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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 13:27
Essence de femme - Michèle Théron

 

 

Je suis femme. De toute éternité. Même au plus près de mes renoncements, même au plus près de l’oubli de moi-même, mon corps ne l’a jamais oublié. Au milieu des tourments les plus noirs, brille encore l’éclat insaisissable de mon essence, restée intacte dans un monde souterrain perdu sous ma chair. Impossible de dissoudre cet absolu, mélangé comme un ciment à mes cellules, et dont secrètement je désire la manifestation intime.

 

Pourtant chaque jour, comme une pierre lancée dans l’eau et s’enfonçant dans les profondeurs, l’oubli m’a tenue prisonnière des ténèbres. C’est captive de cet oubli que j’ai vu mon sang se répandre et quitter mes veines. Transformée en statue de sel, les pieds collés et immobilisés sur ma route, il fallait tant de larmes pour me rendre à nouveau vivante.

 

Vide depuis si longtemps, j’avais oublié mon ventre, grand comme la mer, mouvant, profond, capable d’engloutir, de donner, de bercer. J’avais oublié cette coupe précieuse, porteuse d’une connaissance ancienne, indicible et mystérieuse.

 

J’entends les cris de la terre. J’entends les cœurs semés dans la nuit qui pulsent une danse méconnue. Mes pieds s’éveillent et prennent la cadence. C’est doux, profond, comme un chant oublié, une pulsation gigantesque et pourtant secrète, sourde, qui existe depuis toujours. C’est une onde qui se propage, bute sur les cailloux des chemins, gravit les montagnes, dévale les pentes, tourbillonne dans les cheveux des arbres, caresse les coquelicots sans les effeuiller, jaillit avec le clapotis des sources et galope derrière les chevaux en liberté pour toucher mon cœur, là, tout au milieu de moi.

 

C’est comme un courrant électrique qui traverse les ténèbres, s’enroule autour de mon corps, palpite sur ma peau pour pénétrer l’impénétrable. Pour ouvrir tout ce qui reste fermé, clos, étanche. Pour délivrer tout ce qui reste séquestré, enseveli, engourdi, en sommeil. C’est comme l’appel du tambour du chaman. Comment ne pas y répondre ? Ne pas pouvoir y répondre, c’est creuser une tombe en moi, c’est laisser les plaies ouvertes, sans possibilité jamais de pouvoir cicatriser, c’est sentir ma lumière intérieure s’affadir, c’est sentir les larmes se geler, c’est recevoir le baiser de la mort.

 

J’entends mon cri de femme blessée et aveugle, je sens combien palpite mon cœur, tendu comme ce tambour qui résonne au creux des forêts. Combien de larmes faudra-t-il encore pour passer de l’autre côté du miroir, déchirer enfin le voile et voir à nouveau avec mes yeux de prêtresse ?

 

Mon cri retentit depuis toujours, ma parole cherche sans cesse à renaître, là où elle fut prisonnière. Mon langage est né de l’aube et fut béni par la mer. Il coule comme les rivières qui retournent amoureusement vers l’océan.

 

Mais femme je suis. Gardienne de la terre, si je suis muselée, ce sont les steppes sauvages, les forêts et les prairies qui disparaîtront. Ce sont les louves qui cesseront de prier sous la lune, les oiseaux qui seront privés de leurs chants. Tout en moi résonne avec la terre, mon âme est emportée par les rivières, par la force du vent, par le frémissement des arbres, par le grondement du tonnerre. Elle est appelée secrètement par le chant des sources cachées dans les entrailles de la nature.

 

Femme je suis, simple créature vibrante, avec une âme affamée qui brûle comme une flamme. Ma maison est la nuit, ouverte comme un livre. Elle offre ses secrets comme autant d’étoiles qui tombent sur moi. La lune est mon miroir. Je n’y vois jamais mon visage, seulement celui de mon âme rendue transparente et ardente.

 

Une seule étoile m’inspire, celle qui parle de l’envers de moi, comme une chair oubliée dans un lien défait. Celle qui porte ton nom, signature gravée dans un parchemin éternel. Dans ma nuit intérieure, je t’ai sans cesse cherché, ombre vacillante brillant comme un diamant noir. Animale et sauvage, incomplète et infirme, j’ai rêvé de ton pas pour marcher dans la vie, souple comme l’herbe. T’oublier, ce serait devenir de pierre, ce serait ramper dans le fleuve noir de l’ombre, ce serait rouler comme des flots impurs, sans pouvoir me reconnaître dans le miroir de l’eau. Mais les portes du ciel se sont ouvertes, telles des écluses libérant leurs eaux puissantes où coule ton souvenir.

 

Gardienne de la terre, je garde aussi les portes de ton royaume. Je suis comme une grotte, fermée dans l’attente de ton désir, ouverte par ton désir manifesté. Désir tendu comme un pieu pour amarrer ma barque à ta rive. Femme sauvage, brûlée dans mes terres intérieures, je suis jetée dans l’éternité si je touche ton cœur d’homme.

 

Alors je courre sur la terre en claquant mes talons, dans une danse faite pour te capturer. Ma science sera parfaite, elle sera cachée, voilée, mystérieuse, pour déjouer les pièges tendus par ton insaisissable liberté et pour mieux servir les mystères de la vie. Il faudra que je me fasse douce, que je pétrisse ma terre, que je la laboure de mes rêves. En tissant ma toile, je tisserais nos vies. Les yeux fermés, la pensée ouverte sur la nuit étoilée, je serais le passage offert à ton destin.

 

Je sais qu’il te faudra creuser mon féminin, l’apprivoiser, le questionner. Je sais qu’il me faudra m’habiller de lumière pour préparer mes filtres, me parer de patience pour capter ta force, pour te contenir, t’envelopper et te guider lentement vers l’amour. Doucement, tu mettras tes pas dans mes mots.

 

Femme je suis. Alors je te cherche, toi, pour unir ma terre à ton ciel. J’attends d’être touchée par ton épée de lumière, j’attends que ton corps traverse ma chair jusqu’au bout des étoiles, illumine et mon cœur et mon âme. Je sais dès lors que je pourrais être présente à l’essentiel, pour t’accueillir et t’agrandir dans l’amour partagé, nos deux corps filtrant l’amour comme deux roches transparentes.

 

Comme une matrice, je garde l’empreinte de nos retrouvailles, laissée depuis la nuit des temps dans ma chair, comme un sentier à retrouver. La terre est mon ventre, elle reste ma mère, mon initiatrice, pour guider mes pas vers toi.

 

Sous mes pas, la terre est détrempée, molle et noire. L’odeur de l’humus pique mes narines. Je sens son humidité qui vient chercher l’humidité de mon corps. Là où les choses fermentent, se multiplient doucement dans un devenir encore incertain, non défini, en attente. Je sens l’humidité de la terre qui vient parler à mon humidité de femme. Je sens une terre meuble à l’intérieur de moi, une terre où tes pas ont laissé une trace profonde, à la fois comme une blessure mordante, mais aussi comme un long chemin bordé d’amour. Une terre porteuse de semences secrètes enfouies profondément. Il suffit d’attendre.

 

Attendre que les cailloux remontent à la surface, pour nettoyer la terre, la tamiser et la fertiliser.

 

Attendre que le soleil revienne, que ses rayons chauffent et assèchent la terre là où elle est encore inondée de larmes.

 

Alors la matrice pourra laisser germer ce qu’elle garde en elle comme un trésor. L’attente est comme la saison de l’automne. Et à l’automne, il est encore trop tôt pour savoir ce que donneront les semences. Certaines n’auront pas résisté à la morsure de l’hiver, brûlées par la neige. D’autres n’auront plus la force d’éclore, englouties et mangées par la terre. D’autres enfin seront appelées. Dehors sera plus fort que dedans. Dehors sera plus fort que la moiteur. La vie prend toujours ce dont elle a besoin. Je serai pétrie, aspirée, appelée, une saison prochaine.

 

Qu’est-ce que la terre aura gardé, sans jamais me le rendre ?

 

Que m’aura-t-elle donné, sinon à voir mon essence de femme, à tenir comme un flambeau pour éclairer les ténèbres ?

 

Michèle Théron © 2005

 

 

 

 

 

 

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 19:21
Je t'ai donné un coeur

 

 

Je t’avais donné un cœur

Rempli de lumière

Je t’avais donné l’amour

Comme un parfum délicat

Je l’ai mis dans  un écrin

Pour le rendre précieux

Et j’avais à l’intérieur

Initié un mouvement

Pour faire entrer la vie

 

Toi, tu devais juste le protéger

Etre le gardien des mystères

Ouvrir tes yeux pour voir les choses éclore

 

Je t’ai donné un cœur

Qu’en as-tu fait ?

 

MT ©

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 21:32
Femme de lumière

 

 

 

Femme de lumière

Ton passé s’écroule

Et avec lui toutes les maltraitances

Que tu portes et acceptes depuis si longtemps

 

Vois-tu comme tout a changé

Sous le ciel clair

Des présages angéliques ?

 

Dans l’effondrement se dissolvent les miasmes

Enkystés sous ta peau

Mémoires toxiques lourdes comme le plomb

D’un manteau qui alourdissait ton envol

 

Ton corps mal-aimé réduit aux fantasmes

Ton sexe goûté comme un prolongement narcissique

Qui méconnait l’altérité et la rencontre

Ou bien oublié pour des images illusoires

Tes seins nourriciers qui ne vibrent plus

Tes yeux jamais rencontrés

Ton féminin méprisé

L’absence comme une enflure devant ta vulnérabilité

Et les mots sur toi comme des poisons

Aussi acides que les silences qui tuent

La fuite pour remplacer le courage et l’honneur

Les bassesses de la vision prosaïque

La trahison comme un marchandage de la chair

Consommée sans conscience ni amour

Toutes les manipulations pour prendre ta lumière

Sans jamais rien t’offrir en partage

Et ton cœur au milieu

Qui s’ouvre

Car c’est ta nature de femme

S’est brisé tant de fois sous les chagrins

Et la honte du désamour

 

Te rappelles-tu

Depuis combien de vies cela dure ?

 

Femme de lumière

Aujourd’hui ton enfer se termine

Tes mémoires se guérissent

Et tu peux brandir l’épée qui coupe net

Tous les attachements délétères

Tu peux te relever la colère au ventre

Les astres du jour te soutiennent

Dans ce passage universel

Vers les retrouvailles avec la Femme Sacrée

 

Lavée, sous la lune qui brille et veille

Tes cellules vont pouvoir chanter

Et ta lumière couler librement

Pour honorer la ronde des femmes

 

Sache à qui tu livres ton précieux

N’oublie jamais l’amour que tu portes

Et qui te porte, verticale et vibrante

Sous le ciel qui te féconde.

 

Ta renaissance est pour toutes

Elle est offerte à la Terre

Ainsi qu’aux hommes nouveaux

Qui ont retrouvé leur Cœur sacré.

 

MT ©

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 13:57
Marguerite Kardos : Piqueuse de lumière

 

Ce texte est un hommage que j'avais écrit pour Marguerite Kardos, mon acupunctrice pendant des années, et dont l'accueil était toujours un baume pour moi.

C'est aussi un hommage à l'invisible, à ce qui dépasse le soin, la technique, et à ce qui nous pousse à chercher l'au-delà, la magie et le mystère de la vie.

Gratitude

MT

 

 

 

Depuis toujours, tu piques. Tu piques les peaux, tu piques les douleurs, tu piques des points, tu ne laisses aucun répit à chaque centimètre de peau que ta main peut atteindre. Tu tricotes sur le corps des humains d’invisibles réseaux pour retisser les fils brisés des cœurs lourds, des vies blessées, des voyageurs en panne, immobiles et perdus sur le chemin de leur vie.

 

Mais savent-ils ceux qui viennent chercher la guérison, qu’ils doivent peu à tes aiguilles ? Savent-ils que ta science pourtant ancestrale entre dans l’ombre, quand ils entrent chez toi ? Pardon tout à coup de jeter le discrédit sur ton art, cette technique si… pointue, pratiquée avec dextérité par tes doigts de fée !

 

Savent-ils la première fois qu’ils viennent, que dans l’ombre de la pièce, envahie par l’ombre de leur souffrance, brille ta robe de lumière, légère, invisible, discrète ? Savent-ils qu’autre chose flotte dans la pièce et entre par le bout de tes aiguilles, pour aller les toucher au-delà de leur chair ?

 

S’ils ne l’ont pas encore vue –il faut parfois des années de pratique pour s’en rendre compte !-, alors il est une chose qu’ils ne peuvent oublier. Devant leurs mots blessés, lancés comme des balles que tu dois attraper, devant la longue liste de bobos, de souffrances, de peines qu’il te faudrait guérir qu’un coup d’aiguille magique : juste ton regard, clair, lumineux, toujours émerveillé. Juste tes yeux qui se lèvent vers le ciel et cherchent le fil conducteur à mélanger à tes aiguilles, qui cherchent les mots justes, les images qui guérissent, l’inspiration qui servira de baume.

 

Depuis si longtemps, toujours la même fête, celle d’être fêtés par ton regard qui puise en nous tous le meilleur, le plus lumineux, le plus noble. A chaque rencontre, l’incroyable sentiment d’être unique, d’être beau, d’être aimé, de cette façon si rare et inconditionnelle. A chaque fois, ce regard comme un rempart, qui empêche de tomber, qui relève de la chute, qui permet de garder le cap droit devant, mais surtout droit vers le haut. A chaque fois, par ce regard clair, par la parole singulière, le merveilleux entre alors dans l’ombre, tisse sa toile dorée, noue les fils égarés pour nous amener doucement à chercher l’ineffable.

 

Ainsi.. de fils en aiguilles, se tressent nos chemins, travail de dentelle fait d’une pointe d’argent et d’une pointe de lumière.

 

Michèle © 13.02.06

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 21:36
Les fleurs dans le vent - François Fressinier

Les fleurs dans le vent - François Fressinier

 

 

 

Ce soir le vent m’a dit

Tu es mon enfant

Celle si longtemps perdue

Cachée au fond des bois

Le cœur en morceaux

Les yeux brûlés par l’oubli

Et le ventre rongé de peurs

 

Il me tournait autour

Comme un rapace

Ne lâchant pas sa prise

Léchant mes larmes

Mordant mes lèvres

J’aurais pu le haïr, le maudire

S’il n’avait murmuré

 

Tu es mon enfant

Ma bien-aimée

Celle qui voyage entre les mondes

Explorant les mystères de l’amour

Qui s’enfuit aussi vite

Que les étoiles disparues.

 

 

MT ©

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 07:29
Tu seras puissant le jour où

 

 

 

Tu seras puissant le jour où

Devant les larmes d’une femme

Le cœur et les bras ouverts

Tu sentiras ta peau brûlée par le sel

Tremblant de recevoir l’intime

Vulnérable à ton tour

De pouvoir goûter en silence

La fragile humanité de qui nous sommes

 

Tu seras puissant le jour où

Devant les blessures révélées

Ton verbe se fera chair

Chair à genoux

Chair aimante

Chair câline

Devant l’offrande d’être à nu,

Sans masque et sans retenue

 

Tu seras puissant le jour où

Pleurant à ton tour

Genou à terre devant les forces qui te traversent

Tu seras relevé par les bras d’une femme

Te prenant tout entier

Unissant ta force et ta faille

Celle-là même où la lumière peut enfin entrer.

 

 

MT©

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 12:58
Je suis morte mille fois

 

Je suis morte mille fois dans ma chair

Mais cela n’a pas suffi

 

Je suis morte mille fois dans ton regard vide

Mais cela n’a pas suffi

 

Mille de vos paroles m’ont transpercée

Mais cela n’a pas suffi

 

Je suis morte dans mille matins ensevelis

Mais cela n’a pas suffi

 

Je me suis consumée sous mille soleils et mille lunes

Mais cela n’a pas suffi

 

Je suis tombée mille fois sur le chemin escarpé

Mais cela n’a pas suffi

 

Mille fois j’ai été vaincue sous les coups et les blessures

Mais cela n’a pas suffi

 

J’ai pleuré mille fois des larmes rouges sang

Mais cela n’a pas suffi

 

J’ai prié mille fois vers le ciel et la terre

Mais cela n’a pas suffi

 

J’ai demandé mille fois à mourir au passé

Mais cela n’a pas suffi

 

Mille étoiles dans la nuit ont brillé pour moi

Mais cela n’a pas suffi

 

Combien de jours encore

Avant que l’ âme naisse aux splendeurs de la vie

Et que le cœur batte au rythme de l’amour ?

 

 

MT ©

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 20:53
Il te suffira si peu

 

 

Il te suffira si peu

Le vent qui passe

Le soleil qui agrandit ton ciel

Un oiseau qui chante

Un sourire qui illumine un visage

Une mélodie qui ruisselle

Ou un rouge qui chatoie

 

Pour que ton cœur se lève

Transparent et lumineux

Lavé des troubles et des doutes

Simplement dressé et joyeux

Sur ton chemin de cailloux blancs.

 

MT ©

 

 

 

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 18:37
Je t’apprendrai

 

 

 

Je t’apprendrai
Le ciel et la terre
Je t’apprendrai
La femme et l’homme
Je t’apprendrai
La vigueur et l’abandon
Je t’apprendrai
L’élan et l’acceptation
Je t’apprendrai
La prière et l’offrande
Si ton cœur plonge dans le mien.


MT ©

 

 

 

 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 16:52
Je serai là

 

 

 

 

Jusqu’à ton dernier souffle

Je serai là

Dans l’abandon de tes pétales

Dans la courbure affaiblie de ta tige

Sur ton cœur qui pulse si faiblement

Dans tes étamines versées comme des larmes

 

Je serai au creux de tes plis

Le long de tes feuilles flétries

Sous ta corolle fragile

Qui porte le poids du temps

 

Jusqu’à l’instant dernier

Je serai là

Cherchant pour toi

Un ultime rayon de lumière

Comme un remerciement, une révérence

 

Je suis la beauté

Et j’ai fait vœu d’accompagner toute chose

De la naissance à la mort.

 

MT ©

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 19:04
Au printemps

 

 

Au printemps,

Je te donnerais le parme et l'or

Tu y trouveras ton ciel sous les nuages en dentelle

Tu y trouveras ta terre fécondée par le feu

Et tu seras l'abeille butinant la vie qui renaît.

 

MT ©

 

 

 

Au printemps
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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 18:53
Quand tu seras prêt

 

 

 

Quand tu seras prêt à faire ton miel

Tu trouveras mon cœur.

 

Quand je sentirais ton désir

Mes ailes s’ouvriront aux tiennes.

 

Dans l’amour

Se rejoint ce qui attend de se déployer.

 

 

MT ©

 

 

 

 

 

 

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 12:25
J’attends

J’attends.

 

J’attends comme on attend la pluie, avec le corps tiède et tendu, la nuque lourde, la peau moite et brûlante. J’attends avec les mains ouvertes, les pieds nus posés sur la terre qui tressaille.

 

J’attends.

 

Plus j’attends, plus il me semble que mon corps s’enfonce, se fragmente et se mélange à l’herbe drue sous mes pieds, aux cailloux ronds et doux, au calcaire qui crisse entre les racines des arbres, à la faune minuscule qui vit et habite sous la terre. Plus j’attends, et plus il me semble grandir, m’allonger jusqu’à perdre forme, m’étirer vers le ciel qui m’aspire, me déplie, me déploie, me disloque comme il disloque les nuages qui s’en vont et s’effilochent en bandes de coton transparentes. Le vent lèche mon dos, étend mes ailes qui s’agitent, palpitent, tremblent et frissonnent au milieu des nues pommelées.

 

J’attends, entre ciel et terre, plantée entre ces deux forces, sans savoir où jeter mes amarres, le corps tiède et tendu, les yeux brûlants, l’âme fiévreuse, le cœur agité par la parole d’un homme aux yeux clairs et transparents qui m’a dit de regarder. Il dit que quelque chose viendra, qu’il faut regarder, là où je croyais les portes fermées. Mais avec quels yeux me faudra-t-il voir ? Car c’est l’invisible qu’il faut chercher, épier, débusquer et attraper comme un songe impalpable. C’est l’invisible qu’il faut traquer et faire émerger d’une vie aussi lourde qu’un rocher, pour le rendre saillant, tangible et éclairant.

 

Alors je ferme les yeux, sachant qu’ils ne me seront d’aucun recours, et j’attends. J’attends comme on attend la pluie, d’une attente douloureuse et fertile. Quand on attend la pluie, on scrute le ciel à l’affût de ses moindres signes. Je ferme les yeux et j’écoute, j’ouvre ma chair comme un parchemin, pour laisser le ciel choisir sa page, choisir son heure, me brûler comme il m’a déjà brûlée de sa lumière éphémère.

 

Lovée dans une confiance fragile, j’attends les premiers signes. Je sais que mes cheveux voleront dès la première brise, je sentirai l’humidité du ciel descendre doucement, ma peau de buvard se régaler des premières gouttes et se tendre vers l’infini.

 

MT© 2006

 

 

 

 

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 14:25

 

 

 

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Un courant d’air s’avance, pressé  

 

Il ferme les portes une à une,

 

Sépare le monde d’avant et celui d’après

 

Entre eux, des ponts frêles

 

Où ne voyagent que le léger et le nécessaire

 

 

 

Derrière toi, le trop lourd coule

 

Comme un pavé sombrant dans l’océan

 

Devant toi, rien qu’un esquif

 

Où chaque geste sera mesuré et précis

 

Pour te garder à flots

 

 

 

Tu sais à présent

 

Que tout ce qui n’agrandit pas ton cœur

 

Tout ce qui le rétrécit et le blesse

 

Tout ce qui en fait une étoffe rugueuse

 

Alors que tes doigts cherchent la soie

 

Oui, tu le sais,

 

Tout sera consumé jusqu’aux cendres.

 

 

 

Derrière toi

 

Ta chair se défait

 

La mort emporte tes souvenirs

 

Tes aimés et perdus à jamais

 

Ton passé se fracasse sur l’écluse refermée

 

 

 

Devant toi,

 

Rien de connu

 

Rien d’inconnu

 

Tout est neuf et à retrouver

 

Et tu trembles devant l’immaculé

 

Dans ce corps dénudé si fragile

 

 

 

L’aube attend ton élan

 

Pieds et mains joints,

 

Le regard rivé au cœur

 

Tu respires enfin.

 

 

 

Ton souffle chaud va fendre l’air

 

Il est la source et la fin

 

Où les rêves naissants   

 

S’offrent en myriades de particules.

 

 

 

MT ©

 

 

 

 

 

 

 

 


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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 18:47

 

 

 

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C’est ma prière de fleur…

C’est ma révérence devant ce qui espère.

 

A genoux devant toi

Devant ton cœur brisé

Par tant d’amours inaccomplies

Je t’offre mes pétales

Tu t’en feras des ailes

 

Pour voler au-dessus du chagrin

Et rendre tes pensées légères

Je les déploie jusqu’au ciel

Afin que ton cœur touche les étoiles

Et n’oublie jamais la douceur de la vie.

 

 

MT ©

 

 

 


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  • : Un lieu où pourraient se cotoyer le jour et la nuit, les univers différents de la pensée logique, rationnelle, structurée à partir des informations émanant de toute part, et de la pensée vagabonde, celle qui erre la nuit, mais aussi le jour, dans l'envers des choses, à la recherche de l'impalpable, de la beauté et de la magie. Michèle Théron
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  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. 
Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...
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Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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