Un lieu où pourraient se cotoyer le jour et la nuit, les univers différents de la pensée logique, rationnelle, structurée à partir des informations émanant de toute part, et de la pensée vagabonde, inattendue, celle qui erre la nuit, mais aussi le jour, dans l'envers des choses, à la recherche de l'impalpable, de l'insaisissable, de la beauté et de la magie. Michèle Théron
L’espérance, c’est la confiance dans le fait que l’adversité ne nous atteindra pas dans nos valeurs et notre éthique, quoi qu’elle nous impose au quotidien. L’espérance, c’est la certitude que les difficultés de la vie peuvent nous rendre meilleurs et que c’est en parvenant à être meilleurs dans ces circonstances pénibles que nous améliorerons le monde. L’espérance, c’est la confiance. La confiance en la vie, dans les forces invisibles qui agissent sur le destin de l’homme et de la Terre. La certitude que notre avenir sera construit par nos actions du présent.
L’ombre, c’est la peur de perdre nos richesses, notre confort. C’est la facilité avec laquelle on s’accommode des souffrances de ceux qui sont loin, en fermant les yeux. L’ombre, ce sont les discours de haine et de repli, la croyance que si on s’enferme on se protège, et ça ira mieux. Qu’être réaliste, c’est ne penser qu’à soi, être égoïste en ayant bonne conscience.
Pourtant, l’espérance aussi est réaliste car elle se base sur le constat lucide des mutations de notre monde et du pouvoir de l’action de chaque individu. Elle ne se voile pas les yeux face aux difficultés qui nous attendent. Oui, il est réaliste d’être optimiste dans notre monde confronté à tant de défis et de menaces. Car être habités par l’espérance, c’est accepter de se remettre en question ; c’est être volontaire, lucide et généreux.
L’ombre et l’enfer sont constamment autour de nous. En nous ; comme des graines qui attendent de germer. En chaque femme, en chaque homme, en chaque enfant, la peur, l’égoïsme, la bêtise ou la paresse peuvent à chaque instant éclore et grandir. La force, la confiance, la détermination, la bienveillance et l’amour -surtout l’amour – sont nécessaires pour que l’homme ne glisse pas naturellement vers ses penchants les plus opaques. Parce que renoncer est facile. Très facile même, c’est un mouvement naturel, reposant pour l’esprit. L’être humain penche spontanément vers l’ombre quand il décide que sa vie doit être commode et confortable, avant tout.
Or, ce sont les efforts constants et quotidiens qui nous rapprochent de la lumière.
Stéphane Allix - Lorsque j'étais quelqu'un d'autre.