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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 22:00
Un moment de délice – Nathalie Pucci

 

Un moment de délice, de grâce et de beauté... Gratitude...

Me relier à Elle, La Lune rouge....

Me rendre à un instant de pure inconnue et laisser se révéler....

Ses couleurs chaudes inhabituelles, sa façon de réfléchir différemment les rayons du soleil et l'ombre de la terre...

Tout cela me bouleversa.

Je pouvais vivre instant par instant son évolution dans le ciel, son alignement. Son éclipse... Notre alignement, notre commune union ....

Je n'étais plus loin d'Elle, j'étais là, en face d'Elle, je pouvais la goûter... oui la goûter...

Je pouvais enfin réaliser son corps. Je pouvais respirer avec Elle....

L'astre chéri n'était plus un disque lointain tant aimé... à présent, Nous étions l'Une et l'Autre, dans une goutte d'éternité cosmique. Je l’Aime et lui fait don de sons, d'un mantra, de bénédictions nés pour Elle en mon sein...

Alors ses rayons lumineux, chauds, grandioses m'amenèrent à une extase douce.

Pénétrant mon âme et ma peau, je devins pourpre à mon tour. Ma peau s'embellit de la couleur pourpre. Ma main droite prit une autre dimension, flottant dans l'air, portée par une présence gracieuse, je réalisais ce que Da Vinci nous avait transmis dans ses tableaux. Exquises, délicatesses divines incarnées.

Un instant Transfigurée, portée aux nues, je pus vivre une apothéose silencieuse : le Christ est né en mon cœur.

L’éclipse se retira progressivement de la lune et de moi. Loin de me laisser une absence, une nostalgie, La Lune redevenue blonde fit apparaitre dans mon champ de conscience la silhouette d'un arbre, ses feuilles jouaient à faire vibrer la Lune. Il m'invita à respirer et vibrer avec Elle de cette manière sur la Terre.

Ce fût à ce moment-là qu' Est né de moi un être de Christal....

 

Avec amour

 

Nathalie Pucci

 

 

 

 

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 12:14

 

Notre corps est une antenne entre ciel et terre, qui capte les informations énergétiques, vibratoires qui viennent de l'univers.

Alimentation, émotions, pensées, vont alourdir ou fluidifier cette connexion suivant leur qualité.

Une idée qui va dans le sens de toutes les sagesses traditionnelles qui invitent à une réforme alimentaire, une clarification mentale et émotionnelle.
 

MT
 

 

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 22:00
Les chaînes de la domination - Alice Miller

 

 

 

Il est urgent de mettre fin, par la prise de conscience émotionnelle, à cette « transmission héréditaire », d’une génération à l’autre, de la destructivité. Un homme ou une femme qui gifle, bat ou offense consciemment quelqu’un sait qu’il lui fait mal, même s’il ne sait pas pourquoi il le fait.

 

Mais combien de fois nos parent et nous-mêmes n’avons-nous pas blessé douloureusement, profondément et durablement le Soi naissant d’un enfant sans nous douter le moins du monde de ce que nous lui infligions.

 

Si nos fils et nos filles en prennent conscience, s’ils peuvent nous le dire, s’ils nous donnent la chance de voir nos erreurs et nos défaillances, c’est une bénédiction.

 

Cela permettra à nos enfants de rompre les chaînes de la domination, de la discrimination et du mépris, transmises de génération en génération. Ils n’auront plus besoin de se défendre par le pouvoir contre l’impuissance si leur impuissance et leur colère d’enfant sont devenues des expériences conscientes.

 

 

Alice Miller, Le drame de l’enfant doué

 

 

 

 

 

 

 

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 22:14
La peur du féminin – Anne Baring

 

 

Dans la culture patriarcale, la peur irrationnelle de la femme reflète, du point de vue jungien, la crainte que l’ego, conscience toujours en évolution, ne soit englouti par l’unité primordiale indifférenciée, la gueule béante ou les entrailles de la nature.


La femme elle-même était inconsciemment identifiée avec tout ce qui dévore, et le péché d’Ève prouvait qu’elle n’était pas digne de confiance.


Pour les hommes qui n’ont pas confiance en leur virilité, qui n’ont jamais vécu une relation adulte, mature, encore moins une relation sexuelle avec une femme — et dont la perception intérieure de la femme reste sous-développée parce que la femme n’a jamais été reconnue pour elle-même, mais uniquement pour les services qu’elle peut rendre à l’homme —, une femme indépendante et éduquée et, à Dieu ne plaise, une femme ayant reçu l’ordination, représenterait une menace — inconsciente — de la castration et de la mort.

 

— Anne Baring, The Dream of the Cosmos: A Quest for the Soul 

 

Source : https://carnetsdereves.wordpress.com/2015/09/11/anne-baring-la-peur-du-feminin/

 

 

 

 

 

 

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 22:00
Je suis la dangereuse et la très douce - Jacqueline Kelen

 

 

 

Je suis la dangereuse et la très douce. Celle qui tourbillonne mais ne change jamais. Je suis la puissance et l’innocence, la tempête et l’embellie. Le printemps tenace et le sang sur la neige. L’amante aux gestes lents, aux yeux plein de lumière. Celle que l’on révère et celle que l’on brûle comme sorcière. La clémente et la très lointaine. Celle qui murmure des secrets.

 

Je bouscule tous vos plans d’un grand rire, j’éparpille vos lois, et en tremblant je vous offre une rose. Je suis la nostalgie au fond de votre cœur. Je vous attends depuis l’aube du monde, je veille sur chaque heure de votre sommeil. C’est mon sourire qui vous a portés jusqu’à ce jour et qui vous fait croire en la vie. Je suis votre destin, je fais tourner la roue.

 

Je suis la Femme. Une brise de rien du tout sur l’océan de vivre. Un grand tracas d’amour qui monte jusqu’aux étoiles.

 

 

 

Jacqueline Kelen, Les femmes éternelles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 21:24
Illustration Carl Gustav Jung - The Red Book

Illustration Carl Gustav Jung - The Red Book

 

 

Pour traverser les pires moments de la vie, que conseillait saint Silouane, l’un des plus grands spirituels de la tradition orthodoxe ? En tous cas pas de prier – comment prier quand on n’est plus en relation, quand dans son intériorité on n’a plus personne à qui s’adresser ?

 

Et là aussi, sa parole vaut pour tout être humain, quelle que soit sa croyance ou son incroyance – « Tiens ton souffle en enfer et ne désespère pas ! » : tu as le sentiment que plus rien ne tient ni ne te tiens, mais il reste ce souffle qui te traverse et te garde néanmoins en vie : concentre-toi sur ce souffle, inspire cet air qui te vient d’ailleurs et, en expirant, chasse ce qui t’encombre et t’étouffe ! Tu ne nies pas l’enfer où tu te trouves ; tu ne cultives pas la pensée désespérante que rien d’autre n’existe : tu mets toute ton attention sur ce souffle ténu mais têtu qui te parle encore de la vie.

 

Et c’est à travers ton corps que le souffle d’une Présence va te parvenir peu à peu à mesure que la paix t’envahira.

 

Lytta Bassest, Ce lien qui ne meurt jamais

 

 

 

 

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 10:28
La colère nous met debout - Lytta Basset

 

La colère, en nous faisant prendre parti pour nous-mêmes vivants, transforme le Maléfique en un fantôme évanescent et nous remet debout face au Vivant.

 

Comment laisser le champ libre à la force recréatrice du Créateur ?

 

Il me semble qu’elle se déploie de préférence en période de table rase, quand plus rien ne tient, ne nous tient.

 

La colère a pulvérisé jusqu’à nos interlocuteurs fantasmatiques, il ne reste qu’une terre « informe et vide », selon le sens exact de l’hébreu tohu et bohu.

 

Il n’y a plus rien à faire… sinon laisser carte blanche au Vivant.

 

 

Lytta Basset, Ce lien qui ne meurt jamais

 

 

 

 

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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 20:24
Rien n’est dû - Lytta Basset

 

 

Rien n’est dû, en ce qui concerne l’amour et l’amitié.

 

Il m’avait fallu pas mal de temps pour en admettre l’évidence et l’accepter.

 

Cela m’avait mise à l’abri d’attentes hypertrophiées : les autres font ce qu’ils peuvent.

 

Si j’exigeais, même intérieurement, je m’exposais à la frustration : ce n’était jamais assez. Pire, si j’exigeais et obtenais, je devenais incapable de recevoir : ce qui venait était un dû, morne et sans surprise.

 

En revanche, si je n’attendais rien, ce qui m’était donné se révélait d’une saveur étonnante, comme en excès, en surcroit par rapport au cours normal de la vie : « Et toutes ces choses vous seront données en plus » avait annoncé Jésus (1).

 

 

Lytta Basset, Ce lien qui ne meurt jamais

 

(1) Evangile de Matthieu

 

 

 

 

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 21:37

 

 

Quand deux légendes se rencontrent et mélangent leurs voix...

Deux styles, deux voix complètement différentes et un tube qui vibre toujours autant...

 

 

 

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 19:20
La puissance de guérison - Lytta Basset

 

 

Il vient un moment où le chapitre est clos. On s’est plongé dans son passé personnel ; on a élucidé les événements, revécu les affects, le retentissement émotionnel ; on a intégré tout cela à sa mémoire vivante. Mais une nouvelle douleur, un traumatisme du présent, semble vouloir rouvrir la plaie.

 

Certains en déduisent avec plus ou moins d’amertume qu’ « on n’en a jamais fini ». Je ne le pense pas. Comme beaucoup, je ne crois plus en une toute-puissance divine bien installée en amont du malheur, ayant les moyens de l’empêcher, mais ne le faisant pas pour d’obscures raisons. Mon expérience de Dieu commence avec la souffrance. Je ne connais aucun Dieu d’avant la souffrance. Aussi loin que remontent les souvenirs de mes premières perceptions du divin, Quelqu’un s’ingéniait à me tenir la tête hors de l’eau : c’est qu’il y avait risque de noyade, dès le début. Puis, au cours des années d’investigation dans le passé enfoui, il est devenu clair que Quelqu’un me voulait en vie.

 

Et plus les blessures se fermaient, les conditionnements tombaient, les dysfonctionnements cessaient, plus il m’apparaissait que ce Quelqu’un me désirait libre – de cette pleine liberté du dedans que l’évangéliste Jean appelle la « liberté des enfants de Dieu ».

 

Pour moi, la toute-puissance divine est ailleurs. C’est exclusivement une puissance de guérison, de restauration, de re-création de notre être intérieur. Et ce qui me frappe dans l’expérience des humains qui y consentent, c’est qu’elle va jusqu’au bout de ce qu’elle a initié. Nous seuls lui mettons des barrières.

 

En cours de route, j’ai eu droit, comme tant d’autres, aux bons conseils du type : « Arrête de creuser ! », « Tu vas quand même beaucoup mieux », « Maintenant tu es équipée pour vivre, tu fonctionnes bien ».

 

Pourtant, moi seule pouvais entendre l’appel à cette liberté d’origine divine qui m’était destinée et qui m’attendait. J’ai commencé à percevoir la phrase « De toute façon, on n’en a jamais fini » comme un possible alibi pour ceux qui précisément ont fini d’avancer.

 

Le Vivant, lui, n’en a jamais fini de s’offrir à qui veut grandir en liberté intérieure.

 

 

Lytta Basset, Ce lien qui ne meurt jamais

 

 

 

 

 

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 16:20
Frida Kahlo

Frida Kahlo

 

 

 

Au départ, il faut être poursuivi par la peur de la naissance et de la mort comme un cerf qui s'échappe d'un piège.

 

À mi-chemin, il ne faut rien avoir à regretter, même si l'on meurt à l'instant, comme le paysan qui a travaillé la terre avec soin.

 

À la fin, il faut être heureux comme celui qui a terminé une immense tâche [...].

 

Ce qu'il faut surtout savoir, c'est qu'il n'y a pas de temps à perdre, comme si une flèche avait atteint un point vital de notre corps.

 

 

GAMPOPA (1079-1153), cité oralement par Dilgo Khyentsé Rinpotché

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 14:51
Vous venez de la femme - Osho

 

 

Si vous ne pouvez pas respecter la femme, vous ne pouvez respecter personne, parce que vous venez de la femme elle-même.

La mère vous a materné pendant neuf mois, ensuite, elle a pris soin de vous ; elle vous a aimé pendant des années.

Et là, encore, vous ne pouvez pas vivre sans la femme.

Elle est votre réconfort, votre chaleur. La vie est très froide ; la femme devient votre chaleur.

La vie n’est pas inspirante ; la femme devient notre inspiration.

La vie est très, très arithmétique ; la femme devient votre poésie.

Elle apporte de la grâce à votre vie. Elle prend soin de vous.

Elle vous aime, elle continue de vous aimer, énormément, totalement.

 

Osho

 

 

 

 

 

 

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 14:48
Ecouter en profondeur - Isabelle Padovani

 

 

A partir de maintenant

Lorsque je sens que je vais agir à partir d’une tension, d’une pression ou d’une peur,

Je choisis de prendre le temps d’écouter en profondeur

Les besoins de mes multiples aspects intérieurs

Plutôt que de valider dans l’urgence les stratégies qu’ils me proposent

Pour apaiser leur inconfort.

 

Isabelle Padovani

 

 

 

 

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 11:50
Christian Schloe

Christian Schloe

 

 

 

Me soutiendras-tu dans mes peines, mes peurs, ma vulnérabilité, mes distorsions et ma colère?

Me soutiendras-tu, sans vouloir me réparer, ni me juger, sans chercher à améliorer les choses ou à les rendre plus faciles.

Accueille-moi, en laissant de côté ton ego et tous tes soucis de n’être pas assez bien, de ne pas faire assez bien, de ne pas aimer suffisamment.

Me protégeras-tu de moi-même… de mon désir de réclusion, ce voile que j’utilise pour que tu m’aimes dans la perfection que je pense que tu recherches?

Me regarderas-tu dans les yeux, si profondément, si ouvertement, que tu sentiras les tremblements de mes blessures au fur à mesure que je les révèle, exposant ainsi ma part d’ombre la plus profonde à la lumière?

Viendras-tu à ma rencontre…

Embrasseras-tu mes lèvres avec une une pureté brute, sans peur, sans répulsion, sans te changer en aucune façon pour être l’homme dont tu crois que j’ai besoin?

Et resteras-tu…

Te feras-tu confiance pour reconnaître l’immensité et la profondeur de ta belle âme, touché par l’amour inflexible et la gratitude que je ressens envers toi dans ce merveilleux moment sacré ?

 

Janine Marie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 07:33
Une prédisposition au bien - Matthieu Ricard

 

J'ai été très inspiré par les recherches menées au cours de ces dernières années qui montrent que nous sommes programmés à coopérer et à aider déjà petits enfants.

À l’Institut Max Planck de Leipzig (1), Michael Tomasello et Felix Warneken ont établi que dès l’âge d’un an, alors qu’ils apprennent à peine à marcher et à parler, les enfants manifestent déjà spontanément des comportements d’entraide et de coopération qui ne leur ont pas été appris par des adultes.

Lors de ces expériences, les tout jeunes enfants ont offert spontanément leur aide à un expérimentateur pour accomplir diverses tâches — leur apporter un objet tombé par terre, par exemple. Comme le remarque Felix Warneken : « Ces enfants sont si jeunes qu’ils portent encore des couches et sont à peine capables de parler, et pourtant ils manifestent déjà des comportements d’entraide (2). »

 

Lorsqu’un expérimentateur en train d’accrocher du linge fait tomber une pince à linge et peine à la récupérer, la quasi-totalité des enfants de 18 mois se déplacent pour ramasser la pince et la lui tendre. Les enfants reconnaissent spécifiquement une situation dans laquelle l’adulte a véritablement besoin d’aide : si ce dernier jette délibérément la pince à linge par terre au lieu de la faire tomber par inadvertance, les enfants ne bougent pas.

 

Il est particulièrement intéressant de noter que si les enfants obtiennent une récompense de la part de l’expérimentateur, leur propension à aider ne s’en trouve pas accrue. C’est même le contraire : on constate que les enfants qui ont été récompensés offrent moins souvent leur aide que ceux auxquels on n’a rien donné. Comme le remarquent Warneken et Tomasello : « Ce résultat plutôt surprenant apporte une confirmation supplémentaire à l’hypothèse selon laquelle les enfants sont davantage poussés par des motivations internes que par des stimulations externes. »

 

Les bébés préfèrent les gens aimables

Très tôt, les enfants préfèrent manifestement les gens qui se comportent de manière bienveillante envers d’autres personnes à ceux qui les traitent avec hostilité. Dans le laboratoire de Paul Boom à l’Université de Yale, des chercheurs ont montré à des enfants de 6 à 10 mois une vidéo dans laquelle une boule munie de gros yeux bien visibles peine à gravir une pente assez raide. Une autre boule entre en scène et lui vient en aide en la poussant par-derrière. Finalement, une troisième boule, aisément distinguable de la deuxième, intervient à son tour en poussant vers le bas la première boule qui tente de gravir le plan incliné, la faisant dégringoler au bas de la pente. Quand on tend ensuite aux bébés les deux boules qui sont intervenues, la quasi totalité d’entre eux se saisissent de la poupée bienveillante (3).

 

Les enfants préfèrent donner que recevoir

À Vancouver, les psychologues Lara Aknin, J. Kiley Hamlin et Elisabeth Dunn (4) ont montré que des enfants de deux ans étaient plus heureux lorsqu’ils donnaient une friandise à quelqu’un d’autre que quand ils en recevaient une eux-mêmes. Dans la première expérience, l’expérimentateur sort une friandise de sa poche la donne à l’enfant et lui demande soit de la garder pour lui, soit de la donner à quelqu’un d’autre: l’enfant manifeste plus de joie dans le deuxième cas. Dans la deuxième expérience, l’expérimentateur donne des friandises à l’enfant, qui les place dans son bol. Un peu plus tard, il suggère à l’enfant de donner une friandise à l’autre: c’est dans cette situation que l’enfant manifeste le plus de joie.

 

La tendance à aider autrui est innée

Au vu de ces recherches, Michael Tomasello avance un certain nombre de raisons démontrant que les comportements de coopération et d’aide désintéressée se manifestent très tôt chez l’enfant, bien avant que les parents aient inculqué à leurs enfants des règles de sociabilité, et ne sont pas déterminés par une pression extérieure. La mise en évidence de comportements similaires chez les grands singes donne à penser que les comportements de coopération altruiste ne sont pas apparus de novo chez l’être humain, mais étaient déjà présents chez l’ancêtre commun aux humains et aux chimpanzés il y a quelque six millions d’années, et que la sollicitude à l’égard de nos semblables est profondément ancrée dans notre nature.

 

Quand les normes sociales tempèrent l’altruisme spontané

Pour que l’altruisme puisse se maintenir en tant que au fil des générations, il doit être associé à des mécanismes qui protègent les individus contre l’exploitation des uns par les autres. De fait, à partir de cinq ans, l’enfant commence à faire des discriminations, en fonction des degrés de parenté, de la réciprocité dans les comportements et des normes culturelles qu’on lui inculque. Son altruisme devient ainsi plus sélectif.

 

Entre 10 et 12 ans, le comportement de l’enfant évolue de façon plus abstraite, en se référant à des obligations morales. Il réfléchit davantage à ce que signifie « être une bonne personne » et à la façon d’accorder ses actes avec le sens moral, qu’il appréhende initialement de manière intuitive. Cela le conduit à comprendre, par exemple, que certaines souffrances résultent de l’appartenance à une communauté opprimée, et à éprouver de la sympathie à l’égard des victimes.


À l’adolescence et à l’âge adulte, certains étendent à nouveau le cercle de l’altruisme et ressentent un profond sentiment d’« humanité partagée » avec les autres êtres humains, et d’empathie pour tous ceux qui souffrent.

Une éducation éclairée devrait mettre l’accent sur l’interdépendance qui règne entre les hommes, les animaux et notre environnement naturel, pour que l’enfant acquière une vision holistique du monde qui l’entoure et contribue de manière constructive à la société dans laquelle il évolue en mettant davantage l’accent sur la coopération que sur la compétition, et sur la sollicitude que sur l’indifférence.


De la conception que l’on a de l’enfance dépendent les pratiques éducatives que l’on va mettre en œuvre. Si l’on reconnaît que l’enfant naît avec une propension naturelle à l’empathie et à l’altruisme, son éducation servira à accompagner et à faciliter le développement de cette prédisposition.

Il va sans dire que le soutien des parents doit se poursuivre dans la durée pour produire un véritable effet. Tout un programme, donc, qui commence par la transformation de soi.

 

Matthieu Ricard

 

http://matthieuricard.org/blog/posts/une-predisposition-au-bien

 

 

(1) Tomasello, M. (2009). Why we cooperate. The MIT Press.
(2) Reportage sur la radio BBC par Helen Briggs, commentateur scientifique.
(3) Hamlin, J. K., Wynn, K., & Bloom, P. (2007). Social evaluation by preverbal infants. Nature, 450(7169), 557–559. Cette expérience avait déjà été réalisée avec succés au même laboratoire avec des enfants plus âgés, de 12 à 16 mois. Kuhlmeier, V., Wynn, K., & Bloom, P. (2003). Attribution of dispositional states by 12-month-olds. Psychological Science, 14(5), 402–408. Si on refait cette expérience avec des objets inanimés (au lieu de figurines présentant une apparence humaine), aucun des objets n’est préféré à l’autre.
(4) Aknin, L. B., Hamlin, J. K., & Dunn, E. W. (2012). Giving leads to happiness in young children. PLoS One, 7(6), e39211.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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