Un lieu où pourraient se cotoyer le jour et la nuit, les univers différents de la pensée logique, rationnelle, structurée à partir des informations émanant de toute part, et de la pensée vagabonde, inattendue, celle qui erre la nuit, mais aussi le jour, dans l'envers des choses, à la recherche de l'impalpable, de l'insaisissable, de la beauté et de la magie. Michèle Théron
Brooke Medicine Eagle de passage à Paris. © Axelle Bibring-Pilliot
J’ai toujours eu cette connexion avec la terre, depuis ma plus tendre jeunesse. Élevée dans une réserve indienne Crow dans le Montana, j’ai cohabité avec la nature et appris à aimer la terre. Plus tard, quand j’ai commencé à voyager, j’ai réalisé que mon rapport inné à cette terre n’était pas une évidence pour tout le monde. C’est ce constat qui m’a amené à entreprendre un travail pour la protéger et la renouveler. Impliquer les citoyens est le plus dur des combats. Aujourd’hui, certains habitants vivent d’une façon totalement déséquilibrée par rapport à la nature : un mode de vie qui a un impact certain sur la terre.
Il y a un sujet que j’aborde souvent : celui de l’argent et de la gestion du budget. Si nous jugeons qu’un produit est mauvais, arrêtons de l’acheter. Ainsi, ceux qui les fabriquent les retireront du marché. Prenons l’exemple des nettoyants ménagers : aujourd’hui, chaque recoin a sa lotion fétiche, c’est un entrepôt de choses néfastes à domicile. Il y a tellement de solutions plus simples, plus économiques et aussi efficaces comme le vinaigre blanc. Commençons par repenser sa manière de consommer à son échelle, que ce soit pour l’entretien de la maison, du jardin, sa manière de se nourrir, de se laver et tous les actes du quotidien.
C’est un des défis de ma vie. Je les emmène « en retraite » dans le Montana, je les éloigne de leur quotidien et de leur cadre de vie. Je les emmène en plein cœur de la nature pendant deux jours et deux nuits pour les éveiller à la vitalité, à la richesse de la vie naturelle et de la vie sauvage. Pendant ce périple, je leur propose de ne pas boire ni manger. En descendant des montagnes, leur perception de l’eau, de l’environnement a changé. Souvent, les citoyens n’ont pas conscience que la terre est la source de toute vie, que c’est grâce à elle que l’on peut vivre. Avec cette méthode, il y a un certain déclic qui se crée. Je pense que cela a plus d’impact que des grandes phrases. J’organise également des camps, des séjours sans électricité de plusieurs jours ouvert au public. À la différence des retraites qui ont pour but de réveiller les humains et leur ouvrir les yeux sur la beauté de la nature, les camps sont davantage propices à l’apprentissage et au dialogue.
Suite de l'interview sur la page Kaizen Magazine :
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