Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 08:13

 

 

 

Voici un documentaire qui interroge sur le genre sexué, la sexualité, l'identité, les croyances, les réprésentations et les préjugés.

Même si toute étude véhicule aussi des conclusions ou des idées limitantes, ce film a le mérite de faire état de tous les genres, des sexualités et des identités multiples. Une réflexion indispensable, pour sortir des sentiers battus...

 

 

 

 

Au premier abord, les sexes se répartissent en deux catégories : les hommes, chromosomes XY, le "sexe fort", et les femmes, XX, le "sexe faible". La conjugaison des deux permet la reproduction. Mais il semble que le sexe faible n'est pas celui que l'on croit. Et une différence de taille existe entre le sexe et le genre selon les perspectives biologique et sociale. De plus en plus de personnes ne peuvent être définies comme hommes ou femmes. Intersexualité, transsexualité : comment expliquer ces phénomènes ? Avec les éclaircissements de la psychanalyste Hertha Richter-Appelt et de l'ethnologue Birgitt Röttger-Rössler.
 
 
 

 

.
.
.
.
Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 23:38

 




Mickael Brown a une vision à la fois limpide, libératrice et d'une grande qualité sur l'intime et la sexualité.

 

Voilà une personne -un homme- qui parle haut et loin, bien au-delà des rôles et des schémas enfermants.

 

Son discours ouvre une voie, large et lumineuse, où l'homme et la femme ne sont plus enfermés dans des rôles de prédateurs ou victimes, manipulés ou manipulateurs, objets de jouissance, mais deviennent les sujets de leur relation pour incarner l'archétype de la femme et l'archétype de l'homme.

 

Un bien beau programme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.
.
.
Autres liens :
 
 
Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 22:40

 




La conférence de la neuro-anatomiste Jill Bolte Taylor traduite en française. La vidéo a fait le tour du monde.


Elle en a fait un livre : My Stroke of Insight (Voyage au-delà de mon cerveau), Editions J.-C. Lattès.

 

Son expérience est passionnante à plus d'un titre.


D'abord par sa volonté à guérir : 8 ans d'efforts, pour retrouver ses capacités.


Ensuite, pour la compréhension qu'elle en a, et surtout la façon, très humoristique, qu'elle a de raconter son histoire.


En direct on suit  comment cerveau droit et cerveau gauche cohabitent et  au final, Jill Taylor nous dit comment la conscience et notre rapport à la réalité devraient évoluer.
 

 

 

 

 





 
.




 
.
.
Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 22:36
 
 
 

Voilà un homme, un grand homme,
dont la parole haute et claire est celle d'un Maître !
Quelle belle route il a ouverte,
quel beau sillage il a semé
et qu'il nous reste à emprunter...

.

 

.






.
.
.
Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 21:56

 

 

 

 

Chanter la vie,

S'émerveiller du mystère de cette diversité qui nous entoure

Et honorer le règne animal.

Notre évolution d'être humain est étroitement liée 

Au respect et à l'amour que nous portons à tous les règnes

Avec lesquels nous sommes en interdépendance.

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 17:55

 

« Il n’y a pas d’activité plus intime que le travail du sens. »

B. CYRULNIK

 

 

L’intime est un thème rare de nos jours, car nous focalisons surtout sur des notions de personnalité qui parlent davantage de nos comportements extérieurs, de ce qui est visible et identifiable.

 

 

Pourtant, si nous ne sommes pas capables de reconnaître notre intime, aucune intimité n’est possible avec l’autre, l’intimité n’étant que la rencontre de deux intimes qui se partagent.

Pour retrouver le sens premier du mot intime, rien de tel que le dictionnaire. Selon la définition, intime signifie : « intérieur, profond, qui fait l’essence d’une chose, d’un être, qui existe au plus profond du cœur, de l’âme ». En tant qu’adjectif, il exprime ce qui est « le plus au-dedans, le plus essentiel, personnel ».

 

Mais avant même de chercher le sens que les autres donnent au mot « intime », il est intéressant de chercher à savoir quel impact a sur nous ce simple terme. L’intime, est-ce que ça me parle ? Est-ce flou ? Ou, au contraire, cela met-il un cadre sur ce que je devinais ou connaissais en moi ? En quoi cela me touche-t-il ? Il est toujours intéressant de commencer par regarder l’effet qu’un mot a sur nous. Si nous sommes un peu perdus, c’est peut-être que notre intime est flou ou que nos moyens d’y avoir accès ne sont pas toujours performants…

Et si l’intime et l’intimité sont liés, la seconde n’est rien sans le premier… Commençons donc à nous approcher de l’intime.

 

La première chose que l’on peut dire sur l’intime, c’est qu’il est lié à cet état de « savoir se mettre à nu ». Pour toucher, contacter notre intime, il faut traverser notre carapace, l’ouvrir à soi ou aux autres. N’oublions pas que nous prenons souvent à tors notre carapace pour notre peau, pour notre limite extrême, celle qui reste gardienne de notre intégrité, alors que dessous, notre peau est encore là, et notre intégrité aussi…

 

 

Intime et reconnaissance

 

Si l’intime est lié à l’intérieur et la profondeur, encore faut-il reconnaître qu’il y ait un intérieur et une profondeur… Cette reconnaissance passe par la reconnaissance de soi, par la reconnaissance de ses émotions, de son ressenti. Si nous sommes déjà engagés dans un cheminement personnel, nous avons pu voir comment la découverte (ou re-découverte) de l’intime va de paire avec la réconciliation émotionnelle, avec le fait que l’on peut se connecter de plus en plus facilement avec notre monde intérieur, et cela de façon de plus en plus pacifique. Suite aux nombreux traumatismes de la vie, nous avons pu devenir annulés ou coupés de notre ressenti, donc notre histoire avec l’intime a mal commencé…

 

Une rééducation est à faire et nous sommes tous un peu en convalescence ! Il ne faut pas perdre de vue qu’approcher l’intime, c’est risquer d’être au plus près de sa souffrance, au plus près de sa vulnérabilité.

 

Cette reconnaissance de soi passe par la joie d’être avec soi-même, y compris la joie d’être en contact avec ses profondeurs, dès lors qu’elles ont pris du sens. Quand nous commençons à nous réconcilier, cheminer vers nos profondeurs n’est plus aussi douloureux, et c’est cela qui nous permet de contacter d’autres choses qui sont inscrites dans ces profondeurs, mais auxquelles nous n’avions pas accès jusqu’alors.

 

Ainsi, le point de départ de l’expression de l’intime suppose au minimum un contact avec le ressenti, les émotions, leur acceptation et leur validation positive.

Dès lors que l’on vit l’émotion ou le ressenti comme un moyen d’être informé positivement sur soi-même, beaucoup de barrages s’estompent et cela nous donne accès à autre chose, à une autre dimension de nous-mêmes.

 

Si l’intime s’exprime à partir d’un émotionnel débordant, non maîtrisé, il risque d’être exhibitionniste, alors que s’il s’exprime à partir d’une émotion dont nous connaissons pleinement l’histoire et dont nous acceptons les conséquences, et si en plus cet intime est en lien avec notre ressenti, alors nous serons plus proche de notre centre, de notre profondeur.

 

En même temps, être proche de son intime, cela suppose de ne pas être trop fusionnel, ni avec soi, ni avec les autres, parce qu’il faut accepter d’être éventuellement seul avec ce que l’on ressent, ce que l’on vit, qui est unique et profond. La difficulté à exprimer l’intime pourra venir du désir d’être validé par l’autre dans ce que l’on exprime. Si je veux à tous prix que l’autre comprenne mon intime ou le valide, je risque d’être frustré du résultat et de me censurer souvent. L’intime suppose d’accepter son individualité et son ressenti propre.

 

Mais qu’il soit exprimé ou non, l’intime est en nous, et c’est plutôt la reconnaissance de nous-mêmes qui va le rendre visible. C’est l’acceptation de se mettre à nu, quand la carapace commence à s’effriter qui permet l’accès à l’intime et sa révélation.

 

 

Intime et présence

 

Dans la définition du dictionnaire, il est dit que intime veut dire « proche ». Pour entrer dans l’intime il va donc falloir que je me sente proche, que je sois capable de me rendre proche.

 

Mais de qui ? De quoi ? De moi, des autres, de la nature, de la création, de l’inconscient, des émotions, de l’amour, de l’érotisme, de la sexualité, de la mort, de la naissance, en fait, de tout ce qui se rapporte à la vie… Notre rapport à l’intime va donc être fonction de notre degré d’éveil à la vie. Si je suis dans l’inconscience de moi-même ou des choses, comment puis-je toucher l’intime qui existe dans toute chose ? Etre en contact avec l’intime, c’est déjà un engagement vis à vis de soi ou de l’autre, sans avoir peur de se perdre. Se sentir proche, s’approcher de l’intime, c’est mettre une qualité d’observation, une attention ou une conscience particulière dans la vie.

 

L’attention est un flux rentrant contrairement à l’intention qui est un flux sortant. C’est en mettant son attention sur une chose que nous pouvons l'appréhender, que nous pouvons la faire venir à nous. L’attention est comme la lumière d’une torche électrique; là où l’on pose le rayon de lumière, il nous est possible de voir.

 

Si je ne suis pas attentive à l’instant, comment être touchée par l’intime, par la profondeur de cet instant ?

 

Si, quand je me réveille, je ne suis pas attentive à ce qui se passe subtilement dans mon corps, dans les bruits du jour, dans la nuit qui s’échappe, comment être dans l’intime de la nuit et du jour ? Comment être en phase avec ce qui se joue dans les rythmes de la vie ?

 

Si je ne suis pas attentive à ma peau, à la peau de l’autre, comment être dans l’intimité des corps dans la relation amoureuse ?

 

Si je ne suis pas attentive au temps qui passe, à ce qui s’enfuit, comment être dans l’intime de la mort ? Comment comprendre ce qui s’y joue, dans la profondeur de ma propre vie, et dans la profondeur de la vie de celui qui s’en va ?

 

L’intime est lié à la totale acceptation de ce que l’on ressent, là, dans l’instant, sans jugement, sans refoulement, sans censure, sans coupure.

Cette attention à l’essentiel est indissociable d’une certaine acceptation de la vie. Sans créer de division. C’est Osho, dans son enseignement tantrique qui dit : « Ne créez pas de division en vous. Il est beau d'être sensible et plus vous êtes sensibles, plus vous serez vivants et plus vous êtes vivants, plus la vie pénétrera dans l'intimité de votre être. Vous serez plus ouverts... » (Osho, Extrait de tantra, spiritualité et sexe, ed almasta).

 

Aller dans l’intime, c’est comme opérer une bascule, cela peut se faire par un « oui », un « oui » inconditionnel à la vie, à l’instant, à l’autre, à soi. Quand nous sommes dans ce « oui », nous pouvons être enseignés sur l’intime des choses. Nous sommes enseignés de toutes façons, dès lors que nous sommes en contact avec nous-mêmes ou avec les autres.

Et les enseignements les plus puissants sont certainement l’amour, la naissance et la mort, car ils vont toucher profondément notre structure, notre intime. La naissance d’un enfant, l’amour, la confrontation à la mort, sont des expériences fortes parce qu’il y a une grande pression émotionnelle et elles sont parfois si fortes que l’événement pourra être vécu de façon transpersonnelle, c’est à dire que notre personnalité, notre ego s’effacent momentanément –momentanément seulement…- sous l’impact de notre ressenti et cela va permettre la découverte d’un intime jusque-là inconnu.

 

Par exemple, quand on tombe amoureux, notre structure, notre Moi, vont s’effondrer sous l’effet de la fusion, laissant comme une brèche où va s’engouffrer cet intime pour créer généralement un … certain remue-ménage voire des changements chaotiques ou révolutionnaires.

 

C’est Francesco Alberoni qui dit que « eros est une force révolutionnaire » (1) parce qu’il provoque un état naissant, une sorte de révolution et que l’on ne fait pas souvent la révolution dans une vie. Cet état naissant va amener des changements d’une autre nature, débouchant sur un nouveau système opérant une discontinuité, une rupture structurelle et fonctionnelle dans notre vie. L’irruption de l’intime dans nos vies provoque parfois ce type de changements. A partir de là, nous pouvons justement nous interroger sur notre résistance à l’intime. Cette résistance n’est-elle pas une protection, une sécurité pour ne pas être envahi par le hasard, par quelque chose qui pourrait faire irruption dans notre vie et nous en faire perdre le contrôle ?

 

Pour être touché, il est nécessaire d’être présent au monde, d’être un minimum empathique avec lui, pour être au cœur de ce qui se passe. Cette présence et cette attention passent par une qualité de la conscience qui va s’appuyer sur plusieurs choses :

 

les sens : car c’est avec nos sens que nous éprouvons le réel, que nous éprouvons le présent ; ouvrir ces sens est le premier moyen d’être en contact avec l’intime : le toucher, l’odorat, la vue, l’ouïe, le goût. En affinant nos sensations, nous nous rapprochons de l’intime des choses et des êtres.

 

le féminin en soi : ce féminin qui accueille, qui prend, accepte, enveloppe, c’est lui qui est capable de nous rendre disponibles à l’intérieur, à la profondeur en nous et à l’intime qui est à l’extérieur de nous. Sans cette capacité d’accueillir, comment toucher et accueillir notre profondeur ? Le féminin est aussi la part en nous capable de nous initier aux choses, donc de nous rendre plus présents, plus réceptifs. Souvent l’homme est plus frileux par rapport à l’intime et à son expression. Si on admet que la femme est plus apte, par sa nature, à être en contact avec l’intime, il lui faut néanmoins se réapproprier cette relation à elle-même. Et dans ce cas seulement, elle peut être l’initiatrice pour l’homme, celle qui lui permettra d’avoir accès à son intime. Alors les « essences fondamentales » homme/femme peuvent se partager, se transmettre pour être initiatrices l’une pour l’autre, quand cet intime n’est pas renié, qu’il est pleinement accepté et exploré en permanence.

 

Cette qualité de la conscience va s’appuyer aussi sur un troisième élément : 

Une « individualité » apparente : tous les êtres, tous les corps se ressemblent, tous les amours, toutes les morts, toutes les vies se ressemblent… vus de l’extérieur. Mais c’est à travers l’intime que chacun apporte une sensibilité particulière, un ressenti qui

n’appartient qu’à lui, ou du moins qu’il traduit de façon unique. L’intime est ce qui va rendre unique l’expérience. Sinon, nous aurions le sentiment de vivre des moments identiques, avec des personnes qui se ressemblent. Néanmoins, au bout de l’intime, dans la vérité profonde de notre être, nous sommes tous très certainement dans une sorte d’unité où tout se ressemble, dans un intime archétypal et abyssal… que nous aurions tous en commun.

 

 

Intime et profondeur

 

L’intime est souvent ce qui est caché, secret. Un peu comme l’inconscient et comme les émotions, il a longtemps été refoulé, car s’approcher de l’intime, c’est d’abord accepter d’approcher sa souffrance, cette souffrance qui contient aussi notre profondeur. L’intime est probablement ce qu’il y a de plus vaste, de plus profond, de plus méconnu en nous. Il contient notre essence, la substance qui nous anime. Il peut apparaître aussi comme ce qu’il y a d’inaliénable en nous, quand on parle de « conviction intime », de « foi » par exemple, et, dans sa profondeur extrême, c’est le secret de notre corps, c’est le secret de notre âme. Et là, nous rejoignons la notion de sacré qui est contenue dans l’intime de chacun.

 

La question que l’on pourrait se poser, c’est si notre profondeur n’est pas la mesure de notre spiritualité. Plus nous contactons notre profondeur, plus nous sommes aussi capables de nous élever. Comment toucher la verticalité, sans profondeur ? Cette profondeur serait le socle sur lequel va s’appuyer la colonne vertébrale de notre spiritualité. Il y a au départ comme un intime originel, « le cœur de toute chose » qu’il faut découvrir, à partir d’un intime que l’on contacte au quotidien, au travers de notre vécu relationnel et de nos expériences. Et nous sommes le lieu privilégié d’expérimentation pour explorer l’intime des choses.

Si l’intime est quelque chose qu’il faut s’efforcer de mettre au jour, d’extirper de nos profondeurs, il y aura toujours une part de l’intime non traduisible par le langage, parce qu’il est de l’ordre de l’éprouvé profond, à un niveau cellulaire, presque vibratoire, donc indicible.

Cet indicible là, n’est pas communicable, non parce qu’on ne le veut pas, ou parce qu’on n’est pas en contact avec soi, mais au contraire parce que l’on est touché par la profondeur des choses, réellement, et que les mots ne peuvent pas toujours rendre compte de cette réalité-là, qui est peut-être à la fois unique et archétypale.

 

 

L’intimité

 

Si nous pouvons qualifier l’intime d’un mouvement entre soi et soi, l’intimité serait la résultante de plusieurs mouvements autour de l’intime.

L’intimité entre deux personnes, c’est d’abord une double présence, avec la reconnaissance de soi et de l’autre. C’est un mouvement entre soi et soi, soi et l’autre, l’autre et soi. La qualité de cette intimité, voire sa présence, est dépendante du bon fonctionnement de ces mouvements. Et l’absence d’intimité est un blocage dans l’un de ces mouvements.

 

Si l’intimité commence dans ce mouvement de reconnaissance, d’ouverture, il s’arrête (ou perd de la qualité) dès que l’on commence à nier l’intime, le sien ou celui de l’autre. Et là, plusieurs cas de figures s’offrent à nous.

 

- Je suis en contact ou non avec mon intime

 

- Je livre ou non mon intime

 

- J’accueille ou non celui de l’autre

 

- je respecte ou non l’intime de l’autre

 

Le même processus se met en place pour l’autre.

 

Que se passe-t-il dans la relation intime ? A quel moment l’intimité va perdre de sa qualité ? Dans l’exemple que nous avions pris tout à l’heure, lorsque l’on tombe amoureux, le processus va se faire en deux étapes :

 

1) J’ouvre toutes mes structures, je m’offre à l’autre.

 

2) Mais rapidement, ne suis rattrapé par mes failles et celles de l’autre.

 

Et là, lorsque nos limites nous rattrapent, lorsque nos failles émergent à nouveau, l’intime est durement éprouvé, c’est à ce moment-là, le plus souvent, que l’on renie notre intime ou celui de l’autre, que l’on referme les portes pour ne plus toucher ou ne plus livrer notre intérieur, notre profondeur, notre vulnérabilité. En effet, cette intimité, avec le partage de l’intime de chacun, provoque une vulnérabilité et l’émergence de nos failles, de nos limites, de nos manques.

L’intime est à la fois notre force (notre profondeur) et notre talon d’Achille (notre vulnérabilité).

Et pourtant, pour offrir son intime, on ne peut pas faire l’économie de se montrer vulnérable et d’assumer cette vulnérabilité sans la vivre comme une faiblesse.

 

 

L’intimité : un carrefour de plusieurs processus

 

L’intimité est la conjonction de plusieurs processus. Pour qu’il y ait intimité, il faut qu’il y ait :

 

Présence : à soi, à son intime, à son histoire, à ses émotions (si nous sommes coupés, ce sera difficile)

 

Reconnaissance : c’est non seulement une présence, mais c’est d’abord la capacité à reconnaître ; il faut parfois réapprendre, retravailler cette capacité de reconnaissance à laquelle nous avions renoncé pour ne pas souffrir.

 

Profondeur : dans la notion de caché, secret, inconscient, notre côté inaliénable

Vulnérabilité : être en contact avec cette part de nous-mêmes, c’est se voir, se montrer et s’accepter comme vulnérable, fragile, c’est se mettre à nu.

 

Unité : s’il n’y a pas de refoulement, de coupure, alors se dégage une unité en nous-mêmes, une appropriation de notre humanité tout entière.

 

Partage authentique : L’intimité suppose une ouverture. Elle est basée sur une communication profonde, authentique, quand on se présente sans masque, qu’on ne reste pas à la superficie des choses. c’est un mouvement vers soi, l’autre, qui peut se faire aussi par le biais de la création (l’art ou l’écriture,…). Pour partager sa création, pour écrire, peindre, interpréter de la musique, il est nécessaire d’être au plus près de soi, de son intime.

 

Climat particulier :. Le climat particulier vient de la confiance (et un rien la fait partir !) Vivre vraiment l’intimité, c’est reconnaître ce qui est essentiel à l’autre et à soi bien sûr, partager ce que l’on a de plus caché, de plus précieux, et cela ne se livre que dans un certain climat. Ce climat existe parce qu’il y a reconnaissance, partage et peut-être un peu de cette part de magie qui nous échappe… 

 

Dans son aboutissement, dans sa dimension la plus noble, l’intimité correspond à deux personnes qui se connaissent « par cœur », qui communiquent avec l’intelligence du cœur.

C’est intimement lié à l’intelligence émotionnelle, cela échappe au mental, au mieux, nous sommes dans un partenariat avec toutes nos instances psychiques, physiques et émotionnelles.

Car l’intime, c’est notre cœur, le cœur de nous-mêmes. Et « On ne voit bien qu’avec le cœur » disait St Exupéry…

En abordant le sujet de l’intime, nous sommes obligés de descendre au niveau du cœur, au niveau de ce cerveau-là, car c’en est un aussi, en lien très étroit avec notre cerveau principal.

 

Le réseau semi-autonome de neurones qui constitue le "petit cerveau du cœur" est profondément interconnecté avec le cerveau proprement dit. Les deux organes s’influencent mutuellement à chaque instant.

 

En effet, le système neuronal du cœur émet des champs magnétiques 5000 fois plus puissants que le cerveau, « commande » au cerveau, dans le sens où il existe plus d’ordres qui partent du cœur vers le cerveau que l’inverse, et si c’est le cœur qui prend la décision de quelque chose, si c’est lui qui gouverne nos actions, il y a une clarté mentale qui se manifeste aussitôt, (c’est ce qu’on appelle la cohérence cardiaque).

 

Alors, si être en contact avec l’intime, c’était vraiment être en contact avec notre cœur, le cœur de notre être, cela voudrait dire que c’est par lui que nous pouvons être au cœur de notre potentiel, au cœur de notre transformation et de notre existence.

 

 

 

Michèle Théron

 

 (1) Le choc amoureux, Francesco Alberoni, Ed Ramsay Pocket

 

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 14:18





Parfois les contes pour enfants sont de belles paraboles

pour les adultes que nous sommes…

 

 

Suivons pas à pas, l’histoire des enfants du Monde de Narnia. Chaque personnage, chaque situation, nous invite à savoir qui nous sommes, d’où nous venons et à sentir où notre légende nous appelle.

 

 

 

C’est l’histoire de quatre enfants réfugiés dans le château d’un vieux professeur pour échapper aux bombardements de la dernière guerre. Leur père est à la guerre et leur mère les a envoyés là pour les protéger. Un jour qu’ils jouent à cache-cache, Lucy, la plus jeune, trouve un passage secret au fond d’une armoire emplie de manteaux de fourrures. Tous sont sceptiques lorsqu’elle raconte sa découverte. Les deux aînés se confient au vieux professeur, inquiets que leur sœur puisse sans cesse penser à cette armoire. Contre toute attente, il ne les dissuade en rien et leur demande même ce qui les empêche de croire Lucy. Une nouvelle occasion les fera entrer dans l’armoire magique, d’où ils s’évaderont pour un temps dans un monde fantastique où des aventures incroyables les attendent.

 

 

Leur histoire et leur cheminement dans ce monde magique sont jalonnés de symboles qui peuvent nous éclairer à bien des niveaux.

Tout d’abord, les quatre enfants peuvent facilement représenter 4 aspects d’une même personne :

-          Lucy, la plus jeune, a toujours son âme d’enfant. Elle est encore en lien avec son imaginaire, avec le monde des esprits. C’est elle qui va se cacher dans l’armoire magique et qui entre la première dans l’autre monde, par « innocence ». Elle y introduit symboliquement ses frères et sœur. Comme par hasard, elle se nomme Lucy, dont la racine vient de Luz, qui signifie lumière.

-          Edmund, le plus jeune garçon, brun, ténébreux, est celui qui souffre le plus de l’absence de son père parti à la guerre. Mais personne ne semble s’occuper vraiment de sa souffrance, on lui demande de grandir, d’obéir, de se conformer aux attentes du monde adulte. Il représente notre enfant intérieur oublié, maltraité, abandonné, mal aimé. Le fait même qu’il souffre et se sente abandonné, sera à l’origine de sa trahison. En effet, pour être reconnu, il « pactise » avec la Sorcière Blanche, adulte manipulateur qui l’appâte en lui promettant un pouvoir qu’elle ne lui donnera pas.

-          Susan, la fille aînée, douce, belle et protectrice, est raisonnable. Elle écoute ses peurs, au risque dans un premier temps de ne pas adhérer à ce monde étranger et fantastique. Elle est notre partie féminine.

-          Peter, le fils aîné, est déjà un adulte, il est responsable de la fratrie, et à ce titre entretient avec ses frère et sœurs une relation de protecteur, souvent sévère avec son frère Edmund, ce qui les éloigne l’un de l’autre. Il a un peu quitté le monde de l’enfance et peut symboliser à lui seul l’adulte en devenir que nous sommes. Son caractère responsable en fait quelqu’un de courageux. C’est lui d’ailleurs qui est appelé à devenir roi. Il a aussi un petit côté « sauveur », puisqu’il prend en charge la fratrie, à la place des parents absents, et il est aussi notre partie masculine, celle qui agit au dehors.

 

 

Une fois dans le monde de Narnia, va se jouer pour les quatre enfants une histoire qui est probablement la nôtre dans bien des cas.

 

Lucy, la première à pénétrer Narnia, est émerveillée et rencontre un faune avec qui elle se lie d’amitié, bien qu’il soit aux ordres de la Sorcière Blanche.

 

Edmund, l’enfant qui souffre, tombe quant à lui directement sur la Sorcière Blanche en personne, comme si de toutes façons il ne pouvait pas avoir accès aux autres créatures de ce monde magique. Elle le séduit en le réchauffant, en lui offrant boisson chaude et loukoums et en lui faisant miroiter le fait que n’ayant pas d’enfant, elle pourrait faire de lui l’héritier de son royaume. Il se trouve donc amené à être du côté de la sorcière, pour avoir désiré des loukoums, (des sucreries, c’est-à-dire de l’amour). Elle lui a promis de devenir roi s’il lui amenait ses frère et soeurs. Il déchante vite. Il se retrouve prisonnier, mais cela ne l’empêche pas de continuer à aider la sorcière et de lui donner des indices qui vont l’aider à maintenir son pouvoir. Edmund est attaché, ligoté avec de lourdes chaînes, dans un monde où il a froid. Au lieu de recevoir une montagne de loukoums comme promis, il n’a qu’un quignon de pain infâme.

 

 

Comme Edmund, lorsque nous sommes dans la souffrance, nous sommes souvent dans la confusion. Nous ne savons pas dans quel camp nous sommes, nous ne savons pas où se trouve notre intérêt réel et dans bien des cas, nous « vendons » notre âme pour un peu d’amour, un peu de reconnaissance, un peu d’attention, quelques « friandises » sans valeur. Et même une fois « prisonnier », victime donc, nous continuons à servir nos ennemis, nos bourreaux, c’est à dire, nous continuons à fonctionner selon d’anciennes croyances ou d’anciens schémas, même s’ils ne nous aident plus. Nous donnons aux autres les moyens de garder leur pouvoir sur nous et nous les laissons exercer leur autorité et leur emprise.

 

 

De leur côté, les autres frère et sœurs qui tentaient de revoir le faune, trouvent sa maison dévastée par la police de la Sorcière Blanche. Ils sont alors abordés par un castor, qui les informe que leur arrivée dans le monde de Narnia est le début de la prophétie. Ils sont attendus pour délivrer le royaume de Narnia, plongé depuis 100 ans dans la malédiction et dont le maître, Aslan, a été délogé par la Sorcière Blanche. Ils se sentent étrangers à ce combat, ce n’est pas leur guerre, disent-ils. D’ailleurs, s’ils sont ici, c’est que leur mère voulait justement les éloigner de la guerre. Les enfants sont dans ce château-refuge pour échapper à la souffrance de la guerre.

 

 

Depuis quand avons-nous chassé notre maître intérieur, celui du royaume dont nous sommes l’enfant-roi ? Depuis que, sous l’emprise de nos souffrances, nous avons cessé de faire confiance à la vie et nous avons passé un contrat de « sur-vie », afin d’obtenir des compensations qui ne seront qu’illusions. Quelle que soit la stratégie choisie, rebelles ou soumis, nous sommes reclus dans des mondes refuges, des châteaux devenus imprenables qui anesthésient la souffrance et nous coupent de la magie de la vie.

Mais la vie finit toujours par nous envoyer un événement fort, suffisamment signifiant pour bousculer ce que nous avons figé.

 

 

A partir du moment où leur frère est prisonnier, ils ne peuvent plus reculer, ils sont obligés de s’engager, d’aider Aslan à reconquérir son royaume, en échange de sa protection pour les aider à délivrer Edmund.

 

 

Quand notre enfant intérieur, trop souffrant, est retenu en arrière, prisonnier du passé, nous ne pouvons de toutes façons plus avancer dans notre vie, nous sommes « contraints » à nous mettre en marche, à aller vers notre éveil (ou alors à renforcer notre armure protectrice). Comme dans l’histoire, notre enfant intérieur est prisonnier d’un monde de glace, symbole de mort, où tout est figé. Au lieu de l’abondance promise, nous sommes en fait affamés, réduits à l’esclavage, aliénés par notre souffrance et entravés dans notre liberté.

 

 

Pour aller délivrer cet enfant intérieur, nous recevons de l’aide. A partir du moment où nous entrons dans le monde de Narnia (le monde l’éveil), la prophétie se met en place, chacun est informé de l’arrivée de ces enfants (le castor les attendait) et tous veillent sur eux et attendent leur venue. Comme dans « L’Alchimiste » de Paolo Coelho, quand nous allons vers notre Légende personnelle, tout l’univers conspire à sa réalisation.

 

 

Les trois enfants restés libres vont donc rencontrer plusieurs personnages sur leur route.

 

 

Le personnage du père Noël, qui distribue des cadeaux, symbolise ce que la vie nous donne : chacun de nous est pourvu sur sa route, aucun n’est démuni, nous recevons des présents qui vont nous aider. Une épée et un bouclier pour Peter le courageux, qui devra donc affronter de près l’ennemi. Un arc et des flèches pour Susan (« aies confiance en ta flèche et elle atteindra sa cible », lui dit le vieil homme), un extrait de la fleur de feu qui guérit les blessures et une dague pour Lucie, dont l’innocence lui permet d’être dans l’amour, la compassion, le désir de guérir. Le vieil homme leur dit : « Ce sont des outils, à utiliser à bon escient. » Comprendre ici que tous nos outils, nos savoir-faire, nos talents, nous sont donnés pour être utilisés à de nobles fins, et non pour notre satisfaction personnelle, notre ego.

 

Ils vont être guidés aussi par deux castors qui vont les initier aux secrets du monde de Narnia. Dans ce nouveau monde à délivrer, à construire, ce sont des animaux qui symbolisent justement la construction. D’autres êtres ou animaux se trouvent sur leur chemin, symbolisant tour à tour, nos guides, nos anges gardiens, les rencontres que nous faisons dans la vie et qui nous aident à progresser. Cela nous montre aussi que nous devons nous associer aux forces de la terre, nous ne pouvons pas compter que sur notre pouvoir d'humain.

 

 

Ce qui est à reconquérir, c’est le royaume de Narnia, pour le compte d’Aslan, le roi lion, symbole de la loi, loi de l’univers ou loi divine. Mais dans cette reconquête, il s’agit en même temps, et surtout, de la reconquête de notre pouvoir intérieur.

 

 

Pour y parvenir, la fratrie devra se retrouver au complet, car la prophétie dit qu’ils seront quatre pour sauver Narnia. C’est à dire que les différentes parties de nous-mêmes devront être à nouveau réconciliées, pour que notre Légende s’accomplisse. Notre être unifié nous permet de transformer profondément les choses… et le monde.

 

 

Pour cela, Edmund doit être libéré. Mais la Sorcière Blanche exige son sang, car tout être qui a trahi lui appartient à jamais, contractuellement. Par amour pour cet enfant, Aslan, le roi lion, conclue un nouveau pacte avec elle. En secret, sans le dire à ses troupes, il s’offre en sacrifice. Il se rend donc sur l’autel des sacrifices où la sorcière Blanche le tue en lui plantant un poignard dans le cœur. Les deux sœurs, Susan et Lucy, pleurent sa mort. Peter se retrouve seul à la tête des troupes pour mener le combat. C’est à ce moment qu’il décide aussi vraiment de faire de ce combat son propre combat, aidé en cela par toutes les troupes qui sont désormais avec lui « jusqu’à la mort ».

 

 

A un moment donné, dans notre vie aussi, nous nous retrouvons seuls devant nos responsabilités, pour affronter nos peurs, mener notre combat et délivrer notre enfant intérieur. Nous sommes seuls pour dire « oui, j’y vais, oui, j’avance, oui, je vais me battre ». En menant ce combat, nous nous apercevons aussi qu’il s’inscrit dans un combat plus large, plus haut, où notre ego n’est pas le seul bénéficiaire (Peter, s’il se battait pour retrouver son frère, se bat désormais pour le royaume d’Aslan et incarne le roi qu’on attendait de lui). Cette ouverture au-delà de notre ego, est le garant de la réussite de ce combat, car c’est seulement dans ce cas là que nous trouvons sur notre route des aides qui nous guident et nous soutiennent vers notre vérité.

 

 

Par ailleurs, cela nous apprend aussi que la trahison d’Edmund a un coût.

En effet, avoir délaissé notre pouvoir, avoir assujetti notre âme pour obtenir un amour souvent frelaté, avoir trahi notre être profond, nous a mis dans des situations lourdes de conséquences. Edmond est dépendant des autres pour retrouver sa liberté.

Comme lui, nous sommes dépendants, enchaînés à des êtres ou des situations dont il faudra nous détacher avec l’aide d’autres personnes. Il faudra parfois du temps, de l’énergie, du travail, des efforts, pour se sortir de ces situations et payer cette « dette » que nous avons envers nous-mêmes. Il nous faudra affronter nos démons intérieurs (l’armée de la sorcière Blanche), faire preuve de courage (se servir de son épée –de nos outils- pour se battre face à des ennemis redoutables), au risque de souffrir à nouveau (blessures corporelles de la lutte armée qui symbolisent les blessures de l’âme qui sont à nouveau mises à nu). Cela signifie aussi ne plus avoir peur de la souffrance ni des conflits : il faut désormais affronter les autres, (sortir du château protégé), au risque de les blesser à notre tour, mais il en va de notre survie. Pour survivre, il nous faut faire confiance à notre pouvoir intérieur. Pas notre pouvoir sur l’autre, juste notre pouvoir intérieur qui nous permet d’être à nouveau le prince ou le roi de notre royaume.

 

 

Au matin, alors que les combats ont commencé, Lucy et Susan ont la surprise d’entendre l’autel des sacrifices se briser. Aslan réapparaît, vivant et leur dit : « La sorcière Blanche n’a pas compris le sens du sacrifice. Lorsqu’un innocent se sacrifie pour un coupable, alors la magie se brise et la mort fait demi-tour ».

 

 

Ils retournent ensemble sur le champ de bataille. Peter est aux prises avec la Sorcière Blanche. Son frère Edmund, qui ne manque pas non plus de courage, vient à son secours et tente de s’interposer. La Sorcière le blesse grièvement. Peter se jette alors de toutes ses forces dans le combat. Quand Peter voit son frère Edmund blessé au combat, cela décuple ses forces. Il passe par des émotions de rage et de colère, mais la colère est justement une énergie de survie qui permet de se mettre en mouvement et de rassembler toutes nos forces, si elle est bien comprise et bien orientée.

 

 

Comme lui, il nous faut aussi retrouver le courage de sauver cet enfant qui souffre à l’intérieur de nous et peut-être accepter de laisser passer la colère pour sentir à quel point nous ne voulons pas qu’il continue à souffrir, à être blessé. Il y a toujours un temps où il faut arriver à dire « ça suffit » et mettre toutes ses forces dans la bataille pour retrouver son honneur et donc l’estime de soi.

 

 

Peter est blessé par la Sorcière, mais Aslan donne le dernier assaut et finit par terrasser la Sorcière Blanche. De son souffle chaud il redonne vie aux êtres que la Sorcière avait pétrifiés et gelés dans la mort. Quant à Edmund, qui se meurt de sa blessure, il est sauvé par Lucy qui lui donne une goutte de son élixir magique. L’émerveillement, la compassion et la fraîcheur de cette enfant, sauvent Edmund, l’enfant qui souffrait mais qui avait fini par se sacrifier pour son frère aîné. Les quatre enfants sont sains et saufs, réunis et heureux d’être ensemble. Le roi Aslan les couronne à la tête du royaume lors d’une cérémonie et s’en va calmement.

 

 

Les enfants ont grandi, ce sont presque des adultes, qui chevauchent dans la forêt de Narnia, jusqu’au moment où, passant à l’endroit même où ils étaient entrés quelque temps –quelques années ?- auparavant, ils sont intrigués par les lieux qui leur rappellent « quelque chose ». Ils laissent leur monture, instinctivement ils refont le chemin à l’envers, leurs pas les mènent vers le château, ils s’enfoncent à travers les arbres, puis à travers les manteaux de fourrures, retraversent l’armoire et, se bousculant, atterrissent tous les quatre dans la pièce qui les avait vu disparaître. Ils ont l’âge du début de l’histoire et nous pouvons aussi comprendre quelque chose de cela. Lors de leur voyage dans ce monde fantastique, ils ont connu des retrouvailles intenses avec des valeurs nobles, avec leur courage, avec leur volonté de vaincre et leur pouvoir intérieur, ils ont été aidés et guidés. Ces retrouvailles les ont fait grandir. Le monde magique de Narnia, est un espace d’initiation qui les a gardés le temps qu’il fallait pour qu’ils soient plus grands et plus forts, jusqu’au moment pour eux de revenir dans la « vraie vie ».

 

 

 

Nous aussi, d’une façon ou d’une autre, nous sommes protégés le temps qu’il faut, même dans nos errances, même dans nos mondes refuges, en attendant d’être assez forts pour grandir et assumer notre vie.

 

 

Le professeur qui les cherchait, entre à ce moment dans la pièce. Où étiez-vous donc passés ? Peter répond : « Si on vous le disait, vous ne nous croiriez pas ». « En êtes-vous sûrs ?» répond le professeur. Et lorsque Lucy, s’approche à nouveau de l’armoire pour tenter d’y entrer à nouveau, le professeur lui dit qu’on ne peut pas entrer dans le monde de Narnia à chaque fois qu’on le veut. Mais il faut être attentif, on ne sait jamais… Le vieux professeur, très discret tout au long de l’histoire, personnage énigmatique parce que toujours caché dans son lieu d’étude, incarne le savoir juste et cette sagesse que seules ont les personnes qui sont passées par l’expérience. Il ne se vante pas de son savoir. Il permet juste aux enfants de valider leur expérience, en leur suggérant que lui aussi a connu le même éblouissement de cette initiation.

 

 

En effet, les initiations qui nous sont données sont des moments extraordinaires, fugaces, qui ne sont pas permanents. L’éblouissement est violent, il touche toutes les parties de notre être. Ce n’est pas nous qui en décidons, mais des forces extérieures qui nous invitent le moment venu, quand il le faut, telle une prophétie inscrite longtemps à l’avance. Comme le monde de Narnia, un monde s’ouvre alors largement devant nous, pour livrer ses secrets et nous permettre de trouver de nouveaux symboles, de nouvelles aides qui nous accompagneront jusqu’à la prochaine étape de notre évolution.

 

Et ce monde n’a de cesse de nous voir enfin devenir le prince de notre royaume intérieur, maître de nous-même, au service d’un monde plus grand que nous, un monde qui attend sa délivrance.

 

 

Michèle Théron

2 janvier 2006

 

 

 

 

Narnia.jpg

 

 

 

.

.

;

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 21:52
Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 22:46

 

 

 

 

Gregg Braden nous le dit : devant le changement planétaire qui s'annonce, la meilleure voie sera celle de la coopération, de la gratitude et de la paix en notre coeur.

 

 

 

 

 

 

 

Le 21 décembre de l'année 2012 marque la fin d'une période exceptionnelle et mystérieuse, un cycle qui, d'après le calendrier Maya, a débuté il y a 5125 ans et s'achève avec le solstice d'hiver le 21 décembre 2012. La fin d'un cycle, nous dit, Gregg Braden, est généralement accompagnée de changements physiques au niveau de la planète elle-même mais aussi, chez les personnes qui assistent à ces bouleversements.


Loin d'être impuissants face aux bouleversements qui affectent la planète, les êtres humains, par le fait même qu'ils soient liés à la terre par un champ magnétique immense, ont la possibilité de changer le cours des événements et influencer le champ magnétique en commençant par créer dans leur propre cœur des sentiments de coopération, de gratitude et de paix.

 

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 21:50

 

 





Mathieu Ricard a "prêté" son cerveau depuis des années aux scientifiques pour qu'ils observent ce qui se passe dans son cerveau lorsqu'il médite. Très encourageant !!

 

 

 

 
















Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 21:47
Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 21:44

 

 

 

 

Dans l'exploration de la langue partagée


Et des sensibilités poétiques de tous les animaux,


Je travaille à la redécouverte


Du point commun
qui a une fois existé


Quand les gens vivaient en harmonie avec des animaux.

 




Gregory Colbert

 

 

 

 

Avec la voix sublime de Lisa Gerrard

 

 

 

 

.







Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 21:41

 

 

 

 

Une danse

Dans les profondeurs de l'eau

Pour toucher notre profondeur

Comme notre légèreté

Et réconcilier avec douceur

Féminin et masculin

 

 

 

 













Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 21:36

 

 

 

Ecouter la petite voix intérieure

La voix de notre ange gardien...

 

Une scène sublime, du "cinéma-thérapie",

pour soigner notre image et notre corps

A se repasser quand on a un coup de blues

Quand on oublie que la première personne à aimer...

C'est soi-même! 

 

Base de la transformation

et socle à partir duquel on peut aimer les autres. 

 

 

 

 

 















Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article
26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 15:37

 

Chemin vers soi, chemin sacré

 

 

« Lorsque l’amour vous fait signe, suivez-le,

bien que ses chemins soient escarpés et sinueux.

Et quand ses ailes vous étreignent, épanchez-vous en lui,

en dépit de l’épée cachée dans son plumage qui pourrait vous blesser.

Et dès lors qu’il vous adresse la parole, croyez en lui,

même si sa voix fracasse vos rêves,

comme le vent du nord saccage les jardins. »

 

Khalil Gibran, Le Prophète

 

 

LA SEXUALITE QUESTIONNE NOTRE VIE

 

Quoi de plus banal aujourd’hui que parler de sexualité ? Pas un magazine n’a, au moins une fois dans l’année, son dossier, son article, ses astuces, pour « bien vivre sa sexualité ». La sexualité est de tous les débats, de toutes les émissions télé ou radio, et tout le monde s’accorde à dire qu’aujourd’hui, enfin, « elle est libérée » !

Et pourtant, derrière tout ce luxe de parole, est-il certain que la sexualité soit vécue si librement, est-il certain que hommes et femmes vivent à travers elle leur corps dans leur nature profonde ? Est-il certain que la sexualité s’exprime dans sa dimension la plus pleine, la plus sereine, la plus humaine et en même temps la plus sacrée ? Rien de moins sûr.

 

Pour accéder à cette plénitude, cela supposerait avoir, non pas résolu, mais au moins questionné un certain nombre de choses dans sa vie. Or la sexualité est dépositaire de tant de projections, de tant de tabous, de non-dits, que ce n’est pas forcément la parole « publique » qui peut libérer les représentations qui y sont associées. Certes, parler de sexualité peut modifier une certaine représentation qu’on en a. Mais la sexualité a rapport avec l’intime, avec le caché, le secret, le comblement de tant d’attentes que cela est rarement révélé en public. C’est avant tout une histoire entre soi et soi. Car si la sexualité est le fondement de notre rapport amoureux à l’autre, elle est d’abord, dans son alchimie première, un rapport à nous-même. C’est dans le rapport intime que nous avons à notre corps, à notre sexe, à notre désir, que va se construire notre capacité à éprouver du plaisir et à le partager avec autrui.

 

La sexualité nous parle de notre désir et le désir est ce qu’il y a de plus intime, de plus inconscient en nous-mêmes. Ce désir est parfois difficile à contacter parce qu’il a été dénaturé, masqué par des écrans que constituent l’éducation, la morale, les préjugés, les inhibitions, les peurs, les faux-semblants, les injonctions parentales, nos représentations de la féminité ou de la virilité. Il devient alors difficile d’être en contact avec nos véritables besoins et de n’être à l’écoute que de nous-mêmes.

 

La sexualité nous parle aussi de lâcher-prise. Il faut quitter le mental, abandonner le contrôle sur soi et sur l’autre, sur notre image, pour pouvoir s’abandonner au plaisir et à la jouissance. Ce sera d’autant plus difficile s’il existe un conflit entre notre désir profond et la représentation de nous-mêmes. Notre corps et notre mental font alors le grand écart, dans deux directions opposées et il n’est pas rare que ce soit le mental qui l’emporte, fort de sa maîtrise et de son emprise sur notre corps et nos émotions. 

 

La sexualité nous interpelle aussi sur notre maturité affective. Lorsque nous sommes en dépendance affective, l’autre est investi pour combler tous nos manques. Or, si nous n’avons pas assez d’amour pour nous-même, l’amour de l’autre ne sera pas comblant. Nous sommes seuls à pouvoir prendre en charge notre sensorialité, à cultiver l’érotisme qui est nécessaire à l’épanouissement de notre désir. Attendre tout de l’autre, c’est rester dans une fusion affective qui demande une perpétuelle réparation de la part de l’autre. Pour Jean-Michel Fitremann, psychologue spécialisé en sexologie, « la fusion épuise le plaisir génital », car « moins on est dépendant, plus on est curieux sexuellement. » (1)

 

Cela suppose de ne pas avoir peur des autres, d’être capable d’aller vers l’autre, différent de nous-même, et d’accepter cette différence. Gérer sa sexualité est perpétuellement un jeu de contradictions entre ses désirs, les désirs de l'autre, les impératifs sociaux et les autres choix d'existence.

 

Et bien sûr, la sexualité nous oblige à nous interroger sur l’éducation que nous avons reçue. La sexualité a-t-elle été valorisée, ou sommes-nous pétris de tabous, préjugés, incapables d’accepter le plaisir et de le vivre comme quelque chose de légitime ?

C’est au devant de ces questions que nous devons aller, lorsque nous nous interrogeons sur la sexualité. Sans réponse, difficile de trouver notre place d’être sexué, difficile d’accéder à la dimension la plus noble de la sexualité : nous connecter à la vie et retrouver sa dimension sacrée.

 

 

QUITTER SES CROYANCES POUR AIMER SON CORPS

 

Le corps est le vecteur incontournable de notre sexualité. Si nous avons nié notre corps, la sexualité nous rappelle à lui. Elle nous oblige à le regarder, à le vivre autrement, à nous en occuper, à être à son écoute. Nous pouvons alors être douloureusement confrontés à des limites qui viennent de notre vécu et de notre difficulté à nous accepter.

 

Le corps est en effet le support de l’estime de soi. Cette estime se construit dès la petite enfance et elle est liée à l’image que nous avons de notre corps. Françoise DOLTO parle de « l’image du corps », qu’elle qualifie d’entièrement inconsciente, contrairement au schéma corporel. Pour elle, l’image du corps est « la synthèse vivante de nos expériences émotionnelles. C’est grâce à notre image du corps portée et croisée à notre schéma corporel que nous pouvons entrer en communication avec autrui,(…) » (2)

 

Cette image de soi se sera constituée essentiellement autour des émotions et des sensations corporelles véhiculées par les cinq sens. Parmi ces sensations, celles de plaisir et déplaisir liées aux différentes zones érogènes constituent bien sûr des découvertes importantes. Cette différence entre « image du corps » et « schéma corporel » a aussi été validée par Paul SCHILDER, psychanalyste et neurologue. Ses travaux ont montré que les sensations corporelles sont liées à l'investissement narcissique de soi et "on voit qu'à travers l'image du corps, le soi est une représentation fortement marquée par le narcissisme". (3)

 

Ainsi le corps est le support du narcissisme (l’amour de soi) et son image est la représentation inconsciente où va naître le désir. Sans image positive du corps, le désir sera absent ou amputé, la relation à autrui sera difficile, car difficile avec soi-même.

De cet investissement narcissique vont dépendre l'amour et l'estime de soi, qui se traduiront dans notre vécu par : se sentir "bien ou mal dans sa peau", se trouver beau ou laid, s'aimer ou parfois même se détester. L'absence d'une image corporelle gratifiante est source de somatisation et de mal-être. Le corps est vécu alors comme un lieu de conflit, où des éléments inconscients sont enfouis et source de tensions. Et comme nous imaginons le monde sur le modèle de notre corps, nous projetons nos conflits sur l'extérieur.

 

Notre corps, nous l'avons aussi construit sur le modèle de notre mère. Car à la question "que voit le bébé quand il regarde le visage de sa mère ?", Donald WINNICOT, pédiatre et psychanalyste, fait cette réponse : "Généralement, ce qu'il voit, c'est lui-même. En d'autres termes, la mère regarde le bébé et ce que le visage exprime est en relation directe avec ce qu'elle voit". En effet, "Selon que ce visage exprime l'amour, la tendresse, l'admiration ou la tristesse, l'angoisse, le rejet (…) l'enfant va investir différemment son corps et l'image de soi". (4)

 

L’intégration de notre identité corporelle se fait aussi par notre identité sexuelle, lorsque nous sommes amenés à nous reconnaître garçon ou fille. Cette identité sexuelle ne résulte pas seulement du sexe anatomique, elle découle des identifications de la petite enfance et notamment de celles qui se nouent autour du complexe d’Œdipe. Ces identifications se font de manière prépondérante au parent du même sexe et par la suite, l’identité sexuelle prend appui sur les modèles de la féminité et de la virilité proposés par la culture.

 

 

Un héritage transgénérationnel

 

Ces modèles nous sont transmis par notre éducation. Mais notre sexualité ne commence pas avec notre histoire, avec notre naissance. Elle est l’héritière de notre arbre généalogique, des lignées qui nous ont précédés. Notre passé familial est en effet peuplé d’hommes et de femmes qui chacun ont laissé une part de leur destin dans notre vie. Que nous ont-il transmis de la féminité et de la masculinité ? Quelles traces ont-il laissé que nous continuons à faire vivre en reproduisant des modèles, des schémas, des comportements qui ne sont pas forcément en adéquation avec ce que nous sommes ?

 

Il faut alors prendre conscience de ces fidélités inconscientes qui entravent notre développement. Selon les histoires de chacun, nous pouvons être amenés à faire vivre davantage une polarité plutôt qu’une autre, à porter la culpabilité d’un acte vécu autrefois comme honteux, à refouler la sexualité parce qu’elle fait écho à des violences subies par nos ancêtres : viols, incestes, acte sexuel subi dans la résignation.

 

Combien de femmes mariées sans amour, obligées de subir la sexualité comme un acte répugnant, dont la conséquence était la mise au monde de nombreux enfants, source de souffrances, de charges et d’aliénation ? Combien d’amours déçus, impossibles, se soldant par des mariages arrangés, creuset de frustrations, de renoncements mal vécus ? Combien d’injonctions apprises par les femmes pour rester fidèles, passives, dans l’ombre, vivant dans l’excellence la soumission, le déni de soi ? Combien de femmes rendues impuissantes dans la double contrainte de leur condition : être mère –sans être femme- et être femme –au risque d’être « putain »- ? Combien d’hommes, répondant au même schéma, incapables d’avoir une sexualité libre avec « la mère de leurs enfants », et allant chercher leur plaisir ailleurs, quitte à payer pour cela une autre femme ? Nos lignées familiales sont pleines d’histoires où femmes et hommes ont perdu la confiance en leur féminité ou leur masculinité, perdant ainsi le sens profond de la sexualité.

 

 

Une transmission du renoncement

 

Qu’ont pu transmettre ces hommes et ces femmes, sinon le dégoût ou le déni de soi, la frustration, la honte et le renoncement au désir ? Dans certaines lignées, il faut faire avec ces histoires là, il faut désapprendre le déplaisir et partir à la conquête du plaisir. Ce n’est pas une mince affaire, car cela implique de rompre avec une loyauté invisible qui nous maintient dans notre « clan », réflexe ancestral qui nous pousse à l’intégration pour raison de survie. Cela suppose de poser sur soi un autre regard, de s’aimer davantage et de se réapproprier son corps, ses besoins, ses désirs, avec la certitude qu’ils sont uniques, légitimes et respectables.

 

Car si nous vivons dans l’illusion d’une parole libérée, il n’est pourtant pas rare d’entendre encore les stéréotypes de toujours s’exprimer : un homme qui a beaucoup de conquêtes est « viril », « séducteur », « don Juan », une femme, elle, « couche » et n’est pas respectable. Ces affirmations ne sortent pas forcément de la bouche des vieilles générations, certains jeunes adhèrent pleinement à cette vision. C’est une vision qui perdure par le biais de notre culture judéo-chrétienne (5), dont l’ordre moral fut lui-même induit par toute une lignée de penseurs dès l’Antiquité, comme nous le rappelle cette « belle » pensée laissée par Pythagore : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme ».

 

En 1760, le traité sexuel du Dr Tissot présentait la masturbation et la sexualité infantile comme l’origine de la plupart des maladies… Nos jugements viennent donc de loin !

Et lorsque nous jugeons le comportement sexuel d’autrui, cela évite de se poser les vraies questions. Nous évitons d’admettre qu’il a des besoins qui lui sont propres, nous évitons de voir que nous en avons qui sont inassouvis et nous fuyons le contact avec nous-mêmes. Mais nous donnons de cette façon un faux cadre à nos comportements sexuels, des ornières qui sont rassurantes. Nous vivons alors dans la plus terrible des pesanteurs : celle qui consiste à demeurer conforme à ce que l’entourage, l’opinion, notre « image » attendent de nous. Et pour la femme, le poids de la société reste plus pesant encore.

 

Traditionnellement, la femme peut prétendre à la sexualité uniquement dans le mariage. « Pour elle, l’acte de chair, s’il n’est pas sanctifié par le code, par le sacrement, est une faute, une chute, une défaite, une faiblesse ; elle se doit de défendre sa vertu, son honneur ; si elle « cède », si elle « tombe », elle suscite le mépris ; tandis que dans le blâme même qu’on inflige à son vainqueur, il entre de l’admiration. », nous disait Simone de Beauvoir (6)

 

Une femme libre paie un lourd tribu pour son émancipation : jugements, dénigrement, mise à l’écart, car la société punit « l’insubordination » des femmes par la solitude et l’exclusion.

Certes, dans nos sociétés « évoluées », les moyens sont raffinés, mais ils restent dans l’esprit de la loi que les hommes ont imposée : c’est la femme qui porte le poids de la culpabilité sexuelle. Ici on lapide la femme adultère, là on la voile pour qu’elle perde son pouvoir, dans d’autres temps on la rasait pour avoir aimé en temps de guerre. A chaque fois, elle est seule à porter le poids du désir, du plaisir, de l’union des corps et de ce qui reste, malgré tout, la chose la plus « naturelle » qui soit, puisque inhérente à notre nature, à notre physiologie.

 

N’oublions pas que tout est affaire de culture. Les Inuits pratiquent une sexualité que nous qualifierions d’échangiste. Et pourtant chez eux, changer de femme avec celle d’un autre homme est une très grande marque d’estime et de confiance. Ce sont même des pratiques qui vont renforcer le lien social, car les familles impliquées seront désormais considérées comme parentes et les enfants comme frères et sœurs. On s’en doute, ce type de pratiques ne sera pas, chez nous, du genre à renforcer le lien social, mais plutôt source de zizanie  ! 

 

En somme, au-delà des conventions et des dictats de la morale, combien de couples aujourd’hui sont capables d’être ce lieu où peuvent s’exprimer tous les fantasmes, tous les besoins profonds, toutes les dimensions de la sexualité, sans se sentir brimé, en danger, renié, jugé ? Combien d’hommes et de femmes sont réellement capables d’aimer leur corps dans le plaisir, sans renier ce plaisir partagé, et d’aimer leur sexe, cet organe sujet de tant de convoitises quand il s’agit du sexe de l’autre, mais pourtant si mal aimé quand il s’agit du sien ?

 

La sexualité est donc cet espace où s’exprime une foule de représentations, d’apprentissages, de vécus, de mémoires, qui sont la somme plus ou moins consciente de nos expériences passées. Notre corps est le lieu où s'expriment plusieurs langages : celui de la biologie, des émotions, de la pensée ou de la symbolique. Il devient ainsi à notre insu porteur de multiples significations liées à une culture et à un contexte. Et il est langage parce que c’est en lui que se dépose la parole de nos parents, de nos ancêtres, et c’est par lui aussi que nous exprimons un langage inconscient, fruit de nos interdits et de nos désirs refoulés.

 

 

ALLER VERS SOI POUR CONNAÎTRE SON DESIR

 

Si la sexualité nous oblige à comprendre dans quel contexte nous avons été élevés, elle nous oblige aussi à nous rapprocher de nous-mêmes, pour être à l’écoute de notre ressenti, de nos émotions. Car la première condition à une sexualité épanouie, c’est de pouvoir être en accord avec son ressenti. Encore faut-il être en contact avec son intime, avec ce qui vibre en soi, ce qui nous rend vivant. Là aussi, habitués que nous sommes à répondre à des injonctions inconscientes, il nous est parfois difficile de connaître notre désir profond.

 

La société fait d’ailleurs tout pour nous induire en erreur, afin de nous rendre consommateurs et dépendants. Pour cela, elle édifie des modèles qu’elle sacralise, valorise, pour en faire une norme recherchée, bien loin de la réalité humaine. C’est ainsi que nous sommes amenés à consommer ce que la société valorise : les marchandises, mais aussi les êtres humains qui correspondent aux modèles valorisés. : femmes aux corps de rêve, au profil de « wonderwoman », hommes puissants ou protecteurs, eux aussi aux corps parfaits. Ces injonctions peuvent nous paraître complètement étrangères, rendues inconscientes par des messages quasi subliminaux véhiculés par certaines publicités, ou des messages on ne peut plus clairs imposés par les affiches géantes recouvrant les murs de la cité, ou les photos inondant les magazines.

 

La meilleure façon aujourd’hui d’assujettir les êtres humains, c’est d’agir sur leur image. En valorisant des idéaux quasiment impossible à atteindre, on maintient les gens dans la souffrance, dans une infériorité qui touche le plus profond de leur être, puisqu’il s’agit du désir, du sexe et de l’amour.

 

Or le corps de rêve, ce n’est pas le corps du désir. En cherchant à posséder un idéal, on risque de ne pas répondre à ses besoins. Ce ne sont pas des proportions parfaites qui rendent une personne désirable, mais son être, sa façon d’être, sa sensualité qui affleure, sa sensibilité qu’elle veut bien offrir. Ce qui rend l’autre désirable, ce sera aussi toujours cette part de mystère, sur laquelle on ne pourra pas mettre de mots, car cela échappe à toute logique, à toute justification, à toute rationalité. Car le désir qui entre en nous, c’est la vie qui entre, qui circule, qui nous met en mouvement et qui nous échappe totalement. A ce niveau, nous pouvons imaginer à quel point la vie s’accommode assez mal de la morale, et comme la morale peut parfois mal s’accommoder de la vie !

 

Nous sommes là au cœur de notre problématique. Est-ce que nous répondons aux schémas imposés, appris, ou bien sommes-nous en contact avec notre être intérieur, qui seul peut nous guider ? Est-ce que nous sommes dans la satisfaction des besoins qu’exigent notre ego, notre image, notre statut social, ou bien essayons-nous de trouver ce qui nous nourrit, ce qui nous comble, ce qui nous agrandit ?

 

Pour trouver sa réponse, il faut être à l’écoute de soi, prendre la peine de savoir qui l’on est, s’arrêter sur ses sensations, ses émotions, ses ressentis, prendre le temps de s’explorer de l’intérieur. Cette descente en soi, qui va permettre de retrouver l’être que l’on est, qui va permettre d’adhérer à ce que nous sommes, est aussi ce qui va nous donner la capacité d’aller vers les autres. Point de retrouvailles avec l’autre si nous ne sommes pas capables d’avoir des retrouvailles avec nous-mêmes. C’est dans la réconciliation avec soi, dans l’acceptation de ce que nous sommes, que nous pourrons nous offrir à l’autre. Car la sexualité suppose que le plaisir éprouvé soit partagé, montré, « offert ». Et comment pouvons-nous le faire, si nous ne sommes pas déjà capables de nous l’offrir à nous-mêmes ?

 

 

L’Amoureux : l’incarnation du désir et du choix

 

La sixième lame du tarot représente un homme au milieu de deux personnages : une jeune femme dont l’une des mains pointe son cœur, et un autre personnage, plus sévère, qui lui pose la main sur l’épaule. Au dessus d’eux, Cupidon, prêt à décocher sa flèche.

Cette carte évoque le couple, c’est à dire la première dualité et parle du désir, du choix et de la quête intérieure. Pour l’aspirant, pour l’Amoureux, il s’agit de choisir entre la raison et l’amour, entre la voie profane ou la voie sacrée.

 

Cette carte nous montre un Amoureux serein, car il a la main à la ceinture. La ceinture est signe de force et de pouvoir, symbole de protection, de purification. Elle est portée sur les reins qui, selon la Bible, symbolisent la puissance, la force et la justice. Le voyageur qui la portait montrait ainsi qu’il était prêt à affronter le danger. C’est aussi ce qui attend symboliquement l’Amoureux qui doit se positionner, choisir sa voie, car devant lui s’ouvrent deux chemins et il a un pied sur chaque. Dans certaines cartes du Tarot, l’Amoureux est représenté avec une jambe rouge et une jambe bleue, pour bien montrer cette dualité.

 

C’est une carte qui relie le charnel et le spirituel, car L’Amoureux qui s’engage sur la voie de l’amour et du sacré a écouté ses désirs. Les désirs sont une voie de l’éveil, un moteur pour accéder à notre voie. Ils sont reliés au cœur par le biais des émotions, car pour s’engager, il faut faire descendre l’énergie du 3ème chakra (plexus solaire), dans l’énergie du 2ème chakra, qui est le lieu de la sensualité, de la dualité homme/femme, là où s’incarne le verbe « je désire » et qui nous questionne sur « comment je suis désiré ». La terre labourée que l’on aperçoit derrière les personnages signifie que pour en arriver là, il faut avoir fait un travail psychologique et spirituel.

Cupidon, qui est placé dans le soleil (3ème chakra), attend que l’homme fasse un choix. Ce n’est qu’après qu’il interviendra en sa faveur, répondant ainsi à l’adage « pose la première pierre et le ciel t’aidera ».

 

L’énergie des reins

 

L'énergie sexuelle, située au niveau des reins, est bien souvent méconnue et le creuset de formidables ressources à explorer pour atteindre des états de bien-être et les sublimer.

Par des méditations, des respirations (pranayama), des exercices de Qi Gong Taoïste, l'énergie peut se libérer, être canalisée et s'amplifier à travers le corps et les différents organes. Reliée à l'ouverture du Cœur et de l'Esprit, selon l'Alchimie Taoïste, elle apporte une réelle transformation de l'Etre dans sa globalité.

 

 

VIVRE SA SEXUALITE POUR TOUCHER AU SACRE

 

Rappelons que le sacré n’est pas le religieux, mais qu’étymologiquement, le sacré est ce qui est « mis à part », écarté du vulgaire, car n’est devenu vulgaire, profane que ce qui s’est séparé du sacré. Annick de Souzenelle, psychothérapeute spécialisée dans le symbolisme du corps humain et la Kabbale, nous rappelle que le mot « secret », qui vient du latin « secernere », veut dire mettre à part. La symbolique de l’arbre des Séphiroth, l’arbre de vie qui représente dix énergies divines, dix archétypes, se superpose au schéma corporel.

 

« Yesod », que l’on pourrait situer au niveau du second chakra, signifie « le fondement » et correspond à la sexualité. « Yesod » contient lui aussi la racine « sod », qui signifie « secret », qui participe du « sacré ». C’est Yesod qui donne naissance aux premières vertèbres de la colonne vertébrale qui sont justement appelées « sacrées ». Toute fonction liée à ce niveau est sacrée. S’il y a eu une désacralisation de la sexualité, la responsabilité en revient à la religion qui a décrété que la procréation était sa seule finalité. Pourtant, A. de Souzenelle nous dit de ne pas oublier que « Yesod » est « l’entrée de la chambre nuptiale, sanctuaire où s’accomplissent les noces secrètes de l’homme et de la femme. » (7)

 

Il est en effet intéressant, de voir que cette partie anatomique de l’être humain, la zone génitale, le bas des reins, si souvent dépréciée, si loin de notre tête qui maîtrise tout, soit associée à ce caractère sacré et qu’on ait justement nommé les vertèbres qui s’y trouvent « sacrées ». Il est encore plus remarquable de savoir que la Tradition rapporte que le mot « Luz », dont tous les dérivés dans notre langue signifient « lumière », est attribué à un os à la base de la colonne vertébrale, très dur, indestructible, où l’âme demeurerait même après la mort. Ainsi le sacrum représente l’Arbre en germe, et c’est par le déploiement de la Kundalini que cette zone s’éveille pour atteindre les divers chakras jusqu’au troisième œil.

 

Cela signifie que cette zone ne doit nullement rester endormie, mais qu’elle demande à être vécue avec justesse. Car, nous dit A. de Souzenelle, « toute ascèse qui serait écrasement est fausse ; tout refus d’ascèse est également faux. »

 

Ce « sanctuaire où s’accomplit les noces secrètes », est une idée reprise dans tous les écrits et les travaux parlant d’alchimie. L’Oeuvre dont parlent les alchimistes, est un processus qui reprend perpétuellement les épousailles comme moyen d’atteindre « la pierre philosophale », « opération par laquelle la femme se transforme en homme et l’homme en femme et où il ne font plus qu’un. » (8) C’est la réunion des éléments originels, Sulphur et Mercurius, qui forment alors un être androgyne, pour accéder à une unité plus haute. L’homme et la femme forment un couple d’opposés, ils vont ensemble reformer l’unité primitive de l’amour.

 

Car Eve fut créée de l’essence d’Adam, c’est à dire de l’aspect féminin de son être. Le but de l’existence terrestre serait la réunion des deux aspects opposés. La voie qui y mène passe alors par les sens et l’assouvissement de la sexualité, « ce à quoi font obstacle les fausses doctrines morales et le dogmatisme religieux qui est un instrument de répression sexuelle. » (9)

 

N’oublions pas que Eros est une pulsion de vie. Si Freud a tenté de libérer les énergies sexuelles qui y étaient associées, il n’a pas perçu, selon A. de Souzenelle, les énergies les plus hautes qui y étaient aussi refoulées, à savoir les énergies spirituelles, en tant que conscience qui permet de participer à un nouveau champ du réel. Dans sa quête, l’Homme est « aujourd’hui à la recherche d’une qualité de l’éros qui ne peut s’investir que dans le spirituel et qui resacralisera la sexualité ». (10)

 

Nous sommes tous très fragiles quand il s'agit d'évoquer notre sexualité, aussi est-il essentiel de communiquer avec respect, compréhension et égards. Pour commencer, il faut doucement revenir à la notion de « corps sensoriel », centre d’échanges intimes, et non de possessions, avec cette vision selon laquelle une expérience sensuelle raffinée a plus de prix que le brusque soulagement d’un besoin. C’est redonner sa place à l’érotisme, plutôt qu’à une simple sexualité. Mais pour cela, il faut être en contact avec quelque chose d’essentiel : l’intimité. L’intimité avec soi, et l’intimité avec l’autre, ce qui est un luxe affectif que tout le monde ne connaît pas. L’intimité, vécue, non reniée, est ce qui va nourrir affectivement le couple et sa sexualité. Dans l’intimité, nous pouvons rester vivants. Et c’est bien cette sensation d’être vivants, qui nous garde au cœur de la vie et nous invite à une autre conscience. La conscience de faire partie d’un tout, sans être séparé.

 

Dans cette symbolique qui fait de l’homme le soleil ou le ciel, de la femme la lune ou la terre, la sexualité est ce qui va permettre de relier l’un à l’autre notre ciel et notre terre, en traversant notre chair pour illuminer notre cœur jusqu’à notre âme et nous faire grandir à l’infini.

 

Michèle THÉRON

Praticienne de santé naturopathe

 

Article paru dans "Objectif Notre Santé"

 

 

(1) Jean-Michel Fitremann, in Psychologies n° 227, auteur de « ABC de la sexualité », Grancher

(2) F. Dolto, in L’image inconsciente du corps, 1984

(3), (4), cités par E.M. LIPIANSKY, in L'identité, Ed. Sciences Humaines

(5) Voir l’ouvrage de Yves Semen, "La sexualité selon Jean Paul II", qui transmet l’enseignement que le Pape a appelé une "théologie du corps" au cours de 130 conférences sur ce sujet. L’auteur y fait paraît-il découvrir combien la pensée de Jean Paul II est libératrice, chassant définitivement de la morale catholique toute condamnation de la sexualité et toute méfiance à son égard. A découvrir donc… pour en juger par soi-même.

(6) S. de Beauvoir, in Le deuxième sexe, II, Gallimard

(7) A. de Souzenelle, in Le Symbolisme du corps humain, Albin Michel

(8) Michel Maier, 1618, cité dans Alchimie et mystique

(9) Alexander Roob, in Alchimie et mystique, Taschen

(10), A. de Souzenelle, in Le sens du sacré, Question de , Albin Michel

 

 

Bibliographie

- L'Un n'empêche pas l'autre, La voie de l'amoureux, Arouna Lipschitz, Editions Le Souffle d'Or

- Le sens du sacré, Collectif, Ed. A. Michel

- Eloge de l’intimité, Willy Pasini, Payot

- Une passion entre Ciel et Chair, Christiane Singer

- Le choc amoureux, Franscesco Alberoni

 

 

Repost 0
Published by Michèle Théron lejour-et-lanuit.over-blog.com - dans Transformation
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • Le blog de lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • : Un lieu où pourraient se cotoyer le jour et la nuit, les univers différents de la pensée logique, rationnelle, structurée à partir des informations émanant de toute part, et de la pensée vagabonde, celle qui erre la nuit, mais aussi le jour, dans l'envers des choses, à la recherche de l'impalpable, de la beauté et de la magie. Michèle Théron
  • Contact

  • lejour-et-lanuit.over-blog.com
  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. 
Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...
  • Passionnée par l'âme humaine, je cherche sans cesse du sens et le sens de notre chemin d'humain. Mon propre chemin n'est qu'un zig-zag en dehors des autoroutes et je n'ai pas encore épuisé tous les chemins de traverse...

Auteur - Photographe

Michèle Théron, praticienne de santé naturopathe, femme en chemin, je vous partage sur ce blog des articles, de la poésie, des photos créés par moi, et les citations, articles, vidéos qui nourrissent mon chemin et m'inspirent.

Recherche