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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 00:25
Dans la nuit

 

 

 

 

Dans la nuit

Brille parfois une lueur

Lointaine

Ancienne

Inaccessible

 

C’est un appel

Comme une voix profonde

Un serment, une promesse

Inaudibles pour toi, là,

Dans cette nuit sans étoile

 

Une flamme s’est brisée

Tu ne te rappelles plus quand

Tu en gardes le souvenir mordant

Dans cette chair silencieuse

Et tu sais que le mouvement

Etait ton ancienne demeure

Où la lumière grandissait

Comme des ronds dans l’eau.

 

 

MT ©

 

 

 

 

 

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 21:43
Chaque mystère - Rumi

 

 

Chaque mystère de l’esprit est caché profondément dans le cœur.

Rumi

 

 

 

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 20:37
Messages de lumière

 

 

Voici un nouvel album qui réunit certaines de mes photos, avec de courts textes, des "messages de lumière", inspirés par les fleurs.

 

Je sais... ce n'est pas pour tout de suite, mais Noël va arriver bientôt (ou une autre occasion si ce message vous arrive en cours d'année).

Si vous avez des cadeaux à faire et si vous souhaitez privilégier des cadeaux hors système commercial, issus de la création, personnels, sensibles, je vous propose "Messages de lumière", livre de 50 pages qui regroupe certaines de mes photos accompagnées de messages connectés à la lumière.
 

Livre format A4, papier belle qualité haute brillance 170 g/m², couverture rigide.

60 euros + frais d'envoi.

Me contacter via le formulaire de contact.

 

 

 

Un exemple de 2 pages intérieures :

Messages de lumière

 

 

Couverture : (sans la signature)

Messages de lumière

 

 

Autre album disponible : "Messages de transformation"

Même caractéristiques (format, prix, qualité), textes et photos différents

 

Messages de lumière
Messages de lumière
Messages de lumière

 

 

Troisième album disponible "Au coeur des fleurs"

 

Même caractéristiques (format, prix, qualité), textes et photos différents, mélange de Messages de lumière et Messages de transformation

 

 

Messages de lumière

 

Et toujours le premier modèle que j'ai créé, Au coeur des fleurs, format carré 22 x 22 cm, à spirale, couverture souple, façon petit cahier, permettant de poser le livre ouvert à une page, pour garder le message visible.

42 ou 52 pages, 38 ou 40 euros

Messages de lumière

 

 

 

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 19:04
Par le feu qui me traverse

 

 

Par le feu qui me traverse

Que ta volonté soit faite

 

Par le feu qui brûle et consume

Que ma dissolution soit faite

 

Par le feu qui féconde toute vie

Que la mort vienne comme une amie

 

Par le feu qui engendre toute mort

Que la vie rayonne et soit pure lumière.

 

Par le feu qui enfante la brûlure

Que les épousailles soient célébrées

Que la morsure devienne douceur

Que l’entaille devienne offrande

Et que l’amour infuse toute chose.

 

 

MT ©

 

 

 

 

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 14:40
Quelque chose doit mourir qui n’est pas encore mort

 

 

Ce soir, la vie est comme un vase qui se brise. Avancer, c’est mettre les pieds dans des éclats coupants, c’est crever des poches de venins que l’on voudrait retenir. Mais la boue est là, elle coule toute seule, elle noie le cœur, crève les yeux, fait remonter les limons amers que j’avais oubliés. J’ai la bouche en feu, brûlée par la bile, les yeux rongés par le sel des larmes. L’amour semble se dissoudre à jamais. Plus rien ne brille, ni hier ni demain et le présent n’est qu’un orage où la foudre tonne et coupe le ciel. Il pleut à n’en plus finir ce soir, et le ciel entre en moi comme un couteau froid aiguisé par le chagrin.

 

La pluie tombe, lâche ses gouttes qui tissent un mur haut et sonore. De l’autre côté de ce rempart d’eau, loin, inaccessible, un homme pleure sans larmes. Entre lui et moi, juste cette eau qui résonne avec la force d’un torrent qui dévale. Plus de pont. Plus de passerelle. Juste cet espace liquide où chacun se noie. Juste ce silence mouillé qui colle à la peau et me fait trembler. Les épines du passé se plantent dans mon dos, font de moi cette suppliciée, cette femme coupante et coupée qui ne sait plus parler. Tout en moi se révolte et se gèle en même temps. Je veux le feu et la glace. Je veux incendier et anesthésier les heures qui passent et se serrent contre moi comme des corbeaux noirs criant la mort.

 

Derrière la pluie lisse comme un écran où mon regard se colle, caché par l’épaisseur des murs, pourtant silencieux et lointain, je ne vois que lui. Je devine son aura, ses palpitations, ses mains nouées, sa respiration courte, je devine sa lassitude, mais je ne sais même plus la figure qu’il a. Je ne sais plus où prennent forme et son corps et son cœur, où l’un et l’autre me touchent et me parlent. Tout se mélange, l’amour et la haine, les blessures coulent comme cette marée du ciel qui trempe les trottoirs et remplit les caniveaux sombres de la rue. En bas de la fenêtre, là où mon regard n’a pas de prise, la rue hors d’atteinte pleure un chagrin dont je ne connais pas le nom et la ville fébrile et pressée se noie dans les eaux opales du ciel.

 

L’amour espère encore, alors que depuis longtemps les dés sont jetés. Scellés par un pacte mystérieux, les destins accouchent de leur vérité, ils répandent leur lave brûlante qui martyrise la terre et brûle les cœurs. L’espoir est tenace. Il veut voir vivre tout ce qui n’est plus, tout ce qui était attendu et n’est jamais venu. Il veut remonter jusqu’à la source, voir à nouveau jaillir les commencements radieux, palpiter les aubes tendres, sentir le souffle de la vie qui s’annonce. L’inachevé voudrait naître, se mettre en pleine lumière, prendre forme dans des matins clairs. Un dernier rêve fermente, gonfle dans une bulle opaque qui se cogne sous la peau qui crie son désespoir. Mais plus rien n’est à naître, quelque chose s’est englouti hier sans bruit et vient hurler aujourd’hui à nos portes. Comment vivre la mort. Comment absorber la défaite. Comment plonger dans ce néant qui remplit désormais nos vies.

 

Si je savais, je prierais la pluie pour qu’elle m’apprenne à couler avec le présent, pour qu’elle me montre comment laisser les larmes se noyer dans l’amour désenchanté. Je prierais la pluie pour qu’elle me dise pourquoi elle engloutie toujours les chants d’amour dans le silence, je lui demanderai comment danser avec elle pour être fluide et légère et n’être que cette onde qui s’avance et s’abandonne sous le poids du ciel.

 

La pluie est muette. J’ai ouvert la fenêtre, les gouttes craquent doucement, elles tombent comme une douche grise, indifférente au jour qui décline.  

 

Quelque chose doit mourir qui n’est pas encore mort. Quelque chose doit finir qui s’éternise dans des soubresauts douloureux. Le passé agonise sous mon regard impuissant. Une agonie, c’est toujours trop long, c’est toujours trop court. C’est ce temps incertain où la volonté oscille comme un balancier, où rien ne s’affirme, où les forces jouent avec hier et demain pour les annuler, c’est ce temps où rien ne semble bouger hormis le chagrin qui monte et descend avec la mobilité d’un mercure sous pression.

 

MT 2007©

 

 

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 21:47
Sculpture Debra Bernier

Sculpture Debra Bernier

C'est en découvrant le magnifique travail de Debra Bernier,

et cette sculpture en particulier,

que j'ai repensé à mon ancien texte sur "La fêlure".

Je vous invite à aller voir ses créations ici,

c'est juste bouleversant de beauté, de féminin et de sacré.

 

 

 

Je crois bien que tout a commencé ce soir là.

 

Ce soir de juin encore tiède, quand j’ai fermé les volets de la chambre, ma chambre d’enfant dans cette maison que je n’habitais plus. La soirée se terminait. J’avais ouvert la fenêtre de ma chambre, la main posée sur le bord des volets. Prête à exécuter le rituel qui marquait l’heure de la nuit et notre séparation imminente, mon geste est resté en suspend. Devant moi, le jardin frissonnait et la pénombre avait envahi la rue et, plus loin, le boulevard. Dans ce soir ordinaire, tombant sur un jardin de banlieue, tressaillait l’imperceptible voix du destin.

 

La nuit flottait au-dessus de moi comme un voile annonciateur. Je me rappelle avec quelle évidence et quelle force la brise me murmurait qu’un monde était entrain de partir.

 

Ancêtres, enfance, amours de jeunesse, assurances d’autrefois, vieux souvenirs incertains, descendaient comme une pluie appelée par la terre et tombaient devant mes yeux. Toutes ces petites choses sur lesquelles on bâtit sa vie, semblaient suivre la trace du jour et s’enfuir. Comme si d’un coup, elles passaient dans un autre monde, happées par une trappe mystérieuse. Avec le vent qui passait doucement au milieu des branches, se faufilaient aussi les bribes de mon passé, s’échappant comme de longues écharpes de soie, sous mes yeux impuissants. Ma respiration s’était ralenti furtivement. Un mouvement secret et large se dessinait, là, dans la nuit, devant mon corps immobile. Tout aussi immobile était l’espace tout autour, figé dans l’évidence du message donné. Aucun bruit ne résonnait à mes oreilles, sinon ce singulier signe d’adieu à un monde qui mourrait. Une nostalgie inconnue m’avait envahie, laissant au milieu de cette tranquille vérité, la trace d’une déchirure imperceptible.

 

Une fêlure avait commencé son œuvre. Elle avait pénétré mon regard en chevauchant la nuit et s’était déposée sur ma peau de buvard qui frissonnait dans le soir encore tiède.

 

La fêlure zébrait la surface du présent, avec une lenteur calculée et une douceur qui n’était qu’apparente.

 

Le zigzag prenait son temps.

 

Il cherchait son chemin dans ma vie où chaque chose avait encore sa place.

 

Il avançait comme une flèche muette, cherchant une cible encore inconnue.

 

Pourtant la mire était pointée, dans un savant calcul propre à l’univers.

 

Une fêlure avait commencé son œuvre. Elle travaillait minutieusement à la séparation des choses et des êtres, dans un silencieux fracas.

 

 

MT © 2005

 

 

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 00:28
Je fais mon arc-en-ciel

 

 

Pour le cœur brisé en mille morceaux

Je mets du rouge

Comme le sang qui sèche avec le temps

 

Pour les larmes versées et celles encore retenues

Je mets du bleu

Comme l’azur céleste d’où tout peut advenir

 

Pour l’amour offert qui n’a pas été reçu et gonfle sous ma peau

Je mets du vert

Comme un printemps qui désire les floraisons

 

Pour les trahisons, le mépris, les mots interdits et le silence tranchant

Je mets du rose

Comme une main qui s’ouvre tendrement

 

Pour le corps abîmé et l'âme meurtrie
Je mets du turquoise
Comme les gemmes que la terre offre en cadeau

 

Pour l’espoir perdu et confisqué

Je mets du mauve

Comme une voile palpitante de bateau en partance

 

Pour la folie qui rôdait en vampire assoiffé

Je mets du carmin

Comme les braises cramoisies qui nettoient l’humus

 

Pour les naufrages déguisés en voyage par simulacre

Pour l’amour massacré par tant de reniements et de démissions

Je mets de l’indigo

Comme un châle qui couvrira mes épaules

 

Pour la vie qui appelle

Je mets de l’or, du jaune et de l’orange

Comme les soleils qui tournoient entre les branches

Et percent les matins jusqu’à l’essence des choses

 

Pour tout ce qui fut perdu et détruit

J’hurle en couleur

Je pleure en technicolor

Je fais mon arc-en-ciel

Comme un pont entre hier et demain

Pour danser au milieu des cailloux blancs

Et retrouver ma route.

 

MT

 

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 21:27
Aussi fort qu'une naissance

 

 

 

Aussi fort qu’une naissance attendue

Ta peau touchée dans la nuit

Tout comme autrefois…

Impact léger, puissant

Où mes mains surprises

Pénètrent jusqu’à ton cœur

 

Traversée silencieuse

Dans ton écorce d’eau souple et tendre

Fendue comme un fruit mûr

Se laissant envahir par l’amour

 

Et puis au bout de l’étincelle

Mon corps devient cible

Tout s’écrit à l’envers

Ma peau se fend sous l’impact

Devient liquide et fragile

Et laisse la flèche d’étoiles

S’engouffrer dans mon cœur

 

Moment accompli

Où tout commence et finit

Entier comme l’univers

Qui nous tenait serrés

Dans ses bras refermés.

 

 

MT ©2004

 

 

 

 

 

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 12:52
Toujours tu es là

 

 

Toujours tu es là

Pour me rappeler Dieu et la Terre

 

Toujours tu me parles de ma chair

Enroulée dans les profonds mystères

Que j’effeuille à chaque expire

 

Toujours tu m’invites au voyage

Vers tes parfums subtils ou perdus

Invisibles chemins vers le cœur sacré

 

Et toujours je suis là

Disciple de ta beauté

Oubliant les épines

 

Ouverte à l’impuissance

Mise à genoux devant le fragile

Pour être ton éphémère gardienne.

 

MT

 

 

 

 

 

 

 

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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 17:11
Nous avons fait un rêve

 

 

 

Depuis la nuit des temps,

Tombant des étoiles et revenant sans cesse

Nous avons rêvé

Comme un rêve pris dans un rêve

Lui-même serti dans un autre rêve,

Tel un chapelet de prières incandescentes

S’égrainant au fil de nos vies et de nos voyages…

 

 

Humains et Divins dans chacune de nos cellules

Nous avons, traversant l’éternité,

Engrangé la mémoire de nos histoires et de nos songes

Qui s’y logèrent tels des diamants bruts à tailler.

 

 

Nous avons fait un rêve

Sans cesse renouvelé comme un serment

Ou une bague passée au doigt,

Comme une onde joyeuse qui coule et s’invite

Entre les jointures de nos cuirasses,

Comme un refrain fredonné en secret

Dont, ensembles, nous devons retrouver la partition.

 

 

Nous avons fait un rêve

Comme une pluie d’étoiles cherchant ses vaisseaux

Pour tomber sur la Terre et préparer les semailles.

 

 

Les semences ont déjà fécondé la Terre

Notre rêve est aux portes de l’Univers

Il danse dans l’impatience de demain

Et s’offre à nous sans conditions.

 

 

La Lumière est là, brute et perçante

Cherchant entre Ciel et Terre

Son passage à travers nous

Frappant à la porte de nos cœurs

Tissant ses filets d’or

Pour mettre au monde l’Amour.

 

 

 

 

MT ©

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 12:47
J'écris pour toi

 

 

J’écris pour toi

J’écris un alphabet que tes yeux ignorent

Mais que ton âme connaît

Un alphabet de lumière

Qui te parle du ciel se reflétant sur terre

Et qui emprunte le chemin de l’eau

Pour voyager sans frontières

 

J’écris dans l’intemporel

Pour te rappeler l’éternité de la vie

Malgré l’impermanence de toute chose

Je scintille pour capter ton regard

Et mon message qui vogue comme une brindille

Te questionne sans relâche

 

Fais-tu de tes yeux le portail de l’émerveillement

Laisse-tu la lumière faire son œuvre à chaque instant

Permets-tu que la beauté t’éblouisse

 

J’écris pour toi

Alors prends le temps de lire...

 

 

 

MT ©

 

 

 

 

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 21:07

 

 

 

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Marie par ta Grâce

 

 

Marie

Par ta Grâce,

Ouvre les pétales de nos cœurs

Fais fleurir l’amour

Permets aux rameaux de la foi

De verdir et grandir sans limites

Pour qu’au cœur de la vie

Se tissent le visible et l’invisible

Dans la présence Une et Eternelle.

 

MT ©

 

 

 

 

 

 

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Michèle Théron

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 20:26

 

 

 

 

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J’ai lancé des mots comme on joue aux dés

J’ai lancé des mots comme on joue aux dés, comme on cherche à connaître son destin. Je les ai posés côte à côte, fiévreusement, dans l’effervescence des heures, jusqu’à l’épuisement. J’ai noirci mes jours de leur trace échevelée, faisant de mes veilles de sombres jours, faisant de mes nuits des jours clairs et blancs qui n’avaient plus ni commencement, ni fin. Quand la nuit venait, je ne voulais pas que le jour s’achève. Je ne voulais pas être laissée là, perdue dans la béance du soir qui portait en lui le risque de l’oubli. Je ne voulais pas m’abandonner, ivre de peurs, dans la nuit qui s’enfonçait à travers les heures plantées comme des pieux serrés autour de moi.

 

Alors j’ai lancé des mots loin devant moi, en larges filets noueux pour attraper le temps. Je les ai lancés en pensant qu’ils pourraient retenir à jamais ce qui s’enfuyait si bruyamment dans la douleur. Les mots roulaient, coulaient, glissaient dans mes veines, le long de ma peau, entre mes doigts, parfois comme un baume, parfois comme de l’acide. Je me suis enfoncée en eux comme dans une forêt, avec la peur de me perdre, avec l’envie de me cacher, de rester immobile, là, sans respirer, sans bouger, dans la pénombre qu’ils formaient. Je les laissais m’engloutir, m’avaler dans leur charivari, dévorer en moi la dernière parcelle de quiétude et j’entrais parfois sans résistance dans le fouillis touffu qu’ils provoquaient sous mes doigts, sous ma chair, derrière mes paupières qui se fermaient dans la ferveur, closes par l’absolue nécessité de devoir entrer en moi. J’attendais, tremblante, la rencontre avec eux, ces mots incertains, capricieux, maladroits, fragiles, infidèles, lâches, toujours inquiète qu’ils m’abandonnent, qu’ils me laissent au bord de l’écriture, vide et stérile. Quand ils venaient, ils pouvaient me protéger, ils savaient aussi m’étouffer, me faire suffoquer, dressés autour de moi en troncs denses et serrés qui ne laissaient plus passer le jour. Pourtant, j’aimais comme ils venaient, sortant de mes doigts, remontant de mes abîmes, pointant comme des excroissances qu’il fallait ouvrir, qu’il fallait vider, venant parfois de nulle part, tombés d’un ailleurs comme une grâce qui m’étonnait, me surprenait. C’est dans ces moments là que je savais qu’il fallait continuer, ne pas arrêter, ne pas écouter mes doutes qui exigeaient que je fasse demi tour, qui me demandaient de ne pas plonger dans ces chimères où l’indicible se tramait, se tricotait comme un chandail invisible.

 

Comment croire que mes mots auraient la force et suffisamment de splendeur pour accoucher de mon histoire ? Pour évoquer cette traversée fulgurante, cet espace indélébile où deux cœurs se touchent ? Comment raconter l’évidence avec des mots faméliques, collés en ribambelle, agglutinés sous ma plume qui glissait, dérapait, s’immobilisait, tétanisée par le dénuement de mon âme ? Il semblait parfois si illusoire qu’ils puissent traduire ce qu’elle voulait laisser échapper dans l’urgence du temps qui s’enfuyait. C’était un combat contre les heures, une lutte inégale entre le chagrin et la joie, un corps à corps avec les souvenirs qui s’enfuyaient, avec le bonheur qui se désagrégeait, avec les certitudes qui, après avoir été denses et verticales, se transformaient en doutes, se liquéfiaient en gouttes de mercure qui roulaient sous la pulpe des doigts, fuyantes, imprenables.

 

Je n’ai écouté personne, pas même cet invisible corbeau sur mon épaule avec son sourire narquois, j’ai suivi mon fil d’or, sans renoncer. J’ai planté ma plume dans l’encre de mes plaies, j’ai commencé à écrire, j’ai laissé couler mes mots en flots réguliers, j’ai rêvé qu’ils deviendraient rivières pour laver ma peine et ma colère, collées sur ma peau comme l’empreinte d’une morsure qui ne déliait pas son étreinte.

J’ai empilé des mots comme unique rempart contre la mort.

 

La mort, c’est ce néant où tout s’arrête d’un coup, où tout s’effondre. Le corps s’enlise dans un vide sans fin. Rien ne vient heurter la chute. Dans ce temps hors du temps, plus rien à saisir. Plus de prise. Rien ne bouge. Tu coules, tu cries, tu tends peut-être la main, rien ne se passe. Tu coules. Impossible de savoir qui est devenu transparent, toi ou l’autre. Impossible de savoir de quel côté du monde tu te trouves. Entre matière et néant, tu coules.

 

C’est le silence qui nous a tués et nous a jetés dans la mort. Car même séparés, les mots auraient pu nous tenir encore unis et vivants dans l’amour.

Alors, j’ai voulu des mots. Désespérément. Moi qui savais si mal m’en servir, j’ai voulu des mots pour remplir le vide du silence, pour conjurer le néant. Je voulais qu’ils remontent la force du courant, qu’ils anéantissent le présent, qu’ils jouent avec le destin au risque d’être infidèles. Comme la mort, je voulais qu’ils figent aussi les choses. Dans une insolence incroyable, je me suis mesurée à elle, je lui ai opposé les mots de mon âme pour empêcher mon histoire de sombrer. Il ne me restait que cela.

 

Rien que mes mots, pour ne pas perdre la trace des ondes singulières qui m’atteignirent par myriades, en rafales, en ricochets, en mille chocs magnétiques se jouant de moi devenue simple cible électrisée.

 

Rien que des mots, comme unique hymne à l’amour. Même si l’amour lumineux est parfois sombre et pesant et qu’il tranche les veines.

Rien que des mots, pour me trouver dans ce chemin où je me suis égarée, aveuglée par le chagrin, défigurée par une attente qui rongeait ma chair et m’immobilisait à l’ombre de toi. Cachée dans la pénombre, je n’entendais même plus bruisser les feuilles des arbres, je ne sentais même plus le vent me caresser, j’avais perdu le goût du vivant. Je l’ai perdu en même temps que j’ai perdu le goût de ta peau.

 

Alors j’ai lancé mes mots pour comprendre comment, de si près, tu as pu disparaître si loin. Car jamais rien ne me fut plus proche que ce qui advint un certain soir d’automne, sous le ciel de novembre.

 

MT 2004©

 

 

 

 

 

 

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Michèle Théron ©

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 12:24
Retrouvailles

 

 

Toute ma vie je t’ai cherché. Toute ma vie j’ai attendu nos retrouvailles. Sans jamais le savoir, sans jamais oser le demander, sans jamais croire que ce serait donné. Comme le papillon va toujours vers la lumière, j’ai toujours eu besoin d’aller vers ton souvenir, doux et radieux comme un soleil d’été. Je t’ai gardé sans cesse dans ma nuit intérieure, ombre vacillante qui brillait comme un diamant noir. Animale et sauvage, j’ai veillé sur ton souvenir, criant en silence cet amour secret. Incomplète et infirme, j’ai rêvé de ton pas pour marcher dans la vie, souple comme l’herbe.

 

Enfin tu étais revenu.

 

Enfin le ciel épousait ma chair silencieuse et oublieuse. Un mystère s’avançait, si violent et si doux que j’en étais dissoute, mes os vibraient simplement une mélopée lointaine faisant de moi une prière vivante. Il ne me restait qu’à rendre grâce devant ton regard offert comme une naissance.

 

A nouveau devant toi, je me suis approchée avec un plaisir inégalé et j’ai regardé l’amour, penchée sur la margelle du puits. Tout au fond, j’ai vu nos reflets, nos deux visages mélangés dans les eaux profondes et inaccessibles au regard des autres. Nous resterons là à jamais, protégés dans le secret de la terre, le ciel fécondant nos regards de ses étoiles lâchées doucement sur nous.

 

 

MT 2004©

 

 

 

 

 

 

 

 

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Michèle Théron ©

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 21:32

 

 

 

 

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Dense

 

 

Sais-tu que dans ce que tu crois être ta vulnérabilité, se montre ta densité, cette profondeur qui sait à quel point tu es fort, à quel point ta beauté brille quand tu oses montrer que tu es touché et vaincu. Dans mes bras, s’épanchent alors tes prières inaudibles filtrées par ton regard. Dans tes silences tombe l’amour au fond de toi comme une pierre lourde qui te lie à la terre. Dans tes baisers pleure l’homme qui attend depuis toujours. Entre deux inspirations, s’infiltrent tes peurs et tes doutes, viennent tes escapades qui dévorent le bonheur, le chasse à coup de mots avant qu’il ne s’en aille. Du moins le crois-tu. Mais si toi tu es là, pourquoi partirait-il ?

 

Il suffit que tu reviennes au fond de ce puit où dort ta densité, il suffit que tu plantes tes yeux tranquilles dans les miens, il suffit juste que tu reviennes à ma bouche pour boire mes baisers, et alors je pourrais revoir le mystère s’accomplir. Ton corps se métamorphoser et s’enraciner devant moi, ton visage s’adoucir et quitter ses fantômes, tes mains trembler en s’approchant de ma figure, et tes lèvres devenir un cœur qui palpite doucement.

 

Il suffit juste d’être dénudé, d’être remis à vif par le désir, pour passer de l’endroit à l’envers, pour voir les secrets se mettre en pleine lumière.

 

Alors j’attends que tu reviennes, que tu m’emmènes dans ce lieu où tu es le plus intense, où tu quittes tes oripeaux pour mettre ton habit de lumière. J’attends cet instant où tout lâche en toi quand ne reste que cette invisible étincelle, cet instant où quelque chose s’enflamme et brûle les apparences, ce moment où nous ne sommes plus que deux à voir l’impénétrable. Qu’adviendra-t-il alors de nos corps inflammables, de cette chair pyrogène faisant monter une ardeur qu’il nous faudra éteindre ?

 

Je ferme mes paupières, j’écoute mon corps et je sais. Je sais que seul ce qui est dense en toi me fait danser, je sais que tu pourras m’embraser seulement si tu es plein, empli de la certitude de ta profondeur. Je sais que le feu s’attise dans l’attente de retrouvailles, que mon corps devient pour toi une mèche qui t’enflammera et calcinera peut-être tes doutes.

 

Mais je vois aussi la promesse d’un voyage difficile. Erigées en murs de pierres, tes frontières sont hautes et mobiles. Tes peurs se transforment en fugues et en absences qui m’oublient. Dans l’oubli se perd ta densité et la mienne, ma lumière se noie et mon corps meurt sans cette nourriture d’amour.

Et qui suis-je, si je ne peux recevoir tes offrandes ?

 

 

MT 2004©

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michèle Théron ©

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  • : Un lieu où pourraient se cotoyer le jour et la nuit, les univers différents de la pensée logique, rationnelle, structurée à partir des informations émanant de toute part, et de la pensée vagabonde, celle qui erre la nuit, mais aussi le jour, dans l'envers des choses, à la recherche de l'impalpable, de la beauté et de la magie. Michèle Théron
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  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. 
Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...
  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...

Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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