Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 15:12

 

 

Dans son dernier n° Paris Match a consacré un article à la maladie de Lyme, et a interviewé le Professeur Perronne, un des rares médecins engagés à défendre publiquement cette maladie et les malades.

 

 

A noter l'info concernant Plum Island, évoquée dans un journal grand public.....(voir partie 1)

Les malades de lyme, dans leurs recherches, sont généralement tombés sur cette information qui évoque la grande probabilité de lien entre des recherches scientifiques à visée de guerre bactériologique et l'explosion de la maladie de Lyme, et surtout la "super intelligence" de cette bactérie qui met si facilement notre système immunitaire en échec...

 

 

"Pourquoi, en 1972, les habitants de trois villages du Connecticut ont-ils été les premiers touchés par la maladie de Lyme ? Parce qu’ils se situent à quelques encablures de Plum Island, une ancienne base de l’armée américaine ?

(...)

Dans le cadre de l’opération secrète du programme Paperclip – l’exfiltration de 2 000 savants nazis – la CIA fait venir un bactériologiste, Erich Traub, qui a sévi sous le IIIe Reich. Le plan militaire américain aurait été de lancer une guerre bactériologique dirigée sur les animaux de l’Union soviétique pour la neutraliser en affamant ses habitants.

Dans son laboratoire de Plum Island, Erich Traub aurait infecté des bovins, des chevaux et des porcs avec le virus de la fièvre aphteuse. Mais un revirement a lieu, les Etats-Unis préférant utiliser des armes plus conventionnelles contre l’URSS. L’île est alors utilisée par le ministère de l’Agriculture qui y poursuivra des recherches moins belliqueuses. Erich Traub rentre en Allemagne en 1953. Mais un avocat de Long Island, Michael Carroll, sort un best-seller, « Lab 257 », en 2004, où il affirme qu’Erich Traub aurait aussi manipulé des tiques en décuplant leurs quantités de « Borrelia » afin de les rendre plus contagieuses. "

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 20:20

 

 

Interview :

 

Kiran Vyas , fondateur de « Tapovan », auteur de « Guérir par la médecine ayurvédique » et « le bien-être par l’Ayurvéda » (Marabout)

Dr Isabelle Nègre , anesthésiste, directrice du département Analgésie et Soins Palliatifs, hopital de Bicêtre

 

 

http://www.franceculture.fr/emissions/tout-un-monde/ayurveda-pratique-de-soins-ancree-dans-une-profonde-tradition-indienne-elle

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 23:01
Maladie de Lyme, la double peine - Pr Perronne invité à Pourquoi Docteur

Petit rappel sur la maladie de Lyme.

Elle touche 30 000 personnes par an, fait peur à des milliers d'autres, et pourtant, la maladie de Lyme semble être sous-estimée en France. Depuis des années, le Pr Christian Perronne se bat aux côtés des associations pour que cette pathologie soit mieux prise en charge. Le chef du service d'infectiologie de l'hôpital Poincaré à Garches (92) pointe également les faiblesses du test diagnostique.

 

 

Dans cette interview, un discours sans déni, sans minimiser la complexité du problème. Rare dans le milieu médical, où la maladie de lyme reste une maladie avec trop de controverses qui pénalisent les malades.

 

Ainsi on peut avoir la confirmation que la maladie de lyme peut aller de symptômes aussi divers que des problèmes articulaires, fatigue chronique, difficultés neurologiques, jusqu'à une encéphalite pouvant entrainer une paralysie.

Autant de réactions que de personnes, que de terrains, et de circonstances.

 

D'où à chaque fois la nécessité de respecter les manifestations symptomatiques et les témoignages des malades, sans minimiser ce que traversent les personnes.

 

Une reconnaissance que ce médecin accorde dans un langage clair et posé à toutes les personnes atteintes de borreliose et qui "galèrent" pendant des années de souffrance et de déni.

 

MT

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 15:07

 

 

Les enseignements de sagesse d'Irène Grosjean.

 

Respirer

Manger

Dormir

Eliminer

 

Une occasion d'aller réécouter si le coeur vous en dit "La vie en abondance" que j'avais posté en 2013.

 

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 18:57

 

 

Une explication simple et rapide sur les protéines de gluten et les méfaits de l'industrialisation qui en mettant à l'écart des variétés anciennes, apauvrit la production et la biodiversité.

Ces nouveaux produits deviennent impropres à la consommation et intoxifient l'organisme en créant des intolérances.

Invitation, une fois encore, à revenir à la lenteur et aux lois naturelles...

 

MT

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 22:49
Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 22:00

 

"L'autisme est la grande maladie, la grande épidémie du 21 ème siècle, qui est à la fois une épidémie qui n'est pas du tout comprise et une épidémie qui serait de nature à faire disparaître l'espèce humaine.

 

Si on veut recadrer ce qui se passe vraiment pour l'autisme, on peut dire que l'autisme est une maladie toxique et que cette toxicité est générée par l'homme qui va lui-même détruire l'humanité." nous dit Olivier Soulier

 

Les autistes font ainsi office de sentinelles, ils payent dans leur chair les abérrations d'un système qui n'arrive plus à préserver la vie et dont la fuite en avant dans tous les domaines de la société entraine un prix élevé pour chacun d'entre nous, les plus sensibles étant les premiers touchés.

 

MT

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 21:25

 

Beaucoup de maladies chroniques émettent dans le sang des signaux électro-magnétiques que l'on peut détecter et enregistrer et ces signaux viennent de bactéries ou de virus.

 

Les recherches montrent que l'on trouve ces traces dans la plupart des maladies chroniques comme l'autisme, maladie de Lyme, les maladies neuro-dégénératives comme Alzheimer ou Parkinson, la sclérose en plaques, les maladies articulaires, etc. 

 

Le professeur Montagnier évoque aussi les bactériophages qui pourraient lutter contre les bactéries et "remplacer" les antibiotiques qui deviennent résistants.

 

Il évoque les causes indéniables de l'environnement, en particulier les ondes électromagnétiques et invite le corps médical à s'ouvrir aux autres médecines.

 

Evocation bien sûr aussi des vaccins : même s'il ne les remet pas en cause, il remet en cause la façon de les utiliser et invite au discernement et à la modération dans le nombre d'injections pratiquées sur de jeunes enfants, dont certains sont fragilisés.

 

Et, message important : ne pas oublier le malade en voulant soigner la maladie....

 

MT

 

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 20:46
Les abeilles - Médecines d'ailleurs

 

 

Fleurs et abeilles travaillent ensembles, elles sont toutes deux l'émanation de l'intelligence de la nature, qui permet que tout vive en symbiose. 

Chaque jour nous devrions porter ce regard de gratitude sur les fleurs et sur les abeilles dont le travail alchimique est si précieux...

Ici le Dr Eugen soigne avec des abeilles vivantes et associe même la technique d'acupuncture avec ses connaissances de l'apithérapie...

Et Ilinca perpétue un savoir ancestral issu des abeilles dont elle dit : "L'abeille est bénie de Dieu, elle fait tant de bien aux hommes"...

 

MT

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 20:41

 

 

 

Les enfants cobayes de laboratoires? Les traitements anti-cancers sont entrain de glisser vers des "essais thérapeutiques" de nouvelles molécules. Et sans le droit de choisir pour les patients.

 

La médecine bascule de plus en plus dans un système où le médicament chimique est roi, et le malade juste un pauvre mendiant de sa santé...

 

Que ce monde est brutal.......

 

A visionner gratuitement pendant 1 mois, merci pour cette opportunité !

 

 

http://www.jeanyvesbilien.com/cancer-business-mortel-visionnage-gratuit-3.php

 

Ce film est en vente sur le site :

Durée 80 Minutes - Prix 25 Euros ( Ports compris )

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 18:17

 

 

Le fluorure de sodium, ce déchet qui ne devrait se retrouver ni dans l'eau ni dans votre dentifrice ni ailleurs....

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 13:56
Etre végétarien - Jeanne Mas

 

La chanteuse Jeanne Mas, qui est végétarienne depuis très longtemps, et maintenant aussi vegan, vient de sortir un livre autobiographique " Ma vie est une pomme".

 

Dans cette émission elle partage ses convictions, et si elle ne mâche pas de viande, elle ne mâche pas ses mots non plus, même si elle s'exprime avec douceur. Quand le chroniqueur Patrick Cohen rétorque que renoncer à l'exploitation animale provoquerait "un dérèglement général dans le monde", elle répond : "Dans votre tête, mais certainement pas pour la planète"!

 

MT

 

 

 

 

 

 

 

.

Etre végétarien - Jeanne Mas
Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 17:28

 

6/4/16

 

 

Désolée, cette vidéo n'est plus accessible, et n'ayant pas gardé de références, je ne sais pas où retrouver les données la concernant (auteur, émission, etc.)

Mais dans ce documentaire, on voyait des mères faire vacciner leur enfant, sans être informées des risques, mais surtout que l'on administrait à leur enfant 6 valences au lieu de 3 obligatoires. Et le médecin ne s'empressait pas de combler leur ignorance, sauf une fois la vaccination terminée.

Le documentaire tentait ensuite de comprendre pourquoi il y avait pénurie du premier vaccin, en cherchant des réponses auprès de la société Glaxo Smith Kline, qui comme je le disais, se contredisait dans ses réponses, entre intérêts commerciaux et prétendus enjeux de santé publique.

Des mères étaient interrogées, qui avaient vu l'état de santé de leur enfant se dégrader suite à la vaccination, se retrouvant ainsi dans une double pénalité : celle d'avoir un enfant en souffrance, et celle de se sentir coupable d'avoir répondu à leur "devoir citoyen".

Et à la fin du reportage, une voix off signalait que la petite fille visible dans le reportage, était entre temps décédée. Le prix à payer pour être un bon citoyen...

 

9/4/16

j'ai retrouvé le lien vers l'émission entière, le passage concernant les vaccins commence à la minute 48

 

https://www.youtube.com/watch?v=2wf2xSXmSIw

 

 

 

 

 

Le premier vrai scandale est que les gens qui font vacciner leurs enfants qui reçoivent 6 vaccins au lieu de 3 en une seule injection, ne sont même pas au courant des obligations vaccinales et que ce qu'on leur impose va à l'encontre du simple droit à la liberté de choisir.

 

Deuxième scandale, augmentation du coût qui en 7 ans a été multiplié par cinq. 120 euros pour une injection !!!

 

Et quand les citoyens cherchent à se procurer le vaccin à trois valences, aucun professionnel, médecin ou pharmacien, n'a honte de répondre "non, désolé, il est en rupture de stock depuis plus d'un an" !

Voir cet article que j'avais déjà fait sur cette drôle d'impossibilité à produire un vaccin :

 

http://lejour-et-lanuit.over-blog.com/2015/05/vaccin-dt-polio-professeur-henri-joyeux.html

 

Et quand la directrice de Glaxo Smith Kline justifie cette restriction de choix par "cela répond à un enjeu de santé publique qui est celui de protéger contre l'hépatite B". Santé publique??? Je pense que Madame a bien appris sa leçon commerciale, et les conséquences des vaccins sur la santé publique justement, lui sont étrangères. Malheureusement, de plus en plus de personnes observent, à leurs dépends, l'impact de cet empoisonnement, comme le suggère le dernier congrès "Sortir de l'autisme", où nombre d'enfants "normaux", sont devenus autistes suite aux vaccins.

 

http://lejour-et-lanuit.over-blog.com/2016/01/sortir-de-l-autisme-c-est-possible-congres-30-et-31-janvier-2016.html

 

Troisième scandale, entendre de la bouche même du patron de GSK qu'il a acheté tous les brevets de vaccins pour devenir leader, et que si d'autres entreprises veulent commercialiser un vaccin elles devront nécessairement négocier avec GSK, je pense que nous sommes bien loin de l'intérêt publique et de la prévention santé.

 

Les vaccins sont ainsi juste une opportunité de marchés commerciaux, sans réel discernement pour la santé humaine, et lorsque l'on voit les dramatiques conséquences sur les enfants, j'espère qu'un jour sur cette terre il y aura assez de conscience et de courage pour reconnaître ces pratiques comme des crimes.

 

Perdre son enfant pour avoir répondu à son "devoir" de citoyen, le prix est lourd à payer.

 

Détruire la vie d'un enfant, comment peut-on aujourd'hui simplement l'envisager?

 

Pour ma part, c'est intolérable.

 

MT

 

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 14:09

 

 

 

Merci au magazine Participe-present.net de publier sur ce sujet et de faire ainsi avancer la cause de cette maladie, défendue par quelques médecins et professeurs, qui ne sont pas toujours encensés, loin de là.

 

http://www.participe-present.net/le-magazine/sante-services/dossiers/172-pr-christian-perronne-pour-la-maladie-de-lyme-les-choses-sont-en-train-de-bouger-3.html

 

 

 
Écrit par Benoît Chevrier
 
 
En mai dernier, Christian Perronne faisait ce constat pessimiste : « Les chercheurs sur Lyme qui veulent publier souffrent le martyre ».  Lui le fer de lance de la cause des malades de Lyme en sait quelque chose. Il a plus souvent connu l’ombre que la lumière, et plus de critiques que d’honneurs. Mais, depuis, le Chef du Département des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches vient de publier dans le prestigieux Bristish Medical Journal, l’une des revues médicales les plus sérieuses et les plus lues au monde*.  Un cap important pourrait bien être franchi.
Pr Perronne, qu’est-ce qui change aujourd’hui ?
«  Les médias sont en train de changer. Pour son documentaire “Quand les tiques attaquent“, Chantal Perrin était venue me voir et je lui avais dit que je serais étonné que son film sorte car le reportage de l’émission Envoyé Spécial n’avait jamais pu être réalisé quelques années plus tôt. Et puis Chantal Perrin est allée jusqu’au bout et son reportage est sorti. Ce fut un premier grand changement. »
 
Et il y a toute la littérature scientifique sur laquelle s’appuyer …
« Oui et qui prouve que l’on avance. Elle est abondante, le plus souvent disponible en anglais. Durant ma carrière, je me suis aperçu qu’il y avait une censure terrible, toute la littérature scientifique publiée sur le sujet était rejetée par le « petit club de Boston » hébergé par l’IDSA, qui récite les mêmes recommandations simplistes et figées depuis 30 ans.
J’ai quand même réussi à être publié, difficilement, dans plusieurs journaux scientifiques avec notamment une revue sur la qualité des tests diagnostiques et leurs conséquences désastreuses et une sur les traitements. Maintenant c’est une autre dimension avec l’éditorial (1) qui vient d’être publié dans le British Medical Journal (BMJ), que j’ai écrit avec des collègues d’autres pays. Le BMJ est classé 5ème au monde pour une revue médicale générale ! Là aussi ça change. »
 
En France, la nouveauté attendue c’est la création de la Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques (FFMVT). Que faut-il en attendre ?
« Depuis quelques années, les associations de malades se sont fortifiées et ont accompli un gros boulot d’entraide. Mais il fallait que le milieu associatif se fédère et se « professionnalise » pour devenir plus crédible en face des autorités de santé. Il faut aussi que les médecins qui s’intéressent à cette maladie et les associations de malades parlent d’une seule voix, c’est plus efficace si l’on veut faire du lobbying. 
On peut s’appuyer désormais sur toute une littérature scientifique : les tests qui ne sont pas fiables, la persistance des bactéries, tout cela figure dans les publications, tout est prouvé. Mes revues publiées ainsi que notre éditorial dans le British Medical Journal reprennent d’ailleurs des références de tout ce qui a été publié auparavant, tout cela est public. On ne peut pas dire qu’il n’y a rien de scientifique dans la reconnaissance de la persistance de la maladie  (ndlr : ce que l’on appelle Lyme chronique).
Nous avons besoin d’une nouvelle approche de cette maladie. Et c’est la première fois qu’une revue scientifique de cette importance accepte de publier un article qui n’aille pas dans le sens du petit club de l’IDSA. » 
 
Pensez-vous que cela va influer sur la position des autorités de santé, notamment sur la position du Centre de Référence actuellement à Strasbourg ?
« Un centre de référence est sensé avoir les meilleurs experts dans le domaine qui est le sien et surtout être moteur pour la recherche. C’est paradoxal, le CNR du Lyme qui décide de tout, bloque toute avancée ! »
 
L’attribution du CNR est en renouvellement, pourquoi n’avez vous pas candidaté ?
« Je n’ai pas de microbiologiste médical pour pouvoir le faire. Ce sont les laboratoires vétérinaires qui ont beaucoup d’avance dans ce domaine.
Je pense que le CNR de Strasbourg va être candidat à sa succession. On ne va pas assister à une évolution. Plus le CNR est attaqué, plus il campe sur ses positions. Je n’ai jamais vu autant d’affirmations scientifiques erronées dites avec autant d’aplomb. Or les médecins attendent une caution médicale. » 
 
Il y a urgence car il y a des gens qui s'endettent pour se soigner
 
Pour en revenir à la création de la Fédération, que pensez-vous qu’elle puisse apporter que les associations n’apportaient pas ?
« Les associations sont dirigées par des personnes qui sont elles-mêmes malades. C’est une difficulté car elles sont parfois très malades. Leur combat dépend de leur forme. Quand les malades vont mieux ou guérissent, beaucoup en ont marre de Lyme et ne pensent plus qu’à vivre, à retourner au travail et à s’occuper de leur famille. Du coup, ils oublient le combat associatif, ça se comprend. 
Pour défendre la cause des malades, il faut s’investir à fond et il manquait jusqu’ici un regard de scientifique, plus cartésien pour garder le cap et élaborer des projets de recherche, notamment pour obtenir des tests plus fiables. C’est quelque chose qui était demandé par le Haut Conseil de Santé Publique. »
 
La recherche peut-elle avancer elle aussi ?
« Pour l’instant, il n’y a aucun financement public pour la recherche sur le Lyme et les maladies associées. La recherche ne sera possible qu’avec l’aide de groupes industriels. Actuellement, les industriels hésitent. Il faut les comprendre. Que perçoivent-ils de Lyme ? Une polémique médicale qui dure depuis quelques décennies, une maladie qui “se guérit toute seule“ et qui est classée “rare“. Comment peuvent-ils se lancer dans une situation conflictuelle aux enjeux incertains ? Mais ils vont bientôt réaliser qu’il y a des millions de malades dans le monde en attente de tests diagnostiques fiables, non seulement pour les Borrelia, mais aussi pour beaucoup d’autres microbes responsables d’infections inapparentes. Il y a aussi le besoin crucial de développement de nouveaux médicaments pour la phase d’entretien du traitement des formes chroniques. Le marché potentiel est mondial et colossal.»
 
L’avenir est sombre alors ?
« Non car des lois reconnaissant le Lyme chronique, la mauvaise qualité de la sérologie et la protection des médecins qui traitent en ne suivant pas les recommandations de l’IDSA, ont été votées au Canada et dans plusieurs états des Etats-Unis, cela va rassurer. On réalise que les malades ne sont pas tous des fous et les médecins spécialistes pas tous des charlatans.
On va s’apercevoir qu’il y a beaucoup de malades chroniques en grande souffrance et de malades non diagnostiqués. La priorité est de financer des tests de diagnostic. Aujourd’hui c’est la catastrophe, ils sont le plus souvent négatifs. Et puis il ne faut pas rechercher que Borrelia burgdorferi : il y a aussi d’autres Borrelia, ainsi que plusieurs espèces de Bartonella, Rickettsia, Babesia …
Il y a un peu d’espoir car le Ministère de la Santé a annoncé vouloir financer la recherche mais il faudra plusieurs mois pour que les projets sortent. Au Canada, un groupe de travail se penche sur de nouvelles recommandations à transmettre au gouvernement. Aux États-Unis aussi ça bouge (2). Il y a tout un courant de pensée qui est en marche mais il ne faut pas attendre du changement pour la semaine prochaine. »
 
Et en France on ressent ce changement ? 
« Là je suis modérément optimiste. En France, ce sont les généralistes qui s’y intéressent le plus. Mes collègues infectiologues connaissent encore peu cette maladie. Certains commencent à réaliser en lisant les publications scientifiques que les recommandations actuelles sont pour le moins obsolètes, mais ils ne souhaitent pas sortir des clous. Nous avons pu créer un groupe de recherche sur Lyme avec quelques infectiologues motivés, dans le cadre d’un protocole bien cadré où l’on pourrait inclure des patients. Ça bouge, il ne manque que l’argent ! 
 
La Fédération qui regroupe 3 associations sur 4, s’est choisie comme premier président un médecin, le Dr Raouf Ghozzi. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
« C’est quelqu’un de super, très compétent. Je l’ai connu par hasard, il faisait du Lyme dans son hôpital (ndlr : il est infectiologue à l’hôpital de Lannemezan). C’est quelqu’un de très apprécié. »
 
Pourquoi avez-vous rejoint la Fédération et accepté d’en présider le Conseil scientifique ?
« J’avais suscité la réunion des associations en mars 2015. J’aime beaucoup le slogan choisi par des malades de la Fédération : Malades Médecins Ensemble. C’est un symbole très fort ». Il faut conduire une expertise scientifique. Il y a urgence car des tas de gens s’endettent actuellement pour se soigner. Ils rencontrent des médecins qui sont pour la plupart des gens vraiment bien mais il y a aussi quelques rares personnes qui en profitent… Il faut faire attention à garder le cap d’une ligne scientifique crédible et irréprochable. »
 
Sur un plan plus personnel, vous êtes aujourd’hui l’un des principaux spécialistes de la maladie de Lyme mais comment en êtes vous arrivé à vous intéresser à cette maladie ?
« Je me suis intéressé assez tôt aux maladies infectieuses. À mon retour de service de coopération au Maroc au début des années 80, j’étais interne à l’Hôpital Claude-Bernard. J’avais alors un chef de clinique, Éric Dournon, qui revenait des États-Unis avec dans sa poche le premier kit de sérologie de Lyme. 
À ce moment-là, la maladie était émergente aux USA, on en était aux premières épidémies. J’ai initialement classé comme tout le monde cette maladie comme un problème rare et banal avec une sérologie fiable et un traitement court toujours efficace et facile.
J’avais aussi entendu parler depuis les USA de malades hospitalisés en psychiatrie ou atteints de maladies auto-immunes chez qui le diagnostic de Lyme avait pu être porté grâce à la sérologie. Certains avaient guéri sous antibiotiques. Il y avait aussi la publication régulière dans la littérature médicale de données démontrant que la sérologie était souvent prise en défaut et que les Borrelia pouvaient échapper aux antibiotiques pour entretenir une maladie chronique. 
 
J’avais donc gardé l’esprit en éveil mais j’ai eu aussi de la chance en arrivant à Garches. Le professeur Éric Dournon y avait travaillé comme Chef de l’Unité d’infectiologie qui avait été créée au début pour le sida, bien avant la trithérapie anti-VIH. C’est lui qui a créé le Centre de référence de la maladie de Lyme, d’abord à Claude-Bernard puis à Garches, ainsi que celui de la maladie des légionnaires (légionellose) qui était décrite elle aussi dans les années 80. Malheureusement Eric Dournon est décédé en 1992. Le Centre de référence de la maladie de Lyme est alors parti à l’Institut Pasteur, rattaché au laboratoire de la leptospirose. Ce laboratoire a simplement géré le quotidien. Cela vivotait. Depuis la mort d’Eric Dournon, il n’y avait plus de spécialiste clinicien de Lyme en France.
C’est plus tard que Strasbourg, d’abord centre associé, a ensuite récupéré le Centre de référence à l’occasion du départ à la retraite du Chef de de laboratoire de la leptospirose de Pasteur. Je suis arrivé à Garches en 1994 comme Chef de service, pour prendre la suite d’Éric Dournon. »
 
Finalement vous êtes arrivé à vous intéresser à Lyme par hasard ?
« Je n’étais pas spécialiste de Lyme, par contre j’ai vu qu’autour des forêts de l’ouest parisien ou dans la vallée de Chevreuse, il y avait de nombreuses personnes touchées par cette maladie. J’ai alors découvert que les antibiotiques étaient efficaces mais que, contrairement à ce qui était écrit dans les recommandations officielles, beaucoup de malades rechutaient à court ou moyen terme. J’ai alors découvert qu’il y avait déjà des associations qui aidaient beaucoup les malades par téléphone. Un jour j’ai reçu un coup de fil d’une dame qui me demandait si elle pouvait m’envoyer quelques personnes de sa connaissance en consultation. Ces gens là, avant, on les envoyait en psy ou ils partaient se faire soigner aux Etats-Unis.
J’ai commencé à voir arriver des malades. Mes consultations ont été petit à petit envahies. Je n’avais plus que des malades de Lyme car personne ne voulait les voir. Les médias n’en parlaient pas, les médecins qui s’y intéressaient étaient plutôt vus comme des charlatans. Moi je me taisais mais j’étais convaincu.
Une malade anglaise a entendu parler de moi et j’ai été invité à Londres par l’ILADS (société américaine pour Lyme chronique). C’est à cette occasion que j’ai fait connaissance avec les Dr Stricker et Horowitz. Horowitz, qui travaille dans l’Etat de New York, est un gars sympa, très compétent, qui de surcroît parle bien français. Il a sauvé un nombre incalculable de malades. Nous avons la même expérience. J’ai découvert ce monde souterrain et je voyais le résultat sur les malades. Tout est parti de là. »
 
Si les choses venaient à bouger dans le bon sens à l’avenir, avez-vous pu préparer votre succession ?
« Il est difficile de motiver les jeunes médecins car ils ne veulent pas faire des choses en dehors des clous. Il faut les comprendre. De plus c’est très difficile de publier dans ce domaine ; ils ont peur pour leur carrière. Mon équipe ne peut pas absorber tous les malades de France avec maintenant de plus en plus de demandes de l’étranger. Ça devient ingérable. Le point optimiste est que les jeunes médecins sont tout à fait d’accord pour participer à des protocoles de recherche officielle, il ne manque que le financement.»
 
 
(1) Borgermans L, Perronne C, Balicer R, Plasek O, Obsomer V. Lyme disease: time for a new approach? Br. Med J. 2015.; 351 doi: http://dx.doi.org/10.1136/bmj.h6520.

Cet éditorial a été cosigné par Liesbeth Borgermans, Professeur de la Faculté de médecine de Bruxelles, Ran Balicer du Département d’Epidémiologie de l’Hôpital Ben Gourion de Negev (Israël), Ozren Polasek du Département de Santé publique de l’Université de Split (Croatie) membre du Centre for Global Research d’Edimbourg, et de Valérie Obsomer, vétérinaire et chercheur à l’Université catholique de Louvain (Belgique).

(2) Les recommandations de l’ILADS 2014 viennent d’être reconnues par le Ministère de la Santé américain. Il est maintenant conseillé les traitements prolongés de la maladie de Lyme avec nouveau traitement si rechute et formes chroniques !

http://www.guideline.gov/content.aspx?id=49320

(3) Fédération Française contre les Maladies Vectorielles à Tiques : http://www.ffmvt.org

 

 

 

Les publications de Christian Perronne sur la maladie de Lyme :

- Clarissou J, Song A, Bernede C, Guillemot D, Dinh A, Ader F, Perronne C, Salomon J. Efficacy of a long-term antibiotic treatment in patients with a chronic tick associated poly-organic syndrome (TAPOS). Med Mal Infect 2009;39:108-15.

- Roche-Lanquetot MO, Ader F, Durand MC, Carlier R, Defferière H, Dinh A, Herrmann JL, Guillemot D, Perronne C, Salomon J. Results of a prospective standardized study of 30 patients with chronic neurological and cognitive disorders after tick bites (in French). Med Mal Infect 2008;38:543-8. doi: 10.1016/j.medmal.2008.06.007 

- Ghez D, Bernard L, Bayou E, Bani-Sadr F, Vallée C, Perronne C. Bartonella henselae infection mimicking a splenic lymphoma. Scand J Infect Dis, 2001, 33, 935-6.

- Perronne C. Lyme disease antiscience. Lancet Infect Dis 2012;12:361-2. doi: 10.1016/S1473-3099(12)70053-1.

- Perronne C. Lyme and associated tick-borne diseases: global challenges in the context of a public health threat. Front Cell Infect Microbiol 2014;doi:10.3389/fcimb.2014.00074.

- Perronne C. Critical review of studies trying to evaluate the treatment of chronic Lyme disease. Presse Med 2015;doi: 10.1016/j.lpm.2015.06.002


ADRESSES ET CONTACT UTILES

 

voir sur le site du magazine :

 

http://www.participe-present.net/le-magazine/sante-services/dossiers/172-pr-christian-perronne-pour-la-maladie-de-lyme-les-choses-sont-en-train-de-bouger-3.html

 

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article
22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 13:10

 

Je partage cet article et ce témoignage, car il est tout à fait représentatif du parcours des personnes atteintes de la maladie de Lyme et de l'incompréhension qui s'installe autour d'eux et de leur isolement de plus en plus grand au fil du temps et des symptômes qui deviennent chroniques ou qui s'aggravent.

 

Comme le dit Valérie à la fin de l'article, si déjà la lecture de ce témoignage permettait de changer notre regard sur la souffrance et la maladie, ce serait très bien.

 

Si déjà nous pouvions sortir de notre égocentrage et comprendre que tout le monde ne vit pas la même chose que soi, ce serait très bien (je pense par exemple à la petite phrase -que j'ai déjà entendue pour moi-même- « Comme c’est étrange, moi aussi j’ai été mordu par des tiques et je n’ai rien », ou bien "oui, moi j'ai été guéri(e) en 3 mois" genre c'est douteux d'être malade si on peut ne pas l'être... !

Pour Lyme comme pour les maladies chroniques, le quotidien des malades est d'être parsemé de petites qui énervent, font mal ou blessent (voir le petit tableau "bingo" que j'avais mis à la fin de cet article ici).

 

Dans notre société l'uniformisation est la règle : tout le monde devrait réagir pareil, tout le monde devrait avoir la même immunité (alors que l'on sait, scientifiquement, que l'immunité cellulaire est différente chez certains groupes d'humains, qui ne possèdent pas certains gènes par rapport à d'autres), tout le monde devrait guérir avec la pilule "Génius" dosée à 3 mg, trois par jour pour tout le monde.

 

Or nous sommes uniques. 

 

Nous avons une histoire, un parcours, une biologie uniques, même si nous appartenons à une grande famille qui a des lois biologiques communes.

 

Le respect et l'amour passent par la reconnaissance de la particularité de chacun.

 

Donc je ne sais pas si cette maladie a un message (bien que j'ai déjà proposé la piste du déni ici), mais elle nous invite à mettre de l'ordre dans notre regard sur la souffrance, qui la plupart du temps est "interprétée", jugée, déniée et j'en passe... au lieu d'être accueillie.

 

Il y a toujours une bonne raison pour trouver des excuses au système, à l'indifférence, et il y a très peu d'excuses pour les malades et leurs limites, pour tolérer l'épreuve qu'ils traversent et pour accepter "cash" la souffrance dont ils parlent.

 

C'est la société à deux vitesses, d'un côté on prône de plus en plus la compassion, des messages spirituels fleurissent partout, peace and love, hugs et I love you, sauvetage de minous et autres zanimaux, mais la personne qui souffre là, à vos côtés, reste invisible et est mise hors d'atteinte...

 

Ce n'est pas si nouveau que ça. Les sociétés ont toujours cherché à faire porter leurs incohérences, leurs peurs et leurs folies sur des bouc-émissaires qui leur permettent de mettre à distance leur propre souffrance (comme en témoigne cette terrible nouvelle d'enfant "sorcier" au Nigeria ou comme ce fut le cas lors des guerres et les déportations touchant certaines catégories d'individus, hélas si dramatiques lors de la dernière guerre mondiale).

 

Mais il est de la responsabilité de chacun de regarder sa souffrance en face, ce qui permettra de mieux accueillir celle des autres.

 

MT

 

 

 

 

 

Photo http://www.participe-present.net/

Photo http://www.participe-present.net/

 

 

 

 

Valérie CB habite dans l'Est. Mordue par une tique à 18 ans, elle en a 49 aujourd’hui. Elle raconte la longue descente aux enfers vécue par de nombreux malades. Au niveau personnel, professionnel, administratif… Bref une spirale infernale qui s’ajoute au parcours, hélas classique mais très éprouvant, de la “maladie invisible“.

" En 2008 mon visage se paralyse et jusqu’en 2012 mon état de santé ne cesse de s’aggraver. Ma résistance et mon énergie diminuent, je ne suis plus la même. Qu’est-ce que j’ai ? La réponse arrive et je fais la connaissance de la Borréliose de Lyme et de ses co-infections. J’en ai alors 29 symptômes et mon médecin avoue humblement ne pas savoir traiter cette maladie. Des semaines d’antibiotiques ne changent rien au tableau. 

Je découvre que je suis malade au mauvais moment, comme vous peut-être aussi ?

En effet, le monde médical est divisé au sujet de cette affection. Il m’apparait que les tiques sont les vecteurs d’infections graves et méconnues. On parle même de pandémie. La plupart des gens ayant été piqués, tombent malades, même des années après. Ils continuent à développer des symptômes qui s’aggravent dans le temps, même après l’antibiothérapie courte recommandée par les autorités sanitaires. Le plus souvent dans l’indifférence générale.

Je croise des informations internationales et je constate que le dépistage n’est pas fiable. Cette maladie peut devenir chronique et vous faire vivre un enfer. Des millions de personnes à travers le monde appellent à l’aide les différents gouvernements devenus sourds.  

Que ressentiriez-vous si, très malade et désireux de vous soigner, on vous disait que vous n’étiez pas malade ? Que votre maladie n’existe pas, que vous l’inventez ou pire, que vous êtes fou ?  

Sommes-nous réellement des millions dans le monde entier à être fous en même temps ? Que l’on soit vedette du show business, issu du monde des affaires, de la politique, du monde médical ou anonyme comme vous et moi ? 

 Un dogme va voler en éclats : mais combien de temps cela prendra-t-il ? Nous sommes en 2016 et cette maladie a de sévères répercussions sur ma vie à tous les niveaux.      

 

Au niveau amical et familial : météo changeante

 Une fois les choses annoncées, je constate que certains de mes proches me confondent avec la maladie, oubliant qui je suis ou qui j’étais avant d’être malade. D’autres s’en vont, la maladie leur fait peur, les effraye. Elle décourage ceux qui tentent de me comprendre.  

 Un livre entier ne suffirait pas à décrire ce qui se joue dans les relations humaines à ce stade. Certains sont même violents. On me dit que je ne veux pas guérir, que je veux attirer l’attention ou pire, que je suis la reine de la somatisation. Je n’ai pourtant pas de couronne quand je pleure de douleur et de découragement. 

 Je pense à Guy Corneau qui relate son parcours de guérison avec le cancer dans son livre « Revivre » (Éditions de l’homme). Selon ce célèbre psychanalyste, auteur et conférencier : « Nous sommes des êtres de relation et la qualité de la relation est essentielle dans les mécanismes de guérison. Relation avec soi-même et relation avec les autres, avec l’environnement. »  

Alors, oui, le tri se fait d’abord tout seul, car mon carnet d’adresses se vide et les visites s’espacent. Il se fait ensuite par mon propre courage : celui de renoncer aux relations qui me font du mal. 

 

Dans ce contexte, dame solitude s’invite au diner. 

 Faire avec quand on est malade est souvent compliqué, douloureux et anxiogène. Vous le savez, ou le vivez peut-être, avec une maladie chronique, cela dure. 

Je salue néanmoins ceux qui continuent à m’accompagner quoiqu’il arrive. Ceux qui savent voir au-delà de cette infection qui me fragilise. Une pensée ici pour ma mère qui, elle, se fie à ce qu’elle voit et entend. Son enfant souffre et elle est là. Merci à toi Maman. Il est vrai que l’entourage peut avoir des difficultés à nous suivre, tant la Maladie de Lyme nous change.

 En effet, combien d’entre nous se sont-ils sentis mieux, puis moins bien, d’un jour à l’autre, d’une heure à l’autre, ne sachant plus quoi dire à leurs proches et se sentant coupables de décliner toutes les invitations souvent au dernier moment ? En effet, paralysies, douleurs articulaires aux épaules, à la nuque, aux coude, aux genoux, aux doigts de pieds et des mains, douleurs musculaires et crampes partout, y compris à la langue, des douleurs thoraciques, le cœur qui s’emballe, la respiration qui se désorganise, la vue qui se brouille, des acouphènes, des picotements et des brulures n’importe où à n’importe quel moment, des difficultés pour parler, articuler, des troubles souvent importants de la mémoire.

On se sait plus ce que l’on pensait ou ce que l’on voulait dire, on utilise un mot pour un autre, on fait des fautes d’orthographe. On a peur de faire un AVC tant on a mal à la tête, certains en font. On se sent perdu dans l’espace, on a des vertiges, des hémorragies, une fatigue terrible qui nous tombe dessus d’un jour, d’une heure à l’autre, des troubles de l’humeur, des crises d’angoisse et de dépression, des douleurs atroces au ventre, des difficultés à manger devenant intolérant à presque tout, des insomnies sévères, des évanouissements…. Et j’en oublie c’est certain ! 

 Combien d’entre nous sont-ils si mal qu’ils sont terrifiés à l’idée de mourir ? 

 

Au niveau professionnel : on oublie vite 

 J’ai discuté avec d’autres malades dans le monde entier. Certains travaillent encore, d’autres veulent retourner travailler. Nos relations professionnelles vont dépendre de l’atteinte physique qui est la nôtre, car selon le stade de la maladie dans lequel nous nous situons, nos malaises et nos absences au travail varient. Ce qui déconcerte l’entourage… 

Voilà par contre ce que nous avons mis en commun.

 Nous nous sentons tous coupables d’être malades ou moins opérationnels. Certains jours sortir de chez nous est un calvaire Nous sommes les seuls à savoir intérieurement ce que cela nous coûte de faire bonne figure alors que nous pensons nous effondrer au travail. 

Bien entendu, on oublie vite quel(le) professionnel(le) nous sommes en réalité. Ceci engendre chez nous une lutte intérieure qui nous mine. Nous aimerions être en bonne santé. Or, avec la maladie, notre corps mène une danse dont le rythme imprévisible est imposé par notre affection. 

 

À ce stade, l’injustice finit par s’inviter au diner. 

 L’entourage professionnel nous juge moins productif quand ce n’est pas tire-au-flanc, imposteur ou profiteur.  Les uns profitent de notre état pour régler leur compte profitant que nous n’avons plus assez d’énergie pour nous défendre. D’autres collègues s’avancent sur l’échiquier sans vergogne. Certains malades sont mis au placard, d’autres licenciés ou poussés à partir. 

 Nous pouvons aussi constater qu’une croyance s’est développée dans la société selon laquelle c’est nous-même qui nous mettons en arrêt de maladie. Un peu comme si les médecins qui attestent de notre état de santé étaient des collaborateurs à notre disposition. Du coup, certains émettent des doutes sur la véracité de nos arrêts pour maladie.  

 Notre entourage professionnel, surtout s’il est en bonne santé, se détourne de nous car notre maladie ne se voit pas toujours. Pas de plâtre, de bandage ou de signes extérieurs de blessures graves. Quoique !  On va même jusqu’à vous dire « Comme c’est étrange, moi aussi j’ai été mordu par des tiques et je n’ai rien ». La bonne santé apparente ne préserve pas ces personnes de la méchanceté et de la bêtise. 

Nous constatons qu’il y a peu de bienveillance dans le système envers les personnes malades. Non seulement ce n’est pas bon pour guérir mais c’est aussi inconvenant et irrespectueux. 

 Que faire ? Chercher de l’aide auprès du médecin du travail ? Dialoguer en bon professionnel avec notre hiérarchie ? Tenter de sauver les apparences ?  Nous battre pour conserver notre statut et la confiance ? Quelle perte d’énergie, quelle peur aussi, car notre métier, c’est notre gagne-pain et souvent aussi notre passion. 

 

Au niveau administratif et social, c’est l’insécurité sociale

 Tout ceci a de sévères répercussions que nous sommes nombreux à affronter seuls, comme moi. En effet, quand notre arrêt de maladie se prolonge sans que notre état de santé ne s’améliore, passé un certain délai, notre salaire va diminuer de moitié dans un premier temps. 

 

L’insécurité fait alors son entrée. 

 Notre médecin traitant demandera la mise en congé de longue maladie ou de longue durée. Nous devons rencontrer des experts qui eux travaillent pour la Sécurité Sociale et n’ont aucun recul sur notre situation. Ici l’administration impose son rythme. Il faut avoir telle ou telle maladie pour être pris au sérieux. Ces maladies sont consignées dans des documents administratifs imposés à tous. Autant vous dire que la Borréliose de Lyme n’en fait pas partie, surtout en phase chronique.  

Dans la plupart des témoignages qui me sont parvenus, je constate que les experts ne traitent pas les malades en tant que tels mais comme des accusés qu’ils vont juger. Pourtant ces experts sont censés être avant tout des médecins et non des magistrats. 

 Les médecins et les spécialistes qui nous soignent ne sont pris guère plus au sérieux si l’on considère le peu de cas qui est fait de leurs diagnostics, attestations et expertises. 

Néanmoins, si certains experts restent polis et courtois, nombreux sont ceux qui nous méprisent ou nous maltraitent. Une malade m’a raconté qu’un expert voulait la forcer à se lever et à marcher : elle est paralysée en fauteuil électrique. Savourez le grotesque de la situation ! 

En ce qui me concerne, j’en ai vu deux, le premier avait bien étudié mon dossier et regardé mes examens médicaux. Il a reconnu que dans mon état, je ne pouvais reprendre mon travail dans l’immédiat. 

De chez le second je suis sortie en état de choc et traumatisée. Pendant tout l’entretien j’ai fait l’objet d’une violence verbale épouvantable. J’ai été humiliée, suspectée et écrasée par un individu qui a outrepassé toutes les règles de son code de déontologie. Il m’a fallu des semaines pour m’en remettre tant cela m’avait rendue encore plus malade. Encore aujourd’hui quand j’y repense ce qui me vient ce sont des images de tortures mentales et d’interrogatoire musclé comme dans les films de guerre. 

 Le pire, c’est que de ces “ entretiens “ dépendent notre statut administratif et social et nos ressources pour vivre et nous soigner. 

Des malades témoignent qu’on leur refuse le statut de longue maladie ou de maladie de longue durée et qu’ils se retrouvent dans des situations de précarité extrême. Avec en prime un état de santé qui ne s’est pas amélioré. Mon compte en banque à moi est vide et mes nuits angoissantes. Pour ma part, on me dit de retourner travailler et que je pourrai perdre mon poste. Je suis terrifiée, je veux guérir et préserver ma carrière. Je suis victime et ne veux pas finir dans la rue. Je suis très malade et en plus on me plonge dans un stress de tous les instants en me disant qu’il faut faire des  démarches, remplir des dossiers, passer des coups de fil. Je travaille depuis l’âge de 20 ans et subviens à mes besoins. Que faire ? Je veux guérir mais on ne m’en laisse pas le temps. .  

   L’état providence ne serait-il providentiel à présent que pour lui-même ? 

 

Au niveau du quotidien, un dictionnaire médical

 Le quotidien est fait de rendez-vous médicaux et administratifs. Me lever, m’habiller pour y aller, seule ou accompagnée quand trop souffrante. Toute une organisation est nécessaire quand souvent, me brosser les dents est une épreuve. 

Me faire à manger ? Dans mon état, la question est : « Y’a-t-il quelque chose dans le réfrigérateur ? ». Cuisiner ?  Si la réponse est « non », pas de repas.

Les résultats d’examens, l’attente angoissée, d’autres RDV, d’autres blouses blanches qui souvent se contredisent, chacune y allant de sa culture. 

 Je suis allongée sur le canapé la plupart du temps, le téléphone à portée de main pour les appels d’urgence. Quelques fois, je n’ai plus la force de répondre s’il se met à sonner. Et pour dire quoi ? « Au secours ?».  

Malade depuis des mois, livrée à moi-même, devant ma fenêtre, je vois les gens changer de tenues au rythme des saisons qui passent. Moi, je suis souvent en pyjama et j’en pleure. 

Mon maquillage reste rangé, oui, il faudrait en plus du reste se démaquiller le soir ? Alors que j’avale des gouttes, des pilules, des potions ? Rien que cela c’est tout un agenda ! Un tableau me le rappelle sur la table de ma cuisine. 

 Quand mon visage était paralysé, j’avais peur. Sourire la bouche de travers, humidifier un œil qui ne pouvait se fermer. Maintenant, c’est mal au ventre incessant et quotidien et on ne trouve rien. Des douleurs migrantes tous les jours et le moral en berne. Attraper un bol haut perché pour une tisane ? Pas sûr d’y arriver.  

Je fais des recherches sur cette maladie et contribue à alerter la population. Sur le net, derrière une photo de moi qui sourit, quand je m’en sens capable je rejoins ces milliers de personnes dont la vie est en suspens et qui veulent guérir. Je m’engage pour elles et pour moi.  

 

Je prie souvent et quand la nuit tombe, je réalise que je n’ai vu personne de la journée. 

 

Je marche, je cours, je travaille, je danse, je suis entourée, je mange de tout, je ne souffre jamais. Oui, mais ça c’est dans mes rêves ! 

Si je souris, on me croit guérie. Passer l’aspirateur ? Faire une machine ? Oui si je suis moins fatiguée, mais étendre le linge dans 40 minutes, pas sûr ! Payer les factures ? Faire des courriers ? Tout est en retard ? C’est vrai qu’étant malade, nous pensons au réveil, à ce que nous devons faire dans la journée et nous n’arrivons plus à nous organiser. Pourquoi ? Parce que nous souffrons et que les heures s’étirent pour réussir à accomplir telle ou telle tâche.

 

Je dépéris à la maison depuis des mois et pas de mieux. Parfois je sors une heure ou deux : je mets des heures à m’en remettre. Pas bien dormi ? Des jours à récupérer 

Je me concentre : «  garder l’espoir », « ça va s’arranger », «  méditer ». Mais il faut lutter contre les idées noires et la peur. Je veux croire que quelqu’un va venir me sortir de là. 

Vous aussi ? 

 

Ma conclusion : le besoin d'espoir

  Oui, nous les malades avons besoin d’espérer. La confiance est la première vertu dont nous avons besoin. Or la plupart des personnels de santé que nous rencontrons ont des préjugés et ne se tiennent pas au courant de la littérature scientifique. 

 

En anglais « préjugé » se dit « prejudice ». Aussi, j’affirme que nous sommes victimes de dangereux préjudices qui altèrent notre état de santé. Dans les années 70 le Dr Jeanine Fontaine écrivait : « Le corps médical affiche pourtant sa bonne foi sans prendre conscience qu’il est lui-même victime d’un système qui le noie dans l’erreur. La priorité est à la spéculation intellectuelle, ce qui empêche l’écoute profonde du malade pour le soulager, le guérir sans lui faire courir de risques inutilesL’arrogance française qui consiste à penser que si personne ne trouve une solution chez soi, personne ne la trouvera ailleurs semble prévaloir. » Je partage totalement ce point de vue.

 

Heureusement des voix s’élèvent et des médecins font tout pour aider les malades au prix de gros risques pour leur propre situation. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas oublié qui est au centre du système de santé. C’est-à-dire, le malade. Parce qu’ils n’ont pas oublié que l’écoute, l’observation et l’analyse de ce que vit le malade est probablement la seule matière première qui consiste à prendre le chemin vers l’amélioration. À ce stade, de véritables relations d’échange se créent entre médecins et patients. Relations de partage des cultures et des savoirs dans le cadre d’une communication saine et non violente, créatrice de synergie. 

« Que les hommes m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses. Que je sois couvert d'opprobre et méprisé si j'y manque » dit le Serment d’Hippocrate. 

 

Combien de soignants à l’heure actuelle mériteraient d’être couverts d’opprobre à propos de leur façon de travailler ? 

 

Des examens, de la technologie, des médicaments si quelque chose est trouvé et, s'il n'y a pas d’amélioration, c’est le malade qui est mauvais pas le soignant qui jamais ne se pose la question simple :

« Pourquoi ? » 

 

Pour ma part, je crois en ces autres médecins qui font preuve de modestie et qui savent remettre en question leurs apprentissages sans s’y accrocher comme à des boucliers dogmatiques. Des hommes humbles, justes et compétents ici et dans le monde entier. Ils méritent qu’on les encourage car ils veulent sauver leurs malades et les guérir. Pour cela, ils acceptent les jugements de leurs collègues aveugles et agissent. Merci à eux ! 

 

Enfin, pour terminer, je vous souhaite  à tous de ne pas croiser de tique. Sachez aussi que la maladie de Lyme peut se réveiller des années après une morsure sans le moindre signe avant-coureur. Ce fut mon cas, j’avais 18 ans quand j’ai été piquée, j'en ai 49 à présent. Pensez-y et renseignez-vous auprès de sources fiables. Restez vigilants et critiques.  

 

À la fin de cette lecture peut-être réviserez-vous aussi votre opinion sur tous ceux qui souffrent autour de vous et peu importe de quoi. Ce sera déjà très bien."

 

Valérie CB - Février 2016 

  

http://www.participe-present.net/le-magazine/sante-services/dossiers/174-temoignage-lyme-c-est-l-insecurite-sociale.html

 

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans SANTE-NATUROPATHIE
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • Le blog de lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • : Un lieu où pourraient se cotoyer le jour et la nuit, les univers différents de la pensée logique, rationnelle, structurée à partir des informations émanant de toute part, et de la pensée vagabonde, celle qui erre la nuit, mais aussi le jour, dans l'envers des choses, à la recherche de l'impalpable, de la beauté et de la magie. Michèle Théron
  • Contact

  • lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. 
Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...
  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...

Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

Recherche