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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 01:03
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Published by Michèle Théron - dans SANTE-NATUROPATHIE
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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 22:31

  

La naturopathie, enseignement hérité des traditions et toujours actualisé, est une science et un art. C'est aussi une vision intelligente de l'être humain pour préserver sa santé, et par le biais du thérapeute, une relation d'aide sur le chemin de la vie.

 

La naturopathie est en fait un art ancestral, hérité de toutes les traditions, basée sur une connaissance empirique qui se nourrit des savoirs théoriques ou des découvertes actuelles.

La naturopathie, contrairement à la médecine allopathique, ne soigne pas les symptômes. Elles les utilisent pour la compréhension du terrain et de la maladie, mais elle ne cherche pas à les supprimer à tous prix. Parfois même, certaines de ses pratiques vont augmenter provisoirement les symptômes.

 

C'est un art et une science de l'hygiène vitale qui s'appliquent à la prévention ou à la guérison. La naturopathie applique et enseigne les grandes lois de la vie saine afin de conserver une parfaite santé et la meilleure qualité de vie possible.

On parle d'hygiène "vitale" parce qu'elle est basée sur le potentiel vital de chaque individu, propre à reconstituer ses réserves et à maintenir son homéostasie. L'homéostasie étant l'ensemble des paramètres physiologiques (et psychiques) qui permettent de préserver l'équilibre d'un organisme.

 

Le plus souvent, la naturopathie intervient en tant que prévention pour gérer la santé en dehors de l'état de pathologie. Elle a pour cela à sa disposition des grilles de lecture lui permettant de définir le terrain et les tendances d'un individu donné. La morphologie, l'iridologie, les diathèses renseignent, entre autres, le thérapeute.

 

A ce niveau d'intervention (hors pathologie), mais aussi face à des symptômes déclarés, c'est une pédagogie, une éducation de santé, un enseignement des meilleurs conseils pour que la santé reste à un niveau optimum. Elle intervient comme stimulateur de l'auto-guérison, ne soigne pas les symptômes mais corrige le terrain.

 

 

L'auto-guérison

 

Le concept d'auto-guérison est central dans la naturopathie. L'auto-guérison est un phénomène naturel lié à la "force vitale", notion commune à toutes les médecines traditionnelles. La force vitale est une énergie qui organise, gère, restaure le corps et ses fonctions et dont la manifestation est l'auto-guérison, que nous connaissons tous sous différentes formes : la cicatrisation, les ossifications, mais aussi la fièvre, les éruptions cutanées, la transpiration, les vomissements, les diarrhées, les écoulements, qui tous ont pour fonction d'assainir l'organisme de ses déchets. Cette auto-guérison se manifeste tout particulièrement pendant le sommeil, où le corps enfin au repos, peut se consacrer à sa "reconstruction".

 

C'est donc sur ce principe naturel et évident, que repose la naturopathie.

Cette auto-guérison n'est possible que grâce à un apport énergétique correct, à une hygiène de vie adaptée et à un équilibre psychique minimum. Par erreur, nous confondons souvent l'énergie vitale qui charge nos "accus" nerveux et glandulaires, avec l'énergie physico-chimique qui résulte de la transformation des aliments par nos cellules. Lorsque nous manquons d'énergie, cette confusion nous incite à nous alimenter davantage, au lieu de nous ressourcer avec l'énergie naturelle qui se trouve dans la lumière, l'eau, l'air, le contact avec la terre.

 

Pour vivre en bonne santé, il nous faut répondre aux véritables besoins de notre corps : développer et renouveler notre propre matière par une alimentation adaptée, capter les énergies vitales pour entretenir nos fonctions organiques, et maintenir une harmonie entre notre milieu interne et le monde extérieur.

 

Chaque corps est différent, puisque fabriqué à partir de gènes différents, d'histoires différentes, d'habitus différents, et de potentiels différents.

La naturopathie apporte une réponse en adaptant ces règles de vie en fonction de chacun, en évitant les erreurs les plus graves, afin d'ouvrir un chemin de santé véritable.

 

 

La naturopathie holistique

 

Le concept de naturopathie holistique élargit l'art de la naturopathie à la notion d'holisme, terme qui vient du grec "holos" qui signifie tout, entier, global. La naturopathie considère alors l'Homme dans sa forme la plus globale et la plus entière possible en englobant un maximum de systèmes et de modèles de connaissance. Ces modèles vont agrandir la vision que l'on a de l'être humain, de sa santé et de sa maladie, qu'elle soit considérée comme physique ou psychique.

L'Homme est alors observé, entendu dans une réalité plurielle qui ne se limite pas au seul corps physique et à ses organes.

 

C'est en effet sur ces bases que l'on peut correctement appréhender l'Homme et sa santé. On ne peut en effet parler de symptômes, de maladie, voire de souffrance existentielle sans reconnecter l'Homme à sa dimension cosmique, c'est à dire en interrelation avec des systèmes internes et externes complexes.

 

 

La conscience de thérapeute

 

Pour guider le patient dans cet enseignement, pour être naturopathe, il faut, certes avoir intégré ces règles comme allant de soi, mais aussi comprendre l'être humain comme un tout indissociable. Il faut être capable de relier ces règles à sa propre vie, à sa propre façon de se comporter et de vivre.

 

La naturopathie est souvent perçue comme une technique restrictive, trop basée sur l'ascèse, qui supprime les plaisirs de la vie ! Le naturopathe doit parfois -pour le bien du patient- lui prescrire certaines attitudes restrictives, qui risquent de bouleverser ses repères et pas les moindres, puisqu'il s'agit de nourriture. La nourriture est une expérience ancienne, à laquelle s'associent bien d'autres expériences, vécues dès la petite enfance et tout au long de la vie. D'où une certaine déstabilisation…

Aussi est-il nécessaire d'avoir une approche de l'humain basée sur une écoute individuelle et non stéréotypée, pour accompagner l'Autre dans ce cheminement et cette découverte de lui-même. Car il s'agit à mon sens autant, sinon plus, d'un accompagnement que de l'application d'une technique "pure et dure".

 

Faire changer quelqu'un d'habitudes alimentaires est une chose improbable à priori, car ces habitudes sont ancrées depuis l'enfance, selon une culture, des croyances, des stéréotypes,… Faire cette demande à quelqu'un, c'est lui proposer un décentrement. Ce décentrement ne pourra se faire que si le patient se sent accompagné, soutenu et non jugé pour expérimenter une nouvelle façon de vivre.

Dans ce sens, la naturopathie ne devient pas un "message" ou une croyance à faire passer, mais la proposition d'une nouvelle expérience pour se prendre en charge, se responsabiliser et grandir.

 

 

La relation à l'autre au cœur de la thérapie

 

Avoir cette vision de ce "qu'exige" la naturopathie, c'est comprendre combien la tâche est ardue. C'est comprendre que ce qui est demandé au naturopathe, n'est pas l'application autoritaire d'un système, mais la mise en place d'un lien subtil dans la relation, et la synthèse d'un savoir-faire et d'un savoir-être.

Il me semble par ailleurs, que ce n'est pas la naturopathie qui "exige" quoi que ce soit de ce qui vient d'être dit, mais plutôt la relation d'aide qui sous-tend la technique.

 

C'est parce que quelqu'un vient avec une demande et que l'on tente d'y répondre, que se pose le problème de l'accompagnement. C'est la relation à l'autre qui me semble être au cœur de tout cela, la naturopathie devenant un support, un prétexte à ce qui se joue entre deux humains.

 

Il est important de comprendre cela, pour ne pas être dupe de l'enjeu et ne pas avoir une vision de sa technique erronée. La technique a certes des atouts, mais elle n'est pas toute puissante. Si on sacralise sa technique, comme l'a fait la médecine officielle, on perd l'essentiel de l'enjeu : l'humain.

Il faut donc être capable de "faire le deuil" de sa technique, de lui reconnaître ses limites, de ne pas la considérer comme supérieure à un autre système, mais de lui reconnaître sa place dans un tout. Nous revenons ici à la vision de base de la naturopathie : l'holisme. Il faut concevoir chaque système dans d'autres systèmes.

Mais si la technique s'efface, que reste-t-il? Le thérapeute, avec tout ce qu'il est, et tout ce qu'il n'est pas et la relation entre deux individus.

 

 

L'attente du patient

 

Cette relation entre deux individus est initiée par la demande thérapeutique, par la démarche que fait le patient en allant voir un thérapeute.

Il est relativement facile de deviner que derrière toute demande thérapeutique, se cache une demande non exprimée, inconsciente, non révélée pour le patient comme pour le thérapeute. Cette double demande est certainement d'autant plus forte lorsqu'un patient fait appel à une technique non conventionnelle comme la naturopathie.

 

Pourquoi ne va-t-il pas consulter la médecine officielle? S'il l'a fait, pourquoi vient-il voir un naturopathe "aussi" ou "à la place"? Dans ce choix, se cache des motivations avouées et non avouées. Dans la demande de surface qui est signifiée, se cache souvent une autre demande, inconnue et inconsciente, qu'il s'agit de découvrir ensemble ou à laquelle il s'agit peut être de répondre par l'écoute, l'accueil, le "savoir être".

 

Que vient chercher un patient? La guérison, certes. Il faut déjà noter ici la différence qu'il existe entre soigner et guérir : le thérapeute soigne et le patient désir la guérison !

Mais que représente la guérison dans son système de valeur, quelle énergie de vie veut-il réinvestir derrière le mot "guérison"?

C'est tout ce qu'il reste à découvrir dans cette relation d'aide.

 

 

 

Michèle THÉRON

Praticienne de Santé Naturopathe

 

Article paru dans "Objectif Notre Santé", "Recto-Verseau" 

 

 

 

 

 

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Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 22:10

 

 

La naturopathie utilise une dizaine de techniques pour optimiser ses résultats : plantes (aromathérapie, phytothérapie), alimentation, exercice physique, psychologie, réflexologie, culture respiratoire, hydrothérapie, techniques manuelles, actinologie, magnétologie...

 

Parmi toutes ces techniques, trois ont été nommées «  techniques majeures », c’est à dire incontournables : alimentation, exercice physique, psychologie. Elles figurent dans tout programme d'hygiène vitale préconisé par un Praticien de Santé Naturopathe et furent adoptées en 1985 par la FENAHMAN [1]Ces trois techniques majeures sont comme les trois pieds d’un tabouret : retirez-en un, et l’équilibre est rompu. Mangez sain, faites du sport et cultivez des idées noires, ou bien faites du sport, soyez bien dans votre tête, et mangez n’importe quoi, vous n’aurez pas la santé. Enfin, mangez bien, pensez bien, et soyez sédentaire, vous n’aurez pas davantage la combinaison gagnante. Ainsi, ces trois approches sont incontournables et complémentaires afin de tendre vers un état de santé optimum.

 

Pourquoi ces trois techniques? Tentons d'y répondre en faisant une sorte d'inventaire -partiel- des fonctions ou des organes touchés par ces trois techniques afin de montrer qu'elles parviennent à modifier en profondeur toutes les fonctions vitales et cela sur tous les plans de notre organisme : physique, énergétique et mental.

 

L'alimentation : Nourrir son corps

Faisons en premier lieu référence et hommage à Hippocrate : "Que l'aliment soit ton premier remède". En effet, il s'agit là de ne pas considérer l'aliment uniquement dans sa dimension épicurienne, mais dans sa valeur thérapeutique. Il va alors jouer un rôle au niveau physique, énergétique et psychologique.

 

Au niveau physique :

  • L’alimentation est la première énergie concrète que notre corps reçoit pour fonctionner, agir, sentir, penser; il y puise les substrats que sont les acides aminés, les acides gras, le glucose, c'est à dire le « carburant »;
  • de la qualité des aliments dépend la quantité ou la biodisponibilité de micro-éléments indispensables à la réalisation des fonctions vitales (enzymes, vitamines, oligo-éléments, minéraux, tous catalyseurs essentiels);
  • la nourriture détermine la qualité de nos humeurs (sang, lymphe, liquides interstitiels), c'est à dire la qualité de notre métabolisme, préservant ainsi l'homéostasie (équilibre entre toutes les fonctions);
  • la qualité et la quantité d'aliments conditionnent tous les processus de digestion, de sécrétion, d'assimilation, d'élimination.

Par exemple, une carence en aliment cru peut entraîner un surmenage des enzymes digestives par manque d'enzymes alimentaires ; un manque de fibres ralentira le transit intestinal et ne permettra pas à l'intestin de drainer les toxines biliaires ou les lipides excédentaires ; les excès vont provoquer des surcharges, un ralentissement du métabolisme, un encrassement des émonctoires ; les associations alimentaires jouent un rôle au niveau de la capacité digestive, pouvant entraîner une perte d'énergie supplémentaire ;

 

Ces exemples montrent qu'une mauvaise gestion de l'alimentation aura pour conséquences un ensemble de pathologies comme prise de poids, constipation, surmenage digestif, diabète, cholestérol, chute immunitaire, fatigue rénale, problèmes cardio-vasculaires,... et cela jusqu'au stade lésionnel.

Au niveau énergétique :

 

Le corps reçoit de la nourriture une énergie plus subtile : sa force vibratoire, contenue dans les particules éthériques, qui, à la première bouchée, sont capables de procurer une sensation de réconfort, avant même que la nourriture soit digérée. Ces énergies nourrissent le corps éthérique de l'être humain qui est porteur de vitalité et responsable de toute une chaîne de fonctions, en amont du plan physique (assimilation, élimination, croissance, entretien, forces formatrices, forces de reproduction, systèmes nerveux, glandulaire, circulatoire, et mémoire).

 

Au niveau psychologique :

Faire un repas harmonieux, conscient, mesuré, c'est déjà en retirer un bénéfice psychique. C'est comme se lever du bon pied, ou comme être en règle avec soi : la suite de la journée n'en est que meilleure ! Mais plus précisément, une alimentation hypotoxique, riche en oméga 3, pauvre en sucres rapides, et complémentée en glucides complexes (céréales, légumineuses) soutient avantageusement les personnes qui ont des difficultés psychologiques, car le système nerveux s’en trouve nourri, au lieu d’être agressé par des substances toxiques ou acides.

 

Mais l’art de la nutrition en naturopathie ne se limitera pas au « bien manger ». Les diètes et les jeûnes constituent des outils indispensables, particulièrement en cure de désintoxination, où il faut réduire la charge nutritive pour permettre à l’organisme de se purifier. La nutrition tient compte aussi de l’équilibre acido-basique, dont les premières vulgarisations datent de 1925 grâce à Jacques Loeb [2]. Depuis, les naturopathes et les hygiénistes en ont fait un point majeur de leur enseignement, et certains médecins commencent à en parler aujourd’hui…

 

Les Drs Paul Carton - disciple d’Hippocrate-, Rouhet –éminent vitaliste-, Shelton -figure de l’hygiénisme nord-américain, maître du jeûne et des combinaisons alimentaires-, John Tilden –père de la notion de « toxémie »-, Oudinot -qui vulgarisa le végétarisme-, ou les frères Durville, furent les précurseurs des méthodes naturopathiques du début du siècle.

Herbert Shelton[3] fut un chef de file majeur dans la famille des naturopathes et des hygiénistes. Il rêvait de rassembler les grands naturopathes d’alors (Lust, Lindlhar, Mour, Mac Fadden), les hygiénistes puristes (Graham, Jennings, Trall) et les praticiens de médecines douces plus interventionnistes (Alcott, Jackson, Walter,…). Il créa en 1928 au Texas l’école de santé « Dr Shelton’s Health School ». En France, le Dr Paul Carton, Mono, puis Geoffroy et Durville représentèrent le système hygiéniste authentique, avant des contemporains comme Marchesseau[4], Passebecq, Désiré Mérien[5], P. Vivini, Mosseri ou Ventura. Mono[6] vanta dès le début du siècle le « lait d’amande », les aliments cuits à l’étouffée (la cuisson au papier qui porte encore son nom), et le végétalisme. N’oublions pas le Dr Kousmine, qui inspira bon nombre de contemporains.

La liste est longue des personnes qui façonnèrent cet art de l’hygiène avec une vision très holistique pour la plupart. N’en citer que quelques uns, c’est faire offense aux autres… aussi pour avoir un panorama de cette épopée, il sera bon de se reporter à l’ouvrage de Daniel Kieffer sur le sujet[7].

 

 

 

L'EXERCICE PHYSIQUE : Habiter son corps, par le mouvement

 

Au début du siècle, Edmond Desbonnet[8] créa une branche maîtresse de la médecine préventive avec la « gymnastique des organes » et la « discothérapie » vertébrale que développa plus tard le Dr De Sambucy, un des pères de l’ostéopathie. On commençait à redonner au corps sa place dans la quête de la santé.

Le mouvement, comme le souffle, c’est la vie. Il amène du sang, de la chaleur, des minéraux, renforce la musculature, développe la souplesse et l'équilibre, accélère le recyclage des humeurs en luttant contre les difficultés de transport des nutriments dans l'organisme, la sédentarité constituant un des principaux barrages.

Par exemple : l'exercice physique peut multiplier par 10 l'accélération des liquides, la lymphe mettra 3 heures à être recyclée au lieu de 20 heures; un effort physique intense va entraîner une combustion des réserves énergétiques et des déchets accumulés dans les tissus, une oxygénation plus intense et donc une meilleure oxydation au niveau cellulaire (les déchets sont dégradés par oxydation), ainsi les toxines incrustées dans les tissus seront dégradées sur place; le mouvement va donc aider les émonctoires dans leur fonction éliminatrice ; il va aussi opérer une déconnexion cortico-diencéphalique (le cortex est « débranché »), un défoulement, un lâcher-prise des tensions et sera à ce titre un facteur anti-stress.

 

LA PSYCHOLOGIE : Accepter son corps physique et émotionnel

 

L'alimentation ne peut pas tout résoudre car il n'y a pas de régime parfait face à un individu unique, et l’importance des maladies psychosomatiques n’est plus à démontrer. Cette technique, bien que s'appliquant au psychisme, va agir sur les plans physique et énergétique. Elle travaillera sur des blocages qui ont une incidence sur :

  • l'alimentation : on peut mal se nourrir pour des raisons purement psychiques (anorexie, boulimie, compulsions...) ;
  • l'énergie : ruminer, être angoissé, affronter de graves problèmes engendre des tensions, et signifie une perte d'énergie pour l'organisme ; cette énergie confisquée entrave la fonction de détoxination de l’organisme. En effet, l’énergie dont le cortex a besoin est dérivée de l’intérieur (système nerveux vagotonique qui gère les organes), vers extérieur (système nerveux central qui gère la volonté, les pensées, les muscles)
  • la santé : vivre en conflit avec soi-même ou les autres sans parvenir à trouver une solution acceptable provoque un bouleversement si profond que l'organisme peut aller dans le sens de l'auto-destruction (on sait par exemple que certains cancers ou maladies ont pour origine une cause émotionnelle : conflit, divorce, deuil,... vécus dans l’isolement).

Réorganiser la sphère psycho-émotionnelle, c'est réorienter toute l’énergie corporelle qui va circuler plus librement grâce aux barrages levés. Dénouer les blocages psychiques libère les blocages physiques gardés en mémoire dans l'organisme. Intégrer cette dimension psychique, c’est accepter que l’esprit a un pouvoir sur la matière, comme nous l’enseignent de plus en plus de techniques de développement personnel. Les jours de grand bonheur en témoignent : tout le corps rayonne, quelque soit la nourriture absorbée, quelque soit notre état de fatigue, nous pouvons nous transcender.

La sphère psycho-émotionnelle sera prise en charge par des techniques aussi différentes que la psychanalyse, la psychothérapie, la sophrologie ou la relaxation, certaines de ces techniques ayant un impact autant sur le psychisme que sur le corps

 

Ces trois techniques, alimentation, exercice physique, psychologie, jouent chacune à leur manière sur les plans les plus importants de l’être et régulent, en cohérence avec les besoins de l’être humain, tout un flot de fonctions vitales ou d'organes. Elles valident la primauté de l’hygiène sur l’interventionnisme. Aussi portent-elles bien leur nom de « techniques majeures », même si nous pouvons, pour parfaire notre approche, y adjoindre d’autres techniques qui viendront les renforcer, et qui répondront à un besoin plus spécifique de la personne.

 

Hydrothérapie

Ainsi l’hydrothérapie reste une technique très importante, elle était d’ailleurs majeure jusqu’en 85, car elle fait appel à des manœuvres très puissantes, mettant en mouvement les liquides de l’organisme qui est, rappelons le, composé à 70 % d’eau. C’est au début du 19è siècle que les précurseurs mirent au point et utilisèrent ces techniques comme les bains, lavements, douches, sudations. Vincent Prieznitz pratiquait une méthode sévère, avec des bains prolongés (2 h dans une baignoire…), des bains froids, ou des injections de 2 à 3 litres d’eau par lavement.

 

Sébastien Kneipp, prêtre médecin hygiéniste, dont le nom reste connu grâce à la marque de certains produits, adepte moins sévère de Prietznitz, fut lui-même guéri de la tuberculose par ces méthodes. Il marqua aussi l’hygiénisme par ses cures de jus de légumes et de marche nu-pied dans la rosée. Louis Kuhne[9] utilisait les sudations sèches, les bains de siège froids, les frictions. C’est lui qui parla du bain dérivatif, cette technique de drainage des toxines que France Guillain a remise au goût du jour avec succès.

 

Il y eut aussi le Dr Alexandre Salmanoff[10], médecin russe qui étudia les relations entre l’hydrothérapie et le système vasculaire et mit au point le « bain hyperthermique », un bain qui se prend à 41° environ et qui, outre le fait de faire transpirer et d’éliminer les toxines, a la particularité de développer les capillarités, c'est-à-dire de mettre en place des « voies secondaires », quand les principales (artères, vaisseaux) sont bouchées ou mal irriguées. De plus, en créant une fièvre artificielle, il est un bon recours en cas de grippe ou refroidissement, pour accélérer la guérison. Le Dr Georges Rouhet, éminent vitaliste, pionner de l’hydrothérapie froide, prenait quotidiennement un bain froid, même en hiver parmi les glaçons !

 

Les travaux de René Quinton sur l’eau de mer et ses analogies avec le sérum humain ont permis la fameuse cure de revitalisation cellulaire, grâce au « plasma de Quinton ».

Aujourd’hui, dans la pratique naturopathique, ces outils appliqués souvent moins sévèrement, sont complétés par des applications d’eau chaude ou froide, des pédiluves, des maniluves, la fameuse « douche écossaise », le sauna, le hammam, les enveloppements, les cures thermales et en interne par les lavages de sinus, douches rectales, lavements, ou l’irrigation colonique qui permet de désengorger le gros intestin de matières anciennes et de mucus qui l’encombrent.

 

TECHNIQUES RESPIRATOIRES

 

Les techniques respiratoires s’appuient sur l’art du souffle qui fut déjà bien développé par les écoles d’orient (Yoga, arts martiaux, Prânayâma, techniques de méditation Zen), ou d’occident avec des personnes comme Desbonnet, Ruffier, l’eurythmie (R. Steiner), la paneurythmie (Peter Deunov). Le Praticien de Santé Naturopathe tient compte, de surcroît, de la qualité de l’air respiré (oxygène, carbogène, ionisation, climatologie,…)

  • respirer, c'est faire entrer la vie. L'oxygène participe à l'oxygénation des cellules et permet une meilleure combustion : comme l'air avive la flamme, le souffle entraîne une meilleure digestion et un meilleur métabolisme ;
  • respirer augmente l'élasticité du diaphragme, assouplit la zone du plexus et met en relation avec les centres nerveux sensibles aux émotions ;
  • la respiration agit sur de multiples fonctions comme l'appareil cardiaque, elle est la clé de la circulation sanguine (en particulier la circulation de retour), améliore l'appareil lymphatique, favorise le transit intestinal et la digestion par le pompage des viscères ;

Savoir contrôler sa respiration, l'amplifier ou la freiner suivant les circonstances, permet une transformation physique, énergétique et psychique, le haut et le bas sont harmonisés, le souffle est la frontière sensible entre santé et symptômes et d'un meilleur souffle dépendra l'amélioration de toutes les fonctions qui y sont liées.

 

LA PHYTOTHERAPIE

 

Elle tient une grande place et comporte l’aromathérapie et la préparation des plantes sous diverses formes. Le Dr Henri Leclerc en fut le grand pionnier, puis le Dr Jean Valnet contribua à sa vulgarisation dans les années 60 et Pierre Franchomme la rénova.   

Les plantes sont utilisées pour un usage émonctoriel, revitalisant, nutritionnel, relaxant, immuno-modulant, mais leur pouvoir permet aussi d’agir à un niveau psychique, ce sera le cas par exemple pour la gemmothérapie ou les élixirs de Bach. Edouard Bach était médecin allopathe, homéopathe, bactériologiste, et ses travaux l’amenèrent à mettre au point une série de « remèdes de l’âme », corrigeant les troubles à leur racine psycho-spirituelle et permettant une harmonisation profonde et subtile. 

 

TECHNIQUES REFLEXES

 

Ce sont des techniques qui ont été extrêmement développées, et sous des formes très variées, comme le shiatsu, le Do-in, l’acupuncture sont ancestrales, et Georges Soulie de Morant introduisit l’acupuncture en Occident et ont été enrichies par d’autres, comme la podoréflexologie, l’auriculothérapie et la sympathicothérapie.

Déloger les toxines, désincruster les tissus, ouvrir les émonctoires, libérer le diencéphale ce qui permettra un lâcher prise au niveau du mental, et une relaxation offrant une réutilisation de l’énergie corporelle. 

La langue = le miroir de Heret, nutritionniste du siècle dernier, adepte du jeûne qui mis en évidence la relation entre l’état d’intoxication et l’aspect (enduitde la langue

Le nez sympathicothérapie, dont la découverte est attribuée à Pierre Bonnier dès 1895, bien que ses effets soient connus en Inde et en Chine, se dote d’une cartographie nasale dont la synthèse a été faite par D. Bobin ou des personnes comme Ludmila et Boris de Bardo.

Touche nasale provoque une exitation qui va fortement mobiliser l’énergie de la personne et va rééquilibrer le système sympathique

 

TECHNIQUES MANUELLES

 

L’ostéopathie (Still, Sutterland), la chiropraxie (Palmer), l’éthiopathie, la coordipathie (chiropraxie et respiration par Caldwell)

Les massages (suédois, chinois, sportif, californien,…

 

ACTINOLOGIE

 

C’est la connaissance des rayonnements avec l’héliothérapie en tête, l’étude de l’influence de la lune et des planètes (astrologie médicale), mais aussi des rayons ultra violets, infra rouges, ou encore des ondes sonores ou colorées.

 

MAGNETISME

Le magnétisme tient compte du magnétisme humain, de la géobiologie, de l’usage des aimants ou appareils à ondes régulées pulsées. Ce sont les frères Durville, qui, dans les années 50 révélèrent la science du magnétisme[11].

 

 

 

Aujourd’hui notre équilibre est chaque jour menacé par des conditions de vie difficiles, tensions sociales, pollution, hygiène de vie dénaturée. Notre corps essaie de « surfer » au milieu de ces intempéries, mais la lutte est rude. Pour lui garantir un minimum d’équilibre, il faut lui offrir une stratégie complète, qui le respecte, l’intègre dans sa globalité et ne le réduise pas à une juxtaposition d’organes en souffrance.

 

Nous sommes cette globalité corps/énergie/âme et pour nous bien porter, encore faut-il en prendre conscience. Que souhaitons-nous offrir à nous-même ? C’est la question qu’il faut nous poser pour entrevoir les bonnes réponses et se diriger vers de bonnes techniques.

 

Ces techniques, parce que donnant du sens à notre santé, ont chacune une importance capitale, mais l'une sans l'autre peut se révéler impuissante. Ce n'est que la synergie qui est capable de générer une transformation vers un mieux-être, comme une recette alchimique qui saura transformer notre plomb en or.

 

Michèle Théron

Praticienne de Santé Naturopathe

Article paru dans "BIOCONTACT" 

 

 

 



[1] Fédération Française de Naturopathie, fenahman@free.fr

[2] Jacques Loeb, La théorie des phénomènes colloïdaux, Ed. Félix Alcan, 1925

[3] Shelton,

[4] Pierre Marchesseau, La médecine par les aliments, 1955

[5] Désiré Mérien, Les 5 clés de la revitalisation de l’organisme, Ed. Courrier du livre

[6] Mono, La guérison et la santé par les aliments, 1930

[7] Daniel Kieffer, Encyclopédie de la naturopathie, des pionniers aux naturopathes actuels, Ed. Jouvence, 624 p

[8] Pr Edmond Desbonnet, Comment on devient athlète, 1937

[9] Louis Kuhne, La nouvelle science de guérir, 1880

[10] Dr Salmanoff, Secrets et sagesse du corps, Table ronde, 1955

[11] Hector Durville, Théories et procédés du magnétisme, 1950






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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 21:53

 

Dans la dépendance, la qualité du lien ayant été abîmée, il faut rétablir un bon contact avec soi-même. Etre à l’écoute de ses besoins est le chemin à retrouver pour nourrir le corps et l’âme.

 

 

Lorsque l’on parle de dépendance, on évoque la plupart du temps une dépendance à « quelque chose » : tabac, alcool, sucre, alimentation, … Pourtant, difficile d’aborder le problème de la dépendance –des dépendances, car elles sont multiples- sans évoquer ce qui les relie probablement toutes à l’origine : une problématique du lien. Les problèmes de dépendance évoquent la dépendance affective et ses corollaires : l’insécurité, l’immaturité affective, une mauvaise estime de soi, un manque d’intimité avec soi-même et un décentrage par rapport à ses besoins profonds. A l’origine, on retrouve souvent une carence affective qui aura pour conséquence de saboter la confiance primitive dans la vie, ce fondement essentiel de notre force psychique.

 

De plus, on sait aujourd’hui que cette « force psychique » est dépendante de nos sécrétions hormonales, telles la dopamine et la sérotonine qui sont des euphorisants naturels. Cette sécrétion est commandée par des facteurs relationnels, comme le précise Boris Cyrulnik [1]: « (…) elle est ralentie chez le nourrisson privé de soins et de sources de plaisir ». D’autres expériences effectuées sur des singes confirment ces résultats, comme le souligne Arthur Janov [2] : « De fait, on a observé que les singes séparés très tôt de leurs parents avaient un taux de sérotonine extrêmement bas ». Et la sérotonine est un neuromédiateur fortement impliqué dans les troubles du comportement comme la boulimie, la dépression, l’insomnie. Une relation entre la consommation d’alcool et le taux de sérotonine cérébral a été démontrée, même chez des alcooliques non déprimés.

 

C’est dire l’importance de l’empreinte affective sur notre métabolisme.

Et le besoin affectif est un besoin primordial, même s’il est souvent considéré comme secondaire (voir encadré), sous tendu par des pulsions générant un état de tension. Cet état va mettre l’organisme en mouvement jusqu’à ce qu’il ait réduit la tension et retrouvé son unité. C’est à ce moment que peuvent intervenir des conduites qui seront qualifiées d’addictions, si elles mettent le sujet en dépendance, voire en danger pour lui même. C’est Boris Cyrulnik qui nous dit encore : « Nous sommes en danger sitôt placés dans un contexte dépourvu de sens à nos yeux ». [3] Et ce qui donne du sens aux événements que nous traversons, c’est la relation affective qui s’y joue, en écho à la relation affective nouée dans la prime enfance.

 

Il est rare de développer une addiction sans raison, même si, nous le verrons plus loin, nous pourrions classer certaines dépendances comme « exogènes », c’est à dire provoquées par des conditions extérieures. Mais même là, difficile d’attribuer exclusivement la responsabilité à des facteurs externes. Tout ce qui influence ou modifie nos comportements est conditionné par notre structure interne. Et cette structure interne s’est bâtie dès les premiers jours de notre vie (intra et extra utérine) grâce à la relation tissée entre l’enfant que nous étions et nos parents, et principalement notre mère.

 

 

Un lien très subtil

 

A travers le cordon ombilical, le fœtus reçoit la nourriture de façon continue, avec des informations différentes en fonction des émotions de la mère et de ce qu’elle mange. Si la mère a une mauvaise régulation de sa glycémie, l’apport en sucre à travers le cordon ombilical sera perturbé. Lors de l’allaitement, et si allaitement il y a, le lien entre l’enfant et la mère est renforcé. C’est un lien fort, psychophysiologique, puisqu’il conditionne la sécrétion lactée de la mère. La montée de lait dépend de l’appel du nourrisson, elle se tarit lorsque celui-ci est rassasié. Il se crée une fusion entre l’enfant et sa nourrice, fusion qui sera empreinte elle aussi de toutes les émotions qui circulent à ce moment là.

 

C’est pourquoi nous construisons en grande partie notre corps sur le modèle de notre mère. Car à la question « que voit le bébé quand il regarde le visage de sa mère ? », Donald Winnicot, pédiatre et psychanalyste faisait cette réponse : « Généralement, ce qu’il voit, c’est lui-même.». Et « Selon que ce visage exprime l’amour, la tendresse, l’admiration ou la tristesse, l’angoisse, le rejet (…), l’enfant va investir différemment son corps et l’image de soi ». [4] Outre le fait que l’enfant « absorbe » les émotions qui lui sont ainsi transmises, intervient aussi la manière dont cette nourriture est donnée.

 

 

Une insécurité dans l’enfance

 

Longtemps, il a été question de fractionner les rations alimentaires en fonction d’un horaire stricte, ne tenant pas compte des besoins de l’enfant. Il en résultait une anxiété et une insécurité qui submergeaient le nourrisson livré à lui-même dans sa totale dépendance, puisque ne pouvant répondre seul à ses propres besoins. Ces attitudes, même si elles étaient le fruit d’une « mode », peuvent persister, et n’en relèvent pas moins d’une perte de bon sens ou d’une coupure avec l’instinct maternel et traduisent une problématique du lien. De la qualité de la structure du Moi de la mère, de son histoire, dépend la relation, le lien qui s’établira avec l’enfant.

 

Quelle est l’attitude de la mère face à un être dépendant et vulnérable comme son enfant ? Va-t-elle répondre à ses besoins, ou bien va-t-elle inconsciemment le frustrer, faisant ainsi écho à ses propres frustrations ? Plus tard, dans son éducation, l’enfant sera-t-il accompagné dans la réalisation de ses besoins et de son individualisation ou bien va-t-il servir à combler les besoins de ses parents ? La confirmation de sa propre existence par la validation de ses besoins réels est le début de l’autonomie.

 

Et on le verra, l’écoute des besoins est capitale dans l’autonomisation et une des réponses à la problématique de la dépendance. Mais déjà, il est important de comprendre que cette dépendance se met très tôt en place, et qu’elle symbolise une fusion avec une histoire qui reste incomprise et non résolue, qu’elle est liée à un sentiment d’insécurité qui cherche à être comblé, « annulé », par une substance ou une autre personne.

 

 

Une dépendance parfois exogène

 

Maintenant, il n’est pas exclu que certaines dépendances, comme celle du sucre par exemple, puissent être considérées comme « exogènes » au vu de l’industrie et des habitudes alimentaires modernes. En effet, l’appauvrissement de l’alimentation par le raffinage et l’ajout permanent de sucre dans des produits qui ne devraient pas en contenir, favorisent un phénomène de dépendance dont les effets sont de plus en plus menaçants pour la santé humaine.

 

Le sucre se retrouve en effet partout et même les personnes qui, au départ, ne sont pas des « becs sucrés », voient insidieusement leur consommation augmenter : sauces, mayonnaises, charcuteries, légumes surgelés préparés, plats salés préparés, bâtonnets de poissons, saumon fumé, compotes, médicaments,… il est difficile d’échapper à un ingrédient présent là où on ne l’attendait pas. Une mayonnaise « allégée » va parfois contenir 14 % de sucre ajoutés. Dans une cigarette, il peut y avoir jusqu’à 10 % de sucre. Et l’un des moyens de mesurer l’impact d’une drogue, même dite « douce », est l’augmentation de la glycémie dans le sang. Café, alcool, tabac, coca et sucre bien sûr, font augmenter le taux de sucre dans le sang, ce qui est à l’origine de cette sensation d’euphorie, de concentration, de bien-être, et de faim calmée. 

 

Le glucose est l’aliment de base de nos cellules et de notre cerveau. Consommer du sucre permet d’avoir une réponse rapide au niveau énergétique et crée un circuit « court ». La sensation de manque est vite comblée, mais disparaît vite aussi… Après le bien-être, c’est l’hypoglycémie, avec ses signaux de détresse qui appellent à consommer à nouveau du sucre : un vrai phénomène de drogue donc. Par ailleurs, ce type d’aliment ou de substance, crée un schéma où l’on va sans cesse chercher « à l’extérieur » les ressources qui nous seraient nécessaires, exactement comme lorsqu’on ne pouvait compter « que » sur maman.

 

En consommant sans cesse et toujours plus, nous sommes projetés à l’extérieur de nous-mêmes, décentrés, au point de ne plus pouvoir sentir que c’est notre propre métabolisme, notre rapport à la nourriture, à nous-mêmes et aux autres qui va pouvoir combler nos besoins. Dans ce type de dépendance, il suffira peut-être simplement d’une prise de conscience, d’un recadrage, de lire les étiquettes des produits, de mieux choisir ses aliments pour retrouver rapidement une stabilité. Avec une alimentation saine, complète, qui stabilise la glycémie, le corps va se trouver en sécurité et va pouvoir faire confiance à ses ressources « intérieures ».

 

 

Un accompagnement holistique

 

Quelque soit la dépendance, alcool, café, tabac, alimentation, une stratégie globale s’impose. Pour accompagner une personne en dépendance, la naturopathie pourra apporter des réponses, à condition de concevoir cet accompagnement de façon holistique, c’est à dire en prenant en compte différents plans, du plus subtil (spirituel) au plus dense (physique). Si une partie, une fonction, un plan de notre être est inhabité, déserté, alors il ne peut être nourri correctement.

Pour répondre à la souffrance d’une personne en dépendance, il est nécessaire de nourrir le corps et l’âme. Aussi, l’accompagnement se fera en informant, en harmonisant, en accueillant des plans qui sont en souffrance ou mal intégrés, en fonction des priorités.

 

Au plan spirituel :

Il sera question ici de retrouver un idéal, une confiance en la vie. Confiance large qui permet de donner un sens à sa vie, de se réconcilier avec l’idée que l’on est unique, et de se connecter à nouveau au ciel et à la terre. L’être humain, lorsqu’il comprend qu’il est un pont entre le ciel et la terre, retrouve aussi la place qu’il a dans ce monde.

 

Au plan social :

Il est question à ce niveau là de changer ses croyances et son rapport aux autres, car le sentiment d’estime de soi n’est pas seulement une qualification individuelle -« qui suis-je »-, mais un rapport aux autres : « qui je suis par rapport aux autres, que sont les autres par rapport à moi » [5]. Il faut donc à nouveau développer son sentiment d’appartenance, qui est un point d’appui pour construire un projet, pour extérioriser sa pulsion de vie et avoir le sentiment d’exister.

 

Au plan psychologique :

Tout d’abord, en fonction de la gravité des symptômes, il faudra engager la personne, si ce n’est déjà fait, à être suivie sur le plan psychologique et à travailler la problématique de sa dépendance. Mais parallèlement, on pourra la soutenir avec un travail destiné à reconstruire la sécurité, la confiance, l’estime de soi, le sentiment de valeur. L’estime de soi est capitale, on peut la considérer comme le système immunitaire du psychisme. Le sentiment de valeur est lié à la validation des besoins, à l’exploration des désirs et à l’accueil inconditionnel des émotions. C’est en accueillant les émotions autrefois refoulées que l’on peut à nouveau retrouver la trame de son histoire. Les émotions sont des agents de renseignement qui nous informent sur des besoins non satisfaits. Etre à leur écoute est donc le moyen le plus sûr de retrouver la confiance et le chemin vers soi. On encouragera et valorisera les prises de risque, parfois pour de toutes petites choses, car à chaque prise de risque, on lâche une peur, on accepte de rompre un attachement.

 

Parmi les techniques complémentaires, l’Olfactothérapie® permettra à la fois de contacter des émotions oubliées ou inaccessibles autrement, mais aussi, grâce à une odeur aimée que l’on pourra sentir en permanence, servir de « leurre » olfactif qui agira comme un substitut sensoriel et aidera au sevrage.  

On pourra aussi orienter la personne vers une autre technique, l’haptonomie, qui, en travaillant sur la mémoire du toucher affectif, rétablit en profondeur la sécurité de base.

 

Pour soutenir ce plan, on pourra donner de la griffonia simplicifolia, plante dont l’actif principal est un précurseur de sérotonine, ou du millepertuis si un état dépressif est présent. Pour renforcer l’autonomie par l’affirmation de soi, on pourra prendre en élixir floral « centaurée », « plumbago », ou « pommier sauvage » pour assainir ses perceptions et éliminer les idées polluantes et restrictives. Mais ici, il faudra tenir compte de l’histoire de chacun pour vraiment connaître les remèdes les mieux adaptés.

 

 

Au plan physique :

  • ·        Pour redonner au corps un sentiment de sécurité, il faut le nourrir correctement. Le cerveau étant l’organe le plus concerné dans la gestion de la dépendance, il conviendra donc de bien le nourrir avec des huiles exclusivement végétales, de première pression à froid, bio, et en particulier celles riches en oméga 3 comme l’huile de colza. Il conviendra de privilégier une alimentation hypotoxique, dépourvue d’excitants (qui sont généralement l’objet de la dépendance : alcool, café, sucre, tabac, coca…), mais capable de nourrir le corps en profondeur, avec l’introduction de légumineuses, de céréales complètes et d’oléagineux qui faisaient probablement défaut. La clé de voûte de cette nouvelle alimentation sera bien sûr la mastication, car elle seule va pouvoir déclencher le sentiment de satiété, remettre en contact avec le plaisir (paradoxalement absent) et donc, petit à petit, réinstaller un sentiment de sécurité. Alimentation saine, sommeil réparateur, oxygénation, répondent aux besoins vitaux de l’organisme et la sécurité commence par la satisfaction de ces besoins là. 
  • ·        Parallèlement, il est souhaitable de soutenir la fonction de désintoxication du foie, avec de la taurine par exemple, acide aminé soufré qui a l’avantage de fixer le magnésium (utile en cas de stress), et qui agit comme un neuromodulateur de certaines activités cérébrales.
  • ·        Il sera probablement utile de renforcer la flore intestinale, avec des pré et pro-biotiques, peut-être d’avoir recours à des irrigations coloniques, autant pour nettoyer l’intestin des toxiques accumulés que des vieilles mémoires qui ont laissé leur trace. Au quotidien, on pourra prendre de l’argile, 1 cuillérée à café dans un verre d’eau à laisser reposer toute la nuit et à boire le matin au lever.
  • ·        La chlorella, cette algue bleue à la très grande richesse nutritive, sera ici surtout utilisée pour son très haut pouvoir antitoxique.
  • ·        Pour favoriser la désaccoutumance à toutes les drogues, on prendra du kudzu, cette racine qui, consommée en cure, entraîne une diminution de la consommation d’alcool et de cigarettes. On a observé que l’alcool et la nicotine agissent sur les même récepteurs nerveux que les actifs de la plante.
  • ·        Si la dépendance est plutôt au sucre, il conviendra de soutenir la fonction rate/pancréas, avec du chrome qui favorise la tolérance au sucre (maintien d’un niveau normal de glucose sanguin) et qui intervient dans le métabolisme des lipides, et l’association de « Zn-Ni-Co » en oligo-éléments.
  • ·        Une activité physique quotidienne, ou au moins 3 fois par semaine sera un bouclier naturel contre le stress en évacuant les tensions, ces tensions qui poussent justement à consommer excessivement certains produits. De plus, une activité en plein air, à la lumière du jour, est importante pour informer la pinéale, glande régulatrice du rythme biologique et qui sécrète la mélatonine (dérivée de la sérotonine).
  • ·        Les bains dérivatifs, en remobilisant les fascias et les toxines qui y sont stockées, permettront d’assainir l’organisme. 
  • ·        Le massage pourra constituer un support privilégié pour retrouver un sentiment d’unité corporelle, réduire le stress et se réapproprier son ressenti.
  • ·        Des techniques comme l’acupuncture pourront aider au sevrage (auriculothérapie pour le tabac par exemple) et soutenir les organes dans leur fonction (assimilation, élimination). Pour la médecine chinoise, les organes ont aussi une fonction psychique, et soutenir le « rein » par exemple, permettra de réduire les peurs qui lui sont associées énergétiquement. Si un chagrin ancien subsiste, le poumon sera concerné puisqu’il gère la tristesse.

 

Bien entendu, l’aide de compléments alimentaires ou de biothérapies constitue une facilitation pour commencer un travail vis à vis de la dépendance, mais il est clair que l’hygiène alimentaire et l’hygiène de vie globale, qui seront peut-être plus longues à mettre en place, sont les garants d’une stabilité qui, une fois obtenue, sera acquise dans le long terme. La vie n’est pas linéaire, des rechutes sont toujours envisageables, elles sont aussi parfois riches d’enseignement et permettent de traverser une nouvelle étape vers l’autonomie. Et le moyen d’obtenir cette autonomie, c’est d’investir dans des stratégies physiques et psychiques qui s’inscrivent dans la durée et vont ancrer de nouveaux comportements au plus près de soi.

 

 

 

M T

Praticienne de Santé Naturopathe

Article paru dans "Biocontact"

 

 

Des besoins hiérarchisés

C’est le psychologue Abraham Maslow qui, dans les années 50, a mis en évidence l’importance des besoins humains et les a hiérarchisés sous forme d’une pyramide. Ce principe de hiérarchie suppose qu’un nouveau besoin (supérieur), n’émerge que lorsque le (ou les) besoin inférieur a été relativement satisfait. A la base se trouvent les besoins primaires et essentiels (tels la survie et la sécurité), et plus on s’élève, plus il s’agit de besoins qui émergent une fois que ceux du dessous sont assouvis. Ne demandez pas à un être humain d’être préoccupé par son accomplissement personnel s’il manque de sommeil, de nourriture, de boisson ou s’il est en danger… Ce sont des besoins considérés comme primaires, essentiels à la survie. Néanmoins, certains besoins, comme les besoins affectifs, bien que considérés comme « secondaires » sont tout aussi vitaux. En effet, un enfant privé d’affection ou séparé de sa mère est en danger et sa survie est même menacée. René Spitz a observé les enfants placés en institution, et a constaté que la mortalité et les maladies étaient plus importantes chez ces enfants, bien qu’ils recevaient des soins. Il a d’ailleurs nommé ce syndrome « l’hospitalisme ».

Mais que ce soit pour Maslow ou Carls Rogers, l’être humain est un être de transcendance et a besoin de s’accomplir, d’aller vers la croissance et l’épanouissement de son potentiel inné. Cette tendance ne peux s’exprimer que si l’individu prend conscience de ses vrais besoins, besoins auxquels il n’a accès que s’il a reçu un « regard positif inconditionnel » lui donnant le sentiment d’être aimé et respecté. Ce besoin inaliénable de transcendance est le besoin d’une vie signifiante (value-life) qui pousse l’être humain au-delà de ses limites habituelles.

 

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 Nous devons satisfaire nos premiers besoins avant de nous élever dans la hiérarchie des besoins.



[1] Boris Cyrulnik, in Psychologies n° 206

[2] Arthur Janov, in Le corps se souvient, Ed. du Rocher

[3] B. Cyrulnik in Médecines Douces, sept 94

[4] cité par E. M. Lipiansky in L’identité, Ed. Sciences Humaines

[5] Jean-François Gossiaux, in L’identité, Ed Sciences Humaines

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 21:45

 

Notre physiologie est sous dépendance de nos émotions. Nos symptômes traduisent le plus souvent une difficulté à intégrer les événements de la vie. Pour faire face au stress, une bonne hygiène de vie, qui inclut une clarification émotionnelle, est indispensable.

 

Dès notre naissance, la qualité de notre santé dépend de différentes fonctions physiologiques, dont la fonction alimentaire qui, à travers la digestion et l’excrétion, permet l’assimilation des nutriments utiles à la croissance et l’entretien de l’organisme. Mais il serait trop simple de penser que la totalité de ce que nous absorbons profite à notre corps. Le substrat de ce long processus dépend de la façon dont nous digérons et assimilons, c’est à dire que la qualité et la quantité des nutriments vraiment utilisés sont soumis à d’autres facteurs, à la fois physiologiques, chimiques, et psychologiques.

 

 

Une assimilation sous contrôle

 

L’état de notre psychisme va conditionner la réussite de ce processus de digestion. En effet, la digestion est sous dépendance du système nerveux, en particulier du système nerveux végétatif ou « autonome », système qui fonctionne sans notre volonté. Il est donc directement relié à notre inconscient. Ce système est lui-même fortement influencé par les émotions et le stress. De cette interaction peuvent naître des dysfonctionnements, des troubles psychosomatiques, des symptômes qui, au départ, n’auront pas pour cause majeure la biologie, mais auront une forte incidence sur elle. Car ne pas pouvoir s’adapter aux conditions de stress, c’est mettre en péril notre équilibre physiologique et psychique. Pour cela, il faut comprendre comment le stress sollicite notre organisme.

 

La réponse au stress se fait au niveau du système hormonal et nerveux, celui-ci étant composé du système volontaire et du système végétatif. Ce dernier est constitué de deux branches, ayant chacune des fonctions distinctes. L’orthosympathique (ou sympathique) est associé à la réponse au danger, au stress, à la dépense d’énergie. Le parasympathique est associé à la détente, la recharge organique, la récupération, la digestion. Le stress constitue un message qui met en jeu une fonction (dépense d’énergie) qui contrarie celle de la digestion (assimilation). En phase de stress aigu, le système sympathique va interrompre les sécrétions digestives, la motilité de l’estomac et de l’intestin est réduite, les muscles sont en constriction, certains sphincters sont fermés, empêchant la vidange gastrique ou provoquant la constipation.

 

Le stress carence l’organisme

De plus, pour faire face à toutes ces réactions chimiques, l’organisme consomme une grande quantité d’enzymes, de minéraux et l’oligo-éléments, confisquant et sacrifiant ainsi des substances nécessaires à d’autres fonctions. Le stress est un grand acidifiant et producteur de radicaux libres, qui eux aussi « coûtent » en réserves (vitamines C et E, polyphénols, cuivre, zinc, manganèse et sélénium) et peroxydent les lipides. Par voie de conséquence, les membranes cellulaires sont endommagées et n’assurent plus correctement leur fonction d’échange pour une bonne assimilation. La cellule nerveuse est essentiellement entourée de lipides et les réponses au stress n’en seront que plus difficiles encore, un bon équilibre nerveux nécessitant l’apport suffisant d’acides gras polyinsaturés. La muqueuse intestinale devient perméable et n’assure plus son rôle de barrière et de sélection.

C’est le début d’un cercle vicieux : l’organisme carencé va, au mieux, tenter de compenser en envoyant des ordres au cerveau pour recevoir plus de nutriments (donc plus de nourriture), il va s’affaiblir et être moins performant face au stress. Notons que les personnes les plus perméables au stress, et dont les manifestations neurovégétatives et endocriniennes sont les plus perturbatrices, sont celles qui expriment et extériorisent le moins leurs sentiments et émotions. On voit que non seulement le stress aura des répercutions différences d’une personne à l’autre, mais que la gestion des émotions est capitale pour l’équilibre digestif. Les symptômes liés au système digestif vont nous parler de notre difficulté à avaler, à assimiler les expériences de notre vie. « Cela m’est resté sur l’estomac »… Le langage populaire a très bien su mettre en mots le sens de nos souffrances.

 

Digérer le monde

Si nous suivons la progression du tube digestif, pour commencer regardons ce qui va se passer au niveau de la bouche. En état de stress, nous ne prenons plus le temps de mastiquer. Sans mastication, l’action de la ptyaline au niveau de la bouche ne peut se faire sur les amidons qui seront imparfaitement dégradés et fermenteront dans l’intestin. La plupart du temps, le stress nous fait avaler « n’importe quoi », une nourriture qui vient étouffer des émotions trop fortes ou inconscientes, le plus souvent à base de sucre, fournisseur d’énergie rapide et symbole des saveurs sucrées primales (liquide amniotique et lait maternel). En ne gardant pas assez longtemps les aliments en bouche, les informations subtiles ne peuvent parvenir au cerveau, qui à son tour ne peut analyser et envoyer les bons messages de digestion.

 

Au niveau de l’estomac, les ruminations, la non acceptation du monde extérieur, la nécessité de « digérer un événement », l’inquiétude, vont créer des troubles allant de l’aérophagie en passant par la hernie hiatale ou l’ulcère, où la sécrétion d’acide chlorhydrique ira jusqu’à attaquer la muqueuse. C’est la solution de l’organisme pour détruire ce qui est extérieur à nous, nourriture ou, symboliquement, événement trop lourd. N’oublions pas que le stress diminue la motricité du tube digestif alors que l’estomac doit malaxer les aliments. Ceux-ci vont donc stagner. L’estomac va tenter de les dissoudre avec une arme efficace : un suc digestif avec une acidité de pH 2.

 

Le stress diminue l’amplitude de la respiration. Le bol alimentaire est moins bien oxygéné, ce qui empêche l’oxydation des aliments, autre façon de débuter la dégradation. Le diaphragme, tendu et peu mobile, ne va plus masser les organes sécréteurs (pancréas, vésicule biliaire) qui seront de moins en moins stimulés mécaniquement.

 

D’un côté, la rate et le pancréas vont nous parler de notre rapport au passé, à la douceur, au plaisir , aux règles et aux normes. Le sucre, géré par ces organes, évoque le besoin de reconnaissance, la récompense lorsque, enfant, nous étions « sages » et « conformes ».

 

De l’autre côté, le foie et la vésicule biliaire, sont associés le plus souvent à une émotion comme la colère. Celle-ci va bloquer la fonction hépatique, provoquer des symptômes tels hémorroïdes, migraines, spasmes de la vésicule, engorgement de la veine porte et donc difficultés de circulation de retour. Les colères rentrées vont densifier l’énergie, risquant de créer kystes, boues ou calculs biliaires, cirrhoses, cancers. « Je me fais de la bile », traduit bien notre inquiétude qui va se loger à ce niveau-là. Le foie est un élément clé dans la réponse au stress. Le glycogène stocké dans le foie est libéré afin de produire rapidement de l’énergie, ainsi la glycémie peut devenir instable et entraîner des compulsions alimentaires pour compenser les sensations d’hypoglycémie. Déréglée, la fonction hépatique peut provoquer un désordre du métabolisme des lipides (triglycérides, cholestérol) ou du métabolisme des hormones métabolisées dans le foie, entraînant à son tour des troubles ovariens ou gynécologiques.

 

Trier le bon et le mauvais

Au niveau de l’intestin grêle, l’organisme va faire le tri entre l’assimilable et le non-assimilable. Est-ce que dans mon rapport à la vie, je sais garder ce qui est bon pour moi ? Est-ce que je sais faire des choix, trier, sélectionner ? Est-ce que j’accepte de laisser partir ce qui ne me nourrit pas ?

Et enfin, au niveau du colon, grand éboueur de notre organisme, va se conclure le processus d’assimilation. C’est ici que le non-assimilable est évacué. Mais ai-je assez conscience de ce que je ne peux pas assimiler, suis-je capable de lâcher, d’abandonner, d’être en sécurité ? Il faut pouvoir comprendre que ce qui sera lâché sera à nouveau remplacé si besoin, à condition d’avoir confiance. Si mes croyances s’opposent à cette confiance, s’il y a peur de manquer ou de se tromper, l’évacuation des matières et des expériences sera difficile, occasionnant des fermentations. C’est au niveau du colon que s’impriment de gros conflits manifestés par des pathologies comme la maladie de Crohn, la recto-colite hémorragique, l’inflammation des diverticules, etc. Le colon est l’endroit où les émotions non exprimées et non conscientes de l’enfance pouvaient se manifester. « Maman, j’ai mal au ventre », symbolisait tout ce que l’on vivait sans le comprendre.

 

L’impact du stress au niveau du gros intestin a un rôle majeur : il modifie considérablement la flore intestinale, cette flore dont les « bonnes » bactéries font aussi un merveilleux travail : digestion du lactose, meilleure assimilation des acides aminés essentiels, synthèse de nombreuses vitamines (K, B12, B9, H, B2, B5), inhibition de l’adhérence épithéliale de bactéries pathogènes, réduction de l’absorption de substances toxiques (ammoniac, amines et indoles), développement de la muqueuse intestinale, cette barrière naturelle entre notre intérieur et l’extérieur. 

 

A chaque niveau du tube digestif, le stress laisse son impact. A chacun d’être à l’écoute de ses symptômes, en lien direct avec les événements de sa vie, et de savoir au mieux diminuer l’impact du stress. Pour maintenir une assimilation optimum et être moins perméable au stress, quelques règles d’hygiène s’imposent.

 

-         La qualité de l’alimentation : biologique elle est plus riche en nutriments et exempte de produits toxiques (engrais, pesticides, etc.). Crue, elle va apporter des enzymes, indispensables au catabolisme, et économiser nos enzymes endogènes. Les aliments à index glycémique faible vont réguler la glycémie et permettre d’être plus stable face au stress, comme les « bonnes huiles » bio, de première pression à froid, source d’oméga 3 (colza). Tout ce qui entre dans notre corps nous construit, tant au niveau physiologique que psychique. Il a été démontré que le stress d’un animal est gardé en mémoire dans sa chair. Ainsi, nous pouvons hélas « manger du stress ».

 

-         La mastication : sans insalivation et sans broyage préalable des aliments, le corps n’a pas accès à la totalité des nutriments et nous mettons notre estomac en « détresse », nous ajoutons du stress au stress. Au lieu de prendre des compléments alimentaires, cherchons plutôt à obtenir une meilleure biodisponibilité de ce que nous avalons. La mastication entraîne la satiété qui est source de plaisir. Et le plaisir n’est-t-il pas une belle anti-dote au stress ?

 

-         Le stress entraîne une dystonie neuro-végétative que l’on pourra réguler par des oligo-éléments : manganèse-cobalt (Mn-Co), des biothérapies : glauconie D8 en lithothérapie , ficus carica, Bg, MG 1D en gemmothérapie pour agir sur la sphère nerveuse et gastrique. Ceci n’est qu’une trame à adapter en consultation avec un thérapeute.

 

-         Et bien sûr, mettons en place une hygiène comportementale, en trouvant le temps de pratiquer relaxation, respiration, méditation, sport de détente et en ayant un bon sommeil réparateur.

Enfin, pour cesser d’être en vigilance permanente, il est nécessaire de changer notre vision du monde. C’est le début d’un questionnement intérieur : quel est mon système d’assimilation, qu’est-ce que je sais assimiler ou pas, quelle est ma manière d’aimer ? Car aimer, c’est prendre, c’est assimiler la vie et les être humains en acceptant l’altérité.

 

 

MT

Article paru dans "Biocontact"

 

 

 

 

 La psychosomatique

 

Ce lien psychosomatique à mis du temps avant de voir le jour dans le monde de la santé. Pour arriver à cette évidence, il a d’abord fallu au 19e siècle les premières observations de François Magendie qui étudia la physiologie du système nerveux, puis de Harvey Cushing qui mis en évidence l’origine nerveuse de l’ulcère de l’estomac, et de René Leriche qui décela une cause nerveuse à l’origine de nombreuses lésions organiques, de désordres vasculaires, de la douleur et des spasmes, par simple irritation du système nerveux sympathique. Il faut bien sûr citer Walter Cannon, père de l’homéostasie, qui s’intéressa aux troubles fonctionnels déclenchés par la régulation du système nerveux face aux émotions, et Ivan Pavlov, qui très tôt consacra ses recherches aux fonctions digestives et à l’importance de la répétition des stimuli dans le comportement des individus.

Enfin, au 20e siècle, Hans Selye étudie les réactions de l’organisme face aux nuisances de la société moderne, Reilly révèle le syndrome d’irritation du système nerveux sympathique, établissant que toute irritation violente des fibres sympathiques pouvait entraîner une « explosion vasculaire », allant de la simple congestion aux hémorragies et conduisant à l’apparition de lésions graves de divers organes, l’intestin, le foie, les reins. Il démontre ainsi l’importance de l’innervation viscérale, et préconise, non pas de renforcer les défenses de l’organisme (déjà fortement mises à contribution par le système sympathique), mais au contraire de les interrompre transitoirement (hibernation artificielle). Il faut bien sûr évoquer Henri Laborit et ses travaux sur le système nerveux végétatif qui l’amèneront à dire que la pathologie est le résultat de la mise en jeu d’un système de défense face aux événements de notre existence. C’est ainsi que l’impact du stress sur la santé a pu être reconnu.

 

 

 

 

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 21:12
Changer malgré les résistances - Michèle Théron

 

Le changement, processus compliqué et parfois douloureux, est impossible sans une mutation intérieure aidée par un regard nouveau sur soi-même et sur les autres.

 

Nous sommes tous concernés par le changement. La vie même est synonyme de changement. N’est-ce pas Bouddha qui disait : « Il n’existe rien de constant, si ce n’est le changement » ? !

 

Notre simple existence au sein d’un environnement qui exerce sa pression sur nous, nous oblige en permanence à évoluer et à nous adapter. Le changement nous sollicite à tous les niveaux : personnel (dans notre démarche individuelle), familial ( en tant que parent, pour aider nos enfants à grandir, pour se libérer du poids du passé ou pour évoluer dans notre couple), professionnel (les bouleversements techniques ou législatifs, l’évolution de notre carrière, la motivation), thérapeutique (comment être un accompagnant qui favorise le changement de l’autre), sociétal (les choix politiques, l’évolution des mentalités, la « modernisation »), ou spirituel (changer notre niveau de conscience, être capable de dire « oui » à la vie et d’accepter toutes les étapes de notre existence, -naissance, maturité, renaissances, vieillesse, mort-).

 

Le changement est un processus à la fois « quantitatif » et « qualitatif ». C’est par l’acquisition de différents savoirs, savoirs-faire, savoirs-être, qu’un individu peut être pris dans un mouvement qui va le mener petit à petit vers un autre point. Ce mouvement est soumis partiellement à sa volonté et lui échappe aussi en grande partie. Cette absence de maîtrise totale du mouvement tient, entre autres, à la nature même de l’individu : il répond à des lois biologiques, universelles, qui le placent dans un contexte, un environnement, auxquels il répond.

 

Nous sommes pris entre deux forces

 

Mais, liée inévitablement au changement, s’impose aussi une autre force : la résistance à ce même changement. Cette force, pour la psychanalyse, se définirait comme ce « qui s’oppose à la prise de conscience de ce qui a été refoulé ». Et nous sommes pris en permanence entre ces deux mouvements : l’un qui nous fait aspirer au changement, à l’évolution, à la résolution de nos problématiques, et l’autre qui nous en éloigne, qui résiste à toute action s’exerçant sur nous-mêmes et aspire à l’inertie. Cette contradiction entre la pression exercée par l’environnement, les événements, le mouvement de la vie, et la pression d’opposition exercée par l’individu qui résiste, n’est pas sans créer une certaine tension, voire une souffrance ! Notre peur de perdre, notre difficulté à lâcher la rébellion, l’orgueil, l’image, le pouvoir, les sécurités, les bénéfices, les croyances sont autant d’éléments qui agissent comme des freins.

 

Dans cette seconde dynamique, s’inscrivent toutes nos croyances obsolètes, tout ce qui fait obstruction à la nouveauté, à l’inconnu, à l’inattendu, à ce que nous ne pouvons pas maîtriser. En effet, l’être humain, dans sa biologie même, par le jeu de l’homéostasie, vise en permanence un équilibre en maîtrisant son environnement (molécules, éléments, événements, personnes,…). Pas étonnant donc, qu’il soit parfois si compliqué d’accoucher de notre désir de changement, lorsqu’il est entravé par le contrôle et par nos peurs. Sénèque disait « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ».

D’abord, se connaître

Et la première raison qui nous empêche de dépasser nos peurs, reste la non connaissance de nous-mêmes. « Continuer à souffrir sans améliorer son sort n’est pas de la patience, c’est de l’ignorance », disait Margaret Mead. Pour changer, nous ne pouvons pas faire l’économie de sonder nos profondeurs. Il faut plonger dans nos ombres, notre passé, notre héritage, nos valeurs et notre vision du monde. Il faut oser se décentrer par rapport à tout ce qui a été acquis, pour accéder à du neuf. Il faut cesser d’incriminer le monde comme responsable de notre incapacité à changer ou à aller mieux. Car le monde, c’est nous, et bien des grands sages nous l’ont dit.

 

Tout d’abord Gandhi, qui affirme : « Nous devons être le changement que nous voulons voir dans ce monde ». Ensuite, Krishnamurti qui disait : « La transformation du monde est provoquée par la transformation de soi-même, car le soi est le produit et une partie de tout le processus de l'existence humaine. Pour se transformer soi-même, la connaissance de soi est essentielle, sans vous connaître il ne peut pas y avoir de transformation. »

Impossible donc d’échapper à la responsabilisation, à l’engagement et à la quête de soi…

 

Se mettre en cohérence avec la vie

 

Et nous sommes aidés en cela par la vie, la vie qui est toujours plus forte que l’individu. Un certain nombre d’événements s’imposent à nous parfois sous la contrainte et agissent finalement comme des facilitateurs de changement. Les frustrations, la souffrance, la maladie, les ruptures, agissent comme des moteurs pour nous mettre dans le mouvement de la vie, en attendant que notre besoin d’intégrité intérieure et que le contact avec notre pulsion de vie réveillent notre moteur intérieur et nous mettent en cohérence avec la vie. En effet, à défaut de dire un « oui » inconditionnel à la vie, nous sommes placés face à des événements que nous allons vivre de façon douloureuse et qui vont nous obliger à changer, à trouver de nouvelles ressources. Nous y serons « contraints », peut-être jusqu’à ce que nous décidions d’anticiper les événements et de changer par nous-mêmes.

 

C’est notre degré d’ouverture qui va déterminer la force des événements auxquels nous seront confrontés, c’est lui qui va nous permettre de « digérer » avec plus ou moins de facilité l’impact de ce qu’il nous faut intégrer comme nouveau, et qui nous faisait défaut jusqu’alors. Faut-il comprendre que la force de l’impact des événements qui nous est imposée est proportionnelle au manque de cohérence qui nous habitait, ou encore, proportionnelle au niveau de conscience qui était à atteindre ? Chaque épreuve dépassée, chaque transformation assumée, sans regret, sans douleur, sans rancune, nous ouvre en effet à un niveau de conscience supérieur, à un élargissement qui est un gain extraordinaire, tant sur le plan personnel que dans notre rapport aux autres et au monde.

 

Une résistance inévitable

 

Néanmoins, ne fustigeons pas non plus les résistances. Elles sont l’expression, dans un premier temps, d’une intelligence qui nous permet de vivre (même dans la survie), quand nos capacités d’adaptation sont dépassées. La résistance est en effet un temps de maturation nécessaire à l’évolution, qui permet à l’individu d’intégrer les nouvelles données qui vont modifier son être, son environnement et toucher son intime.

C’est parfois lentement qu’il faut réapprendre à accueillir la vie, quand autrefois elle nous avait blessés et laissés dans des retranchements destinés à nous protéger d’elle. Il faudra parfois du temps pour accueillir à nouveau les événements en respectant nos capacités d’intégration, au risque de maintenir certaines résistances en place.

 

Mais il nous faut surtout entamer un processus intérieur, un mouvement qui va autant au cœur de nous-mêmes que vers l’extérieur. Une démarche qui amorce un changement sera facilitée par l’écoute, la reconnaissance et la validation de notre vécu. Légitimité, droit à l’erreur, bienveillance, respect, empathie, sont autant d’éléments qui permettront de retrouver un sentiment de sécurité intérieure et de reconquérir l’estime de soi, sans laquelle il est difficile de changer.

 

Retrouver et aimer le féminin intérieur

 

Changer, c’est s’aimer, s’aimer pour ses erreurs, ses incohérences passées, et se pardonner d’avoir eu des limites. Changer, c’est s’aimer dans notre capacité à grandir, c’est se vouloir plus grand, même si cela prend du temps. Changer, c’est aimer la vie et avancer avec elle. Changer, c’est aussi le moment de prendre conscience de notre besoin des autres, sans lesquels nous ne pouvons exister, même dans une démarche d’individuation. Les autres peuvent alors devenir un contexte facilitant, alors qu’autrefois ils étaient vécus comme une contrainte ou une possible blessure. Ils deviennent des vecteurs pour notre transformation et leur présence prend un sens tout particulier dans notre vie, en nous obligeant à être impliqués et conscients.

 

Cette conscience ne pourra s’appuyer que sur la restauration de notre monde intérieur qui est l’autre face, inconsciente, de notre potentiel. C’est notre féminin intérieur, à nouveau « épousé », qui nous permettra l’accès à notre transformation, qui sera alors une véritable mutation. Car ce « féminin de l’être », est « prodigieusement riche d’énergies potentielles » (1).

 

Cette nouvelle conscience est le fruit d’un contact constant avec notre ressenti, moteur interne et individuel, qui permet à chacun de trouver la voie juste pour lui.

Car, comme le disait Ibn El Arabi (2), « Tu es toi-même le but de ta quête ».

 

 

MT

Article paru dans "Objectif Notre santé", "Biocontact"

 

(1) Annick de Souzenelle, « Pour une mutation intérieure », Ed Le relié

(2) Ibn El Arabi, philosophe et mystique arabe mort en 1240, auteur de plus de 400 ouvrages.

 

 

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 20:44

Des ennemis qui œuvrent en sourdine

 

 

Notre nourriture, de plus en plus industrielle, se trouve dénaturée par des additifs pas toujours inoffensifs. Au fil des années, elle devient de moins en moins une source de richesse et a du mal à garder notre confiance. Voici deux hôtes à scruter à la loupe !

 

L’alimentation a toujours été préparée pour avoir un goût agréable, et les accompagnements furent longtemps naturels, comme le sel, le poivre, la moutarde, l’huile, les épices. L’industrie alimentaire s’est malheureusement enrichie ces dernières décennies d’une considérable panoplie d’additifs et d’adjuvants, dont le seul mérite, à part celui de tromper le goût, l’odorat ou la vue, est d’être peu onéreux, et de favoriser ainsi une production bon marché.

 

Colorants, stabilisants, conservateurs, arômes, acidifiants, émulsifiants, agent de sapidité, sucre inverti,… la liste est longue de ces nouveaux ingrédients que notre organisme doit ingérer et … digérer s’il le peut ! Répertoriés sous la lettre E suivie d’un nombre à trois chiffres, leur liste va du E100 au E900. Impressionnant… Mais peut-être en avez-vous déjà testé la presque totalité sans le savoir ! Sinon, courage, en remplissant votre caddie sans prêter attention aux étiquettes, vous y arrivez sûrement !

 

De E100 à E200, nous trouvons les colorants, de E 200 à E 400, les antioxydants et conservateurs, de E400 à E500 les agents de texture et de E500 à E900, les additifs divers. Parmi eux, le glutamate et l’aspartame ont depuis longtemps défrayé la chronique. L’un est présent pour relever le goût de la plupart des aliments salés, le second pour remplacer le goût sucré, sans les calories. Tous deux font intervenir des acides aminés et le Dr Russell L. Blaylock (1) a rassemblé près de 500 références scientifiques pour mettre en évidence comment un excès d’acides aminés libres (2) excitateurs est responsable de désordres neurologiques chroniques.

 

Le glutamate

A la fois acide aminé essentiel, transmetteur cérébral excitateur, additif alimentaire usuel, le glutamate est lourdement suspecté de neurotoxicité. Il a fait parlé de lui il y a quelques années déjà, avec le fameux « syndrome du restaurant chinois », touchant sélectivement les individus venus se délecter de quelques plats exotiques. Chez certaines personnes sensibles, le repas peut provoquer une soudaine migraine, de violentes nausées ou encore une éruption cutanée, des éblouissements, voire une faiblesse confinant à la pseudo-paralysie.

 

Le glutamate ou acide glutamique est un acide aminé neurotransmetteur omniprésent dans le cerveau et qui y joue un rôle majeur de transmission et amplification des messages entre neurones. C’est à ce titre qu’il serait impliqué dans de nombreuses maladies dégénératives du cerveau ainsi que dans la mort cellulaire.

Premières découvertes

Se basant sur les concentrations importantes de glutamate dans le cerveau, on donna dans les années 1940 de fortes doses de glutamates à des enfants atteints de retard mental pour améliorer leurs performances.

A la fin de la guerre, on constata les premiers effets secondaires du glutamate sur l’organisme. Ainsi des patients traités par des solutions orales ou intraveineuses étaient sujets à de violentes nausées et vomissements. Deux articles, parus en 1947 et 1949 (3), mirent à l’index le glutamate utilisé dans les mélanges d’acides aminés pour traiter brûlés et dénutris chroniques.

 

En 1972, une première description du fameux syndrome commença à s’esquisser (4) et il fut défini cliniquement en 1968 sous le nom de syndrome post-sino-cibal, par les Drs Ho Man Kwok et Henry Schaumburg.

 

En 1969, John W. Olney, neurophysiologiste de Washington, constata que le glutamate pouvait passer dans le sang et provoquer des dégâts foudroyants dans l’hypothalamus. Quand le glutamate venu du sang atteint les neurones, ceux-ci laissent soudain entrer massivement calcium, sodium et eau bien au-delà de leurs possibilités physiologiques, provoquant une brutale dépolarisation du neurone, qui en meurt. Les neurones, en mourant, relâchent massivement le glutamate qu’ils contiennent dans le milieu extra-cellulaire, excitant d’autres neurones, qui meurent à leur tour. Ce phénomène en cascade observé est appelé excitotoxicité, à chaque fois que certains acides aminés, dont le glutamate, déclenchent cette réponse électrique nerveuse, conduisant au « suicide » des neurones.

 

La similitude entre les cellules bêta du pancréas et les neurones du cerveau (mêmes enzymes, du GABA et des microvésicules identiques) a permis de démontrer la présence du glutamate dans le pancréas et son action sur le diabète. Des chercheurs au CNRS-INSERM de Montpellier, s’appuyant sur cette ressemblance, ont mis en évidence cette action du glutamate sur le pancréas. Dans le diabète sucré, le système immunitaire produit des anti-corps contre le pancréas en détruisant une enzyme indispensable constituée à partir du glutamate. Ceci laisse à penser qu’il y a, dans le pancréas et le cerveau, le même récepteur du glutamate, et incite à la prudence quant aux médicaments qui ralentissent la maladie d’Alzheimer. Ceux-ci, efficaces sur le cerveau auraient des effets secondaires sur d’autres organes, par exemple en risquant de déclencher un diabète chez les malades.

 

Un caddie plein de glutamate…

Aux Etats-Unis, 20 000 tonnes de glutamate sont produites chaque année !

La liste des aliments qui en contiennent est longue et il vaut mieux lire les étiquettes… mais la législation n’oblige pas à préciser le type de sel utilisé. Vous pourrez le trouver aussi sous sa forme saline : « monosodium de glutamate », ou son diminutif E621.

Soupes en conserve ou en sachet

Plats cuisinés

Viandox

Cubes de bouillons ou d’assaisonnements

Nouilles chinoises

Condiments

Chips

Biscuits apéritif,…

 

 

L’aspartame

 

C’est un édulcorant de synthèse découvert en 1965, composé de deux acides aminés, la phénylalanine (50 %), l’acide aspartique (40 %), associés à 10 % de méthanol. Commercialisé aux Etats-Unis depuis 1974 et en France depuis 1988, sa découverte était une aubaine, car une solution de rechange par rapport aux cyclamates et à la saccharine interdits dans les aliments depuis qu’ils étaient suspectés d’entraîner des cancers.

Son pouvoir sucrant 180 fois supérieur au saccharose (à masse égale), en fait un produit précieux pour l’industrie agro-alimentaire, avec un coût bien inférieur au sucre. Sa qualité « hypocalorique » en a fait l’additif le plus répandu dans les produits diététiques, dans près de 9000 breuvages « light », ainsi que de nombreux aliments transformés.

Approuvé pour l’alimentation humaine depuis 1981, déclaré en 1993 apte à la cuisson malgré son instabilité chimique, il a pourtant fait l’objet de plus de 10 000 plaintes aux Etats-Unis – pays du « light »- pour des symptômes à caractère neurologique essentiellement. Des communiqués ont été émis dans les bulletins de U.S. Air Force pour mettre en garde les pilotes des risques encourus. En 1991, le National Institute of Health a publié un document énumérant pas moins de 167 raisons d’éviter l’aspartam. Comme le glutamate, la polémique est sans fin, car les études s’affrontent et se contredisent. En 1996, le Pr R. Walton de la Northeastern Ohio Universities, analyse l’ensemble des études produites sur l’aspartame.

 

Il met en évidence que sur 174 études, 74 étaient financées par l’industrie de l’aspartame et concluaient à son innocuité, alors que 83 des 90 études non financées relevaient plutôt des problèmes quant à son emploi. En Europe, le Comité Scientifique pour l’Alimentation Humaine (CSAH) a conclu que l’aspartame ne posait aucun problème de santé, faisant écho aux conclusions de l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments). Les doutes entourant le produit sont imputés à la « littérature » qui circule sur Internet, mais n’ayant « pas de fondement »…

 

Pourtant une quantité importante d’études ont été menées aux Etats-Unis, pays où les produits « light » ont vu le jour depuis longtemps et où leur utilisation est si excessive, que l’on comprend pourquoi les symptômes sont si fréquents. Les chercheurs à l’origine de ces études ont témoigné auprès de la FDA (Food and Drug Administration), du Sénat et se sont organisés pour collecter les informations. (5)

Mais étant donné que le propriétaire et fabricant d’aspartam se trouve être désormais Monsanto, et que cela lui rapporte des milliards de dollars chaque année, la pression sera probablement de plus en plus forte pour éviter d’y voir clair…

 

A ce jour, le seul problème reconnu est lié à la présence de phénylalanine dans l’aspartame. En effet, cet acide aminé peut ne pas être assimilé chez certaines personnes souffrant d’une carence enzymatique, empêchant de transformer la phénylalanine en tyrosine. La phénylalanine s’accumule alors dans le sang et devient dangereuse pour le système nerveux. C’est pourquoi elle est déconseillée aux enfants, aux femmes enceintes, et bien sûr aux personnes chez qui on a détecté cette maladie, la phénylcétonurie.

 

Des symptômes variés

  

Fatigue, changement d’humeur, perte de mémoire

Nausées, palpitations cardiaques

Prise de poids, désordres endocriniens

Dépression, crise de panique

Maux de tête, vertiges

Crampes musculaire, douleurs abdominales

Vision brouillée, perte d’audition

Urticaires

Asthme, difficultés respiratoires

Oedèmes,…

 

  

L’aggravation ou le déclenchement de maladies chroniques :

 

Tumeurs au cerveau,

Scléroses multiples

Epilepsie

Maladie de Parkinson

Maladie d’Alzheimer

Lymphome

Malformations prénatales

Fibromyalgie

Diabète

 

  

Des composés toxiques

 

L’aspartame (aspartyl-phenylalanine-methyl-ester) est composé de méthanol (alcool méthylique), de phénylalanine et d’acide aspartique. Le méthanol, lorsqu’il subit une oxydation catalytique, c’est à dire par exemple s’il est chauffé à 30°, se transforme en acide formique et en formaldéhyde. Ce dernier, longtemps suspecté, vient d’être reconnu pour son pouvoir cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Il est aussi sur la liste établie par la FDA comme produit chimique responsable de cancers. Le formaldéhyde cause des dommages à la rétine, s’oppose à la reproduction de l’ADN et provoque des malformations prénatales.

 

Le plus inquiétant, c’est que sa présence peut donc se développer dans n’importe quel aliment contenant de l’aspartame type « coca light », conservé à température ambiante et davantage encore dans les régions ou pays chauds. C’est pourquoi on suspecte l’aspartame dans la symptomatologie qui a accompagné le retour des soldats lors de la première guerre du Golfe. Ceux-ci avaient à disposition des boissons light, hautement chauffées par le soleil de l’Arabie Saoudite et présentaient des désordres similaires à ceux trouvés chez des individus intoxiqués aux formaldéhydes.

 

Toutes les études menées sur ces produits l’ont été sur des animaux de laboratoire et ne reflètent pas les dangers encourus par les humains. A l’heure actuelle, il n’existe aucune étude sur l’homme pour évaluer les effets mutagènes, tératogènes ou cancérigènes possibles d’une absorption chronique d’alcool de méthyl. (6)

Seule une récente étude effectuée sur le rat, a relancé la polémique. En effet, la Fondation européenne d'oncologie et de sciences environnementales "B. Ramazzini" à Bologne (Italie) a déclaré que "l'aspartame est un agent cancérigène", et qu’il entraînait une "augmentation statistiquement significative des lymphomes et des leucémies chez les rats femelles, lorsqu'il est administré à des doses très proches de celles auxquelles les êtres humains peuvent être exposés". (7) Ces résultats, conduits par le Dr Morando Soffritti, doivent paraître dans la revue médicale European Journal of Oncology.

 

La dose journalière acceptable (DJA) d'aspartame est actuellement fixée à 40 mg par jour et par kilogramme de poids corporel pour l'homme au sein de l'Union européenne et à 50 mg/kg aux Etats-Unis. Dans l’étude menée par l’équipe italienne, l'augmentation de la fréquence des lymphomes et leucémies chez les rates a été constatée dès l'équivalent de 4 mg/kg, alors que chez le rat mâle, la hausse n'est constatée qu'à partir d'une dose journalière correspondant à 5 000 mg/kg chez l'homme.

 

Quant à la phénylalanine, elle est naturellement présente dans le cerveau, mais on a observé que les personnes qui consommaient de l’aspartame, avaient un taux de phénylalanine excessif dans le sang. De plus, elle est suspectée de faire décroître le taux de sérotonine (hormone de bien-être), conduisant ainsi à des désordres émotionnels ou dépressifs.

Un autre dérivé du métabolisme de l’aspartame, la DKP (Diketopiperazine), a été étudiée par le Dr Olney. Il a constaté que lorsqu’elle été nitroazotée dans l’intestin, elle produisait un composant chimique causant des tumeurs au cerveau.

 

Quantités trouvées dans un échantillonnage de coca light suivant le mode de conservation, après 10 semaines

 

                                               Aspartam                     formaldehyde              DKP

Echantillon réfrigéré               0,058 %                   53,5parts/bilion             0.001 %

Température ambiante             0,051 %                    231 parts/bilion             0,002 %

Incubateur (40°)                    0,026 %                   76,2 parts/bilion            0,010 %

 

On observe qu’un stockage prolongé augmente considérablement le taux de formaldéhyde et qu’une température élevée augmente la DKP

 

 

Faux sucre mais vrais kilos

Autre point d’interrogation concernant l’aspartame, son effet sur la glycémie. Censé se substituer au sucre, en évite-t-il pour autant les conséquences physiologiques ? Car comment le cerveau et le pancréas réagissent-ils à l’apparition de cette saveur sucrée dans la bouche ? Il est possible qu’une dose massive d’insuline soit sécrétée en réponse au message sucré, et qu’elle se trouve ainsi produite sans pouvoir être utile. En tout état de cause, il est peu probable que le corps « comprenne » quelque chose : il est induit en erreur. Il est prévenu d’une arrivée de sucre, et finalement il n’y a pas de sucre à digérer. Il ne peut s’en suivre qu’une confusion dans les messages et les réponses. Là encore, certaines études tendraient à montrer que les personnes consommant de l’aspartame auraient davantage envie de manger, et que leur prise de poids serait plus significative par rapport à des personnes n’en consommant pas. C’est ce qu’a confirmé l’American Cancer Society après avoir suivi 80 000 femmes durant six ans.

Même mise en garde concernant les diabétiques, chez qui la consommation d’aspartame peut entraîner des crises plus fréquentes d’hypoglycémie et aggraver les symptômes diabétiques (cataractes, retinopathies, neuropathies, etc.)

Mais malheureusement, même sur ces accusations pour la glycémie ou le diabète, pas de « preuves » formelles aux dires des détracteurs, que des suppositions, pas assez « fiables ».

 

Les courses à la loupe

 

Comme tous les additifs, l’aspartam peut se trouver là où on l’attend, mais aussi là où on ne le soupçonne pas : plats plutôt « salé » par exemple. La seule garantie : scruter à la loupe des étiquettes, pour trouver son nom de code : E951 !

 

Boissons gazeuses ou dites « light »

Jus de fruits, sodas, boissons instantanées

Petits déjeuners instantanés

Chewing-gum, confiseries « sans sucre »

Rafraîchisseurs d’haleine

Desserts, confitures

Yaourts, glaces

Vinaigrettes, surgelés

Nombreuses préparations diététiques

Succédanés de repas

Compléments à base de plantes

Médicaments, sirops pour enfants, laxatifs

Vitamines (à croquer par exemple)

 

 

Par prudence, et davantage encore si l’on a un certain nombre de symptômes inexpliqués qui ne cèdent à aucun traitement ou aucune prise en charge, il est préférable d’arrêter toute prise de ces substances. Il est possible d’être extrêmement sensible à ces produits et d’être ainsi dans un mal-être inexpliqué. Après un arrêt d’une durée d’au moins un mois, on pourra observer quelles sont les améliorations. Les études tendent à montrer que les symptômes cèdent à l’arrêt des prises.

 

Quoi qu’il en soit, au milieu d’une polémique, le mieux est d’adopter une attitude de bon sens et de suivre le principe de précaution. Une alimentation saine est celle qui comporte, dans l’ensemble, des aliments produits par la nature et le moins transformés possible. Dès que nous sommes en présence d’ingrédients transformés, premièrement, nous n’avons plus aucun contrôle sur leur valeur ou leur qualité, deuxièmement, nous obligeons notre organisme à s’adapter et à digérer des molécules pour lesquelles il n’a pas été « programmé » et nous risquons de déstabiliser une homéostasie déjà bien fragile, et troisièmement, nous mettons en présence des molécules dont l’association est méconnue et peut être explosive. La chimie de notre organisme est complexe, c’est un équilibre subtil qu’il est préférable de ne pas déstabiliser inutilement.

 

Alors limitons les consommations superflues et essayons de reprendre le contrôle sur nos choix alimentaires. Ce n’est pas toujours facile face à la profusion de nourriture ou face à la tentation. Cela l’est encore moins quand il faut se transformer en détective de supermarché et prendre en filature des ingrédients qui agissent masqués ! Mais c’est à ce prix que nous pouvons préserver notre santé et en être responsable.

 

 

 

MT

Article paru en 2005 dans "Objectif Notre Santé"

 

  

 

(1)    Dr Blaylock, auteur de « Excitotoxines : the taste that kills » (Excitotoxines, le goût qui tue), Health Press

(2)   Acides aminés libres = non reliés aux protéines

(3)   Journal of Laboratory Clinical Medicine

(4)   Humar et Ghami

(5)   http://www.dorway.com/possible.html : site en anglais du mouvement Mission Possible International, sur les méfaits de l’aspartam, fondé par Betty Martini, Mission-Possible-USA@altavista.net

(6)   Il est recommandé de ne pas dépasser 7,8 mg/jour de méthanol, alors qu’une boisson édulcorée à l’aspartame en contient 56 mg.

(7)   AFP, 18 juillet 2005

 

Pour en savoir plus :

-          les travaux du Dr John W. Olney, neuroscientifique spécialisé dans les

           excitotoxines

-          http://sm.coppier.free.fr/histo/aspartame.htm : infos du site Dorway

           traduites en Français

-          http://www.biogassendi.com :

 

-          http://www.youtube.com/watch?v=12sdcbTL5yo 

 

dans cette vidéo sous titrée en français, vous apprendrez, entre bien d'autres choses, que le glutamate peut se cacher derrière des appellations comme :  "caséinate de sodium", "extrait de levure", "arômes naturels", et il y en a toujours dans les "protéines hydrolysées".

 

 

 

 

 

  

 

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 19:41

ALIMENTAIRE, MON CHER WATSON !

Enquête sur le lent empoisonnement de l’espèce humaine.

 

Si nous n’y prenons garde, le prochain millénaire nous promet une alimentation dénaturée, sans saveur, dépouillée de ses substances vitales par le raffinage, l’agriculture intensive et autres procédés. Mais pire encore, il est annonciateur d’une nourriture qui n’aura bientôt plus rien de terrestre et qui sera dangereusement dopée de substances dont les apprentis sorciers que nous sommes ne pourrons pas maîtriser les conséquences.

 

L’Etre humain a une particularité sans égal : être un prédateur pour d’autres espèces et être aussi son propre prédateur, dans le sens où il est son pire ennemi. Les scandales alimentaires de plus en plus nombreux témoignent d’une rare inconscience et d’un défaut de maturité remplacés par une avidité sans limites. La concurrence acharnée à laquelle se livrent les industries à haut rendement, dont les maîtres mots sont vitesse et rentabilité, ne permet plus de prévenir d’éventuels dysfonctionnements et le système peut se gangrener d’un bout à l’autre sans que l’on puisse intervenir. Ainsi toute la chaîne, du producteur au consommateur, en passant par les agriculteurs et les animaux qu’ils élèvent, peut se trouver affectée, et les coupables ont peu de chance d’être confondus avant d’avoir commis l’irréparable.

 

Le fond de l’assiette est plutôt frais

La liste est longue aujourd’hui des risques rencontrés dans notre assiette et désormais, s’aventurer dans la gastronomie semble plus dangereux que d’affronter un ouragan. Les temps ont bien changé : de la crainte de ne rien avoir dans son assiette, nous passons à la peur d’y trouver plus que ce que notre ventre demande. La désinformation règne en maître sur ce chapitre, et les révélations qui nous parviennent ressemblent plus à des concessions faites in extremis pour amortir l’impact des scandales.

Nous vivons encore bercés par le mythe d’une alimentation issue d’une agriculture bucolique ou d’un mode d’approvisionnement ancestral. Les vaches broutant l’herbe odorante des prés, les poulets caquetant dans une basse cour, notre poisson arrivant fraîchement de la mer, le pain fait par un boulanger penché amoureusement sur son pétrin… Or les agriculteurs n’ont pas hésité à engraisser les vaches au mouton crevé, aux farines additionnées d’huile de vidange, ils élèvent des poulets aux antibiotiques condamnés à l’obscurité, les poissons descendent de gros chalutiers après plusieurs semaines en mer, quand ils ne sont pas d’élevage, et le pain sort de pétrins mécaniques. Tout ceci nous laisse un arrière goût dans la gorge, à moins de nous étrangler littéralement de colère. Tous les goûts sont dans la nature disaient nos grands-parents, tous les dégoûts aussi diront leurs petits-enfants…

 

Machine à remonter le temps

C’est bien connu, le temps c’est de l’argent. Donc, pour en gagner, il faut comprimer le temps, réduire au minimum les rythmes de la nature, et pourquoi pas les effacer complètement. Ainsi on pourra faire lever du pain en deux heures au lieu de six minimum ; fumer un saumon en une journée au lieu d’une semaine ; « fabriquer » un poulet en 30 jours au lieu de 5 mois ; faire « pondre » 65 lapereaux par an à une malheureuse lapine de batterie, en ne lui laissant que 10 jours entre chaque portée ; le petit lapin, lui, n’attendra que 13 semaines avant d’aller à l’abattoir ; on pourra engraisser une « pauv’ vache » pendant 18 mois pour qu’elle prenne 2 kg par jour ; la liste est tellement longue qu’on ne voudrait plus s’arrêter !

Comment pensez-vous que ces miracles aient lieu ? Car la nature, qui en fait parfois, se refuse à ceux-là. La nature reste programmée pour faire les choses selon un rythme et des rituels bien établis.

Mais « Monsieur Plus » est passé par là. Avec sa science, sa productivité, son avidité, il s’est transformé en apprenti sorcier, il a ajouté ici et là de la poudre de perlinpinpin pour modifier les fondements même des lois de la Nature. Ainsi un peu partout dans notre quotidien se profile l’ombre des désastres. Le sang contaminé a sonné l’alerte, la vache folle a suivi, puis la tremblante du mouton, les dioxines, Tchernobyl sera longtemps d’actualité et il reste tout ce qu’aucun scandale n’a encore révélé, mais que laissent entrevoir les manipulations génétiques, la venue des OGM, auréolés pour certains de tous les espoirs. La liste est longue entre ce qui est tu et ce que l’on ignore encore.

Rapide zoom sur quelques pratiques hélas non exhaustives qui ont pu exister … ou existent encore. Votre loupe, mon cher Watson !

 

DU LARD OU DU COCHON

 

« Dans le cochon, tout est bon »

Visiblement, ce n’était plus assez vrai, puisque aujourd’hui pour être élu « meilleur cochon » il faut des qualités jusque là inconnues des anciennes générations. (voir encadré)

 

FICHE D’IDENTITE

 

Porc traditionnel

Porc industriel

% de muscles

49 %

58 %

Nombre de naissances par an

16

27

Nombre de tétines par truies

10

14 (famille nombreuse oblige !)

Allaitement

56 jours

28 jours

Poids à l’abattage

95 kg

110 kg

Pattes

normales

Courtes (modifiées génétiquement pour permettre à l’animal un meilleur équilibre sur les caillebotis en béton qui ont remplacé la paille.)

 

 

Pour obtenir cette petite merveille, on a laissé pour compte les 18 autres races locales que comptaient l’Hexagone et on a hérité d’un animal fragile, sujet aux problèmes cardiaques et si sensible au stress qu’il faut le doper aux tranquillisants. Ce n’est pas là le seul dopage auquel il est soumis. Outre les antibiotiques employés comme « facteur de croissance », les métaux lourds font partie de la ration : zinc et cuivre sont utilisés pour favoriser le transit intestinal et améliorer le rendement énergétique des aliments. En léchant les barreaux de leurs box minuscules, les animaux s’intoxiquent au zinc et au plomb. Molécules que l’on retrouvera dans notre assiette, agrémentées des autres substances qui composent une simple tranche de jambon : polyphosphates, sucre, conservateurs, gélifiants, protéines en poudre, résines type latex pour retenir l’eau injectée afin de gonfler la viande. Ajouter une pincée de farine de caroube « excellent gélifiant à texture élastique cohésive », qui permettra une meilleure « tranchabilité »… Bon appétit !

 

UNE VRAIE VACHERIE

 

Ceci n’était qu’un hors d’œuvre. Passons au plat de résistance, l’histoire d’une vache tranquille qui devint folle. En 1986, des vétérinaires anglais signalent une maladie bovine inconnue qui se caractérise par la destruction du cerveau de l’animal, comme chez le mouton atteint de la tremblante. Fin 1987, une hypothèse suggère que l’encéphalopathie spongiforme bovine est transmise par la nourriture et l’aliment incriminé est la « farine de protéines carnées », mot pudique pour désigner les sous-produits desséchés issus d’abattoirs, de viandes avariées et de cadavres d’animaux d’équarrissage, parmi lesquels des moutons morts de la tremblante.

 

La corrida de la rentabilité

Pour faire tourner à plein régime son « capital sur pattes », l’éleveur doit utiliser des aliments à très haute valeur énergétique, des super-carburants qu’il ne peut fabriquer lui-même. Des programmes informatiques composent la ration alimentaire optimale au moindre coût. Dès lors, si le prix des pois oléagineux grimpe de quelques centimes dans la journée, l’équivalent nutritif le moins cher du moment remplacera la ration du jour. C’est cette recherche du rendement qui a conduit à incorporer des farines de viandes et os (FVO).

Les fabricants avaient dès 1981 augmenté leur rentabilité en diminuant les températures de cuisson de leurs préparations à base de FVO. Avant que les pouvoirs publics ne se penchent sur la question, les FVO intégraient chaque année 250 000 tonnes de cadavres d’animaux d’élevage et 3 millions d’animaux de laboratoires. Mais qu’est-ce qu’un animal de laboratoire, sinon un spécimen malade, mort des suites de multiples traitements ou génétiquement modifié ? Il faut attendre 1989 pour que la France interdise l’importation de farines carnées britanniques, 1990 pour qu’elle interdise la supplémentation en FVO et 1994 pour que l’Union Européenne en fasse autant. En 1996 on dénombrera 170 000 cas de vaches folles en Angleterre…

Il est peut-être osé d’ajouter ce que l’on peut trouver « par inadvertance » dans les farines animales. Un rapport de la Direction Nationale des enquêtes et de la répression des fraudes mentionnait l’utilisation de boues des stations d’épuration et d’eaux usées provenant en partie des traitements des fosses septiques ou encore de jus de cadavres et d’eaux de lavages sanitaires. Dégoûtant certes, mais économique !

 

Folle mais recyclée

La loi interdisant en France l’utilisation pour l’alimentation animale des abats à risque et a fortiori des cadavres de bêtes malades transformés en hachis dans les usines d’équarrissage, il a bien fallu trouver un moyen de se débarrasser de ces encombrantes « protéines animales ». Après quelques essais, ce sont les cimenteries et les incinérateurs d’ordures ménagères qui ont été réquisitionnés pour éliminer et recycler la vache. Ainsi, la vache folle ne se trouve plus seulement dans notre assiette, mais dans nos murs, nos sols, nos plafonds et même l’air que nous respirons. De plus, les incinérateurs dégageant des dioxines, la boucle est bouclée : dioxines dans la viande, puis dans notre estomac…

 

Prions pour le prion

Comme aujourd’hui rien ne se perd, il est indispensable de connaître la chaîne de recyclage. En effet on peut se croire végétarien sans l’être tout à fait ou déguster des bonbons, inconscient de prendre un risque. Le sang des bovins est fractionné pour en extraire les protéines. Ces protéines sont à leur tour utilisées comme émulsifiants ou liants dans l’industrie alimentaire, celles de la charcuterie ou de la boulangerie-pâtisserie. Les os, transformés en gélatine, fournissent les industries photographiques, l’imprimerie, mais aussi celles de la confiserie ; on trouve des dérivés dans les additifs alimentaires et les cosmétiques. D’où l’importance d’avoir une chaîne alimentaire sûre et exempte de contamination…

Le prion, responsable de la maladie est une protéine indestructible qui voyage, au-delà des barrières immunitaires et au-delà de la barrière des espèces. Bien que franchement nuisible, il bénéficie d’un laissez-passer en bonne et due forme face à un système immunitaire qui lui facilite l’accès à la commande centrale : le cerveau. En principe, nous possédons les moyens de préserver notre identité (le Soi) en déstructurant tout ce qui s’apparente au Non-Soi. Quelle est donc cette tolérance incroyable qui fait que notre système immunitaire ne fait plus la différence entre nous et une vache ? Le Dr Eric Ancelet apporte des éléments de réponse qui doivent nous faire réfléchir. Nous consommons depuis longtemps des laitages animaux en très grosses quantités, malgré les multiples allergies qu’ils provoquent. Particulièrement chez le nourrisson, où le lait maternel devrait être l’aliment de première intention, servant à construire son identité (et immunité) d’Homme et non de veau. Les enfants, encore immatures dans leur système immunitaire, reçoivent le BCG, qui consiste à injecter du bacille tuberculeux bovin vivant. Nous recevons des vaccins fabriqués sur cellules animales, dont le génie génétique consiste à utiliser des cellules cancéreuses nourries avec du sérum de veau (Hépatite-B). Nous produisons des animaux transgéniques, notamment des veaux auxquels on a greffé des gènes humains afin de produire des hormones « humaines » qui nous sont ensuite inoculées. Nous assistons à ce que le Dr Ancelet appelle « la bovinisation de l’espèce humaine ».

 

Les hormones…c’est géant !

L’utilisation d’hormones favorisant la croissance des animaux comporte aussi un risque pour notre santé. Cinq hormones stéroïdes sont concernées : l’estradiol, la testostérone, la progestérone, la trenbolone et le zéranol. Des tests de cancérogénicité ont montré qu’à fortes doses elles avaient une action indirecte sur le développement de cancers hormono-dépendants, tels que cancers du sein, de l’utérus ou de la prostate. D’autres substances voisines de l’adrénaline, les bêta-agonistes, entraînent des accidents cardio-vasculaires chez les personnes cardiaques. Elles furent interdites au niveau communautaire dès 1996. Mais ce danger prend une nouvelle acuité avec l’ouverture du marché européen à la viande de bœuf américaine. Les Etats-Unis n’ont jamais remis en cause l’emploi des anabolisants et un rapport établi par Bruxelles met en cause le contrôle sanitaire de leurs viandes. Autant d’éléments qui justifient la réticence des consommateurs et la violence des agriculteurs français face à l’importation de viandes américaines. Il est en effet indispensable de mener un combat, chacun à son niveau. Une obligation d’étiquetage sur la provenance serait un outil précieux pour choisir et enfin un boycottage pur et simple des produits (en particulier Mac-Donald) est la meilleure garantie pour limiter les risques d’intoxication !

 

DES POULETS MORTS POUR LA BATTERIE

 

Le cas des poulets est tout aussi réjouissant. Petite communauté de 35 000 habitants aux odeurs de fiente ammoniaquée, la batterie est un lieu rêvé, protégé, avec lumières tamisées. On y est au chaud : 32,4°C. Bien sûr à cette température, les virus peuvent se développer plus facilement, aussi une perfusion permanente d’antibiotiques alimente les poulets, sous forme de granulés, cousins très éloignés du grain de blé. Virginiamycine, tylosine, bacitracine, flavomycine : le cocktail idéal qui immunise le poulet et le fait grossir en même temps. Autant dire qu’on aurait tors de s’en priver. Pourtant cette pratique systématique a rendu les bactéries et les virus de plus en plus résistants aux antibiotiques. 70 experts de l’OMS ont apporté la preuve  de la transmission de l’animal à l’homme de souches résistantes comme les salmonelles, entérocoques, campylobacter et escherichia coli. Au point qu’on ait interdit l’usage de l’avoparcine trop proche de la vancomycine, considérée comme l’arme de dernier recours contre les staphylocoques. En plat de consistance, les poulets ont droit à une alimentation dont seul l’industriel connaît la composition et l’origine exacte. En vrac on trouve : céréales, graines oléagineuses, minéraux, huiles et graisses, produits de poissons et d’animaux terrestres… En clair, des farines de viandes qui proviennent pour la plupart des abattoirs de volailles. Rien ne se perd : le poulet mange du poulet.

 

Purification ethnique

Bien sûr ce poulet est sans saveur et bourré d’ingrédients indigestes pour l’Homme. Cette absence de saveur est largement renforcée par la sélection d’un poulet standard, véritable opération ethnique menée depuis 30 ans par l’Inra, et qui fait que l’on ne trouve plus que des souches américaines aux noms évocateurs : G 41, G21 etc… En France, les 65 millions de pondeuses sont majoritairement issues d’une souche baptisée ISA Brown, mise au point par l’une des 6 firmes mondiales qui contrôle la sélection génétique des poulets industriels. Même le poulet de Bresse, normalement appellation contrôlée, a une hérédité aujourd’hui bricolée avec des souches asiatiques et américaines… Où sont les poulets de nos mères-grands ?

 

LE SCANDALE DES DIOXINES

 

Si les rayons des supermarchés ont été vidés et des milliers de tonnes de nourritures détruites, c’est « grâce » aux poulets eux-mêmes. En effet, le type de dioxine qui a contaminé les farines, a rendu les poulets malades. Mais combien d’épisodes de ce genre ont-ils eu lieu sans que l’on n’en sache rien ?

 

75 dioxines différentes

Les dioxines proviennent de l’incinération de résines, rencontrées dans la plupart des plastiques. Elles peuvent aussi se former dans les usines à papier, pendant la fabrication des pesticides, peintures, produits chimiques, raffinage des métaux. L’industrie métallurgique et sidérurgique produit 50 à 60% des dioxines et les incinérateurs d’ordures 30 à 35%. Ils fonctionnent à des températures basses et produisent une combustion incomplète. Les substances dégradées ne sont pas totalement détruites et engendrent des composés variés dont la toxicité et l’impact sur l’environnement sont encore ignorés, mises à part les dioxines dont le caractère très nocif, en particulier cancérigène, ne fait plus de doute. Le reste des dioxines est produit par les feux de forêt, les cheminées, le chauffage urbain, les pots d’échappement.

Les poulets belges ont ingéré de la dioxine contenue dans des aliments fabriqués à partir de graisse animale contaminée par de l’huile de vidange, astuce que le fabricant avait trouvé pour augmenté sa marge bénéficiaire.

Les dioxines, comme le montre cette affaire, ont la capacité de passer de l’alimentation à la chair des animaux, jusqu’au consommateur. Les dioxines dispersées dans l’atmosphère en fines particules se déposent au gré des vents sur de vastes surfaces : prairies, herbages. Celles qui son liées aux cendres polluent le sol et les nappes phréatiques.

 

Une toxine immortelle

La dioxine a une particularité hélas peu enviable pour nous : elle fait partie des toxines « biocumulatives persistantes », tels le plomb ou le mercure. Traduisez : le produit s’accumule dans l’organisme, a une prédilection pour le tissu adipeux, et une fois ingéré il est impossible de l’éliminer. Tout au plus peut-on compter en éliminer la moitié, mais pas avant 7 ans. A moins d’être une femme enceinte, au quel cas on peut « espérer » en éliminer une partie : dans le placenta et dans le lait maternel… Bel héritage pour le bambin !

 

Tolérance : une limite dans le rouge

L’Organisation Mondiale de la Santé a établi le seuil de tolérance entre 1 et 4 picogrammes par kilogramme de poids d’un sujet. Les poulets belges testés affichaient de 700 à 1000 picogrammes de dioxine par gramme de graisse. Si on admet qu’une personne de 75 kg a un seuil de tolérance de 300 picogrammes, qu’un poulet a 5% de graisses, déguster 100 grammes de poulet revient à ingérer 16 fois la norme admise. Hélas personne ne sait exactement quel niveau d’accumulation se révélera nocif pour l’organisme…

 

Des risques connus

Si ces substances ne sont pas immédiatement mortelles, les recherches ne cessent de souligner leurs implications dans le cancer, les troubles du développement, de la reproduction, du système nerveux et hormonal. Ces travaux ont persuadé l’OMS de classer la dioxine comme un cancérigène de classe I. Des études françaises montrent que les Français sont systématiquement exposés à des doses de 1,2 picogramme par jour. La consommation de nourriture –viande, produits laitiers, poissons- représente plus de 90%  de l’ingestion de dioxine.

L’action majeure des dioxines est leurs effets oestrogéniques. (voir encadré) Elles viennent s’ajouter à la liste des molécules qui trompent l’organisme en se faisant passer pour des oestrogènes : pesticides, herbicides, fongicides, détergents, peintures, traitements du bois, plastiques alimentaires…

 

Action des dioxines et molécules œstrogène-like

Pour la femme

-         syndrome prémenstruel

-         hypo/hyperglycémie

-         perte du désir sexuel

-         rétention d’eau

-         prise de poids

-         endométriose

-         troubles de la pré-ménopause

-         cancer du sein, de l’utérus

Pour l’homme

-         baisse de la production de testostérone

-         féminisation, atrophie des organes sexuels

-         cryptorchidie

-         baisse du nombre des spermatozoïdes (-50% en un demi siècle dans les pays occidentaux)

 

Améliorer les contrôles

Il n’existe aucune législation européenne qui fixe des normes d’incinération des produits ménagers. Il existe en Europe un programme de contrôle, mais il repose sur un faible nombre d’échantillons pris au hasard, dont l’analyse prend du temps. Cela ne protège en rien d’un incident désastreux, à partir du moment où la marchandise est déjà sur les étalages, et qu’elle a été largement consommée. Il est donc indispensable d’améliorer les contrôles, et peut-être enfin s’attaquer à la source du problème : limiter la production de dioxine, obliger les industriels à revoir leurs systèmes de production et enclencher un nouveau processus limitant la pollution de l’environnement. Depuis 1997, il est demandé aux nouvelles installations d’incinération de limiter leurs émanations de dioxines à 0,1 nanogramme par mètre cube de fumée rejetée, soit cent fois moins que les anciennes usines.

 

SORTIR DE L’IRREPARABLE

 

L’Etre Humain a toujours été confronté au cours des siècles à de nombreux nouveaux poisons. Mais ces trente dernières années, la multiplication de ces poisons a pris des proportions auxquelles la physiologie humaine est incapable de s’adapter aussi rapidement. Et nous n’avons rien dit ici sur les OGM qui constituent à eux seuls un sujet de polémique. Dans quelques dizaines d’années, il se peut que les pourvoyeurs d’OGM, qui inondent la terre de leur semences stériles et manipulées, soient accusés de crime contre l’humanité.

Prenons garde donc, car seules notre conscience et notre action peuvent limiter les conséquences de cet engrenage.

Pour le consommateur, il s’agit de réfléchir à la chose suivante : nous profitons tous de l’hyper-efficacité de l’industrie alimentaire qui permet à l’Occident de s’alimenter à bon marché. Néanmoins, la qualité et la sécurité de l’alimentation ont un prix. Il faudra savoir faire des choix et le deuil d’une production sauvage et inacceptable pour la santé. Nous pouvons exiger de connaître la provenance de ce que nous mangeons, nous pouvons regarder les étiquettes et choisir les produits les plus naturels, exempts d’additifs reconnus dangereux ou douteux. C’est par notre choix que nous avons une action très concrète sur le système : ce qui se vend encourage l’industrie, ce qui ne se vend pas n’intéresse aucun industriel.

Enoncer les risques qui nous menacent peut être vain si nous ne prenons pas conscience que nous avons aussi un rôle à jouer. Il est important de bien connaître les enjeux économiques dont nous sommes (en partie seulement) les victimes : je consomme, tu consomme, elle consomme, …, ils profitent. Mais être informé et conscient des risques est le premier pas vers un choix responsabilisant.

 

 MT

Article paru dans "Objectif Notre Santé"

C'était il y a 10 ans... et je ne suis pas sûre que la situation aie beaucoup évolué... en bien s'entend....

 

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 20:04




La cure de raisin, un grain de folie avant l’automne...

 

L’été est l’occasion de goûter à de nombreux fruits et d’expérimenter les monodiètes pour vous offrir une désintoxication en douceur. Si vous n’avez pas profité de l’été pour faire une monodiète de cerises ou de pêches et que votre motivation est au beau fixe, la fin de l’été vous réserve une des cures les plus renommées : la cure de raisin.

Non, pas celle que vous avez peut-être l’habitude de pratiquer le midi ou le soir pour accompagner notre repas, dans un verre… Une vraie cure, avec du raisin en grappes pour toute nourriture !

 

Une cure polyvalente

Pendant près d’un siècle, cette cure était pratiquée dans beaucoup de stations thermales d’Europe (Allemagne, Suisse, Russie) et de nombreux médecins y consacrèrent des ouvrages (1). Elle fut « redécouverte » vers 1930 par Johanna Brandt, infirmière sud-africaine, qui obtint grâce à elle des guérisons spectaculaires.

Aucun remède sophistique n’a permis à la fois de soigner articulations douloureux, calculs biliaires, fibromes, ulcères à l’estomac, constipations, excès de poids, insomnies, problèmes de peau, cystites, coliques néphrétiques, hémorroïdes, bronchites, sciatiques,…, autant de cas rapportés par les curistes ou les médecins.

Comment expliquer une telle diversité, sans s’interroger sur la nature des pathologies ?

A toutes les époques, de nombreux thérapeutes ont constaté que la maladie devenait le seul moyen pour l’organisme d’évacuer ses surcharges. Les émonctoires sont alors sollicités pour drainer les toxines et nettoyer le terrain, mais une alimentation trop riche ou déséquilibrée freine cette action. La cure de raisin, parce qu’elle met au repos le système digestif et qu’elle est hypotoxique et dépurative, répond à ce processus de drainage et de nettoyage.

 

Une action efficace

Le raisin est composé d’eau, de glucides, protéines, lipides, minéraux, oligo-éléments, vitamines, acides organiques, tanins, anthocyanes, flavones, … mais nul ne peut vraiment dire dans lequel de ses composants se trouve le secret de son action spécifique. L’efficacité réside en grande partie dans le fait :

-         qu’il est consommé seul à chaque repas ;

-         qu’il est consommé cru : la digestion est plus rapide, et l’aliment cru

          procure une recharge énergétique importante ;

-         qu’il possède des vertus propres : diurétique, laxatif, cholagogue et

          cholérétique, riche en vitamines, enzyme et oligo-éléments qui vont

          désincruster les tissus profonds.

Une perméabilité trop importante des capillaires entraîne une infiltration des

tissus avoisinants, or on sait que la peau et les pépins du raisin sont riches en

oligomères procyanidoliques, dont la propriété est d’augmenter la résistance des vaisseaux, donc d’améliorer la circulation veineuse et lymphatique.

Par ailleurs, les diverses analyses effectuées sous contrôle médical, ont

montré des modifications du bilan métabolique (voir encadré).

 

Modification du bilan métabolique

Durant la cure de raisin, on observe généralement les résultats suivants* :

-         les urines sont plus abondantes et moins concentrées

-         les mouvements péristaltiques de l’intestin sont stimulés

-         le poids des selles fait plus que doubler ;

-         les selles sont plus aqueuses, plus riche en azote et en matières

          minérales ;

-         le taux de cholestérol, des triglycérides, de l’urée diminue (de moins

          23 à moins 54% dans certains cas) ;

-         la glycémie diminue sensiblement et le taux d’hémoglobine augmente très

           légèrement : la cure ne provoque donc ni hyperglycémie ni anémie ;

* Etude menée sur 500 personnes en 1989 et 1990 à l’initiative de Terre Vivante.

 

Une action en profondeur

Consommé en monodiète sur plusieurs jours, le raisin va permettre :

-         une autolyse : moyen pour le corps de pourvoir à ses apports nutritifs ;

-         une élimination des toxines qui seront « recyclées », favorisant

          l’apparition de crises curatives éventuelles, sous formes de

          symptômes semblables à ceux des pathologies ;

-         une régénération organique, par la réduction du travail digestif :

          cette économie d’énergie sera utilisée à la reconstruction cellulaire.

 

Ce sont là les mêmes propriétés qu’un jeûne, avec un avantage certain : celui de réduire la puissance des crises curatives.

Car un certains nombre de symptômes se manifestent pendant la cure : fatigue, maux de tête, nausées ou vertiges, frilosité ; ils sont l’expression normale de l’organisme, face au changement métabolique qui s’opère. Des crises curatives peuvent aussi survenir : constipation, diarrhées, langue chargée, douleurs musculaires ou articulaires, éruptions cutanées, fièvre, rhume. Ces réactions normales sont provoquées par la libération dans la circulation sanguine des toxines accumulées dans l’organisme. C’est pourquoi il faut boire fréquemment et se reposer suffisamment, sans tomber dans l’inactivité. S’occuper permet par ailleurs d’avoir un contrôle sur sa vitalité : elle doit être suffisante pour faire face à ses occupations.

 

Les contre-indications :

Si peu de problèmes ont été rapportés, il est prudent de s’abstenir en cas de diabète, femme enceinte, maladie lourde (consulter un médecin), colite, éventuellement terrain très allergique (à cause de la présence de tyramine, médiateur chimique de l’allergie), manque de vitalité, frustration trop importante par rapport à la privation de nourriture.

 

Enfin, pour faire de cette cure une réussite et transformer cette expérience en belle aventure, suivez ces 10 conseils incontournables.

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10 conseils pour réussir sa cure

 

1.      Prévoir une période et un environnement favorables

 

2.      S’assurer que la motivation est à la hauteur des efforts à faire, surtout si

         l’entourage est récalcitrant !

 

3.      Si c’est la première fois, limiter l’ambition à quelques jours ; l’année

         prochaine… il y aura encore du raisin pour faire une cure un peu

         plus longue !

 

4.      Encadrer la cure d’une alimentation hypotoxique et soigner la reprise

         alimentaire

 

5.      Faire une provision suffisante de raisin : ce serait dommage de craquer

         sur une tablette de chocolat parce que vous venez d’avaler le dernier

         grain de votre réserve !

6.      Manger à sa faim, la cure doit rester un plaisir et non une contrainte.

         Vous pouvez consommer de 2 à 4 kg de raisin par jour. Au-dessous de

         2 kg, c’est le principe autolytique de la cure qui s’installe (si l’on

         souhaite maigrir), au-dessus de 2 kg, c’est un principe dépuratif,

         avec une stimulation des émonctoires.

 

7.      Si une baisse de vitalité s’installe, avec frilosité, faire des exercices

         doux, des bains, douches et tisanes chaudes pour préserver la chaleur

         corporelle ;

 

8.      Penser à faire des exercices de respiration, l’air assurant une bonne

         répartition de l’énergie ce qui contribuera aussi à vous réchauffer ;

 

9.      Rester le plus possible en contact avec les éléments de la nature :

         air, eau, soleil, terre, arbres, qui sont de grands docteurs et vous

        donneront aussi de l’énergie ;

 

10.    Enfin, soigner ses nourritures spirituelles : lire, écouter de la musique,

         méditer, avoir des pensées positives, cultiver la patience, être confiant,

         c’est l’occasion de se recentrer.

 

MT 

Article paru dans "Objectif Notre Santé"

 

(1) Dr Carrière «  La cure de petit lait et de raisin », 1860, Dr Herpin : « Du raisin considéré comme médicament », 1874 ; Dr F. Rey : « Le raisin et le jus de raisin », 1908 ; Dr Buttner, auteur d’une thèse sur la cure de raisin en 1919.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 11:52

 

Voici l'incontournable Serment d'Hippocrate, cher à tout naturopathe, et sur lequel les médecins devaient prêter serment lorsqu'ils entraient dans la profession.

 

Malheureusement la médecine moderne s'est bien éloignée des principes qu'il contenait, en particulier de l'idée "primum non nocere" : d'abord ne pas nuire.

 

Les nombreux scandales qui jalonnent la médecine dite moderne témoignent de cet égarement que nous payons douloureusement dans nos corps par les maladies de plus en plus graves...

 

MT 

 

 

Traduction par Émile Littré du serment d'origine :

 

 

 

 

« Je jure par  Apollon, médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et l'engagement suivants :

 

Je mettrai mon maître de médecine au même rang que les auteurs de mes jours, je partagerai avec lui mon avoir et, le cas échéant, je pourvoirai à ses besoins ; je tiendrai ses enfants pour des frères, et, s'ils désirent apprendre la médecine, je la leur enseignerai sans salaire ni engagement. Je ferai part de mes préceptes, des leçons orales et du reste de l'enseignement à mes fils, à ceux de mon maître et aux disciples liés par engagement et un serment suivant la loi médicale, mais à nul autre. »

 

« Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m'abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion ; semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j'exercerai mon art dans l'innocence et la pureté.

 

Je ne pratiquerai pas l'opération de la taille1.

 

Dans quelque maison que je rentre, j'y entrerai pour l'utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur, et surtout de la séduction des femmes et des garçons, libres ou esclaves.

 

Quoi que je voie ou entende dans la société pendant, ou même hors de l'exercice de ma profession, je tairai ce qui n'a jamais besoin d'être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas. »

 

« Si je remplis ce serment sans l'enfreindre, qu'il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais des hommes ; si je le viole et que je me parjure, puissè-je avoir un sort contraire et mourir dans la tristesse."

  

 

 

 

1. Ouverture chirurgicale de la vessie ou cystostomie.

 

 

 

 

 

 

 

HippocraticOath_serment.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. 
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Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

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