-mêmes? Sommes-nous en lien suffisamment avec nous-mêmes, savons-nous nous aimer, à l’intérieur, pour mettre du lien à l'extérieur, avec autrui?

Rien ne sert de combattre à l'extérieur, si l'on n'a pas compris que l'extérieur n'était que le reflet de nous-mêmes.

"Tout le mystère du monde est dans notre esprit. Toutes les structures de notre esprit sont projetées à l'extérieur, sur le monde. Le coeur et la clé du mystère sont en nous". Edgard Morin.

La physique quantique nous montre aujourd'hui que tout est interdépendant, tout est information et tout se propage à la vitesse de la lumière (et même plus vite). La pensée n'est que de l'énergie.

"Il y a une similitude entre pensée et matière. Toute matière y compris celle qui nous constitue est définie par de l'information. L'information est ce qui détermine l'espace et le temps".David Bohm, Physicien

A chaque pensée émise, nous matérialisons quelque chose. Et dans le vacarme du monde, nous n'arrivons plus à entendre l'essentiel.

"Apprends à te taire pour t'écouter toi-même, et l'esprit de sagesse te répondra". Parole amérindienne.

 

Dans un peu de silence, la vérité peut se  faire jour, quelque chose de neuf peut venir.

"Le challenge pour le 21ème siècle est la Révolution Silencieuse. Ce n'est pas une révolution dans le sens traditionnel, par une organisation ou une nation, avec violence, folie et bains de sang. C'est une révolution dans la conscience humaine". Giten

 

Cette conscience ne peut émerger qu'en abandonnant de vieilles croyances, qu'en s'ouvrant à l'inconnu. Dans l'inconnu, pas de certitudes, juste l'ouverture à ce qui peut advenir. Cela crée de l’insécurité, mais accepter l’insécurité et se donner soi-même à l’inconnu crée une foi relaxante envers l’univers. Sans cette confiance, les peurs persistent et pour y faire face, nous entretenons des croyances qui nous rassurent, mais nous enferment.

"La seule connaissance qui vaille est celle qui se nourrit d'incertitude". Edgar Morin.

 

La peur nous empêche d'aller vers l'inconnu, d'aller vers d'autres vérités. S'ouvrir oblige à nous transformer, à faire un effort sur soi-même et non sur les autres. S'ouvrir oblige à écouter la voix de l'âme, qui a des exigences plus hautes que notre ego.

"Rares sont ceux qui désirent atteindre leur vérité que murmure sans cesse la voix de l'âme, car pour l'entendre, il faut se rendre sourd à l'ambition de régner sur les autres, à toute envie de plaire, à tout effroi, aux bruits du monde". Henri Gougaud.

 

La conscience est une voie difficile, exigeante, différente de la simple voie de « penser ». Penser, accumuler du savoir, ne créer pas nécessairement de la conscience.

« Beaucoup de gens croient qu’ils pensent alors qu’ils remettent seulement en ordre leurs préjugés ». William James.

 

Donc vigilance, écoute, accueil, réceptivité, silence, voilà ce qu’il faudrait pour aider la pensée à se transformer en conscience, et faire que nos vouloirs puissent s’incarner en harmonie avec la vie. Ainsi, ouverts au présent, nous serions co-créateurs avec la vie, et disponibles aux synchronicités, qui sont « des offrandes de la vie à ceux qui lui font confiance ». J-Claude Genel.

 

Alors nous pourrions faire l’expérience que nous sommes le monde, que le monde est en nous….


MT


 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Mes citations inspirantes
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • Le blog de lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • : Un lieu où pourraient se cotoyer le jour et la nuit, les univers différents de la pensée logique, rationnelle, structurée à partir des informations émanant de toute part, et de la pensée vagabonde, celle qui erre la nuit, mais aussi le jour, dans l'envers des choses, à la recherche de l'impalpable, de la beauté et de la magie. Michèle Théron
  • Contact

  • lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. 
Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...
  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...

Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

Recherche