Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 23:46
 
 
Une parole claire et haute, pour nous parler du symbolisme du corps humain et particulièrement, dans cette vidéo, de l'enjeu pour l'homme de faire le lien entre la connaissance extérieure (qui ne délivre pas de sagesse) et la connaissance intérieure qui, elle, nous y conduit.
 
 
 

 

Repost0
22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 22:37
Nous somatisons notre potentiel inaccompli

 

Nous naissons avec un potentiel personnel à accomplir. Certains événements de la vie peuvent entraver l’expression de cette force qui va alors stagner et se somatiser. Notre besoin d’amour est à la fois la source de cette prison et notre délivrance.

 

 

  

Flottant dans l’univers, la Terre tourne doucement sur elle-même. Nimbée dans ses épaisses couches de nuages, impossible d’entendre les grondements des Hommes qui s’activent sur son dos pour tenter de vivre.

Pourtant, dans le brouhaha, dans le tumulte, dans la souffrance, chacun s’applique à lancer ses possibles, comme autant de flèches aux destinations souvent oubliées. Chacun tente, avec des arcs de fortune et des techniques imparfaites, de trouver sa cible, d’atteindre sa légende personnelle. La seule chose qui reste aux Hommes dans cette quête éperdue, c’est le vague souvenir d’un possible qui n’a pas de nom, mais les habite à jamais. Ils ne savent pas qu’au cœur d’eux-mêmes, se trouve un secret, fabriqué dans l’atelier des dieux.

  

 

Entre ciel et terre, se trouve un atelier géant, où les dieux tissent sans cesse le destin des Hommes. Chaque fil d’or est tissé avec un autre, dans un dessin et une dimension uniques pour chacun. Chaque fil, noué, enroulé, porte la mesure, la trace et l’histoire du destin à accomplir. Tout est donné à la naissance, comme un secret à découvrir, comme un parchemin à déchiffrer.

Ainsi, logé dans le cœur des Hommes, l’enrouleur (1) secret de leur destin attend pour être déroulé.

Chacun garde la mémoire de la distance qui le sépare de sa légende personnelle. Chacun porte en lui la connaissance de cette distance, plantée dans son cœur comme un désir.

Ne reste plus qu’à étendre les bras le plus loin possible sur le chemin de sa vie, sur la ligne du temps, pour vivre sa légende.

 

 

Mais vivre sa légende ne va pas de soi.

 

Car sur la route vont se dresser des barrages, des murs, des palissades, toutes sortes d’obstacles empêchant le déploiement. Nous avons de nombreuses cordes (ne dit-on pas « c’est dans mes cordes » pour dire que nous en sommes capables ?) et de nombreuses ficelles qui ont la possibilité de se déployer dans leur totalité, c’est à dire dans la totalité de nos dons. Aussi notre corps nous posera-t-il toujours la même question :

« Quelle part as-tu déroulé de tes dons, que te reste-t-il encore à accomplir ? »

Chaque fil, qui correspond à un potentiel sera révélé ou non par l’histoire de notre vie, par les événements survenus au fil du temps.

 

 

Soit l’événement permettra au potentiel de se réaliser, soit au contraire il va le brider, le maintenir dans l’enrouleur, créant ainsi une tension.

Une tension qui nous met à la croisée de deux forces : d’un côté notre potentiel, ce que nous savons inconsciemment de chacune de nos cordes et ce que nous avons déjà pu déployer de ces cordes, et de l’autre côté, ce que nous rencontrons sur la ligne de la vie rythmée par le temps. La longueur déployée témoignera sans cesse de l’écart entre ces deux forces : le potentiel global fait de nos dons, de nos capacités, notre « je suis » profond et ce que nous rencontrons comme obstacles et freine notre potentiel.

 

 

Au fil des ans, nous déroulons nos capacités petit à petit. Mais combien en reste-t-il dans l’enrouleur ? Ce qui reste est difficilement mesurable. C’est ce qui est inaccompli, encore innommable, mais sous-tendu par une force constante. Tout ce qui n’est pas déroulé va n’avoir qu’un seul désir, se dérouler, en exerçant une pression perpétuelle dans notre vie.

  

 

Nos premières empreintes –nos parents- puis notre entourage, notre environnement, vont nous imposer des distances à respecter, limitant notre espace, empêchant nos ficelles de se déployer. Nous devons alors partir de là, de cet espace limité, et trouver les moyens de l’agrandir ou de rompre les cordes qui nous brident pour nous déployer réellement.

La part de nos dons qui se sera déroulée, se manifestera par un accomplissement, par une sensation de plénitude nous donnant le sentiment d’exister de façon harmonieuse.

La part qui ne sera pas déroulée va tenter de se manifester autrement. Dans nos choix de vie, nous tentons alors de manifester à notre manière, ce qui ne peut pas s’accomplir, en cherchant une solution selon notre tempérament, c’est à dire selon la forme de nos enrouleurs, selon ce qui s’est passé dans notre vie, à quel moment cela a eu lieu, comment cela s’est bloqué et où cela s’est mémorisé.

 

 

La difficulté, c’est que nous finissons par être persuadés que notre état est immuable, que nos ficelles sont réellement trop courtes. Nous finissons par être enfermés dans notre impossibilité de vivre, et même si plus tard il n’existe plus de murs, si les palissades tombent, si les obstacles disparaissent, nous laissons à nos ficelles la même longueur, sans plus oser les déployer, prisonniers de nos croyances et de nos schémas d’empreinte.

 

 

Nous sommes comme Pinocchio. Réduits à l’état de pantin, avec des ficelles trop courtes qui limitent nos gestes, nous empêchent de prendre le large et de courir. Il nous faut alors trouver le moyen de passer de l’état de pantin, à l’état d’être humain rendu à sa chair, libéré de son squelette de bois limitant, pour retrouver tous les potentiels de notre physiologie et de notre nature d’être humain. Notre nez qui s’allonge, c’est le symptôme visible d’un corps en souffrance, d’une conscience non-manifestée, bridée, amputée. C’est en nous libérant de nos mensonges, ces espaces d’inconscience et d’obscurité que nous pouvons retrouver notre nature profonde et libérer notre potentiel.

 

 

Mais qu’est-ce qui a pu nous jeter dans cette prison de mal-être ?

 

 

Nous naissons tous avec un besoin d’amour inconditionnel, rarement reçu dès le départ de notre vie. Dans cet amour que nous attendons, chaque rencontre nous permet à sa manière de déployer, d’agrandir ou de raccourcir les fils de notre pelote magique. Notre potentiel est sans cesse confronté à notre famille, à nos parents, amis, rencontres, amours, à l’histoire du monde, à la société, aux générations précédentes dont l’histoire se perpétue dans notre chair, par le biais du transgénérationnel.

 

 

C’est le besoin vital d’être aimé qui va faire que nous allons accepter les conditions, les limites qui nous sont imposées. Au nom de l’amour, nous allons rabaisser nos capacités, pour être conformes, pour plaire, être aimés et ne pas être abandonnés. Nous allons nous formater sur les modèles imposés par notre entourage, par la morale, les habitudes, les croyances, parce que choisir de vivre son potentiel, c’est risquer d’être non conformes et rejetés. Au nom de l’amour, nous allons être en conflit entre ce que nous pouvons faire réellement, et la manière dont nous avons besoin d’être aimé. Nous allons en permanence tenter de trouver un équilibre entre l’accompli et l’inaccompli.

 

 

L’accompli ne nous posera bien sûr pas de problème. Mais l’inaccompli, nous allons le garder dans notre mémoire, dans notre corps, où il sera comparé, analysé par rapport à ce que nous savons de nous-mêmes, par rapport au potentiel d’origine, laissé en nous par les fils d’or enroulés sur notre enrouleur personnel.

 

 

N’oublions jamais que ces fils non déroulés, laissent une information en attente et que notre corps mémorise à l’intérieur de lui-même tous les possibles réalisés et toutes nos limitations, toutes nos ficelles raccourcies.

Notre enrouleur garde la mémoire exacte de combien il lui reste à dérouler. S’il est déroulé à 70 %, il lui reste encore 30 % à dérouler. Il y a en permanence en nous un lieu qui sait parfaitement qui nous sommes et ce que nous pouvons faire. Notre potentiel, notre « je suis », envoie en permanence un message. Nous sommes ainsi toujours informés de qui nous sommes, de ce que nous avons réalisé et de ce qu’il nous reste à réaliser.

 

 

Si les limitations sont trop importantes, nous allons nous retrouver dans une impossibilité de vivre, dans une impossibilité d’exprimer nos potentiels, l’essentiel de notre être, de réaliser notre individualité.

Le langage que choisira alors notre corps pourra être la somatisation ou la maladie, sorte de régression visant à servir notre être intérieur, car : « La régression (…), qui est adaptation aux conditions du monde intérieur de chacun est fondée sur la nécessité vitale de donner satisfaction aux exigences de l’individuation » (2)

Tout ce qui ne sera pas accompli, va se somatiser, s’inscrire dans notre corps, qui est le gardien de notre mémoire, celui qui sait quelle est notre mission et notre légende.

 

 

Si notre besoin d’amour inconditionnel fut à l’origine de notre prison émotionnelle, l’amour reste néanmoins un puissant moteur pour dérouler notre enrouleur. L’amour est en effet le meilleur moyen de capter la quantité de cordes qui ne sont pas encore déroulées, comme autant de dons inaccomplis. L’amour que l’on cherche, vers lequel on tend, qui nous émeut -et nous meut- c’est le révélateur, c’est la mémoire que nous avons de notre déploiement possible. A travers le désir, nous allons nous mettre en marche vers l’amour et vers l’accomplissement de la totalité de notre être.

 

 

Le désir, c’est la pression nécessaire, le moteur extrêmement efficace qui nous permet de rester branchés sur notre conscience intérieure, celle qui connaît exactement la taille de notre enrouleur. Grâce au désir, nous allons pouvoir rester en vie, car l’envie permet de dépasser nos limites.

 

En cherchant toujours à être dans la vérité de notre être, en étant à l’écoute de notre besoin d’amour sans le rabaisser ni le marchander, nous pouvons alors métamorphoser nos anciennes croyances, déployer notre potentiel et commencer à vivre notre légende personnelle.

  

  

Michèle Théron

Praticienne de Santé Naturopathe

Article paru dans "Objectif Notre Santé"

 

 

(1)   Sur une idée du Dr Olivier Soulier, lors de la conférence « Initiation au décodage symbolique », à Lille les 9 et 10 décembre 2004.

(2) C.G. Jung in L’Energétique psychique, Livre de Poche

 

 

  

 

 

 

Repost0
18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 22:20
L’allergie, mémoire d’un conflit inconscient

 

Si l’allergie traduit un déséquilibre de terrain, comme tout symptôme nous pouvons tenter d’en comprendre les causes à un niveau plus symbolique. Elle peut alors symboliser la manifestation d’une mémoire ancienne à décoder.

 

Tout symptôme s’ancre dans notre biologie, c’est à dire notre corps qui est le support de notre vitalité, de nos désirs, de nos pensées. Cette biologie découle des principes de l’embryologie, elle-même sous-tendue par la phylogenèse. En décodage biologique, cette médecine nouvelle initiée par le Dr. Hamer, l’interprétation des maladies se fait essentiellement à partir des trois feuillets embryologiques et permet une classification des maladies et des symptômes qui était jusque là inconnue. Comme chaque organe a pour origine un tissu embryologique différent, cela donne le niveau où se situe le problème, qu’on admette qu’il soit biologique, psychologique ou symbolique.

 

-         L’endoderme (utérus et tube digestif) est en lien avec notre structure, notre logique de survie, à travers une « psychologie du ver de terre » : manger, respirer, se reproduire. Il est régi par le cerveau reptilien et le tronc cérébral.

-         Le mésoderme (os, chair, muscles et glandes), est l’interface qui permet notre adaptation, la mise en actes et en mouvements de ce qui nous habite à travers les émotions. Il est régi par le cerveau limbique.

-         L’ectoderme (système nerveux, peau et organe des sens), est en lien avec notre vie relationnelle, et sexuelle ; c’est la forme la plus évoluée de notre vie (par la complexité du système nerveux). Il est régi par le cortex.

 



Une mémoire codée génétiquement

L’embryologie est supportée par la phylogenèse : les mémoires du code génétique, probablement portées par les chromosomes, sont l’ensemble des informations que l’on a apprises et intégrées, validées au fil des générations. Aussi y a-t-il une interaction permanente entre le patrimoine reçu et ce que nous vivons. La phylogenèse nous montre que nous portons l’information de toutes les espèces, c’est-à-dire que nous portons tous les codes biologiques : nous ne sommes pas uniquement le fils ou la fille de nos parents, nous sommes recréés depuis le début de l’humanité et nous rejouons dans notre structure la totalité des espèces et des codes animaux qui y sont associés. Notre forme humaine ne se met en place qu’à partir du 27-28ème jour de fécondation. Ainsi, entre la fécondation et l’implantation dans l’utérus, se joue toute l’histoire du monde. De quelles mémoires serons-nous porteurs ?

 

Le système immunitaire, quant à lui, est une banque de données qui stocke les informations que nous recevons de l’extérieur, en les réactualisant sans cesse au fur et à mesure que l’extérieur change. A chaque nouvel élément, notre organisme expérimente la réalité, l’interprète, l’analyse. Nous « apprenons » le monde, pas seulement avec notre cortex mais aussi avec notre biologie. Cette « interprétation » est déterminée autant par notre terrain, nos croyances, notre histoire que par la force des événements auxquels nous sommes confrontés.

 



Une immunité confrontée au réel

Dans tous les cas, ce qui est en cause, c’est notre capacité à adhérer au réel. Or la particularité de l’être humain, c’est justement de pouvoir interpréter le réel, de s’en distancier, en fonction de ses croyances ou de ses résistances à la vie. Plus l’écart sera grand entre la réalité de sa biologie et la réalité extérieure, plus la confrontation sera douloureuse et conflictuelle, pouvant ainsi entraîner des symptômes ou des maladies. La confrontation au réel est le moyen de se constituer un système de défenses le plus adapté et le plus efficace possible. Notre personnalité est la résultante de toutes nos expériences et nous comprenons bien, que plus nous nous confrontons à une situation qui nous pose problème, plus nous serons aptes à trouver petit à petit des solutions, à nous protéger, à nous aguerrir.

 

Par contre, quand nous restons volontairement ou inconsciemment en dehors d’une situation dérangeante, nous restons vulnérables, dans l’incapacité de la résoudre ou d’y faire face. Le système immunitaire va donc être en partie le reflet de cette adaptation. Plus nous sommes en accord avec nous-mêmes, plus nos défenses sont bonnes, car nous sommes alors unis avec nous-mêmes, en « im-unité » (1). Si nous sommes en conflit avec l’extérieur ou une partie de l’extérieur (symboliquement par exemple), nos défenses ne seront pas adaptées. Si nous sommes en conflit avec nous-mêmes, notre système immunitaire se retourne contre nous et nous pourrons faire des maladies auto-immunes. 

 

Les symptômes d’un organisme correspondent à un affaissement de la structure devant un événement qu’il ne peut pas affronter ou gérer. Quand l’organisme réagit devant une substance qu’il classe comme dangereuse au point de déclencher une réaction parfois disproportionnée, que s’est-il passé dans l’environnement de la personne au moment de cette mise en contact entre l’extérieur (allergène) et l’intérieur (le système immunitaire qui représente notre identité) ?

 



Un conflit de la mémoire

En décodage biologique, on dit que l’allergie est un conflit en lien avec la mémoire. L’organisme va réagir avec un élément suffisamment immunogène qui sera symboliquement en lien avec la structure ou la problématique de la personne, c’est à dire qui fera « résonance ». Ainsi, dans un environnement complexe qui comporte aussi bien des végétaux, des animaux, des éléments naturels ou chimiques, le corps va réagir à ce qui sera le plus en adéquation avec sa logique inconsciente, d’un point de vue biologique (c’est à dire chimique, moléculaire) autant que psychologique ou symbolique.

 

Quelle est la difficulté que nous ne voyons pas au moment où nous entrons en relation avec l’extérieur ou autrui et qui fait qu’une substance sera « codée » en « allergène » ? Plus la conscience est faible, plus le danger est grand de « réagir », de s’allergiser. En effet, si je peux identifier un problème, je suis capable d’apporter la solution adéquate. Si le problème est inconscient, s’il est l’enjeu de plusieurs forces que j’ignore ou ne maîtrise pas, alors je suis en prise directe avec le problème sans pouvoir le résoudre. Je sais que « quelque chose ne me va pas », mais comme je n’en ai pas conscience, je le mémorise sur un élément symbolique qui me permettra de réagir rapidement en cas de danger. En étant allergique à un aliment par exemple, c’est une façon d’être informé rapidement, par un « circuit » court, puisque je fais une réaction parfois immédiate.

Ce n’est pas un hasard non plus si ces codages se mettent souvent en place dans la petite enfance, car c’est bien la période où nous n’avons pas la conscience nécessaire pour comprendre un problème, même si nous pouvons le percevoir de façon subtile.

 


Des symptômes signifiants

Le symptôme sera alors l’information qui pourra nous parvenir à plusieurs niveaux, somatique, psychologique ou symbolique. Par exemple, une problématique avec le père pourra se manifester de différentes façons, en fonction de la nature du problème.

Si j’ai un conflit avec le père intérieur, je pourrai développer une intolérance au gluten.

Si j’ai un problème avec le père symbolique, je pourrai développer une allergie au soleil, avec des urticaires.

Si j’ai des difficultés au moment de l’entrée dans la sexualité, où le masculin et le féminin sont sollicités, je pourrai développer une allergie aux pollens, puisqu’ils représentent la semence masculine, la transmission qui a lieu quand deux polarités se trouvent en présence.

Par contre, si j’ai sans cesse des problèmes avec l’électricité, et dans ce cas ce n’est plus un symptôme « somatique », je suis peut-être en conflit avec le père divin.

 

Ce qu’il faut chercher, ce sont des pistes, afin de trouver ce qui a bien pu « réagir » à un moment donné, sachant que chaque organisme vivant est sans cesse en interaction et que c’est la partie la moins conscience de lui-même qui se manifestera, comme un écho. Ce qu’il faut comprendre aussi, c’est que dans l’acceptation du « symbole », le sens est au-delà d’une compréhension simplement intellectuelle. Ce qui fonctionne, ce n’est pas que l’on décide que le pollen soit en rapport avec le « masculin » ou « la semence ». Ce qui fonctionne, c’est que le pollens, par sa nature même, est forcément porteur d’une information. Et c’est cette information, qu’il faut à la fois connaître et comprendre, qui va réagir avec le niveau vibratoire du problème que l’on porte.

 

Chaque interprétation est bien sûr à faire avec délicatesse, en fonction de l’histoire de chacun et des symboles qu’elle véhicule, en évitant les interprétations « sauvages » et les équivalences faciles. Néanmoins, on le sait, certains symboles sont des archétypes qui parlent à tous nos inconscients. Chaque chose dans l’univers résonne avec le tout, y compris bien sûr notre organisme, puisqu’il fait partie du tout.

 

Et ce n’est pas parce qu’on aura trouvé une piste symbolique, qu’il faudra pour autant négliger l’hygiène de vie et les lois de la santé…

 

 

 

Michèle Théron

Praticienne de Santé Naturopathe,

 

Article publié dans "Objectif NotreSanté", "Recto-Verseau"

 

(1) terme employé par le Dr. Olivier Soulier, formateur en « Symboles des langages du corps »


 

 

 

 

Repost0
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 20:31

 

ALLER AUX SOURCES DE LA SOUFFRANCE

 

Ce que nous avons de plus immatériel –pensées, sentiments, émotions-, se manifeste dans notre corps. L’inconscient est partout : dans nos rêves, nos lapsus, mais aussi nos organes, nos membres et notre peau. Le corps est l’endroit qui nous résume. Pour toucher notre être profond, il faut s’adresser à lui. C’est ce que proposent les techniques psycho-corporelles, qui ont pour ambition la libération des tensions et des émotions, permettant au corps de retrouver sa mémoire et son élan vital.

 

Tout événement déplaisant, réel ou fantasmé, induit une tension susceptible de s’enkyster et de créer des symptômes qui pourront surgir très longtemps après. C’est ainsi que d’anciennes blessures émotionnelles continuent à nous faire souffrir, alors que nous pensions les avoir enterrées au cimetière des éléphants. En psychothérapie, le corps a longtemps été marginalisé, déconsidéré et oublié. Honteux, impur, dérangeant –puisque c’est ici même que se trouve la source de toute histoire- il est temps de le réhabiliter et du même coup réunifier notre Etre.

 

Reconnecter la tête et le corps

L’importance des maladies psycho-somatiques est désormais acquise et par le monde médical et par le grand public. Il aura fallu attendre Freud, pour que les premiers éléments de psychosomatique voient le jour. Ses premières patientes souffrent toutes de maux étranges : paralysie, cécité, contractures, douleurs diffuses, sans cause organique décelable. Et lorsqu’il les invite à s’exprimer, à raconter leurs rêves, leur enfance, à libérer leurs émotions, ces symptômes disparaissent. C’est alors qu’on découvrit que les traumatismes du passé, ignorés de la conscience, pouvaient s’inscrire sur toute la surface corporelle.

Néanmoins, ce qui sous-tend ces maladies est rarement expliqué en profondeur et la plupart du temps, c’est encore en morcelant l’Etre humain que l’on choisit d’expliquer ses problèmes : c’est sa « tête » qui ne fonctionne pas bien. On oublie que la racine de toute chose prend sa source dans l’Etre tout entier, dans son histoire et que pour guérir, il faut retrouver cette histoire, retrouver son unité, ne plus séparer la tête et le corps.

 

Un symbolisme oublié

Pour comprendre les maladies psychosomatiques, il faut replacer l’Etre humain dans son contexte social et universel. Nous dépendons d’un système de pensées, nous sommes héritiers de toute une tradition, tant au niveau de la pensée, que des symboles, de la religion ou de la morale. Notre histoire s’inscrit à travers l’histoire de l’Humanité et nous en sommes, en quelque sorte, le réceptacle. Vouloir chercher une identification en dehors de cet héritage, c’est amputer l’Etre humain de sa valeur archétypale (voir encadré), c’est le couper du monde des symboles. Ces symboles, loin d’être un jeu intellectuel, sont chargés de sens, une signification éprouvée au fil des siècles, relatée depuis des milliers d’années dans les livres sacrés taoïstes, les Védas, la Bible, les Evangiles, le Coran… Tous les rites et les mythes de l’humanité rendent compte de cette vision symbolique. Seule la science moderne a imposé une rupture avec cette connaissance et du même coup, a accepté une normalisation du non-sens de la souffrance et de la maladie.

Aujourd’hui, des auteurs renouent avec cette tradition et offrent à travers des écrits de qualité la possibilité de se reconnecter au sens caché des choses. Annick de Souzenelle, dans « Le symbolisme du corps humain » et Michel Odoul, dans « Dis-moi où tu as mal, je te dirais pourquoi », rappellent tous deux que « les cris du corps sont les messages de l’âme ».

 

La maladie : un recentrage nécessaire

Comprendre les mécanismes psycho-énergétiques qui sous-tendent la maladie est le seul moyen de retrouver l’état de santé. Cela signifie accepter de ne plus voir la maladie comme le fruit du hasard ou de la fatalité, mais comme un message de notre conscience intérieure. Cette démarche a un coût, car souvent il nous en coûte de grandir et d’aller vers la liberté. Mais si l’on accepte notre responsabilité, nous pouvons alors découvrir derrière notre souffrance, notre maladie, une « énergie créatrice », dans le sens qu’elle est le moyen d’évoluer et de progresser dans notre vie. Encore faut-il pour cela renoncer à l’image toute puissante du médecin « sauveur-guérisseur », pour se redonner le juste pouvoir de sa propre guérison.

En recherche constante de maîtrise et de domination des événements, ce n’est que réduit à l’état d’impuissance ou partiellement atteint dans notre image toute puissante, que nous nous interrogeons. Que signifie ce corps qui fait mal ? Qui est donc celui ou celle qui souffre, là, méconnaissable ? Par la force des choses nous sommes ramenés à nous-mêmes, à un questionnement inévitable.

Ces maux sont autant de cris que notre corps nous envoie, des signaux d’alerte, les témoins de nos déséquilibres. Notre réalité profonde parle, et plus nous serons sourds à ses cris, plus les messages seront violents.

 

Le passager de la calèche

Pour s’en convaincre, reprenons l’image extrêmement parlante de Michel Odoul, empruntée à la tradition orientale. Nous avançons sur un chemin en utilisant un véhicule qui est notre corps physique et que nous pouvons comparer à une calèche. Cette calèche est tirée par deux chevaux, qui symbolisent nos émotions, un Noir (yin) et un Blanc (Yang) et dirigée par un cocher, qui représente notre mental. A l’intérieur de la calèche, il y a un passager que l’on ne voit pas, il s’agit du Guide intérieur. Si le cocher donne l’impression de diriger la calèche, seul le passager connaît la destination. Ainsi, de l’équilibre entre le cocher et les chevaux dépendra le confort du voyage. Si le cocher maltraite les chevaux (les émotions), ceux-ci risquent de s’emballer et de nous conduire à l’accident. Si le cocher n’est pas vigilant (mental pas assez en éveil), nous risquons de passer dans les ornières (reproductions des schémas parentaux par exemple) et d’aller dans le fossé. S’il ne tient plus du tout les rênes, ce sont alors les chevaux-émotions qui vont diriger la calèche. Si c’est le cheval noir qui domine, la calèche tirera à droite, guidée par les images émotives maternelles. Si c’est le cheval blanc qui domine, la calèche va tirer à gauche, vers les représentations émotives paternelles. Tout ce qui représente les aléas d’un voyage peut être comparé aux incidents que nous rencontrons sur notre route terrestre… Brouillard, virages, bosses, fossés, roue qui lâche, panne… Je vous laisse le soin de comparer avec les événements de votre vie, exercice d’une facilité enfantine !

 

Maîtriser ou dialoguer ?

La comparaison devient encore plus intéressante, si l’on imagine un cocher très sûr de lui, persuadé de tout connaître et de tout maîtriser. Il prendra alors une direction, persuadé d’avoir choisi le bon chemin, à l’image de la société rationnelle, persuadée que la raison et l’intellect peuvent tout résoudre. Alors qu’il suffirait que le cocher demande au passager le chemin à suivre, pour se rapprocher le plus possible de la bonne route à suivre.

Pour cela, encore faut-il pouvoir entendre le passager, car le voyage est parfois fort bruyant, tant par le bruit des roues sur les cailloux ou dans les trous, que par les cris du cocher qui essaie tant bien que mal de maîtriser ses chevaux ! C’est alors qu’il devient indispensable de s’arrêter, faire une pause, et d’être enfin à l’écoute de son Maître intérieur. Si le voyage a été très mouvementé, le passager est peut-être un peu K.O. et le cocher est quant à lui sûrement sonné, voire un peu sourd par tant de vacarme. Il faudra alors un peu de temps avant qu’un dialogue bénéfique puisse s’engager entre le cocher et le passager, et que la calèche reparte plus tranquillement !

 

Une mémoire enfouie par le système nerveux

Ce « Maître intérieur », censé nous guider, nous pourrions aussi le comparer à notre mémoire corporelle. En effet, toute notre histoire, toutes nos émotions sont stockées dans notre corps, sorte de « boîte noire » où rien ne se perd. Car pour comprendre à quel point nos émotions vont agir sur notre corps, occasionnant somatisations, souffrance, maladies, il faut savoir comment ce phénomène se met en place.

Nul besoin d’un mental performant, d’une conscience toute intellectuelle, pour stocker les émotions et les événements de la vie. L’individu est affecté par sa propre histoire, et celle-ci débute en fait dès les tous premiers mois de la vie intra-utérine, lorsque se constitue le système nerveux du fœtus qui perçoit la douleur sans pouvoir se défendre. La vie occasionne des traumatismes, mais la nature nous a donné des moyens, grâce aux sécrétions chimiques du cerveau de nous défendre et de stocker le souvenir afin de le traiter ultérieurement.

 

L’intelligence cellulaire

Pour comprendre ce phénomène simple, mais dont l’acceptation n’est pas encore partagée par tous, un organisme unicellulaire microscopique, l’amibe, nous apporte une réponse à travers l’expérimentation scientifique. Dans un laboratoire de biologie, un chercheur ajoute quelques gouttes d’encre de Chine dans un récipient où se trouve une amibe. Face à ce « poison », l’amibe absorbe le pigment et le conserve dans une vacuole. Lorsque l’eau polluée est remplacée par de l’eau fraîche, l’amibe évacue alors l’encre et retrouve ainsi son état normal. Comme l’amibe, nous avons un système qui nous permet de stocker un « poison », un traumatisme, un événement ingérable, afin de nous préserver de ses effets pervers. Il suffira ensuite à notre organisme d’être en confiance, d’être « en eau claire », pour « relarguer » le traumatisme et s’en libérer.

 

Des connections intra-utérines

On dit souvent que le fœtus ne ressent rien ou qu’il ne peut garder la mémoire d’une période préverbale. Or, entre la septième et vingtième semaine de gestation, les voies nerveuses de la moelle épinière aux centres inférieurs du cerveau sont presque entièrement constituées. Il existe dès lors une forme rudimentaire de perception et d’enregistrement de la souffrance. Toute modification hormonale de la femme enceinte aura un effet sur le système nerveux de son enfant altérant éventuellement les circuits cérébraux ou créant des « câblages » définitifs qui laisseront leur empreinte précoce, entraînant pour plus tard des dérèglements et des symptômes inexpliqués.

Des chercheurs ont mesuré les changements physiologiques de fœtus lors de prélèvements effectués dans leur abdomen. Outre une grande agitation, ils ont pu constater une hausse de 590% du taux de cortisol, l’hormone du stress, et une hausse de 183% des endorphines qui atténuent la perception de la douleur. Si ce genre d’expérience amène le fœtus à se débattre et modifie ainsi sa physiologie, il est clair qu’il peut éprouver des sensations douloureuses et qu’il est capable de refoulement. En fait, les bébés sont comme une fenêtre sensorielle grande ouverte et rien ne filtre ni n’atténue la force du traumatisme.

 

Le refoulement, fondement de la névrose

Quand la charge émotionnelle impliquée dans le traumatisme dépasse ses possibilités d’intégration, l’Etre humain met en place un système de refoulement pour protéger la conscience. Ce système a pour objectif de fermer les portes afin que la souffrance ne remonte pas à la conscience. Il est aidé en cela par des agents chimiques qui nous rendent inconscients : les neurotransmetteurs de l’inhibition, des opiacés que fabrique notre organisme. Plus la souffrance est forte, plus les substances déclenchant la fermeture des portes sont abondantes. Ainsi la sensibilité exacerbée de l’individu se trouve convertie en son contraire : l’insensibilité. Par contre, ces informations qui n’ont pu atteindre notre conscience sont souvent déviées vers notre corps où elles éveillent de fortes réactions viscérales. C’est ainsi que la somatisation prend sa source et que s’installe la névrose, adaptation mentale et comportementale face au traumatisme originel.

 

Cicatriser les blessures de l’âme

On comprend donc comme une évidence, que l’élaboration purement verbale d’une thérapie ne pourra pas libérer un patient de ses troubles. Les émotions éprouvées autrefois se sont inscrites dans les tissus et les muscles entraînant des tensions qui constituent une véritable carapace, une cuirasse qui bloque la libre circulation de l’énergie vitale. Notre système de défense a pour but de nier notre souffrance, de mettre en place un système mental très puissant qui garde le pouvoir sur tout et la conséquence est que nous en sommes aliénés. Le but de la thérapie est donc d’assouplir cette cuirasse, d’assouplir nos défenses et d’accéder à un éventail de réactions parmi lesquelles nous pourrons choisir la plus adaptée.

Si cette thérapie choisit comme porte d’entrée le corps, le mental perd sa primauté, son pouvoir et son contrôle sur les émotions. Notre personnage peut enfin être démasqué, car si la parole permet toujours un échappatoire, le corps ne le permet pas et nous place définitivement face à nous-même. Cette situation est douloureuse car notre corps a mis en place une équation : souffrir = mourir. Se rapprocher de ses émotions, est donc parfois d’une intensité aussi forte que la peur de mourir. Mais en prenant conscience que ce vécu appartient au passé, on réalise que l’on peut baisser sa garde et aller revivre ces émotions refoulées.

 

La devise « connais-toi toi-même » est une priorité si l’on veut faire un travail en profondeur, opérer un véritable déconditionnement à la douleur, au conflit et permettre un reconditionnement vers une acceptation de sa vie.

La psychologie est un outil de transformation puissant, qui, s’il est bien utilisé, doit permettre de reconnecter la tête et le corps, cette dualité qui est la source de tensions, somatisations et maladies en tous genres.

Ce travail est un travail de confiance, de patience, et la clé de voûte de sa réussite est dans la qualité de la relation d’aide qui lie le thérapeute et le patient. Ecoute, accueil, accompagnement permettent de créer ce climat de confiance sans lequel aucune libération n’est possible. Pour que le corps ose enfin, il faut ces ingrédients indispensables qui ont pu faire défaut par le passé : la présence et l’amour.

 

 MT

Article paru dans "Obectif Notre Santé" et "Recto-Verseau" n° 166

 

Bibliographie :

« Dis-moi où tu as mal », Michel Odoul, Editions Dervy

« Le symbolisme du corps humain », Annick de Souzenelle, Editions Albin Michel

« Le corps se souvient » Arthur Janov, Editions du Rocher

 

 

Archétypes : les valeurs fondatrices

L’archétype est, pour Platon, le modèle éternel de toute chose sensible, laquelle n’en est que le reflet. Pour Jung, l’archétype correspond à chacun des grands thèmes de l’inconscient collectif . Les grands principes qui régissent la vie (peurs, doutes, joies, espoirs,…) se trouvent le plus souvent symbolisés au travers de phénomènes physiques auxquels vont s’attacher des émotions et des valeurs. Par exemple, lorsque le soleil s’élève, la peur disparaît, la joie vient ; lorsque la nuit vient, la peur apparaît. C’est donc l’émotion qui s’attache à un phénomène qui va le caractériser et cette émotion est universelle. L’archétype est donc un facteur dynamisant qui relie le monde intérieur d’un individu au monde extérieur. C’est aussi un inconscient supérieur qui met l’Homme en communication avec un univers spirituel et avec les souvenirs émotifs de nos ancêtres les plus lointains.

 

 

 

 

Repost0
8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 21:32

  

Le jour où la mort frappera à ta porte

Que lui offriras-tu ?

Je déposerai devant mon invitée le vase plein de ma vie.

Je ne la laisserai jamais partir les mains vides

 

Rabindranath Tagore

 

 

La Toussaint marque l’hommage des vivants rendu aux défunts. C’est souvent l’occasion de consacrer un temps de réflexion à la mort, sujet tabou et déstabilisant. Pourtant, comprendre le sens de la mort, c’est s’intéresser au sens de la vie. Accepter que nous sommes limités par elle, c’est nous donner la possibilité de jouir vraiment de la vie.

 

Parler de la mort est difficile car nous pensons souvent qu’en parler nous met en sa présence, nous en rapproche. Aussi ne pas en parler c’est un peu comme conjurer le sort…

Notre société n’a jamais autant mis sur un piédestal la jeunesse et le progrès. Tous deux nous maintiennent à distance de l’idée de la mort. Celle-ci devient une sorte de maladie honteuse à vaincre et c’est certainement la plus grande tromperie induite par notre société aujourd’hui. Car la mort est inéluctable et fait partie intégrante de la vie. Aussi sûrement que nous sommes nés, la mort viendra clore notre passage sur terre.

C’est d’ailleurs la certitude de sa venue qui donne du relief à notre existence et qui nous pousse à créer. « Il n’y a en moi nulle pensée que la mort n’ait sculptée de son ciseau » (Michel-Ange).

 

Si ce point où culmine toute notre existence humaine reste un événement nié, relégué parmi les tabous, c’est qu’il reste mystérieux, chargé d’angoisse et d’appréhension. « Je n’ai pas peur de la mort, mais quand elle se présentera, j’aimerais autant être absent » disait Woody Allen. « Non, je ne crains pas la mort », nous dit Aurélien Scholl, « mais je trouve que la Providence a mal arrangé les choses. Ainsi je préférerais qu’on enterre mon âme et que ce soit mon corps qui soit immortel ». Or, la mort concerne chacun d’entre nous sans exception, comme l’évoquait déjà Voltaire : « J’approche tout doucement du moment où les philosophes et les imbéciles ont la même destinée ».

 

 

Un symbole de changement profond

 

La mort est ancienne… et « si ancienne qu’on lui parle en latin » (Jean Giraudoux). L’humanité a transmis un ensemble de connaissances concernant la mort qui circulent sous forme d’un enseignement ésotérique et de symboles. C’est en puisant dans les symboles de toutes les Traditions, où la mort est toujours évoquée par de puissantes allégories, que nous pouvons avoir une réflexion plus profonde. En effet les symboles sont souvent la seule passerelle possible entre le visible et l’invisible, entre le dicible et l’ineffable.

 

Dans son sens ésotérique le plus large, la mort est un passage, un voyage, elle symbolise le changement profond que subit l’homme par l’effet de l’initiation : il faut mourir à son imperfection pour avoir accès au progrès, à une vie nouvelle ou aux mondes inconnus des Enfers ou des Paradis. Quand la mort touche un être qui ne vit qu’au niveau matériel ou bestial, il sombrera dans les Enfers. Si au contraire il vit au niveau spirituel, elle lui ouvrira des champs de lumière.

 

La mort peut être comprise aussi comme une libération, une délivrance : elle délivre des forces négatives et régressives et libère les forces ascensionnelles de l’esprit.

N’oublions pas que la mort est symbolisée par Thanatos, fils de la nuit et frère du sommeil dont il a d’ailleurs le même pouvoir : celui de régénérer.

 

 

Une valeur initiatique

 

La mort est aussi symbole de révélation. Tous les rites d’initiation traversent une phase de mort, soit parce qu’il faut renoncer à quelque chose, soit parce que l’initié se trouve dans un état proche de la mort.

Dans diverses cultures, les expériences spirituelles ne sont-elles pas des petites morts ? L’ascèse, la transe, la méditation, le jeûne transcendent le corps physique pour mieux être en contact avec des forces subtiles.

 

Toujours dans son aspect symbolique la mort est représentée dans le Tarot par la 13ème arcane, carte représentée par un squelette et seule à n’avoir pas de nom. Elle exprime le deuil, la fatalité, le détachement, une évolution importante : car la mort fauche la réalité apparente, c’est-à-dire les illusions périssables. Le chiffre 13, quant à lui, renvoie à sa signification maléfique qui symbolise depuis l’Antiquité le cours cyclique de l’activité humaine, le passage à un autre état et par conséquent la mort. De plus on constate que les cartes qui suivent celle de la Mort, ont toutes un caractère plus céleste, plus élevé, aux noms évocateurs : la Maison-Dieu, l’Etoile, la Lune, le Soleil, le Jugement, le Monde…

 

Autre symbole associé à la mort : la couleur noire, qui évoque la nuit, le néant, le chaos, la confusion. Le noir exprime alors la passivité absolue et le deuil de façon accablante car c’est un deuil sans espoir, une perte définitive, comme un silence éternel. Mais il est aussi la couleur du ventre de la terre où s’opère la régénération du monde diurne. En symbolisant la substance universelle, la « materia prima », la grande gestatrice, le ventre du monde, le noir évoque aussi l’origine de toutes choses créées et devient symbole de réservoir et de fécondité.

Le noir nous renvoie aussi à notre propre univers instinctif primitif qu’il s’agit d’éclairer, de domestiquer et dont nous devons canaliser les forces vers des objectifs plus élevés.

 

Ainsi la mort dans ses multiples symboles, nous offre constamment un jeu de lumière en clair-obscur, un mouvement entre l’ombre et la lumière, de la lumière vers l’ombre pour ceux qui pensent que tout redevient néant, de l’ombre vers la lumière pour ceux qui croient à une nouvelle vie, un nouvel état.

 

 

Comment mourir ?

 

Aujourd’hui, même si on ne veut pas parler de la mort, celle-ci est de plus en plus d’actualité : le sida, les cancers, les cataclysmes naturels, les guerres, les génocides toujours présents nous la rappellent sans cesse. Comme si tous ces événements avaient pour mission de nous questionner, d’accélérer le changement des mentalités, de réveiller la conscience.

Cette conscience a vu son émergence dans le secteur médical avec l’accompagnement aux mourants, initié par le Dr Elisabeth Kübler-Ross dans les années 60. Si tout à l’heure la mort nous interpellait dans un « pourquoi mourir », ici elle nous interpelle dans le « comment mourir ».

 

Dans plusieurs traditions, le dernier instant de vie est fondamental. Dans l’hindouisme, les textes de la Bhagavad Gītā, tout comme le Livre des morts tibétain enseignent que l’on revient avec le même état émotionnel que celui dans lequel on a quitté sa vie. Lorsque l’on sait qu’aujourd’hui 80% des gens meurent à l’hôpital, que penser alors de la médicalisation de la mort, de la solitude morale et affective, de l’état d’inconscience provoqué par des camisoles chimiques souvent bien lourdes ?

 

 

Rester humain

 

L’accompagnement paraît être d’autant plus indispensable, face à l’isolement dans lequel se trouvent les mourants aujourd’hui, même s’il n’est souvent rien d’autre qu’une présence pour accueillir l’autre tel qu’il est et là où il en est. Au cours des témoignages figurant dans « La mort intime » de Marie de Hennezel, nous sommes parfois interpellés et frappés. Dans ce temps qu’il leur reste à vivre, beaucoup de mourants vivent quelque chose de fort, une transformation qui pourrait paraître inutile, parce que arrivant trop tard. Et pourtant : « En quelques jours parfois, à travers le secours d’une présence qui permet au désespoir et à la douleur de se dire, les malades saisissent leur vie, se l’approprient, en délivrent la vérité. Ils découvrent la liberté d’adhérer à soi » (extrait de la préface de François Mitterand). L’auteur dit elle-même : « L’important est justement de permettre à l’inaccompli de s’accomplir, de créer un espace favorable à cet achèvement ». Dans un lieu où l’on privilégie la qualité de la vie, des personnes s’ouvrent à la vie, découvrent ce qu’elles peuvent encore donner et ont le désir de régler ce qui ne l’a pas été. Cette étape nécessite toute la conscience du mourant.

 

Une amie me disait quelques jours après l’enterrement de son père : « Ce qui me fait le plus mal, c’est la souffrance morale qu’a vécue mon père pendant sa maladie ; il aurait presque mieux valu qu’il ne soit plus conscient. » Cet homme a certainement vécu une grande souffrance morale se sachant atteint d’une leucémie, même s’il a gardé l’espoir d’une guérison, tout comme son entourage. Néanmoins, il a géré les dernières semaines de sa vie en homme conscient d’affronter la mort : il a donné ses dernières volontés, s’est arrangé pour montrer l’amour qu’il porte à sa femme en lui faisant un dernier cadeau, a précisé ses choix pour l’enterrement… Pour moi il est mort en grand homme, avec courage et je ne crois pas qu’il aurait mieux valu qu’il ne soit pas conscient. Sinon ce serait renier tout ce que cet homme a encore pu apporter aux siens et cette ultime parcelle d’humain qui a subsistée en lui jusqu’au bout. Cette parcelle qui est certainement ce que nous avons de plus précieux en nous.

 

 

Du déni à l’acceptation

 

Mais faire face à la mort est un travail difficile, que ce soit pour le mourant ou pour l’entourage. Cette confrontation provoque un choc, qui va rebondir en plusieurs étapes, largement décrites dans les ouvrages du Dr Kübler-Ross. Ce n’est qu’après une attitude de déni (« Non, ce n’est pas possible »), puis de rage et de colère (« Pourquoi moi »), de marchandage avec « Dieu » (« Laissez-moi au moins tant de mois à vivre »), et de dépression, que le patient pourra éventuellement accéder à l’acceptation de la situation (« C’est ainsi et tout est bien »).

 

Arnaud Desjardins explique dans « Pour une mort sans peur » : « Si chaque fois qu’un état vous perturbe vous refusez, vous créer ‘un second’, vous établissez une dualité. Comment pouvez-vous espérer adhérer parfaitement aux phénomènes physiologiques inévitables au moment de la mort ?  (…) Ce qui est est. Chaque fois que nous nous révoltons, que nous nous mettons en porte-à-faux avec la réalité, nous manquons l’essentiel, nous revenons dans le monde limité de la souffrance, (…) Adhérer parfaitement à sa propre souffrance, sans lui résister, c’est aussi rendre possible qu’elle ne nous soit plus insupportable… »

 

 

S’ouvrir à la vie

 

Travailler sur la mort, c’est travailler sur la vie. C’est rester en contact avec notre vulnérabilité, malgré l’illusion des progrès technologiques qui nous entourent. C’est accepter de lâcher sans cesse notre contrôle sur la vie, car nous ne contrôlons rien, et même si cela nous offense dans notre illusion de pouvoir, nous restons assujettis aux forces de la mort.

 

En osant regarder ce que la mort génère comme émotion en nous, nous nous offrons la possibilité d’un questionnement. Que voulons-nous faire de notre vie ? Quel sens donner à notre existence ? Quelles sont les forces que nous aimerions libérer dès à présent pour ne rien regretter au dernier jour ? Il est nécessaire pour cela de franchir des étapes dans notre vie au quotidien. L’acte de mourir s’applique à tout changement significatif : il faut savoir mourir à notre enfance, à notre jeunesse, à notre beauté, à notre force première et faire face à toutes sortes de pertes qui sont autant de deuils à affronter (chômage, retraite, divorce…).

 

C’est dans cette confrontation que nous pouvons opérer des changements productifs dans notre vie. Il nous faut rester vivant pour ne pas passer à côté de notre vie, travailler à notre intériorisation, notre fluidité, travailler sur le deuil, la notion de passage… C’est dans l’acceptation des expériences et de tous les petits deuils de la vie que l’on peut se préparer au grand deuil final. L’important, c’est d’être prêt à tout moment à sacrifier ce que nous sommes pour ce que nous pourrions devenir.

 

La boucle est bouclée, la mort nous ramène à la vie ; tout s’inscrit dans un cercle, comme aimaient à le dire les Indiens : « Tout ce que le Pouvoir du Monde fait est réalisé dans un cercle ». Il y a en effet une dynamique qui n’est pas linéaire : la vie nous porte à la mort et si nous daignons regarder la mort, elle nous ramène à la vie, elle enseigne ceux qui restent et qui avancent dans le cycle perpétuel des existences.

 

Nous cherchons tous à croître, c’est à dire à devenir à la fois pleinement soi-même et pleinement humain. Pour cela il faut être prêt à prendre des risques et oser devenir sujet de notre vie. « En s’ouvrant et en se donnant au dialogue avec les autres, on commence à transcender son existence individuelle et on devient un avec soi-même et avec les autres. On peut voir venir dans la paix et la joie la fin d’une vie ainsi engagée, sachant qu’on a bien vécu sa vie » (1)

 

C’est une quête qu’il convient d’entreprendre dès maintenant, car il n’existe concrètement que « l’ici et le maintenant ».

Ce travail douloureux mais nécessaire est finalement un travail sur la lucidité, et comme le dit si joliment le poète René Char : « La lucidité est la blessure la plus proche du soleil ».

 

MT

Article paru dans "Objectif Notre Santé", "Recto-Verseau" n° 167 

 

 

(1) « La mort, dernière étape de la croissance », Elisabeth Kübler-Ross, Ed Pocket

 

 

 

 

 

alexgrys.jpg

 

 

 

 

Repost0

Présentation

  • : Le blog de lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • Le blog de lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • : Un lieu où pourraient se cotoyer le jour et la nuit, les univers différents de la pensée logique, rationnelle, structurée à partir des informations émanant de toute part, et de la pensée vagabonde, celle qui erre la nuit, mais aussi le jour, dans l'envers des choses, à la recherche de l'impalpable, de la beauté et de la magie. Michèle Théron
  • Contact

  • lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. 
Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...
  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...

Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

Recherche