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14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 16:42
L'objectif est de créer un espace - Geeta Iyengar

 

′′ La pose de yoga n'est pas l'objectif. Être souple ou se tenir entre vos mains n'est pas l'objectif.

 

L ' objectif est de créer un espace où tu as été coincé. Pour découvrir les couches de protection que vous avez construit autour de votre cœur. Apprécier votre corps et prendre conscience de l'esprit et du bruit qu'il crée. Pour faire la paix avec qui tu es.

 

L ' objectif est d'aimer... Eh bien, toi, change ton approche et ton cœur grandira ".

 

 

Geeta Iyengar

 

 

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12 octobre 2021 2 12 /10 /octobre /2021 16:36
L'acceptation n'est pas la tolérance - Jeff Foster
 
 
"Accepter ne signifie pas dire toujours "oui" à tout.
L’acceptation n’est pas la tolérance.
 
Quand nous tolérons, nous feignons d’avoir un "oui" alors que nous ressentons secrètement un "non". Nous feignons d’accepter, pour paraître agréables, ou gentils, ou spirituels, ou positifs, ou maîtres de nous, ou illuminés.
 
Dans l’Acceptation, il n’y a pas de simulacre.
L’Acceptation signifie vivre en tant que OUI à une vie qui peut comprendre un honnête "oui" et un honnête "non".
 
Nous ne disons plus "oui" seulement pour plaire aux autres, ou pour cacher nos doutes, ou pour donner l’impression d’être décidés ou courageux.
 
Nous ne disons plus "non" par peur ou par faiblesse.
 
Prononcés en vérité, un "oui" et un "non" sont tous deux expressions d’un OUI infiniment plus grand à la vie.
 
Le petit "non" et le petit "oui" deviennent des célébrations de ce OUI illimité et ininterrompu que nous sommes."
 
 
- Jeff Foster
 
 
 
 
 
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11 octobre 2021 1 11 /10 /octobre /2021 15:58
Reviens à toi - Franck Lopvet



"Reviens à toi, accroche-toi à ton cœur et comporte-toi comme la personne que tu as réellement envie d'être.
 

Lâche la perspective de la vérité. Les vérités sont juxtaposées.
Et oui, ça fait peur mais un concept n'est dangereux pour personne.

Revenir vers toi va faire sortir le mal-être, les émotions et des tas de questionnements. Tu ne pourras plus refuser de ressentir.
Tu ne sauras plus être violent contre toi-même.
Lâche ton hypnose de refuser ton expérience propre pour entrer dans un consensus et faire partie d'un camp.

 

Tu prends douloureusement conscience que ce qui est vrai est faux et ce qui est faux est vrai. Il est nécessaire que tu n'aies plus rien à quoi te raccrocher à l'extérieur pour oser enfin avoir une posture intérieure.
Il ne s'agit pas de mieux discerner le réel mais de prendre conscience qu'on fabrique le réel avec nos angles de vue. C'est cela le véritable pouvoir de la pensée : manifester notre intention dans une forme et de la garder assez intense pour qu'elle devienne dense.

 

Ta vie est l'angle de vue que tu as sur elle.

Ta perspective s'imbrique tellement bien dans celle des autres que tu as fini par croire que la vie est à l'extérieur. Et c'était un rêve très confortable dans l'obéissance de règles.

Respire dans ce qui se présente à toi, sans précipitation, tu ne pourras pas en faire l'économie. Tu ne peux pas être en dehors du monde.

Ce qui te manque ? C'est de renoncer à vouloir vaincre la vie en t'améliorant.
De renoncer à tes paramètres de la vie réussie.
C'est acceptable de ne pas être riche, de ne pas être parfait, de ne pas réussir. La vie ne peut pas avoir de but, tu ne peux pas la rater.

Ne te sens pas bloqué : on ne va nulle part, on est déjà arrivés.
Sens tes tripes.
C'est la vie qui te construit, vivante en toi...
Tu peux te mettre en accord avec ce mouvement intérieur. Tu es la vie."

 

 



- Franck Lopvet

 

 

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9 octobre 2021 6 09 /10 /octobre /2021 13:29
Ce gouffre - Stéphane Allix

 

"Il me revient alors en mémoire ce passage du livre de Primo Levi, Si c’est un homme, dans lequel l’auteur évoque ce moment où il se trouve face à un officier allemand, le Dr Pannwitz, alors qu’il est interné à Auschwitz. Lui, le Juif italien face à un officier allemand. Deux hommes, deux Européens partageant en outre le même métier, mais qu’un gouffre infranchissable sépare : « Quand il eut fini d’écrire, il leva les yeux sur moi et me regarda. (…) Son regard ne fut pas celui d’un homme à un autre homme ; et si je pouvais expliquer à fond la nature de ce regard, échangé comme à travers le vitre d’un aquarium entre deux êtres appartenant à deux mondes différents, j’aurais expliqué du même coup l’essence de la grande folie du Troisième Reich. »

 

 

Je sens ce gouffre, cette menace encore présente dans la salle du restaurant. Et elle est proche, contemporaine, même si tout le monde fait mine aujourd’hui de penser le contraire. Elle est là, sommeillant en chaque homme. Il suffit d’un rien pour réveiller nos plus noires dispositions, celles qui reprirent vie voici à peine plus de quatre-vingt ans chez tant d’hommes et de femmes, parents et grands-parents de celles et ceux qui se trouvent autour de moi dans cette salle. Ce même visage de l’abjection apparut aussi en France chez ceux qui dénoncèrent leurs voisins et qui participèrent à la déportation des Juifs avec la satisfaction qu’éprouvent les lâches, ‘de respecter la loi’. Chez cette immense majorité silencieuse qui s’accommoda de l’Occupation et de son cortège de persécutions, comme on s’accommode de tout dès lors que son confort immédiat n’est pas menacé. Ce sont les hommes normaux qui peuvent si facilement devenir des monstres ; sans même s’en apercevoir. "

 

 

Stéphane Allix, Quand j’étais quelqu’un d’autre.

 

 

 

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8 octobre 2021 5 08 /10 /octobre /2021 16:19

 

« Alors que notre pensée « à son meilleur…» se tisse comme une enveloppe pour entourer, -nimber- son objet, sans pourtant l’immobiliser, la pensée perverse, elle, ne vise qu’à emballer et enfermer, confondre et poindre sa proie, dans un filet serré de contrevérités et de non-dits, d’allusions et de mensonges, d’insinuations et de calomnies. C’est une pensée pour faire intrusion dans la préoccupation d’autrui, une pensée-poison, une pensée pour démentaliser, dévaloriser et disqualifier l’autre ; une pense toute en agirs et en manœuvres, qui fragmente, divise et désoriente. Non pas vraiment paradoxale (car le paradoxe, on le sait, prête encore à penser, et même parvient-il à prêter à l’humour), la pensée perverse ne fait au contraire qu’attaquer le moi tout autour d’elle ; démolissant les ressorts de la pensée, elle décourage et tend à démolir la compréhension dans son principe même ; l’habile dissémination d’informations falsifiées, l’imposition du non-à-dire (« ne répétez surtout pas que… »), la propagation des « on-dit », l’affirmation péremptoire : telles seront ses méthodes.

On se demande parfois comme il se peut faire que les mensonges des pervers -jusqu’aux plus monstrueux mensonges – franchissent avec une certaine aisance les barrières de la croyance chez autrui. Ce n’est pas qu’autrui soit sot, ni certes que le pervers soit intelligent, il est seulement habile, mais il est d’autant plus habile à tromper que pour lui la vérité n’a aucune valeur en soi, le résultat seul étant ce qui compte. Il est vrai que le souci de la vérité est un frein, en même temps qu’un stimulant, pour ceux qui n’aiment guère la « mal-pense » ; le pervers, lui, ne connaît pas de ces freins, mais, de leur fécondité, il ne connait rien non plus.

Bref, la pensée perverse exerce autour d’elle un véritable « détournement d’intelligence ».

 

 

Paul-Claude Racamier, in Les Perversions narcissiques

 

 

 

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5 octobre 2021 2 05 /10 /octobre /2021 21:47
Natalie Trayling, offrande à la musique

 

 

Natalie Trayning joue depuis des années dans la rue, sans chercher à être rémunérée, et offre sa  musique, dont elle est la compositrice et l'interprète.

 

Une vision et une écoute qui m'ont saisie en plein coeur.

 

 

 

 

La page facebook pour suivre les actualités de Natalie Trayling

 

 

 

 

Natalie Trayling, offrande à la musique
Natalie Trayling, offrande à la musique
Natalie Trayling, offrande à la musique
Natalie Trayling, offrande à la musique
Natalie Trayling, offrande à la musique
Natalie Trayling, offrande à la musique
Natalie Trayling, offrande à la musique
Natalie Trayling, offrande à la musique
Natalie Trayling, offrande à la musique
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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 20:55
Je suis ici avec toi - Jeff Foster

UNE NOTE POUR MON SYSTÈME NERVEUX

 

« Tout ira bien, et tout ira bien, et tout ira bien. – Julien de Norwich

 

Tu as vécu l'enfer, petit. Oh, tu es toujours en enfer, je ne le nierai pas ! Vous demandez un moyen de sortir d'ici ? Je ne te blâme pas.

Je te donnerais le chemin si je connaissais le chemin. Peut-être n'avons-nous pas besoin du chemin maintenant, ma douce. Je vous rencontre ici de toute façon. Je marche avec toi, sens ce que tu ressens, mes pieds épuisés brûlent comme les tiens, mes bras embrasés, mon cerveau aussi un enfer intolérable, pourtant je ne t'abandonnerai pas ici, si mal que ce soit, si puissante que soit la nostalgie d'hier.

Peut-être trouverons-nous un moyen de sortir de l'enfer ensemble ? Et sinon, sinon… oui, je trouverai un moyen de mettre fin à cet enfer pour toi. Je le ferai. Je ferai un pacte avec Dieu. Je te ferai sortir, même si je dois rester moi-même un milliard d'années, ce sera peut-être le prix de ta liberté, un milliard d'années de mon embrasement. Mais je vais te faire sortir, mon amour, d'une manière ou d'une autre, c'est la seule vérité à laquelle tu peux t'accrocher dans ce pathétique pays de mensonges. Jusqu'à ce moment-là, jusqu'à la fin, jusqu'au dernier jour, quel que soit le jour qui viendra, je suis ici avec toi. Je suis ta sécurité. Je suis ta protection. Je suis ta terre et ta vie.

Concentre-toi sur moi, pas sur les incendies. Pense à moi, pas à ce qui est perdu. Tiens ma main fermement ou sans serrer. Passez votre chemin ou revenez me voir. Même si ça fait mal ici, l'abandon ferait plus mal. Oui, vous avez raison, cela peut nous tuer tous les deux à la fin, et peut-être plus tôt que tard, mais alors nous mourrons ensemble et nous ne serons pas seuls dans la mort et ce sera notre victoire sur le mal.

L'amour transcende de toute façon la mort et ce royaume illusoire de la souffrance et les rend obsolètes. Notre sécurité est ici. Ici dans l'obscurité, petit, ici dans la puanteur et la flamme, tu es parfaitement en sécurité, je sais que c'est difficile à croire ! Et si vous ne pouvez pas faire confiance à cela, ne vous y fiez pas ! Oubliez la confiance ! J'ai moi-même oublié la confiance un milliard de fois ! Mais… me tiendras-tu la main, au moins ? Non? Veux-tu au moins marcher un peu avec moi ? Parlons-nous un peu en marchant ? Non? C'est bon. Nous pouvons alors marcher en silence. Bon. Marchons en silence, ici dans les entrailles du monde qui s'évanouit. Je t'aime, petit. Je l'ai toujours fait. Dans le silence et le chaos. Dans cet enfer entouré de démons hurlants terrifiés pour leur propre survie et préoccupés uniquement par eux-mêmes.

Je suis toi, je pense que tu le sais au plus profond de toi, et j'ai toujours été avec toi, et j'ai toujours été toi. Bien sûr. Dans la mort, nous transcendons la mort. Tu seras toujours protégé par moi, peu importe comment cela se termine, dans cet endroit hors du temps. Peu importe comment cela se termine, et cela pourrait se terminer bientôt, vous êtes parfaitement en sécurité.

 

- Jeff Foster

 

Je suis ici avec toi - Jeff Foster

 

 

“All shall be well, and all shall be well,
and all manner of thing shall be well.”
 – Julian of Norwich


You have been through hell, little one. Oh, you are still in hell, I will not deny it! You ask for a way out of here? I don’t blame you. I would give you the way if I knew the way. Perhaps we do not need the way right now, my sweet one. I meet you here anyway. I walk with you, feel what you feel, my exhausted feet burning as yours do, my arms aflame, my brain an intolerable inferno too, yet I will not abandon you here, however much it hurts, however powerful the nostalgia for yesterday. Maybe we shall find a way out of hell together? And if not, if not… yes, I will find a way to end this hell for you. I will. I will make a pact with God. I will get you out, even if I have to stay a billion years myself, that may be the price of your freedom, a billion years of my burning. But I will get you out, my love, one way or the other, that is the One truth you can hold to in this pathetic land of lies. Until that time, until the end, until the final day, whatever day it comes, I am here with you. I am your safety. I am your protection. I am your ground and your life. Focus on me, not on the fires. Think of me, not of what is lost. Hold my hand tightly, or loosely. Go your own way, or come back to me. However much it hurts here, the abandonment would hurt more. Yes, you are right, this may kill us both in the end, and maybe sooner rather than later, but then we will die together and we shall not be lonely in death and that will be our victory over evil. Love transcends death and this illusory realm of suffering anyway and renders them obsolete. Our safety is here. Here in the darkness, little one, here in the stench and the flame, you are perfectly safe, I know it’s hard to believe! And if you cannot trust that, do not trust it! Forget trust! I have forgotten trust a billion times myself! But… will you hold my hand, at least? No? Will you at least walk with me a little while? Shall we speak a little as we walk? No? It’s okay. We can walk in silence then. Good. Let us walk in silence, here in the bowels of the vanishing world. I love you, little one. I always have. In the silence and the chaos. In this inferno surrounded by screaming fiends terrified for their own survival and concerned only with themselves. I am you, I think you know it deep down, and I have always been with you, and I have always been you. Of course. In death we transcend death. You will always be protected by me no matter how this ends, in this place beyond time. No matter how this ends, and it may end soon, you are perfectly safe.


- Jeff Foster

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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 09:29

 

 

Je ressens évidemment beaucoup de compassion pour Jeff Foster, car je connais chaque mot qu’il écrit, chaque sensation, chaque challenge, entre acceptation et espoir, détestation, stupéfaction, désespoir, douleurs intenses, impuissance, vie qui bascule, envie d'en finir.

J’observe avec intérêt aussi le soutien qui est apporté à sa parole sous le post qu'il a fait sur FB avec tous les voeux de rétablisssement. J’observe aussi le poids que prend son témoignage, puisqu’il représente une figure de référence. C’est tant mieux pour peut-être sensibiliser à un autre regard sur Lyme et la maladie en général.

Mais des milliers de gens vivent cela avec cette maladie. La seule différence, c’est qu’ils n’ont pas le statut d’éveillé. Et là c’est une seconde tragédie, car pour ces gens-là, peu de soutien, beaucoup de jugements, peu de compassion, peu de crédibilité, beaucoup d’interprétation de leur chemin, comme s’ils étaient de « pauvres choses » qui n’avaient pas compris grand-chose à la vie, à leurs émotions, à la spiritualité -puisque malades-, et à qui on se doit de faire la leçon.

J’aime aussi l’invitation proposée par Jeff, de ne pas toujours chercher un sens. C’est là. C’est arrivé. Comment vivre avec. Nous sommes dans le grand mystère de la vie et ne connaissons pas les arcanes de nos âmes et ce qui se joue dans certaines de nos expériences. Remettre le mystère dans la problématique pourrait aussi alléger le poids que l’on porte et que l’on fait porter à ceux qui souffrent. Il est déjà bien suffisant de se débattre avec les bouleversements qu’entraine une maladie invalidante, invisible, mais qui saccage et révolutionne complètement votre vie. Est-il utile de se sentir en plus coupable, comme si nous avions failli à quelque chose, comme si nous avions raté une cible, ou démérité un bonheur ?

 

Nous avons déjà bien assez à faire avec notre monde intérieur qui doit s’ajuster à cette réalité qui a fait irruption.

 

***

 

 

Je vous invite vraiment à lire ses deux témoignages, non seulement parce qu'ils évoquent ce que traversent bon nombre de malades de Lyme, mais aussi pour les réflexions qui émergent de cette souffrance qui fracasse la vie et comment être, selon ses enseignements, dans l'acceptation et l'ici et maintenant... alors que justement il en est incapable au point de vouloir parfois mourir et retourner à la source.

 

Ces deux textes me touchent au coeur, car bien sûr ils parlent tellement de ma traversée, de cette irruption violente de Lyme dans ma vie, mon corps et mon cerveau; de ces enjeux de vie et de mort, comme des tornades qui s'abattent sur moi sans prévenir et me clouent au sol; de cette solitude dans laquelle la souffrance extrême et la dégradation physique vous propulse, car à cet endroit, peu de personnes peuvent vous rejoindre; de cette incompréhension qui s'installe et qui divise, entre ceux qui traversent et les autres; de cet anéantissement, de cette impuissance pour lesquels il n'y avait aucune préparation; de ces deuils successifs à faire, car tant de choses sont détruites, s'en sont allées, sont mortes et perdues à jamais derrière soi. C'est comme une bombe qui explose et fait tout voler en éclat. Mais personne pour accueillir le stress post-traumatique, aucun accompagnement pour mesurer ce qui a été détruit et nous aider vers une possible reconstruction. On reste comme un noyé sur la berge, prêt à être emporté par la prochaine vague.

Cela met à rude épreuve, et même Jeff Foster, éveillé et enseignant de l'acceptation, est mis au défi de ses propres enseignements, c'est dire si la tâche est rude...

 

 

MT

 

 

"Je sais que je ne suis pas un seul mais un parmi tant d'autres. Je n'ai pas choisi cette voie. Il m'a choisi et que puis-je dire. Je fais les pas, ou ils se laissent faire. Ou Dieu me respire. Je ne sais pas. Jour après jour, c'est tout ce que je peux gérer. Moment par moment. Parfois même pas ça. Parfois debout au cœur de la terreur, regardant la mort en face. Vivre et mourir plus près que jamais. Parfois pleurant comme un petit bébé, parfois riant comme un bouddha, et peut-être que le bébé est le bouddha. Je ne sais vraiment pas."

 

"J'ai failli mettre fin à mes jours à plusieurs reprises au cours des 9 derniers mois.

Je dois dire la vérité.

Je dois énoncer les faits.

Il a failli quitter le corps et retourner à la source.

Je peux l'admettre maintenant.

Oui, je peux l'admettre publiquement maintenant.

Il n'y a pas de honte à crier à ton Dieu quand tu es sur la f ** king cross.

Il n'y a pas de honte à aspirer au paradis lorsque vous êtes dans un enfer vivant que vous n'avez pas créé ou choisi.

Quand la vie brise tout ce que vous saviez."

 

 

Maladie de Lyme - Jeff Foster

« J'ÉCRIS DES LIVRES SUR L'ACCEPTATION... MAIS JE NE PEUX PAS ACCEPTER CELA ». Une confession. 1er mai 2021

 

Chers amis, Une fois de plus, je vous écris pour vous remercier pour vos messages profondément compatissants et vos courriels d'amour et de soutien. Même si je ne peux pas répondre personnellement à vous tous en ce moment, car mon énergie est si limitée, sachez que je lis chaque message et que j'apprécie profondément votre extraordinaire gentillesse. Et encore une fois, à ceux d'entre vous qui ont envoyé des dons, je vous remercie du fond du cœur. Je n'ai jamais vraiment su combien d'entre vous se souciaient si profondément de moi et de mon bien-être à un niveau aussi personnel. J'envoie tellement d'amour à chacun d'entre vous. Merci de m'avoir permis d'entrer dans ta vie. Et mes sincères excuses pour les fautes d'orthographe ou autres erreurs dans ce bulletin. Mon attention, ma concentration et mes compétences en édition ne sont plus aussi pointues qu'avant ! ;)

 

Je suis dans un endroit étrange en ce moment, mes amis. Ça me frappe fort : je suis handicapé physiquement et cognitivement. Au moins pour l'instant. Au moins pour un moment. Peut-être pour le reste de ma vie. Personne ne peut le dire. Personne.

Je vis dans l'inconnu. Nous le sommes tous, à vrai dire. Par rapport à où j'étais l'année dernière, et chaque année avant ça, c'est un choc chaque jour de me retrouver comme ça. Cela a été totalement dévastateur - DÉVASTANT - de perdre certaines fonctions et capacités physiques et cognitives apparemment du jour au lendemain, sans aucune promesse qu'elles ne reviendront jamais, ou du moins qu'elles reviendraient complètement à ce qu'elles étaient auparavant. Je suis dans un endroit étrange, mes amis, quelque part entre un vague espoir et une dévastation totale, presque insupportable. (Encore une fois, je ne veux pas que tout tourne autour de « moi ». Tant de gens dans le monde souffrent en ce moment, bien plus profondément que moi. Mais je pense qu'en partageant mon propre combat, en m'ouvrant sur le mien défi de santé actuel, il peut y avoir une certaine transmission de la vérité dans le collectif. Je suis sûr que beaucoup d'entre vous peuvent s'identifier, à leur manière…)

 

Est-ce que je me tourne vers là où je suis, et que je fais face au fait de mon handicap, à mes limites présentes en tant que corps-esprit ? Faire face à la dévastation et à la décimation partielle de l'ancienne vie, des vieux plans, de l'ancienne santé, de l'ancienne fonction cognitive, de l'ancien moyen de subsistance, pleurer pleinement ce que j'ai perdu et pleurer ce que j'ai encore à perdre ?

 

Puis-je même savoir ce que j'ai « encore à perdre » ? Pouvons-nous jamais savoir? Qu'est-ce que je pleure, exactement ? Puis-je pleurer un avenir inconnu perdu? Puis-je sombrer dans mes larmes, laisser entrer pleinement la perte, la ruine et le désir, laisser tout cela m'ouvrir et abandonner tout espoir de demain ? L'espoir est-il réel ou basé sur un fantasme ? Est-ce que je continue à lutter, à me battre, à espérer, à attendre la guérison, un remède, la « réponse », une potion magique de guérison ? Est-ce que j'accepte où je suis aujourd'hui, ou est-ce que je garde l'espoir d'une amélioration, voire d'une rémission, demain, alors que le taux de rémission de cette condition est statistiquement si bas, et que personne sur Terre ne peut me promettre cela ?

 

Serai-je l'un des chanceux ?

 

Puis-je en quelque sorte contrôler les destins, manifester un résultat souhaité ? Dois-je ignorer tous les « faits » objectifs de cette condition et simplement croire ? Ou est-ce que tout est finalement entre les mains des dieux, quoi que je fasse ? Ces questions sont aussi vieilles que l'esprit lui-même, aussi vieilles que la pensée. Acceptation de « la façon dont c'est », ou espoir de « comment cela pourrait-il être » ? Bien sûr, en réalité, ces deux énergies peuvent coexister. Et nous pouvons tenir ce paradoxe primordial - d'accepter où nous sommes ici en ce moment, l'inconfort et la douleur et les limitations et le chagrin et tout, tout en imaginant un avenir meilleur et plus brillant, et en faisant tout notre possible pour travailler dans ce sens.

 

L'acceptation profonde et le changement profond ne se contredisent pas, ce sont des reflets l'un de l'autre, des amants, de très vieux amis. Notre divinité et notre humanité sont Une. Imparfait et parfait, brisé et entier. Se reposer dans la douleur, se pencher sur la douleur, s'incliner devant la douleur, sans renoncer à la guérison. Du moins pas complètement. Du moins pas maintenant. Au moins pas aujourd'hui. Tenir ces énergies jumelles comme nos deux enfants bien-aimés. Pas des enfants qui s'opposent à l'existence de l'autre, mais des enfants qui sont également aimés et bienvenus dans nos bras grands ouverts. Cela dit, ce n'est pas facile. Certains jours, je veux juste que l'inconfort cesse. C'est énervant d'admettre cela publiquement, étant un «enseignant spirituel» et tout (quoi que cela signifie), mais oui, certains jours, je veux juste que tout se termine, la souffrance, l'inconfort, le brouillard cérébral. Est-ce que cela fait de moi un lâche, à désirer un soulagement au milieu de l'inconfort et de la perte ? Je ne pense pas. Cela me rend humain. J'ai écrit des livres sur le repos profond, l'acceptation, l'amour du moment présent, embrassant pleinement les dévastations de la vie. J'ai écrit de la poésie et peut-être des milliers de publications sur Facebook au fil des ans pour vous rappeler que vous n'avez jamais été brisé, pour vous aider à vous souvenir de la joie de « tomber amoureux de l'endroit où vous êtes ».

 

J'ai enseigné d'innombrables retraites et ateliers à travers le monde, invitant les gens à s'interroger en profondeur sur leur expérience actuelle, à apporter une conscience aimante aux poches de résistance, à entrer en contact avec des sentiments profondément ancrés, à faire le deuil, à abandonner les « devraient » ' de la vie, d'exposer et de faire fondre la honte cachée, de s'abandonner à ce qui est. Et j'admets humblement que je ne parviens pas à accepter ma condition en ce moment. Je me sens brisé. Je ne suis pas amoureux d'où je suis. Je ne peux pas « me reposer » avec cette nouvelle réalité bouleversante. Mais... Peut-être qu'il y a de la grâce dans cet échec. Peut-être y a-t-il un amour-propre plus profond qui nous permet d'être totalement imparfaits, un gâchis brûlant sur la croix de la vie, et le vrai "succès" est vraiment ce genre d'amour-propre.

 

L'amour qui ne vous laisse jamais échouer, peu importe à quel point vous sombrez, car le plus bas est le plus haut dans cet amour, et les plus faibles sont les plus forts. L'amour qui vous aime, même dans la fosse et les ténèbres et les royaumes indescriptibles de l'enfer. L'amour qui vous tient pendant que vous prenez votre dernier souffle, car il vous tient pendant que vous haletez pour votre premier. Quand je suis essoufflé, transpiré, essoufflé, étourdi, dissocié, obligé de m'asseoir après avoir marché seulement cinq minutes jusqu'à l'épicerie. Lorsque le « brouillard cérébral » est si grave (comme je l'ai partagé dans mon dernier e-mail, j'ai un syndrome médical complexe et multi-système appelé POTS, une forme de dysfonctionnement autonome où pas assez de sang et donc d'oxygène atteint le cerveau…) que je peut à peine enchaîner une phrase, ou se souvenir du nom de mon ami, ou trouver le chemin du retour de cette épicerie, ou finir une seule série de pensées dans ma tête, ou se souvenir de ce que je fais, ou pourquoi, ou où, ou comment , ou….

 

Quand toute notion du temps disparaît, et que le monde extérieur disparaît, et que je suis perdu dans ce qui ressemble à un mauvais trip de drogue toute la journée, semblable à la démence et « hors du temps » (mais pas de manière spirituelle libératrice, plus comme dans une terrifiante manière dissociée).

 

Quand j'ai une conversation belle, passionnée et honnête avec un ami cher au téléphone… et que je m'effondre énergiquement pendant des heures - ou des jours - par la suite parce que j'ai dépensé trop d'énergie à parler et à écouter.

 

Quand tout ça se passe... c'est vraiment très dur. (Mon Dieu, au moins je peux encore écrire. Même s'il me faut quelques jours pour écrire un morceau qui n'aurait pris que quelques heures auparavant...)

 

En tant que Conscience, je suis illimité. Nous sommes tous. Mais en tant que corps physique et mental, je suis plus limité que jamais maintenant, et c'est complètement bouleversant. Ce n'est pas comme ça que je m'attendais à ce que ma vie soit, à 40 ans. Après quatre décennies de bonne santé fondamentalement, et après certaines des années les plus heureuses de ma vie au cours des dernières années, et avec tant de choses merveilleuses que j'attendais avec impatience, tant de choses à faire, de livres à écrire, de retraites à mener, des projets créatifs à explorer, des amis avec qui partager des moments précieux, faire s'effondrer mon corps physique comme ça, sans médecin, thérapeute ou guérisseur jusqu'à présent capable de me donner un pronostic ou de remédier à l'un des symptômes - vivre comme ça chacun la journée est totalement dévastatrice. Je suis encore sous le choc, à vrai dire.

 

Je n'ai jamais vu cela venir. « Comment pouvais-je savoir ? Comment saurons-nous jamais ? ». (Ma réplique préférée de l'une de mes comédies musicales préférées de Sondheim, "Into The Woods".) Ugh, j'étais si naïf, bénissez mon cœur. Je pensais que ce genre de maladies arrivait à d'autres personnes. Je pensais que j'étais immunisé, parce que j'avais fait tellement de travail sur moi-même, ou parce que j'avais guéri tellement de mes blessures d'enfance, ou parce que je me sentais tellement détendu et vivant la plupart du temps, ou parce que je ressentais si peu de stress dans ma vie, ou parce que, eh bien, j'étais « vraiment vraiment spirituel » ou quelque chose comme ça. L'arrogance. L'orgueil. L'audace. Le privilège. L'innocence aussi. Tout. Juste… tout ça.

 

Certains jours, j'ai l'impression que je ne peux tout simplement pas accepter ce qui m'arrive. Tout cela ressemble à un mauvais rêve, comme si je vivais la mauvaise vie, comme si quelque chose avait mal tourné, comme si cela ne devrait pas arriver. Bien sûr, au fond de moi, je sais, il n'y a pas de "mauvaise" vie, et il n'y a que la VIE, et c'est comme ça, et il n'y a pas de "devrait", et je ne suis pas à blâmer, et aucun de nous sont à blâmer, jamais. Cette maladie n'était pas de mon choix. Et je n'ai rien fait pour "mériter" cela, et ce n'est pas une punition, et il n'y a pas de péché. Je le sais, au plus profond de mes os.

 

Parfois, nous tombons simplement malades et cela survient de nulle part et cela n'a aucun sens et c'est comme ça, que cela vous plaise ou non, acceptez-le ou non, faites-lui confiance ou non. Nos vies sont brisées. Nos enfants meurent. Nos proches nous quittent. Nos carrières se terminent brutalement. Nous perdons notre argent, notre statut, nos moyens de subsistance, nos capacités physiques. Des voitures et des avions s'écrasent. Les tsunamis détruisent des villages entiers, des villes. Des météores, des comètes, des astéroïdes s'écrasent sur Terre, anéantissant des espèces entières, peut-être toutes les espèces en une seule journée. Nos merveilleux plans et philosophies tombent en poussière. Les grands chefs tombent de leurs trônes. Le sol s'ouvre et engloutit des voitures, des routes entières, des immeubles.

 

Le triomphe et la tragédie sont si proches, le voile entre la vie et la mort est si mince. Parfois, la réalité du chaos du monde relatif et notre manque ultime de capacité à le contrôler nous frappent au visage. La crise nous réveille de notre rêve de « les choses vont si bien ». La douleur indésirable nous pousse à la limite de nos capacités. Et nous sommes complètement abasourdis, abasourdis, incapables de trouver une quelconque raison à ce changement soudain, à cette tragédie et à cette perte. « Pourquoi moi ?! », crions-nous. Et notre cri s'estompe dans le vaste silence et peut-être y a-t-il une réponse dans l'écho et peut-être est-il possible de tout retenir. Oui, tout ça. L'espoir et le désespoir. Le connu et l'inconnu. La douleur et le désir. La douleur et le souhait de la fin. Le problème et la prière pour le renouveau. Peut-être est-il possible de garder toute la vie dans nos cœurs tendres. Au moins pour un instant. Au moins pour la durée du prochain… précieux… souffle.

 

Et donc, je continue. Je continue de pleurer l'ancienne vie, les anciennes capacités, les choses que j'aimais faire et que je ne peux tout simplement plus faire. (Encore ? Pour l'instant ? Pour toujours ? Pour des semaines, des mois, des années ? Je ne sais pas, et qui peut le dire avec certitude.) Pour l'instant, j'ai des moments où je peux être avec "ce qui est", et des moments où je veux que tout s'en aille. Moments de "Namaste". Moments de "F ** k This Sh * t". Des moments où je suis un bouddha. Des moments où je suis un mini-Hitler pour moi-même. Des moments auxquels je ne m'attendais pas, de toute façon. Moments d'une vie vécue, moment par moment. Je voulais partager cela avec vous tous. Ne pas demander de la pitié, mais être cru, honnête et authentique à propos de ce que je vis, au fur et à mesure que je le traverse. Je sens que tu ne mérites rien de moins de moi maintenant que la vérité crue. Je ne veux pas cacher ce que je vis. Et je veux briser davantage l'image de l'enseignant spirituel parfaitement calme et profondément acceptant (je n'en ai jamais rencontré, d'ailleurs). Celui qui ne souffre jamais. Celui qui n'est pas touché par les choses du monde et prend tout dans sa foulée. Celui qui a transcendé le monde relatif. Non, j'ai demandé à être profondément touché par ce monde, mais je n'aurais jamais imaginé qu'il me toucherait si profondément, de cette manière particulière.

 

J'ai traversé beaucoup de souffrances et démêlé de nombreux traumatismes dans ma vie, j'ai été prêt à traverser de nombreux états de sentiments profondément difficiles, j'ai eu tant de pannes et de percées extatiques, de crises de guérison et de réveils joyeux, j'ai pu contenir tant de vie, mais cela… c'est autre chose. Je voulais partager toutes ces réflexions dans l'espoir que certains d'entre vous pourront s'identifier, que certains de mes mots vous apporteront du réconfort, de la guérison, de la chaleur ou du courage. Cela vous rappellera que vous n'êtes pas seul dans votre douleur, votre confusion et votre chagrin d'amour, et que beaucoup de vos frères et sœurs sont en train de vivre un bouleversement de leur propre chef en ce moment même.

 

L'éclatement viendra à nous tous à la fin; aucun d'entre nous n'est épargné, peu importe à quel point nous nous imaginons être « éveillés » ou « guéris ». Je prie les forces grandes et mystérieuses que nous traversions tous ces moments, humiliés, plus forts. Et, si je suis honnête… j'espère sincèrement que je pourrai moi-même relever ce défi particulier. Parfois, je me demande si j'ai le courage ou la force de continuer à traverser cet inconfort corporel, ces nouvelles limitations physiques bouleversantes et le brouillard cognitif désorientant que cette condition apporte - la confusion, les problèmes de planification, de concentration, d'attention, la perte de mémoire à court terme .

 

Je remets en question ma propre capacité à faire face à ce genre de dévastation à ce stade de ma vie. Je sais que je ne suis pas aussi courageux que certains d'entre vous. Je ne sais pas ce qui m'attend sur le chemin de ma vie. Comment saurons-nous jamais. Est-ce que tout cela fait de moi une « fraude » ? Un enseignant spirituel raté ? Peut-être. Peut être pas. Je suppose que cela n'a aucune importance. Peut-être que cela me rend plus humain, plus enraciné dans le sang et la boue et la chair et la douleur de l'existence mortelle et mondaine, et c'est bien plus précieux et réel que tout autre prix… même si j'échoue à ce test ( et il n'y a pas d'échec en amour, et pas de test, de toute façon.)

 

Oui, ce n'est pas un test et donc je - nous - ne pouvons pas échouer. Je vous porte tous dans mon cœur, vous qui vous trouvez dans ce même endroit étrange que moi. Maintenant, dis-le avec moi : « Namasté. Putain cette merde !"

 

Jeff xxx

Maladie de Lyme - Jeff Foster

Chers amis,

 

Je voulais partager avec vous quelque chose que j'ai écrit la semaine dernière. Il s'intitule "Me rappelleras-tu mes propres enseignements ?". C'était vraiment énervé, risqué, vulnérable de publier cela en public. Mais je sentais que je devais être 100% réel, brut et authentique avec vous tous maintenant. Je pense que vous méritez ma transparence absolue en ce moment. Rien d'autre ne fera l'affaire. Je dois rester intègre. Vous pouvez lire l'article ci-dessous....

 

Mais d'abord... encore une fois (et je ne saurais le dire assez...) Je vous remercie du fond du cœur pour les milliers de lettres, de messages sur les réseaux sociaux et de messages d'amour et de soutien. vous m'avez envoyé. Et merci à TOUS d'entre vous qui m'avez envoyé des suggestions de traitement utiles, vos protocoles de Lyme et vos propres histoires de problèmes de santé, de luttes et de victoires. Tout cela me remonte le moral à travers cet énorme défi. Et même si je ne peux pas répondre personnellement à chacun d'entre vous, vous êtes tous dans mon cœur et je suis plein de gratitude.

 

Je me sentais tellement seul quand j'ai reçu le diagnostic de Lyme pour la première fois. Jusqu'à ce que littéralement des milliers d'entre vous, guerriers, commencent à me contacter, partageant vos courageux voyages personnels avec Lyme (et POTS, et CFS/ME, et tant d'autres conditions chroniques, incomprises, sous-recherchées et pitoyablement sous-financées). C'est une maladie terrifiante, Lyme, surtout quand vous savez que la bactérie ondulée est maintenant dans votre système nerveux et votre cerveau. Et surtout quand les amis et même la famille ont du mal à croire que vous n'inventez pas ou n'exagérez pas vos symptômes parce qu'ils semblent si extrêmes que je dois l'admettre. Quand ils vous traitent de fou, dites que vous devez tout inventer, dites que tout est dans votre tête ou que tout est simplement psychologique ou causé par un traumatisme, ou "allez, ce n'est pas si grave que ça", et qu'est-ce qu'ils savent. Capableisme. Le privilège de la santé.

 

Mais je me sens moins seul maintenant. Je sais que je ne suis pas un seul mais un parmi tant d'autres. Je n'ai pas choisi cette voie. Il m'a choisi et que puis-je dire. Je fais les pas, ou ils se laissent faire. Ou Dieu me respire. Je ne sais pas. Jour après jour, c'est tout ce que je peux gérer. Moment par moment. Parfois même pas ça. Parfois debout au cœur de la terreur, regardant la mort en face. Vivre et mourir plus près que jamais. Parfois pleurant comme un petit bébé, parfois riant comme un bouddha, et peut-être que le bébé est le bouddha. Je ne sais vraiment pas.

 

Ce que je sais… c'est que votre soutien affectueux m'aide à me maintenir à flot. J'ai essayé à ma façon de soutenir l'humanité au fil des ans, et cette réflexion est si belle maintenant. Et donc, cette semaine, le cerveau brumeux et épuisé, je vais commencer à me brancher sur les intraveineuses, et nous verrons. Nous verrons. Je vous aime mes amis, même si nous ne nous sommes jamais rencontrés… nous nous sommes rencontrés, n'est-ce pas ? Il y a peut-être longtemps....

 

Avec amour,

Jeff xxx

 

 

 

**Trigger Warning** Cet article très personnel aborde les idées suicidaires liées aux maladies chroniques, et certaines personnes pourraient trouver cela dérangeant. Si vous ou quelqu'un que vous connaissez êtes suicidaire, veuillez contacter votre médecin, vous rendre à votre hôpital local ou appeler la hotline de prévention du suicide dans votre pays dès que possible.

 

 

ME RAPPELLEREZ-VOUS MES PROPRES ENSEIGNEMENTS ?

 

J'ai la maladie de Lyme.

Apparemment, je l'ai depuis des années.

 

C'est entré dans mon cerveau maintenant.

Cela provoque - entre autres choses - un brouillard cérébral extrême, une perte de mémoire, une incapacité à penser clairement, ou même parfois à atteindre un sens de base de la rationalité.

Au pire, c'est comme être perdu dans une épaisse fumée noire et un brouillard, incapable de parler, incapable d'accéder au temps linéaire de quelque manière que ce soit, incapable de contacter le monde extérieur, incapable de se rappeler où je suis, ou comment je suis arrivé ici, ou à quelle heure du jour c'est, ou si quelque chose est réel du tout.

Un état de confusion totale, de détachement, une sorte de limbes et d'enfer semblable à la démence.

Comme la noyade.

Comme ce qui est arrivé à mon père il y a quelques années seulement.

 

C'est foutrement effrayant. Et j'ai connu de nombreux états terrifiants dans ma vie.

Mais cela prend le gâteau, comme on dit.

 

Je l'admets, j'ai été au bord du suicide à plusieurs reprises au cours des 9 derniers mois à cause de ces horribles symptômes.

Cette maladie m'a poussé au bord de la falaise.

Physiquement, psychologiquement.

M'a emmené à la limite de mes capacités.

M'a montré mes limites, brisé mon orgueil.

M'a pris par surprise.

M'a mis à genoux.

J'ai ouvert mon cœur à une compassion totale pour toute personne sur la planète aux prises avec une maladie chronique.

Quiconque a été incrédule, allumé au gaz, a dit que tout était dans sa tête.

Toute personne qui souffre du tout.

 

Je pensais que j'étais fort.

J'ai vécu tellement de choses dans ma vie et j'ai toujours trouvé la force de continuer.

(Peut-être que je suis fort).

 

J'ai failli mettre fin à mes jours à plusieurs reprises au cours des 9 derniers mois.

Je dois dire la vérité.

Je dois énoncer les faits.

Il a failli quitter le corps et retourner à la source.

Je peux l'admettre maintenant.

Oui, je peux l'admettre publiquement maintenant.

 

Il n'y a pas de honte à crier à ton Dieu quand tu es sur la f ** king cross.

Il n'y a pas de honte à aspirer au paradis lorsque vous êtes dans un enfer vivant que vous n'avez pas créé ou choisi.

Quand la vie brise tout ce que vous saviez.

 

Putain, je suis toujours là.

 

Je ne joue pas à la victime.

Je n'ai pas honte de ce voyage que je fais.

C'est le voyage humain, chaque seconde.

J'en parlerai ouvertement.

Je vais tout crier sur les toits.

Je n'ai pas honte d'être malade.

 

Et je ne sais pas si j'y arriverai.

Je ne suis pas gêné de ne pas savoir.

Je ne suis pas Dieu, je ne vois pas tout.

Je suis un débutant.

Un nouveau-né.

Je ne peux faire qu'un pas à la fois.

Je ne peux vivre la vie qu'instant par instant.

Je ne sais pas comment ce film se termine.

J'espère que ça finira bien.

 

Je ne veux pas mourir.

J'aime tellement la vie.

Tellement de.

Mais au milieu de l'enfer de ces symptômes, la mort se sent comme une amie chère.

Une sortie. Intime, chaleureux, invitant, si proche que je peux le toucher, le goûter, le sentir.

Comme un bain chaud par un matin glacial de décembre.

Comme se débarrasser des vêtements qui ne vont plus.

 

Comme être rappelé à la maison par ma divine mère.

 

Mais je veux vivre !

Je m'accroche à l'espoir que les traitements fonctionneront.

Je suis inspirée par toutes vos histoires de guérison et de rémission.

Je tiens la promesse que le soulagement est en route.

Antibiotiques. Thérapie à l'ozone. Venin d'abeille. Médecine des plantes. Médical Médical. Bio résonance magnétique quelque chose. Chambres hyperbares. Rééducation neuronale. Paléo. Céto. Brut. Kambo. Jeûne aquatique. Ondes scalaires. Lavements au café. Hyperthermie.

F ** k it, je vais tout essayer.

 

Alors que j'essaie d'embrasser où je suis autant que je peux.

Comme j'essaie d'être présent avec le corps d'aujourd'hui autant que je peux.

Comme j'essaie d'être ici maintenant.

Autant que je peux.

 

Pourtant, parfois, je veux juste mourir.

Le "F**k it" devient plus fort que le "Namaste".

Oui, Jeff Foster - « enseignant spirituel », auteur de livres sur la Présence, animateur d'ateliers sur la guérison de la honte, sur l'acceptation de la joie et de la douleur de la vie, sur le démantèlement d'histoires, l'exposition des blessures profondes, l'enquête sur les croyances qui conduisent à la souffrance et au chagrin - il veut juste mourir parfois.

 

Au milieu de la démence de Lyme, toute ma sagesse va à la merde.

Lymey merde.

 

Non attends.

Je ne veux pas mourir. Je veux vivre.

J'ai tout pour vivre.

Tout.

J'ai des amis qui m'aiment, des projets à réaliser, des travaux à faire dans le monde, autant d'aventures que j'ai envie de vivre.

Mais cette maladie me donne juste envie de partir parfois.

Putain. C'est peut-être aussi spirituel.

Vouloir partir. Trop envie de soulagement.

 

Et pour dire la putain de vérité à ce sujet !

La vérité brute, désagréable, incommode, libératrice.

Oui, c'est peut-être aussi spirituel.

 

C'est peut-être spirituel, d'être un désordre brisé sur l'autel de la vie, d'embrasser Thanatos et les ténèbres sauvages et indomptables et la merde Lymey de tout cela.

 

Certaines personnes m'ont dit que cette "maladie" n'est pas réelle et est dans ma tête. (Oh, je vois leur douleur, leur projection, leur propre peur. Je leur pardonne maintenant. Un monde chaotique et « injuste » est la plus grande terreur pour l'esprit en quête de réponses.)

 

Certaines personnes m'ont dit que ce n'était que l'émergence de mon traumatisme d'enfance, la rupture de ma blessure d'abandon, toutes les émotions refoulées que je n'avais jamais traitées. (Comment peuvent-ils le savoir avec certitude, je leur demande ? Comment pouvons-nous jamais parler pour un autre ? Les tiques infectées reniflent-elles seulement les corps avec une émotion refoulée ? Les virus ne sélectionnent-ils que ceux qui ont un chagrin refoulé et des problèmes d'estime de soi ?)

 

Et ils disent, ah, tu dois avoir peur de l'obscurité que tu trouveras si tu oses regarder, et je leur dis, wow, tu ne me connais pas du tout mon ami, tu ne me connais pas du tout .

 

Certaines personnes m'ont dit que j'inventais mes symptômes, que j'exagérais mon combat, que je cherchais de l'attention. N'exagèrent-ils pas les leurs, bénissez-les, à ce moment-là, en cherchant l'attention, en inventant des choses ?

 

J'ai vu des réactions conscientes et inconscientes à cette maladie.

J'ai été victime d'incrédulité, d'éclairage au gaz, d'abus purs et simples et du contournement spirituel le plus insensé.

Mais surtout, j'ai reçu un tel amour et compassion, compréhension et validation. Tant de cadeaux inattendus. Autant de mots d'inspiration, d'amis qui m'ont soutenu, de soutiens inattendus qui ont surgi, de liens qui se sont renforcés, de relations qui se sont guéries.

(Oui, la guérison est possible, même quand on est malade !).

 

Mais je ne mentirai pas.

C'est sûr que c'est traumatisant.

Être dans un corps et un cerveau battus par des bactéries gênantes.

C'est terrifiant par moments.

Rien de tel que j'aie jamais connu.

 

Parfois je pleure pour ce que j'ai perdu.

Parfois, je rage jusqu'au ciel, aspirant à la vie - et aux capacités - que j'avais.

Pourquoi moi? Pourquoi maintenant? Pourquoi ça?

J'ai été une bonne personne, je pense, j'espère. Pourquoi cette terrible souffrance ?

Pourquoi cette maladie, de toutes les maladies ?

Et pourquoi maintenant, dans la fleur de l'âge ?

Quand j'étais si heureux et en bonne santé ?

Pourquoi cette maladie, et pourquoi maintenant, et... qu'est-ce que c'est que ce bordel ?!?

 

Cela n'a aucun sens.

Ce n'est peut-être pas prévu.

 

Je sais, je ne suis pas le seul à souffrir, à poser ces questions, à faire rage jusqu'aux cieux, assis dans les décombres d'une vieille vie.

Des millions de personnes souffrent autant que moi sur cette planète. Beaucoup plus que moi.

Ils sont tous mes parents.

Ils peuvent tous s'asseoir avec moi à cette table.

 

Non, je ne « me vautre » pas dans ma douleur.

Je ne joue pas à la "victime".

Je ne demande pas « de l'attention » lorsque je demande de l'aide.

Je ne suis pas « suridentifié » avec le corps-esprit quand je pleure dessus.

Je suis humain et être humain est divin et je le sais plus clairement que je ne connais mon propre souffle et je mourrai pour cette vérité.

 

Oui, je mourrai pour ces vérités :

Il n'y a pas de honte à être brisé, et la brisure n'est pas honteuse.

Et il n'y a pas de honte dans notre honte.

Et notre vulnérabilité est aussi puissante que notre pouvoir.

Et notre féminité est égale à notre masculinité et peut-être plus grande que cela car nous sortons tous de la douceur.

Et la souffrance n'est pas une punition.

La tristesse n'est pas une crise de colère.

La colère n'est pas antispirituelle.

La peur n'est rien de moins qu'un enfant bien-aimé de l'univers.

Et nous ne sommes pas faibles lorsque nous demandons de l'aide.

Et nous faisons toujours de notre mieux.

 

Je suis un être humain, qui a eu une main difficile, pour des raisons inconnues, et c'est tout.

 

Certaines personnes disent que cette « épreuve » me rendra plus fort.

Certains disent que je monte.

Certains disent que je vais percer dans une nouvelle dimension.

Certains disent que si je peux m'abandonner complètement au processus, tout guérira.

 

Putain. Je ne sais pas.

C'est la maladie de Lyme.

C'est un mystère en soi.

D'une petite piqûre de tique infectée, la dévastation totale d'une vie.

Le corps essayant de survivre, faisant tout ce qu'il peut pour que je continue maintenant.

Le cœur a du mal à pomper le sang jusqu'au cerveau.

Les systèmes immunitaire et nerveux sous assaut constant.

L'épuisement, le brouillard cérébral, les tremblements, la perte de mémoire, l'essoufflement.

 

Et me voici, témoin de tout, essayant de tout traiter, au milieu de tout, ressentant tout, essayant de donner un sens à quelque chose qui n'a pas de sens, essayant de m'ancrer aux lueurs de la lumière dans la nuit et le brouillard.

Essayer de rester en vie, essayer de tenir bon, essayer de trouver de la beauté dans la douleur.

 

Le désir de vivre, le désir de mourir.

La volonté de survivre et l'épuisement qui veut dormir pour toujours et être libéré de la souffrance.

 

Me voici, au milieu de la vie.

 

Ai-je des enseignements spirituels intelligents aujourd'hui ?

Une poésie évocatrice pour apporter de l'espoir au monde ?

Des mots canalisés et éclairés sur la félicité et la joie et la pure Conscience qui ne souffre jamais ?

Quelque chose d'élégant ou de positif du tout ?

 

Pas aujourd'hui.

Non, pas aujourd'hui.

 

Aujourd'hui, je souffre.

Aujourd'hui, je demande grâce.

 

Aujourd'hui, j'envisage la fin.

 

F ** k it.

Laissez-moi être brut et authentique avec le monde entier maintenant.

Il n'y a rien à perdre, il n'y en a jamais eu.

 

Si vous luttez, ami, si vous souffrez, si vous vous sentez brisé aujourd'hui et aspirez à un soulagement.

Vous n'êtes pas un échec, pas sans valeur.

Ne pas jouer la victime.

Pas « non évolué » ou « non éclairé » (vous êtes la lumière, et c'est tout).

Pas trop identifié à votre souffrance.

 

Vous ne l'avez pas manifesté.

La loi de l'attraction ne vous punirait jamais.

Vous n'avez pas péché.

 

Tu es aussi belle que jamais.

Peut-être encore plus dans votre transparence, votre authenticité, avec votre cœur douloureux et désordonné en plein écran, et votre désir m'est cher, mon ami, et je souhaite passer plus de temps avec vous.

 

Et donc. Et donc.

Je suis ici.

Nous voilà.

 

Veux-tu t'asseoir avec moi un moment et me tenir la main ?

Voulez-vous me rappeler de continuer à respirer, de tenir bon, de vous rappeler qu'il existe un traitement, que la guérison est possible, et que de nombreuses personnes entrent en rémission, et que je n'ai qu'à vivre un instant de cela de toute façon ?

 

Me rappelleras-tu mes propres enseignements ?

 

Garderas-tu espoir quand j'oublierai l'espoir ?

 

Voulez-vous me conduire à un rendez-vous chez le médecin? Me faire à manger quand je suis trop faible pour sortir du lit ? Avoir de la patience quand je n'arrive pas à prononcer les mots justes ? Être un avocat pour moi? Combattez pour moi, comme je me suis battu pour vous ? Briser les portes pour moi, quand je suis tellement confus que je ne peux pas parler pour moi-même, ou même savoir quelle porte ouvrir ?

 

Allez-vous mettre vos propres opinions de côté, déposer le terrible fardeau du dogme et écouter ?

 

Comprenez-vous mon expérience sans projeter la vôtre ?

 

M'aimeras-tu comme je t'ai aimé, mon ami ?

 

Me rencontrerez-vous ici, dans la dévastation du vieux monde ?

 

 

- Jeff Foster

 

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3 octobre 2021 7 03 /10 /octobre /2021 16:40
L'espérance - Stéphane Allix

 

L’espérance, c’est la confiance dans le fait que l’adversité ne nous atteindra pas dans nos valeurs et notre éthique, quoi qu’elle nous impose au quotidien. L’espérance, c’est la certitude que les difficultés de la vie peuvent nous rendre meilleurs et que c’est en parvenant à être meilleurs dans ces circonstances pénibles que nous améliorerons le monde. L’espérance, c’est la confiance. La confiance en la vie, dans les forces invisibles qui agissent sur le destin de l’homme et de la Terre. La certitude que notre avenir sera construit par nos actions du présent.

 

L’ombre, c’est la peur de perdre nos richesses, notre confort. C’est la facilité avec laquelle on s’accommode des souffrances de ceux qui sont loin, en fermant les yeux. L’ombre, ce sont les discours de haine et de repli, la croyance que si on s’enferme on se protège, et ça ira mieux. Qu’être réaliste, c’est ne penser qu’à soi, être égoïste en ayant bonne conscience.

 

Pourtant, l’espérance aussi est réaliste car elle se base sur le constat lucide des mutations de notre monde et du pouvoir de l’action de chaque individu. Elle ne se voile pas les yeux face aux difficultés qui nous attendent. Oui, il est réaliste d’être optimiste dans notre monde confronté à tant de défis et de menaces. Car être habités par l’espérance, c’est accepter de se remettre en question ; c’est être volontaire, lucide et généreux.

 

L’ombre et l’enfer sont constamment autour de nous. En nous ; comme des graines qui attendent de germer. En chaque femme, en chaque homme, en chaque enfant, la peur, l’égoïsme, la bêtise ou la paresse peuvent à chaque instant éclore et grandir. La force, la confiance, la détermination, la bienveillance et l’amour -surtout l’amour – sont nécessaires pour que l’homme ne glisse pas naturellement vers ses penchants les plus opaques. Parce que renoncer est facile. Très facile même, c’est un mouvement naturel, reposant pour l’esprit. L’être humain penche spontanément vers l’ombre quand il décide que sa vie doit être commode et confortable, avant tout.

 

Or, ce sont les efforts constants et quotidiens qui nous rapprochent de la lumière.

 

 

Stéphane Allix - Lorsque j'étais quelqu'un d'autre.

 

 

 

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7 septembre 2021 2 07 /09 /septembre /2021 21:41
L'oiseau redescendit dans sa cage - Jean-Yves Leloup
 
 
“Arrivé à Istanbul, je tombai gravement malade. On m’a dit par la suite que j’avais dû être empoisonné mais je ne trouve personne à accuser sinon moi-même qui, dans mon indifférence, pouvait manger ce qui restait dans les rues après un marché et boire des eaux qui ne coulaient pas toutes de source. Je mangeais si peu qu’à mon avis c’est dans les eaux sales du Bosphore qu’il faut chercher le microbe fatal.
 
On me trouva dans la rue sans connaissance. Voyant que j’étais européen, on me conduisit dans un hôpital où vivaient encore des médecins et des infirmiers français. Après les examens d’usage, dont un électro-encéphalogramme, on me déclara « mort ». Je n’étais pas le premier de ces jeunes Européens qu’on retrouvait ainsi. Drogue, misère, empoisonnement, peu importe, on les déclarait vite morts et, s’ils n’avaient pas de papiers, ce qui était mon cas, on ne tardait pas à les enterrer, ce qui allait être mon cas.
 
On décida néanmoins d’attendre un peu et de m’installer dans une chambre fraîche, à l’écart. Raconter ce que j’ai vécu alors me semble bien difficile ; d’abord parce que, avec un électro-encéphalogramme plat, on ne pense plus, ensuite parce que mon expérience n’a rien de très original lorsqu’on connaît les nombreux récits de near death experience dont on parle aujourd’hui. Je suis toujours étonné de l’abondance d’images et de lumière dont témoignent ces rescapés de la mort.
 
Pour moi ce fut plutôt le vide. Rien, mais j’avoue n’avoir jamais connu un état de plénitude semblable à ce vide, à ce Rien. Je vais essayer d’être le plus honnête possible et te décrire avec des mots ce que je sais hors d’atteinte des mots. Les concepts en effet appartiennent à l’espace-temps, et font toujours référence à un « quelque chose » ou au monde. Or cette expérience ne s’est pas vécue dans notre espace-temps et demeure donc hors d’atteinte des instruments qui y sont forgés.
 
D’abord, « je ne voulais pas mourir » ! J’avais souhaité la mort, je m’y étais préparé de toutes sortes de façons, conscientes et inconscientes, et, au moment où « cela » arrivait, je disais, non ! J’ai peur, et plus je dis non, plus je souffre… quelque chose d’intolérable, une révolte de tout mon corps, de tout mon psychisme, non ! Puis, devant l’inéluctable, l’intolérable surtout de la souffrance, quelque chose en moi craque, sombre, et en même temps acquiesce. À quoi bon lutter ? Oui. J’accepte…
 
À l’instant même de ce « oui », toute douleur s’évanouit. Je ne sentais plus rien, ou quelque chose de très léger. Je comprenais le symbole de l’oiseau dont on se sert pour représenter l’âme. J’étais toujours dans ma petite boîte ou dans ma cage, mais l’oiseau déjà étendait ses ailes, prenait son vol. Sensation d’espace, « horizon non empêché », mais toujours conscience, extrêmement vive, lumineuse, que je percevais à la fois dans mon corps et hors de mon corps. Puis, pour reprendre l’image (inadéquate), « l’oiseau sortit de sa cage », sortit du corps et du monde qui l’entourait, mais l’oiseau avait encore sa conscience d’oiseau, autonome et bien différenciée de sa cage…
 
L’« âme » existe bien en dehors du corps qu’elle informe ou qu’elle anime,cela a été rapporté par d’autres témoins. Puis… comment dire ? comme si le vol sortait de l’oiseau, un vol qui continue sans l’oiseau et qui s’unit à l’Espace… Il n’y eut plus de conscience, plus de « conscience de quelque chose », corps, âme ou oiseau : rien… Mais ce rien, ce no-thing (pas une chose, disent mieux les Anglais), c’était l’Espace qui contenait le vol, la cage et l’oiseau, cette vastitude contenait la conscience, l’âme et le corps, ce n’était rien de particulier, de déterminé, d’informé. Cela n’est Rien, cela Est… c’est tout ce que je peux dire.
 
Pendant ce « temps-là », ou plutôt pendant cette « sortie de ce temps-là », on préparait mon enterrement…Que s’est-il passé ? Je me souviens seulement d’un homme qui a crié en français : « Il n’est pas mort ! » et on entreprit alors des choses désagréables pour me réanimer.
 
Le vol revint dans l’oiseau, l’oiseau redescendit dans sa cage, l’oiseau suffoquait, il n’arrivait pas à respirer, on lui mit dans les poumons « un air qui n’était pas le sien », on lui transfusa dans les veines toutes sortes de liquides qui n’étaient pas son sang…
 
Quand il commença à gémir, tout le monde fut rassuré : « Il sort du coma. » “
 
 
Jean-Yves Leloup, L'Absurde et la Grâce
 
 
 
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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 21:29

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 21:25
Une traversée en médecine du désastre  - Xavier Lainé

 

Une traversée en médecine du désastre

 

 

 

« Les pandémies de jadis pouvaient être regardées comme des châtiments divins, de même que la maladie en général fut pendant très longtemps exogène au corps social. Aujourd’hui, la plus grande partie des maladies est endogène, produite par nos conditions de vie, d’alimentation et d’intoxication. Ce qui était divin est devenu humain – trop humain comme dit Nietzsche. (...) Le coronavirus en tant que pandémie est bien à tous égards un produit de la mondialisation. Il en précise les traits et les tendances, il est un libre-échangiste actif, pugnace et efficace. Il prend part au processus par lequel une culture se défait tandis que s'affirme ce qui est moins une culture qu'une mécanique de forces inextricablement techniques, économiques, dominatrices, et le cas échéant physiologiques ou physiques ( pensons au pétrole, à l'atome). » Jean-Luc Nancy.

 

« L’avenir, c’est d’aller vers une vision écologique de la santé, où on ne se contente pas de soigner un patient, mais où on essaie de comprendre aussi d’où vient sa maladie. » Jakob Zinsstag, cité par Marie-Monique Robin in La fabrique des pandémies

 

 

C’est sans doute idiot.

C’est à ceci qu’ils veulent nous faire parvenir : nous faire douter de notre propre conscience.

Alors, toute la nuit, ce sont vos larmes et vos appels au secours qui viennent bousculer mon sommeil.

Comment pourrai-je vous abandonner, sachant qu’à ce stade de dégradation de l’esprit même de notre travail, fermer ma porte serait vous jeter dans cette fosse sans conscience, où la technique et le chiffre d’affaire priment sur la santé publique.

Toute une nuit à vous voir apparaître, sans pouvoir me défaire de cette crise d’agitation intérieure : tenir ou pas ? Résister mais pourquoi au fond, puisque les perspectives de ce monde semblent plus bornées que jamais ?

Je suis là, las, devant ma conscience. Je n’aurais jamais cru devoir me poser de telles questions avant d’ouvrir les portes d’une retraite qui ne sera qu’un leurre de plus.

Je n’aurais jamais cru me trouver si seul devant mes choix.

 

1. Bases étudiantes d’une médecine du désastre

 

Je n’ai cessé d’appeler de mes voeux, dès le début de mes apprentissages professionnels, à un sursaut de dignité collective.

En lieu et place, je n’ai trouvé que toujours plus d’individualisme, d’arrogance et de suffisance venant de gens toujours plus compromis avec le système qui vide de tout sens éthique nos métiers voués à l’écoute, à la compassion, à l’entraide.

Alors je me souviens de cette année là. Avec la fougue de la jeunesse et le grand rêve d’entrer dans un métier humaniste, je faisais mes premiers pas à l’université de médecine de Rouen.

Je découvrais des amphithéâtres bondés, le bizutage de début d’année qui rendait les cours impossibles pour plusieurs semaines.

Puis dans un sursaut notre révolte contre le numerus clausus qui venait de faire son apparition. Une poignée, nous étions une poignée, mais nous avons fini par occuper l’amphithéâtre, y invitant tous les rebelles, les artistes. J’y revois, il me semble, Yvan Dautin, et puis Frédérique Leboyer qui venait nous parler d’une autre naissance, loin de la médicalisation à outrance qui devenait le seul idéal d’une médecine déjà tournée vers l’abus de technique et l’oubli du vivant.

Nous disions dans nos tracts que le numerus clausus alimenterait des déserts médicaux. Nous y sommes.

 

L’année suivante, devant l’immense réprobation au sein de la faculté de nos premières actions, nous avions changé de stratégie. Nous nous sommes présentés au conseil d’administration de la faculté et avons été élus.

Nous avons bataillé ferme : mais que valait notre jeune parole face à des mandarins bardés de certitudes ?

Un nouvel hôpital était en construction qui devait supplanter tous les autres par la grâce de son « plateau technique ». Nous défendions l’idée qu’il fallait préserver à tout prix les petites structures de proximité, capables de recevoir, en lien avec les médecins généralistes une hospitalisation au plus proche de la vie des patients. Nous défendions l’idée d’une abrogation du numerus clausus en adoptant, dès la deuxième année une formation incluant le passage par tous les métiers de l’hôpital, de l’agent de service au brancardier en passant par le ménage, les aides soignants, les infirmières, estimant qu’une vocation ne suffisait pas, ou que les réponses à des QCM ne permettaient pas une sélection humaniste du métier.

Bien évidemment les contestataires furent évacués du cycle de formation.

La porte refermée sur mes espérances, je rentrais chez mes parents. Dans un mouvement de gigantesque colère, je prenais mon sac à dos pour tracer la route, quitter un monde que je sentais déjà fermé à mon esprit trop curieux, trop avide de nouveauté et d’échanges.

 

Je ne sais trop comment tant j’étais troublé, je me retrouvais à Paris en école de kinésithérapie. Je roulais en vélo tandis que la plupart de mes confrères et consoeurs roulaient voitures rutilantes. Je louais un petit deux pièces sous les toits pour un loyer de misère.

On me fit rapidement comprendre que j’étais rentré là par effraction. Je dus refaire ma première année, non par manque de résultats mais à un demi point non donné à l’oral avec quelques petites phrases assassines sur mon esprit en révolte.

J’avais manifesté dans les années soixante dix contre la loi Debré qui autorisait l’armée à nous interrompre dans nos études pour accomplir notre service militaire.

Me voici donc, amer, marchant au pas cadencé dans une caserne hideuse, mêlé à des gens sans esprit. Nous étions une poignée d’irréductibles, nos études interrompues, à refuser cet ordre. Nous étions musiciens, étudiants. Nous tirions dans le talus pour ne pas heurter les cibles à forme humaine offertes à nos balles.

On nous sépara. Je me retrouvais à Nantes pour devenir infirmier des armées.

De marches commandos en séjours répétés au trou, nous lisions les journaux interdits (L’Humanité, Libération étaient de dangereuses lectures). Nous n’arrivions pas à marcher au pas alors on nous envoyait charger les restes destinés aux cochons.

La formation était tout à fait symbolique mais nous étions habilités à piquer, panser, mais surtout pas penser.

On nous expliquait ce que nous devions faire en cas d’explosion nucléaire et selon la distance qui nous séparait de l’épicentre de l’explosion. C’était stupide au possible. 

Je faillis, compte tenu de mon « mauvais esprit » être nommé dans un régiment de parachutistes engagés. Je m’évanouis et me retrouvais en infirmerie au Kremlin-Bicêtre. C’était un placard d’où je pouvais m’évader, rentrer dans mon petit deux pièces que j’avais conservé.

C’était stupide mais j’y ai rencontré un médecin formé en Chine à l’acupuncture. Notre infirmerie devait bien être la seule à soigner tous les appelés à grands coups d’aiguilles et de méridiens !

 

Je reprenais ma deuxième année, parmi des étudiants inconnus.

Je travaillais le jour, la nuit, les week-end et les vacances pour subvenir à mes besoins. Parfois je m’endormais n’importe où, en cours ou sur les quais du métro.

À l’heure du diplôme on me fit comprendre que mon état d’esprit nécessitait de tout repasser en septembre. Je faillis abandonner.

 

2. Aux fondements politiques de la dérive

 

Rien ne m’a été donné. La plus grande surprise fut d’avoir été embauché en Centre de rééducation, quelques mois après l’obtention de mon diplôme, à Aiglun, dans les Alpes de Haute Provence.

Au début tout allait bien. Tout alla bien tant que je n’émis pas l’idée saugrenue de me syndiquer et de créer une section syndicale visant à remplacer celle qui existait et qui ne négociait rien, servant plus de relais des décisions patronales que des revendications des salariés.

1981 était passé par là. Je m’étais imprégné des lois Auroux dont nul ne parle plus aujourd’hui. J’avais été témoin du 10 mai, sur la Place de la Bastille. Nous y avions tenté de clamer que cette étrange victoire n’était qu’une étape à transformer. Nous avions cherché des appuis du côté de la Place du Colonel Fabien où tout était éteint : le Parti communiste semblait en deuil un soir de victoire (paradoxe confirmé par la suite : le Programme commun fut son linceul).

Six ans plus tard, salarié protégé par mes multiples mandats, je fus mis à pied sans salaire pendant des mois. Comme beaucoup d’autres : il fallait calmer les ardeurs de mai et entre temps, les communistes avaient mangé leur chapeau, sacrifiés sur l’autel des renoncements.

On ne rentre pas dans la Vème République avec des idées généreuses, on y entre pour la détruire ou mourir. La gauche ou du moins ce qui se nommait encore ainsi en fit la triste expérience, de renoncement en renoncement, d’instrumentalisation de l’affront national en vente des empires médiatiques détenus par l’Etat aux actionnaires du CAC 40, derrière la piteuse victoire, le libéralisme à la Friedman se préparait à la revanche.

Le chômage massif, la pression permanente sur des esprits déboussolés par le sentiment d’impuissance, le rouleau compresseur des idées de renoncement, d’individualisme, de consumérisme comme seule voie vers un bonheur porté par les loisirs de masse ont eu raison des résistances.

L’esprit lui-même fut laminé et les mouvements de protestations s’essoufflaient, tandis que les abstentions électorales s’amplifiaient. 

Mais il ne fallait surtout pas remettre en cause les structures politiques et syndicales qui s’étaient compromises dans cette histoire. Dire tout haut cette lente érosion de l’image des contestataires au sein d’une population laissée pour compte, marginalisée, précarisée, vouée à une pandémie de misère massive valait exclusion ou départ volontaire.

J’y ai laissé une famille, et seul avec moi-même, je dus affronter le silence de ceux qui se prétendaient des amis, militants chevronnés qui me t’ornèrent le dos lorsqu’ils découvrirent que pour m’en sortir j’avais opté pour une carrière en « libéral ».

 

J’avais posé des jalons, expliqué dans quelle éthique professionnelle j’entendais orienter mon travail. 

Naïf, je crus encore à une « confraternité » sans voir que, passé de ce côté de la barrière, éthique et déontologie étaient des voeux pieux, sacrifiés au culte du chiffre d’affaire et mode de vie « notable » et bourgeois. 

Déjà, dans les années quatre vingt dix, le niveau des honoraires ne permettait pas de travailler en plaçant l’humain et le patient au centre. Je n’ai cessé de m’en offusquer, de combattre et de tenter de survivre en respectant les personnes, en tenant compte de leur environnement social.

Je fus soumis aux incompréhensions familiales, affectives, rebondissant sans cesse pour poursuivre une route que la société ne pouvait concevoir.

Du fond d’un hôpital, je lus tout ce qui me tombait sous la main de psychanalyse et de psychologie. Je ne pouvais rien faire sans m’interroger sur le sens humain de ce que je vivais et voyais venir.

Je dus reprendre le cours de mon existence à zéro souvent. La société ne m’a jamais fait de cadeaux.

 

3. La santé, une affaire bien trop sérieuse pour…

 

J’ai cru pourtant, depuis vingt ans, être parvenu à un équilibre. C’était sans compter sur l’aboutissement logique d’un libéralisme de plus en plus violent.

J’ai opté pour une méthode qui, pour être « rentable » se doit de verser dans le très en vogue « développement personnel » que je conteste.

Me voici assiégé de toutes parts. Mis devant mes propres contradictions à croire encore pouvoir trouver une place dans un monde qui n’en offre qu’à ceux qui plient, se soumettent, ou se font les promoteurs zélés d’une idéologie qui traverse le vingtième siècle et vient corrompre le vingt et unième.

Nous disions « plus jamais ça » sans voir dans quelle condition ce « ça » ne cesse de se renouveler en nous-mêmes.

Nous sommes le système que nous acceptons. Nous ne pouvons le contester qu’à la condition de rompre, de ne plus marcher au pas cadencé de son culte de la rentabilité.

C’est une guerre pire que la guerre (j’ai abordé ce thème dans mon livre à propos de la guerre d’Irak) qui nous est menée, qui est menée à l’humain en particulier et à la vie en général.

Ceux qui en sont les promoteurs ont fait sécession d’avec notre humanité commune. Ils ont franchi le Rubicon et sont déjà dans une post-humanité dont ils assument la destruction massive. Non qu’ils y complotent : non, leurs cerveaux englués de calculs de rentabilité en est bien incapable, mais ils se pensent seuls contre tous et ce qu’ils mettent en place nous isole et nous rend impuissants. C’est un nouveau mur sur lequel nous ne pouvons que nous fracasser car il passe par l’intérieur de nous-mêmes et notre incapacité, depuis la fin du manichéisme communiste, à nous inventer les utopies nécessaires à nos combats.

 

On s’imagine être en démocratie. Elle en a la couleur, certes, mais absolument pas le goût.

Elles ne nous demande pas de participer à la vie civique du pays, mais seulement de déléguer nos pouvoirs à ceux qui s’auto-proclament « élites » et font de la politique leur métier.

Cette constitution fut taillée pour un homme qui fit son coup d’état en 1958, auréolé de la gloire d’avoir lancé son appel depuis Londres à la résistance contre l’ennemi nazi.

Le voilà qui dix ans plus tard, à la faveur de la guerre d’Algérie et des menaces de l’OAS (dont l’affront national est plus ou moins l’héritier) prend le pouvoir est se taille une constitution qui lui permettra de conserver le pouvoir contre vents et marées pendant un peu plus de dix ans. Même les évènements de 68 ne purent nous en débarrasser.

Communistes et SFIO poussèrent leurs cris d’orfraies. Le ministre de l’intérieur qui fut à l’origine de la guerre (François Mitterand) écrivit même un livre, dans les années 70, « Le coup d’Etat permanent », qu’il oublia bien vite une fois élu le 10 mai 1981.

 

C’est dans ce contexte des triomphe progressif du libéralisme le plus agressif (celui qui ne prit pas de gants en 1973 au Chili) que j’ai vu mon métier et la médecine en général lentement évoluer vers l’ombre d’elle-même.

Tandis que les libéraux avaient l’oeil rivé sur leur chiffre d’affaire, les hôpitaux devenus gigantesques plateaux techniques participaient allègrement d’une déshumanisation des pratiques.

Le pathologique ne fut plus l’expression d’une vie par nature périlleuse. On se contenta de soigner les symptômes en oubliant le substrat environnemental, social et affectif qui les sous-tendent.

Ce fut le triomphe des molécules, le médecin voyant son rôle réduit à être le prescripteur des médicaments capables de vous rendre la vie heureuse, durable (avec une espérance de vie il est vrai qui allait croissante). Une toute puissance de la blouse blanche venait parachever le sentiment de domination de l’homme sur la nature réduite à quelques musées en plein air sous la forme de parcs dits naturels.

On poussa même le bouchon jusqu’à inventer des maladies afin de parfaire cette idée hégémonique de toute puissance pour le plus grand bénéfice e de Big Pharma.

 

4. Une médecine sans humanités

 

Les patients, réduits dans les années 80 à n’être que des consommateurs impuissants face au monde tricoté par les actionnaires du CAC 40, se firent même si exigeants que l’essentiel ne fut plus de penser le soin comme venant d’eux-mêmes, mais de leurs distribuer les pilules du bonheur en préservai t coute que coute l’image d’avoir la meilleure médecine du monde grâce à une sécurité sociale qu’on n’avait de cesse de réduire à l’ombre d’elle-même jusqu’à en changer le nom subrepticement. Regardez bien vos en-têtes, nous avons depuis fort longtemps une « assurance maladie » qui ne déploie pas la même philosophie que son ancêtre fondée par un ministre communiste dans une période sombre de l’économie du pays.

 

Force est de constater que, soignants de toutes pratiques, nous avons laissé dériver le navire médical, nous avons perdu de vue toute philosophie médicale qui n’est d’ailleurs toujours pas enseignée dans nos facultés.

On peut être médecin, kinésithérapeute, infirmier sans réfléchir à la place que nous occupons dans le monde  et au rôle que nous pourrions jouer dans la prise de conscience qu’être malade ne relève pas d’un « statut » mais bien d’un débordement dans un contexte de vie terriblement réduit à la survie.

 

Entre médecine absente des grands débats de société et société destructrice de toute forme de vie sur une planète limitée, les zoonoses firent leurs choux gras. VIH, Chikungunya, Dengue, Malaria, nos amis de la vie sauvage dont l’’espace se réduit comme portion congrue nous communiquent allègrement leurs virus.

Virus qui nous disent tous les travers d’une vie sociale et économique devenue folle sous les contraintes de consommation générées sans limite par les pilotes fanatiques de l’idéologie libérale.

 

Nous voici, me voici désormais au pied du mur. 

Alors que depuis un an et demi, j’ai trouvé les modes d’action permettant d’éviter dans le microcosme de mon activité professionnelle, tous les écueils d’une « pandémie » mal nommée, voilà que refusant de me faire vacciner, on va m’interdire d’exercer.

Depuis des années ils en rêvent, de réduire le nombre de praticiens sous prétexte d’économies de bout de chandelle tandis que big Pharma se gave.

Les tronches algorithmiques au service de l’idéologie hégémonique ont trouvé là l’occasion rêvée d’éliminer les praticiens ayant « dérivés » vers des pratiques plus humanistes non sans résultat.

Il leur faut de la technique et seulement elle. Ils balaient de leurs menaces toute forme de pensée différente, toute forme d’opposition à leur pouvoir absolu.

 

5. Tout le poids d’un système sans sommeil

 

Moi, je n’en dors plus la nuit. 

J’entends l’inquiétude de mes patients fidèles.

J’entends leurs mots posés sur leurs maux qui disent s’inquiéter de leur devenir alors qu’usant d’humanité chaque jour, ils semblent convaincus que je leur ai évité le pire.

J’entends et ma nuit s’agite. 

Je me suis battu depuis des années contre l’esprit d’impuissance et de fatalité.

Je n’ai cessé de clamer qu’une société n’existe que par les citoyens qui la constituent.

Je n’ai cessé d’appeler à agir pour éviter ce pire qui vient désormais frapper à notre porte.

Je dois m’avouer ma cauchemardesque impuissance à trouver des solutions, sans les protections sociales qui permettent l’accès de mon travail aux plus démunis, de pouvoir poursuivre si d’aventure, les esprits algorithmique de l’administration venaient à passer à l’action.

Dans mes nuits, je vous voit et vous entends.

Je vois ma porte fermée avec un maigre mot d’excuse qui ne sera qu’aveu de défaite.

Je me vois apposer sur les murs de ma maison le panneau « à vendre » qui sera l’acte final de mon naufrage.

Car sans vous je ne suis rien, rien qu’un vague plumitif qui ne sait rien faire de ses mots.

Si j’ai su jusqu’ici rebondir à chaude intempérie, je suis cette fois-ci acculé par un monde que je n’ai jamais vraiment intégré, à devoir m’avouer battu.

Si tel devait être l’issue, tant qu’un souffle m’animera, je vous attendrai, même gratuitement, en n’importe quel lieu, histoire de maintenir la flamme d’humanité qui nous fait vivant.

Et je rêverai encore d’un monde qui considère le vivant, quelle que soit sa forme et son expression comme la seule vraie cause à encourager et soutenir.

 

Xavier Lainé

 

22-24-29 août 2021

 

 

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 16:46
Autoportrait la bouche ouverte de Max Beckman (1901).

Autoportrait la bouche ouverte de Max Beckman (1901).

 
- Vous pensez que le monde des temps modernes est en train de montrer, de dévoiler ses limites ?
 
 
Elles sont en train de se fracasser partout, ses limites. Les limites de l'horreur et les limites du bien – toutes les limites sont en train d'être brisées et cassées. C'est un monde qui a l'air tout à fait fou pour un observateur impartial. Il a l'air fou, aussi bien dans son bien que dans son mal. On voit bien que c'est quelque chose D'AUTRE qui essaie de s’infiltrer là-dedans. Et ceux qui vivent à Londres, à Washington, partout cette suffocation, elle est palpable pour tous les êtres un peu sensibles – il faut vraiment être de la matière primaire pour ne pas l'éprouver. Et cette suffocation est le moyen, parce que si l'on suffoque, on doit chercher le MOYEN d'en sortir.
 
 
- Et quel est le moyen ?
 
 
Il est infiniment simple, n'est-ce pas : c'est d'appeler.
Quand on étouffe, on appelle de l'air.
Ce n'est pas autre chose
 
 
 
Sept jours en Inde avec Satprem, propos recueillis par Frédéric de Towarnicki, Robert Laffont 1981, p109-110.
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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 16:37
Colosse aux  pieds d'argile - Stéphane Pêtre
 
 
Que peut signifier aujourd’hui : ‘colosse aux pieds d’argile’ ?
 
Cette phrase énigmatique extraite des prophéties de Daniel (2.31 à 2.45), a été reprise dans notre jargon pour signifier un objet, un humain ou un gouvernement d'apparence puissant, mais en réalité fragile.
 
Bien qu’éloignée de nous, cette prophétie prend peut-être aujourd’hui tout son sens. A l’origine, elle décrivait au roi Nabuchodonosor II l’avenir de son royaume via un songe représentant un colosse disparate dans ses éléments de construction : or, argent, airain, fer et enfin un alliage de fer et d’argile. Songe que décrypta Daniel.
 
Un colosse donc à la tête d’or, car c’est par l’or que l’empire babylonien survécu.
Puis une poitrine et des bras d’argent, car c’est l’empire Perse qui pris la relève, mais celui-ci survécu de manière moins fastueuse. C’est le premier royaume qui succéda à Babylone.
 
Puis encore en suivant des cuisses d’airain, car c’est de manière farouche qu’Alexandre le Grand conquit la Perse et plus encore, mettant un temps la Grèce au sommet du monde. C’est le second royaume qui succéda à la Perse.
En suivant encore nous trouvons des jambes de fer, car c’est d’une main de fer que Rome établit son pouvoir sur le monde antique. C’est le troisième royaume, celui qui succéda à la Grèce.
 
La prophétie précise ici qu’aucun autre royaume ne pourra succéder de manière durable à Rome, ils ne seront que des tentatives vouées à l’échec, car nous arrivons aux pieds, en partie en fer et en partie d’argile, alliage parfaitement incompatible pour régner.
 
C’est ici la description du quatrième royaume, celui qui tentera vainement de succéder à Rome. Il prit jusqu’à aujourd’hui maintes formes, combinaisons d’alliances et étendues géographiques : empire romain d’orient, royaume de Charlemagne, Saint Empire Germanique, Empire Napoléonien, IIIème Reich, Union Européenne, Nouvel Ordre Mondial…
 
Ce quatrième royaume, malgré ses incessantes tentatives, ne parviendra jamais à se constituer et asseoir son pouvoir sur Terre, car divisé en son sein par des alliances humaines aléatoires puisque incompatibles (fer et argile).
 
Plus encore, la prophétie précise qu’un évènement (une pierre) viendra au final briser définitivement ce quatrième royaume pour en mettre un nouveau à sa suite, éternel celui-ci, car reposant sur les Lois de la Vie et non sur des lois humaines…
 
En attendant, patience, endurance et confiance.
 
 
Stéphane Pêtre
 
 
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1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 16:16
La création d'un noyau pervers 5 - Stéphane Pêtre

 

5 : La chute d'un noyau pervers.

 

 

Un noyau est difficile à faire tomber car il ÉPUISE et ENGOURDIT les membres de l'entreprise ou d’un gouvernement. Si nous décidons d'en convaincre certains, nous tomberont toujours sur des crédules sous emprise et cela participe à l’épuisement progressif des forces de rebellion. La seule solution est de cracher le noyau et de dévoiler la vérité dans un mouvement collectif brutal et surprenant. Alors, tous les membres de l'entreprise ou d’un gouvernement, une fois leur clairvoyance retrouvée, seront surpris de partager les mêmes ressentis autrefois diffus et dispersés.

 

En général, les membres d'un noyau ainsi découverts se retirent, tout simplement, car ne pouvant faire face à l'intelligence du groupe. Ils iront se reconstituer ailleurs, dans une autre entreprise ou attendront patiemment de nouvelles élections, pour à nouveau parasiter un gouvernement, c'est-à-dire surtout toute zone pleine de pleine de vitalité et d'élan à phagocyter pour leur plus grande jouissance.

 

Pour définitivement lutter contre toute formation d’un noyau pervers, il faudrait idéalement que tous les membres d’une entreprise ou d’un gouvernement soient informés de la pathologie des troubles narcissiques, puis enfin, qu’au moindre symptôme repéré au sein du groupe, il soit engagée une action radicale pour évacuer les parasites afin d'immédiatement les neutraliser, ceci pour éviter toute forme de contamination psychique ultérieure.

 

Il semblerait enfin essentiel que tous les humains désireux de fonder une famille puissent être en priorité instruits des fondements du développement psycho-affectif d’un enfant, car les racines des pathologies narcissiques se logent dans l'enfance, puis enfin de développer cette connaissance à l’ensemble de l’humanité pour prévenir d'éventuel cluster narcissoides à même de déclencher de terribles pandémies hautement létales.

 

Stéphane Pêtre

 

Réflexion s'appuyant sur les travaux de Kohut, Klein et Racamier.

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  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. 
Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...
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Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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